ISBN : 2070368084
Éditeur : Gallimard (1972)


Note moyenne : 3.85/5 (sur 269 notes) Ajouter à mes livres
Quatrième de couverture
King lécha le visage de Patricia et me tendit son mufle que je grattai entre les yeux. Le plus étroit, le plus effilé me sembla, plus que jamais, cligner amicalement. Puis le lion s'étendit sur un flanc et souleva une de ses pattes de deva... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par olivberne, le 23 mai 2012

    olivberne
    C'est un roman qui peut se lire à tous âges. On s'identifie à la jeune fille qui grandit face aux événements qu'elle vit, de son amour surprenant et inouï pour un lion de la savane au passage à l'âge adulte , violent et dévastateur. On peut aussi se mettre dans la peau du narrateur, qui va assister au spectacle et tout décrire, en entrant peu à peu dans l'intimité de cette relation particulière. Enfin, il y a le soldat, l'homme viril, l'africain de la savane, celui qui ira au bout de son combat. On peut voir énormément de symboles et d'interprétations dans ce roman, et le relire plusieurs fois car il y a tant à comprendre. C'est un vrai beau roman d'apprentissage.
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    Critique de qualité ? (15 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par chocobogirl, le 05 avril 2011

    chocobogirl
    " Il me semblait que j'avais retrouvé un paradis rêvé ou connu par moi en des âges dont j'avais perdu la mémoire. Et j'en touchais le seuil. Et ne pouvais le franchir.
    De rencontre en rencontre, de désir en désir frustré, le besoin était venu - sans doute puéril, mais toujours plus exigeant - de me voir admis dans l'innocence et la fraicheur des premiers temps du monde. "
    Ainsi parle le narrateur, voyageur au long cours qui a décidé cette fois-ci de s'arrêter au Kenya pour toucher du doigt la faune, libre et innaccessible qui le fascine.
    Dès les premières pages, nous voici donc plongés dans la poussière et la chaleur de l'Afrique qui abrite en son sein des territoires presque vierge de l'influence humaine.
    Son premier réveil est déjà une révélation :
    " Je ne m'appartenais plus. Je me sentais appelé par les bêtes vers un bonheur qui précédait le temps de l'homme. "
    Alors qu'il s'apprête à suivre ses instincts du début des temps et à s'approcher des bêtes au mépris de toute prudence, il est arrêté par une petite fille, Patricia, fille de John Bullit, l'administrateur du parc.
    Elle semble posséder un certain pouvoir sur les animaux qu'elle comprend et qui la comprennent, et plus particulièrement sur King, un lion sauvage que sa famille a sauvé et élevé.
    Dès lors, nous allons suivre le narrateur sur les traces de Patricia et de son étrange relation fusionnelle avec le roi des animaux et découvrir sa famille.
    Alors que la petite fille préfère passer tout son temps dans la brousse, son père oublie son passé de chasseur en gérant "sa" réserve avec toute la protection possible envers les animaux et en surveillant les conflits avec les Massaïs. Sybil, la mère, préfère quant à elle s'enfermer dans sa villa : la brousse et King lui inspire désormais une peur panique et elle cherche à tout prix à en éloigner sa fille.
    Le narrateur suivra les conflits familiaux de cette famille malgré tout aimante et ne pourra qu'être spectateur du drame qui se profilera au fur et à mesure.
    Le roman est tout d'abord une formidable plongée dans la vie africaine et plus particulièrement kenyane. L'intrigue se passe au pied du Kilimandjaro et on ne pourra que s'émerveiller devant de très belles descriptions de la savane et des animaux. On y découvrira ses habitants, les massaïs et les autres tribus, leurs moeurs, leur fierté, leurs fêtes. Bref c'est une véritable ode à l'Afrique et à sa vie sauvage.
    L'Afrique, certes, mais l'Afrique coloniale surtout. Les blancs restent ceux qui ont le pouvoir et dirigent. Les postes de chauffeurs et de serviteurs leur sont réservés. La famille Bullit et le narrateur les respectent pourtant, connaissent leurs traditions et leurs qualités, participent à leur vie communautaire mais une certaine condesdence point malgré tout.
    "Les Masaïs ne vendent et n'achètent rien. Ils ont beau être noirs, il y a du seigneur en eux."
    "Les noirs ne souffrent pas d'être laids. Et chez eux, les chasseurs sont fiers des marques de la chasse"
    Le roman tournera pourtant autour de la relation très particulière de Patricia avec King. Faite de complicité, d'amour et de fidélité, elle est fascinante par son caractère irréel et presque impossible.
    " King lécha le visage de Patricia et me tendit son mufle que je grattai entre les yeux. le plus étroit, le plus effilé me sembla, plus que jamais, cligner amicalement. Puis Le lion s'étendit sur un flanc et souleva une de ses pattes de devant afin que la petite fille prît contre lui sa place accoutumée. "
    Comme le narrateur qui n'arrive pas à se détacher de la vision de cette petite fille qui parle aux animaux d'une manière quasi magique, les massaïs pensent que le père de Patricia est un lion. Oriounga, un jeune guerrier morane s'interessera plus particulièrement à elle et servira de déclencheur du drame.
    Patricia fait la loi dans la réserve et fait plier tout le monde a ses quatre volontés, son père le premier. Elle semble avoir une dizaine d'années mais fait preuve d'une maturité rare et presque peu crédible par ses remarques et son analyse des choses. Malgré son orgueil, elle perçoit la souffrance qu'elle provoque chez sa mère et cherche à s'amender en se pliant à ses désirs lorsque la crise de nerfs menace chez cette dernière.
    La famille est en effet sous tension. Chaque membre a conscience de faire souffrir l'autre en étant soi-même. Bullit, ainsi que sa fille, savent que Sybil est malheureuse dans la brousse mais ne sauraient concevoir vivre ailleurs. Sybil en a bien conscience et essaie de réprimer ses accès de nerfs tout en essayant de soustraire Patricia à cette vie dangereuse et en faisant bonne figure.
    Ce roman est finalement un roman d'amour : amour entre des êtres qui éprouvent des difficultés à vivre ensemble, amour entre l'Homme et l'Animal, amour de l'Afrique éternelle. Un amour orgueilleux qui mènera Patricia à perdre tout ce à quoi elle tenait.

