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ISBN : 2266043048
Éditeur : Pocket (2006)


Note moyenne : 3.64/5 (sur 14 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Présentation de l'éditeur
Aldous Huxley a apporté au célèbre récit de la « possession » des Ursulines de Loudun, la puissance de son intelligence, une érudition immense, un humour très personnel.

Il s’inspire d’événements réels et de personnages hi... > voir plus
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Critiques, analyses et avis (2)

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  • Par NMTB, le 19 décembre 2014

    NMTB
    Les Diables de Loudun serait a classé quelque part entre le roman historique et l'essai. Aldous Huxley s'est apparemment bien renseigné sur le début du dix-septième siècle, la société, les courants religieux, la politique de cette époque, ainsi que sur les actes juridiques qui sont liés à cette affaire de Loudun. Mais ça se lit comme un roman dont Urbain Grandier serait le héros, car Huxley a aussi un peu brodé autour de la psychologie des personnages ou sur les menus faits.
    Quand Urbain Grandier arrive à Loudun c'est un prêtre libertin, élevé chez les jésuites, doué, éloquent et particulièrement orgueilleux. Cette personnalité ambigue lui vaut d'abord quelques belles réussites, notamment auprès de la gent féminine, mais également de se constituer une véritable petite armée d'ennemis. Après quelques aventures et mésaventures amoureuses ou/et lubriques, l'écriture d'un traité en faveur du mariage des prêtres, quelques jours de prisons, il arrive finalement à s'installer tant bien que mal dans cette bonne ville de Loudun où les sentiments de la population à son égard oscillent entre haine et admiration. C'est alors que l'imagination de sœur Jeanne des Anges, la prieure d'un couvent d'une vingtaine de religieuses, est mise en ébullition par la réputation sulfureuse du prêtre. Jeanne des Anges est une petite jeune femme, presque naine, bossue, qui est entrée en religion sans véritable vocation. Une femme psychologiquement fragile, frustrée, pleine de duplicité. Mais Urbain Grandier n'accorde aucune attention à cette femme au physique ingrat, enfermée dans un couvent. Et donc, peu à peu, va se mettre en place cette histoire de possession démoniaque, sur fond de sexe et de religion, d'hystérie, de manipulation et de diverses luttes politiques, notamment entre catholiques et protestants. La fin de l'ouvrage s'attarde davantage sur la possession de Jeanne, sa personnalité ou plutôt ses personnalités et sur l'un des exorcistes, tout aussi naïf que les autres mais mystique sincère : Jean-Joseph Surin.
    Cette histoire est entrecoupée de chapitres plus didactiques consacrés à la spiritualité, au sentiment religieux, aux croyances, à la sorcellerie, aux superstitions, à la psychologie ou aux différentes appréhensions de la nature humaine. Aldous Huxley s'est penché sur des cas psychologiques individuels mais pas seulement, car l'ombre des folies politiques et totalitaires du vingtième siècle plane également sur ce livre écrit quelques années après la fin de la deuxième guerre mondiale. Quel est le lien entre la folie personnelle et l'hystérie collective, ou pour le dire d'une manière plus théologique, comment le Mal se propage ? Car le Mal n'a pas disparu à l'époque moderne, mais s'il n'est plus surnaturel, il est devenu politique. Et Huxley fait le rapprochement entre les chasses aux sorcières du seizième siècle et le maccarthysme, les mascarades des procès pour sorcellerie et les procès staliniens, les exécutions de sorcières et la shoah. Et le problème est encore et toujours celui du rapport à soi. Les hommes ne supportent pas les horreurs qu'inflige un moi isolé. Ils sont prêts à tout pour transcender ce moi, que ce soit vers le haut ou vers le bas. Vers le haut, c'est vers Dieu dans une spiritualité positive ; vers le bas, c'est vers une simple négation de soi. Voilà un résumé très succinct et pitoyablement caricatural de ce que développe plus subtilement Huxley dans Les Diables de Loudun. Mais l'idée centrale est bien celle-ci : la conscience de soi (ou son inconscience) et le caractère invivable d'être un moi isolé.
    C'est un livre instructif sur bien des points, et sans difficulté particulière. Huxley se montre même parfois très drôle quand il se moque du côté spectaculaire de cette possession, du latin de cuisine ou des acrobaties des Ursulines. Il l'a écrit juste avant Les portes de la perception et beaucoup de thèmes sont communs aux deux livres. Dans l'appendice des diables de Loudun, il évoque déjà les différents narcotiques dont usent les hommes pour échapper à leur moi, et l'un des plus puissants d'entre eux, selon lui : les phénomènes de foule. On retrouve aussi ce mélange de spiritualisme cosmopolite et de psychophysiologie qui fait toute son originalité.
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    • Livres 3.00/5
    Par antihuman, le 21 décembre 2012

