ISBN : 2070408019
Éditeur : Gallimard (1999)


Note moyenne : 4.01/5 (sur 89 notes) Ajouter à mes livres
«Alex était parti, après avoir embrassé le vieux. Huit jours plus tard, il attaquait la succursale du Crédit Agricole et tuait le flic. Au village, tout le monde devait avoir gardé la page du journal, avec la photo d'Alex à la Une et celle du flic en famille.»
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par lehane-fan, le 14 octobre 2011

    lehane-fan
    Retors et machiavélique à souhait !
    Petit roman de 150 pages donc l'histoire posée et les personnages travaillés : connais pas !! Et c'est tant mieux ! Mygale est un TGV que l'on prend en pleine face et autant vous dire que le controleur n'est pas votre ami , mais alors pas du tout !!
    Quatre personnages et demi : Richard Lafargue , Eve , Vincent et Alex . Et dans le role de la demi-portion au role fantomatique puisque ses rares interventions oscillent entre cris et prostration : Viviane , jeune fille internée sur laquelle , à l'instar d'un ascenseur facétieux attendu comme le messie afin de vous sauver la mise apres 5 h de courses éffrénées et 156 sacs collectés pesant chacun son demi quintal et comptant sur vos p'tits bras musclés pour atteindre le 7e ciel , l'on pourrait placarder : en dérangement .
    Un role mineur dans le prochain Almodovar à l'adapatation tres , tres , libre ( mais néanmoins talentueuse..) mais cependant essentiel puisque de ce personnage découlera la folie vengeresse de ce pas si bon docteur Lafargue ! Docteur Feelgood n'aura jamais aussi mal porté son nom...
    Richard et Eve sont à la colle . Si ,si meme si cela parait difficile à croire tant leurs rapports sont atypiques . Cris et injures semblent etre le ciment de ce couple des temps modernes...Le fait qu'Eve soit enfermée jour et nuit mettra cependant la puce à l'oreille des lecteurs les plus perspicaces .
    Vincent et Alex sont , eux , deux amis d'enfance , deux petites frappes , deux énormes branleurs pour tout dire . Mais leurs fortunes sont bien diverses car si l'on découvre un Vincent cloitré , aux prises avec un geolier pervers à souhait qu'il finira par voir comme étant son meilleur pote ( vous avez dit Stockolm ? ) , Alex n'a pas vraiment grand chose à lui envier pour le coup . Apres avoir finalement réussi le casse de sa vie , il est désormais possesseur de 4 millions d'euros ( youpi ) mais de fait recherché par toutes les polices de France et de Navarre . Un flic y ayant laissé sa peau dans l'affaire ( moins youpi deja ) .
    Diantre et double bigre me direz-vous , quel rapport entre ces quatre tristes sires ? A priori : aucun !
    Et c'est là qu'il est tres fort ce bougre de Jonquet . En quelques dizaines de pages , il va demeler , sous nos yeux ébaubis , un écheveau improbable aussi démoniaque que diabolique ( ce qui veut dire exactement la meme chose , on est d'accord mais je manquais d'adjectifs...j'en appelle à la clémence du jury votre honneur ! ) . le puzzle prend forme . L'on se délecte des révélations à venir car l'on se doute que la douleur y aura une place prépondérante .
    L'écriture est nerveuse et épurée au max ! Pas de personnage faible . Chacun tient son role dans l'histoire . Un role complémentaire qui met en lumiere les trois autres .
    Petit bémol concernant une ou deux facilités de l'auteur . Notamment le fait que Lafargue , miraculeusement , en vienne à croiser la route de Vincent puis d'Alex , le cadre de l'histoire etant la petite ville de Paris et sa proche banlieue...Passons..
    Re-petit bémol sur un scénario que l'on sent venir malgré tout à des kilometres..Et une grosse ficelle , une...Passons..
    Le gros point noir réside , comme bien souvent , dans un final abracadabrantesque à la crédibilité plus que douteuse...Mais faisons fi de ces quelques indélicatesses...
    Ces petits travers sont facilement éclipsés par l'énorme plaisir pris à dévorer ce bouquin !
    Venez découvrir ce Frankenstein des temps modernes !
    La Mygale m'a prise dans sa toile et j'ai aimé ça!!
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    Critique de qualité ? (9 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Seraphita, le 30 décembre 2011

