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> Noël Arnaud (Éditeur scientifique)
> Henri Bordillon (Éditeur scientifique)

ISBN : 2070369803
Éditeur : Gallimard (1978)


Note moyenne : 3.55/5 (sur 60 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Ubu : Ubu roi, Ubu cocu, Ubu enchaîné, Ubu sur la Butte / Alfred Jarry; publié sur les textes définitifs établis, présentés et annotés par Noël Arnaud et Henri Bordillon. - Paris : Gallimard, 1996. - 533 p. ; couv. ill. en coul. : 18 cm. - (Folio. Classique; 980).
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Critiques, analyses et avis (3)

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    • Livres 3.00/5
    Par peloignon, le 03 juin 2013

    peloignon
    Les premiers balbutiements géniaux de ce qui deviendra le théâtre absurde et la pataphysique sont issus des élans puérils de quelques petits polissons, dont faisait partie Jarry et que ce dernier s'est appropriés pour les jeter au public sous la forme de ces quelques aventures du roi Ubu.
    Si les pièces plairont à coup sur au public qui ne demande qu'à se divertir sans réfléchir, le spectateur qui s'attend à y trouver quelques réflexions brillantes sera grandement déçu. Par contre, comme c'est le cas en général pour l'absurde, il est toujours possible d'y mettre ses propres interprétations critiques, politiques, philosophiques, etc., de sorte qu'avec un peu de bonne volonté, chaque spectateur y trouvera son compte. le style tombe crument et gratuitement dans la facilité et la grossièreté, mais l'inventivité (notamment en matière de langage) qu'on y trouve peut ouvrir plusieurs pistes fécondes à la pensée.
    Évidemment, pour un metteur en scène, la pièce est une véritable caverne d'Ali Baba. Avec Ubu, tous les délirs ne sont pas seulement permis, mais encouragés par l'écriture même de la pièce, dont la forme a la (toute relative) qualité d'être on ne peut plus ubuesque que le fond...
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    • Livres 5.00/5
    Par colimasson, le 21 décembre 2013

    colimasson
    Outre les quatre pièces du cycle Ubu, l'édition proposée par Folio inclut des documents intéressants qui métamorphosent la vision du lien unissant l'auteur et sa création. de manière synthétique, on associe souvent Alfred Jarry au cycle Ubu. En revanche, on évoque moins la longue genèse des pièces -en particulier d'Ubu Roi-, longtemps appelée "Les Polonais", et rédigée par une génération de lycéens avant qu'Alfred Jarry ne mette le grapin dessus pour la figer dans sa forme définitive et lui associer son nom. La préface de Noël Arnaud redonne à chacun sa véritable place dans le processus de création :

    "Pourquoi Jarry s'est-il approprié Ubu qui n'était pas de lui, qui n'était pas lui ? Observer [...] que Jarry y a instillé une dose de sexualité absente des élucubrations originelles, qu'il a haussé le texte du scatologique à l'érotique, trouver preuve de cet infléchissement dans la transformation de certains mots (ainsi des Salopins aux Palotins), c'est bien [...] ; il demeure que les situations ubiques et l'attirail de tortures du Père Ubu existaient, tels quels, dans les premiers écrits de Rennes; l'action personnelle de Jarry sur quelques mots du texte initial n'a fait que rendre plus évidentes des pulsions enfantines et puis adolescentes décelables avant même ce travail de réécriture."

    Cela n'enlève aucun mérite à Alfred Jarry. Sans lui, Ubu Roi n'aurait sans doute pas traversé le 20e siècle. Sans lui, l'absurde et le surréalisme n'auraient sans doute pas le même visage -et c'est sans parler des influences moins directes qu'a pu avoir son théâtre. Dans les autres documents présents dans cette édition, on découvre un essai théorique de Jarry sur "L'inutilité du théâtre au théâtre". Si ce texte ouvre la porte au symbolisme théâtral et permet à Lugné-Poe, fondateur du théâtre de l'Oeuvre, de s'enthousiasmer -ce que nous découvrirons dans un échange de lettres inclus dans le dossier de l'édition-, on finit par se demander s'il ne sert pas aussi de justification. En effet, en parcourant les autres documents annexes -le programme d'Ubu Roi, "La bataille d'Ubu Roi" de Georges Rémond, les lettres d'Alfred Jarry à Henry Bauer ou les points de vue de Charles et Henri Morin à propos de l'oeuvre de Jarry-, l'image d'un homme dépassé par sa propre création se précise. Il semblerait qu'Ubu Roi ait moins plu à Jarry pour son contenu intrinsèque que pour les remous que sa représentation devait susciter -et suscita longtemps. Georges Rémond écrit:

    "La première d'Ubu roi était proche [...]. "Le scandale, disait Jarry, devait dépasser celui de Phèdre ou d'Hernani. Il fallait que la pièce ne put aller jusqu'au bout et que le théâtre éclatât."
    Nous devions donc provoquer le tumulte en poussant des cris de fureur, si l'on applaudissait, ce qui, après tout, n'était pas exclu; des hurlements d'admiration et d'extase si l'on sifflait. Nous devions également, si possible, nous colleter avec nos voisins et faire pleuvoir des projectiles sur les fauteuils d'orchestre."