    antihuman
    Panique et haro à la campagne. Donc un irrémédiable thriller religieux, parfois surprenant .
    *A noter que la clé de voûte de ce sujet admirablement traité par Huxley est qu'il peut être differé à toute époque (et en tout lieu) personne ne niera que c'est tellement d'actualité - peu pour ces esprits doués de raison c'est vrai, mais entre nous ils sont tout de même peu fréquents...
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Citations et extraits

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  • Par NMTB, le 19 décembre 2014

    « Au commencement était le Verbe… » Pour ce qui est de l’histoire humaine, cet énoncé est parfaitement exact. Le langage est l’instrument de la marche en avant de l’homme, hors de l’animalité, et le langage est la cause pour laquelle l’homme s’est détourné de l’innocence animale et de l’animale conformité à la nature des choses, pour tomber jusque dans la folie et le diabolisme. Les mots sont à la fois indispensables et funestes. Traitées comme des hypothèses explicatives provisoires, les propositions relatives au monde sont des instruments, au moyen desquels il nous est possible, progressivement, de comprendre le monde. Traitées comme des vérités absolues, comme des idoles qu’il faut adorer, les propositions relatives au monde déforment notre vision de la réalité, et nous entrainent à toutes sortes de comportements inappropriés.
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  • Par NMTB, le 19 décembre 2014

    Quand le moi phénoménal se transcende, le moi essentiel est libre de se rendre compte, en le rapportant à un conscient fini, du fait de sa propre éternité, conjoint avec le fait corrélatif que tout particulier dans le monde de l’expérience participe de l’intemporel et de l’infini. C’est là la libération, c’est là l’illumination, c’est là la vision de béatitude, dans laquelle toutes choses sont perçues, telles qu’elles sont « en soi » et non pas rapportées à un moi désirant et abhorrant.
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  • Par NMTB, le 19 décembre 2014

    Le fait d’être un individu dans une multitude libère un homme de la conscience qu’il a d’être un moi isolé, et le fait descendre dans un domaine moins que personnel, où il n’y a pas de responsabilités, pas de bien ni de mal, pas de besoin de pensée, de jugement, ni de discrimination – rien qu’un vague sentiment d’être ensemble, rien qu’une surexcitation partagée, qu’une aliénation collective.

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  • Par NMTB, le 19 décembre 2014

    Ceux qui partent en croisade, non pas pour Dieu en eux-mêmes, mais contre le diable chez les autres, ne réussissent jamais à rendre le monde meilleur, mais le laissent soit tel qu’il était, soit même parfois perceptiblement pire qu’il n’était avant que la croisade ne commençât.

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  • Par EricB, le 29 octobre 2013

    Le bovarysme n'est en aucune façon invariablement désastreux. Au contraire, le processus par lequel on s'imagine être ce qu'on n'est pas, et par lequel on agit d'après cette imagination, est l'un des mécanismes les plus efficaces de l'éducation. (...) C'est en pensant et en agissant, dans toute situation donnée, non pas comme nous penserions et agirions normalement, mais plutôt comme nous imaginons que nous le ferions si nous étions pareils à quelque autre personne meilleure -, c'est ainsi que nous cessons finalement de ressembler à notre moi ancien, et en arrivons, plutôt, à ressembler à notre modèle idéal.
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