    Seraphita
    Richard, la cinquantaine, est chirurgien plasticien. Il vit avec Eve, une jeune femme qu'il n'hésite pas à malmener. Alex, quant à lui, est un petit truand qui vient de faire un casse meurtrier. Il se cache pour fuir la police. Enfin, Vincent, un jeune homme d'une vingtaine d'années, raconte son calvaire : un tortionnaire qu'il a surnommé « Mygale » le retient captif depuis de longues années et le soumet à des tortures raffinées. Quand la route des trois protagonistes se croise, la perversité est au rendez-vous…
    J'avais lu de Thierry Jonquet « Le Bal des débris » et « Les orpailleurs ». J'avais déjà pu apprécier le talent particulier de cet auteur. Avec ce livre court, dévoré en une journée, j'ai été véritablement conquise par sa maestria.
    Il a su imaginer un scénario diabolique, incroyablement pervers (âmes sensibles s'abstenir), où la cruauté et la haine déferlent. le début est véritablement mystérieux : on assiste à trois histoires, trois récits différents sans bien comprendre où l'auteur veut emmener son lecteur. le récit de Vincent est poignant ; qui plus est, il est écrit à la deuxième personne du singulier, ce qui rend l'identification à la victime plus fort.
    Puis tout se met en place à travers un scénario habilement mené, et la noirceur de l'âme humaine est révélée au grand jour, par un dévoilement allant crescendo. le récit est bien construit et découpé en trois parties, dont les titres sont en lien avec le titre même du livre. le mystère et l'énigme, présents dès le début de l'ouvrage et qui m'ont captivée, ne cessent de croître au fur et à mesure de l'avancée des pages. Les rebondissements, multiples, sont au rendez-vous.
    J'avais apprécié, dans « Le Bal des débris » du même auteur, le tour de force final ; ici, je retrouve le brio de Thierry Jonquet qui a su me séduire par son imagination véritablement diabolique et perverse. Un roman excessivement noir, qui explore la cruauté humaine, le sadisme extrême, que j'ai trouvé bien écrit, d'une écriture précise, quasi-chirurgicale dans les descriptions, osant des détails crus, n'épargnant rien au lecteur, une écriture rythmée sans fioritures littéraires. Ce roman est véritablement troublant. A ne pas mettre entre toutes les mains…
    Le récent film de Pedro Almodovar « La piel que habito » me semble une excellente adaptation cinématographique de ce roman noir.
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par verobleue, le 02 septembre 2011

    verobleue
    Un moment d'inattention et voilà que je me retrouve sans livre : impossible !
    Mmm, je scrute ma pal : je cherche un petit livre. Oui, « Mygale de Thierry Jonquet ». de plus, il vient d'être adapté au cinéma par Pedro Almodóvar sous le titre « La piel que habito » avec Antonio Banderas dans le rôle du Chirurgien. Allez, hop !
    Alex Barny abat un policier qui lui a arraché sa cagoule lors d'un braquage. Blessé d'une balle dans la cuisse, activement recherché par la police, il se planque dans un mas provençal.
    Vincent Moreau, ami d'Alex (ils sont du même village) a disparu il y a 4 ans lors d'une sortie en moto.

    Richard Lafargue, chirurgien plastique de renommée internationale, travaille le matin dans un hôpital parisien, l'après-midi dans sa clinique de Boulogne. le soir, il rejoint Ève à la villa du Vésinet dans la région parisienne. Régulièrement, le couple se rend dans une institution psychiatrique et rend visite à Viviane. Richard prostitue Ève, la drogue à l'opium et lorsqu'il s'absente, l'enferme dans sa chambre à la villa.
    « Mygale » de Thierry Jonquet est très dérangeant. En 156 pages, il nous entraine dans un récit sombre, machiavélique et déroutant de relations perverses. Un roman noir et radical qui se lit d'une traite, sans temps mort : Thierry Jonquet est court, précis, percutant et sait jouer avec nos nerfs.
    Les éléments s'enchaînent minutieusement, les personnages sont dépeints de manière remarquable, se lient et se délient dans des profondeurs malsaines. Comme eux, le lecteur descend lentement dans le dégoût. Bourreaux ou victimes ?
    A nous d'imaginer ce qui va se passer ensuite ...
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    Critique de qualité ? (9 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par caro64, le 27 octobre 2011

