Une pièce rangée parmi les classiques, mais dont on parle peu et qui commence par "Merdre !", cela a de quoi intriguer. Sous les encouragements d'un certain A.O, pas si démovélique qu'on ne serait tenté de le croire, je me suis procurée cette étrange pièce. Rien de plus approprié pour souffler entre deux dissertations poussives, en période d'examen !
Étrangement, quand on dit
Alfred Jarry, on songe en premier lieu à
Ubu roi. Cette pièce n'est pourtant à l'origine loin d'être la sienne et son œuvre dépasse le cadre du cycle théâtral d'
Ubu. Mais c'est ce que la postérité a retenu : la pièce et son scandale ravalés au rang du mythe ...En dehors des considérations sur son intertextualité, ses origines, sur le lien étroit qu'elle entretient avec les autres œuvres de Jarry, que dire de la pièce en elle-même ? Qu'elle est surprenante, tout d'abord. Et qu'elle doit l'être encore davantage sur scène, du moins de la façon dont Jarry l'a conçue. Il est intéressant de voir que la représentation de cette pièce constitue le point d'aboutissement de plusieurs années d'écrits, de réflexions, sera joué maintes fois au cours de spectacles privés, du grenier des parents aux milieux littéraires parisiens. Pour représenter les aventures du gros bonhomme improbable, Jarry et ses comparses ont recours à tous les moyens en leur possession, s'essayant même aux marionnettes et au théâtre d'ombre. Il faut dire qu'
Ubu roi, par sa fantaisie, pose le problème de la mise en scène. Pour exemple, comment feriez-vous pour matérialiser sur les planches un passage comme :
"
Ubu - Ah ! Eh bien il va rencontrer un palmipède maintenant ! (Il lui jette l'ours)"
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