    La biographie d'Alfred Jarry confirme ces soupçons : la plupart des évènements semblent vouloir uniquement remouer la foule et dévier le théâtre de ses voies ordinaires. Qu'aurais-je pensé d'Alfred Jarry s'il avait été mon contemporain ? Si Ubu Roi avait été représenté pour la première fois et avec scandale hier, n'aurais-je pas été d'emblée fatiguée par l'énième tentative d'éclat d'un homme excité par l'extravagant ? Les Inrockuptibles en auraient-ils été friands ? Henri Morin concluait : "Il était libertaire dilettante et surtout parce que c'était la mode". La mode est passée et nous à aider à oublier les fastes d'Alfred Jarry. Et puis alors, de toute façon, son oeuvre ne se résume pas à Ubu. Mais tout de même...

    "L'oeuvre non ubique de Jarry est peut-être l'effort désespéré d'égaler autrement la perfection inégalable d'Ubu."

    Il est bon d'approcher la bibliographie de Jarry en connaissance de cause. Les annexes de diverses sources regroupées dans cette édition permettront de démêler l'officiel de l'officieux et donneront plus de poids à cette petite Bible lycéenne que fut Ubu.


    Lien : http://colimasson.over-blog.com/article-tout-ubu-121709056.html
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    • Livres 2.00/5
    Par atoum_cat, le 18 janvier 2013

    atoum_cat
    Trop bizarre

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Citations et extraits

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  • Par peloignon, le 29 mars 2013

    PÈRE UBU
    Et d'abord, qui êtes-vous pour donner des ordres? Ici ne commandent que les esclaves. Avez-vous quelque grade en esclavage?
    PISSEDOUX
    Un caporal, un militaire, esclave! Je ne suis qu'esclave d'amour. Éleuthère de Grandair, la belle cantinière des hommes libres, ma fiancée, est en effet ma maîtresse, si vous l'entendez ainsi.
    PÈRE UBU
    Cornegidouille, monsieur! Je n'y pensais pas. Je suis ici esclave à tout faire. Vous me rappelez mes devoirs. Ce service est de mon ressort; je vais m'en acquitter au plus vite à votre place...
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  • Par peloignon, le 19 mars 2013

    Puisque nous sommes dans le pays où la liberté est égale à la fraternité, laquelle n'est comparable qu'à l'égalité de la légalité, et que je ne suis pas capable de faire comme tout le monde et que cela m'est égal d'être égal à tout le monde puisque c'est encore moi qui finirai par tuer tout le monde, je vais me mettre esclave, Mère Ubu!
    (191)

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  • Par colimasson, le 28 décembre 2013

    Pourquoi Jarry s'est-il approprié Ubu qui n'était pas de lui, qui n'était pas lui ? Observer [...] que Jarry y a instillé une dose de sexualité absente des élucubrations originelles, qu'il a haussé le texte du scatologique à l'érotique, trouver preuve de cet infléchissement dans la transformation de certains mots (ainsi des Salopins aux Palotins), c'est bien [...] ; il demeure que les situations ubiques et l'attirail de tortures du Père Ubu existaient, tels quels, dans les premiers écrits de Rennes; l'action personnelle de Jarry sur quelques mots du texte initial n'a fait que rendre plus évidentes des pulsions enfantines et puis adolescentes décelables avant même ce travail de réécriture.

    -Préface de Noël Arnaud-
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  • Par colimasson, le 26 décembre 2013

    [A propos de la théorie de l'égalité des contraires]
    Il nous est en effet impossible de concevoir du vrai sans qu'il y ait du faux, et affirmer qu'on peut être dans le vrai, sphériquement parlant (ce qui seul importe), reviendrait à dire que l'on est Dieu. Or, ne l'étant jamais, on ne fait, comme on sait, que tendre à l'être, ne serait-ce que pour être homme un peu -car on ne peut l'être totalement, sinon l'on serait Dieu également.

    -Préface de Noël Arnaud-
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  • Par colimasson, le 21 décembre 2013

    [...] Ubu n'est de Jarry que parce qu'il a changé les noms des personnages des Polonais, et baptisé Ubu. Le génie [...] pour Jarry est moins d'écrire que de vouloir écrire. Ainsi, il remet en cause fondamentalement la notion d'auteur, la notion de propriété littéraire. Il montre qu'il n'y a de littérature que volontaire, publiée, signée. Mieux encore, la signature crée l'oeuvre (Duchamp, Dada iront dans ce sens et seul, au siècle de Jarry, Lautréamont).

    -Préface de Noël Arnaud-
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