    caro64
    De ce court roman de Thierry Jonquet - à peine 150 pages - un petit texte bizarre, un des plus curieux qu'il ait écrit, on sort dérangé, interpellé, ou fasciné ! (Cette dernière option fut la mienne...) Construite en forme de puzzle, cette cruelle histoire de séquestration, de vengeance, de sexe et d'identité, ne se recompose qu'à la toute fin, lorsque tous les morceaux finissent par s'imbriquer, s'éclairant les uns les autres. La narration joue sur les personnages, laissant intentionnellement dans l'ombre certains pans, déroutant le lecteur pour mieux le piéger… le livre, qui tisse ses fils comme une toile d'araignée, est découpé en trois parties qui se font écho les unes les autres : L'araignée, le venin, La proie.
    Lu d'une traite en quelques heures. Court, mais intense, d'une puissance incroyable. Une noirceur et une imagination fabuleuse. On ne ressort pas indemne de cette lecture…
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    Critique de qualité ? (11 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par fleurdusoleil, le 01 août 2011

    fleurdusoleil
    "Alex était parti, après avoir embrassé le vieux. Huit jours plus tard, il attaquait la succursale du Crédit Agricole et tuait le flic. Au village, tout le monde devait avoir gardé la page du journal, avec la photo d'Alex à la Une et celle du flic en famille."

    Mon avis :
    Comme dans la présente édition, je prends le parti de vous donner ces quelques lignes d'introduction en guise de résumé car il est dans l'intérêt de ce livre de ne rien dévoiler.
    Thierry Jonquet est une référence dans le monde du roman policier. Sa réputation n'est plus à faire. Mais de tous ses romans, celui-ci est le plus accompli. En seulement 156 pages, il nous entraine dans un huis-clos sombre, machiavélique et déroutant. Il installe ses personnages dans une spirale infernale qui donne des sueurs froides. Chaque protagoniste a un rôle bien défini, mais Thierry Jonquet joue avec les illusions pour mettre en déroute son lecteur. D'une écriture maîtrisée, il construit sa toile et à l'instant le moins attendu, paralyse sa proie.
    L'angoisse monte crescendo à l'instar de la compréhension du lecteur. Les éléments se mettent en place dans un ordre rigoureux, les destins se croisent et se lient dans les profondeurs du mal. Comme les personnages, dépeints de manière magistrale-n'ayons pas peur des mots- le lecteur descend lentement dans les affres de l'enfer. Qu'ils soient bourreaux ou victimes, les conséquences de leurs actes seront irréversibles. Mais qui sont les vraies victimes ?
    Thierry Jonquet joue avec les mots, avec les vies, avec les âmes, mais surtout avec nos nerfs. Mygale est vraiment une lecture intense emplie d'un angoisse extrême. Notre raison en prend un coup face à cette violence inévitable et aux méandres de la douleur.
    Pour vous hisser sur la toile de la Mygale et ressentir la peur de la proie, ouvrez ce roman et laissez-vous surprendre par la violence des mots....


    Lien : http://lacaveauxlivres.blogspot.com/2011/08/mygale-thierry-jonquet.h..
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Citations et extraits

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  • Par mgeffroy, le 28 janvier 2008

    Richard Lafargue arpentait d'un pas lent l'allée tapissée de gravier qui menait au mini-étang enchâssé dans le bosquet bordant le mur d'enceinte de la villa. La nuit était claire, une soirée de juillet, le ciel parsemé d'une pluie de scintillements laiteux.
    Embusqué derrière un bosquet de nénuphars, le couple de cygnes dormait d'un sommeil serein, le cou replié sous l'aile, la femelle, gracile, douillettement blottie contre le corps imposant du mâle (...).
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  • Par Ys, le 09 septembre 2011

    Tu retenais ton souffle, guettant le moindre bruit, accroupi contre le mur, affolé comme un cafard surpris en pleine lumière. Tu n'étais plus qu'un insecte prisonnier d'une araignée repue, qui te gardait en réserve pour un repas à venir. Elle t'avait capturé pour te savourer en toute quiétude, quand l'envie lui viendrait de goûter ton sang. Tu imaginais ses pattes velues, ses gros yeux globuleux, implacables, son ventre mou, gorgé de viande, vibrant, gélatineux, et ses crocs venimeux, sa bouche noire qui allait te sucer la vie.
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Vidéo de Thierry Jonquet

Bande annonce de La Piel que Habito, un film de Pedro Almodóvar avec Antonio Banderas. Adaptation de Mygale, le roman de Thierry Jonquet








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