    Bullit s'interrogera d'ailleurs sur l'amour un peu extrême des animaux :
    " Pour bien tuer les bêtes, il faut les bien connaitre. Pour les connaitre, il faut les aimer, et plus on les aime et davantage on les tue. C'est même pire que cela en vérité. C'est exactement dans la mesure où on les aime qu'on éprouve le besoin et la joie de les tuer. Et alors qu'on ait faim ou non, que cela rapporte ou que cela coûte, avec ou sans licence, en terrain permis ou défendu, que l'animal soi dangereux ou sans défense, peu importe. S'il est beau, noble ou charmant, s'il vous touche au plus profond du coeur par sa puissance ou sa grâce alors, on tue, on tue, on tue... Pourquoi ? "
    Vous aurez compris que cette lecture a été un coup de coeur pour moi et que je regrette de ne pas avoir découvert bien avant. L'écriture est merveilleuse et l'histoire fascinante.
    Je vais devoir lire très prochainement l'autre roman de Kessel qui patiente dans ma PAL : "Les cavaliers" ...

    Lien : http://legrenierdechoco.over-blog.com/article-le-lion-joseph-kessel-..
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    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Pingouin, le 31 mars 2012

    Pingouin
    J'ai écris cette critique il y a un peu moins de 2 ans, je la recopie telle quelle car elle me semble toujours conforme à mes impressions en refermant cette œuvre.

    Ce livre est fabuleux, j'ai toujours adoré les animaux, passionné par les fauves, Le lion, le roi, la domination incarnée, la démarche impériale. Après la lecture de ce livre, mon amour pour les bêtes et plus particulièrement pour ce roi n'ont pu qu'être amplifiés.
    On se retrouve vraiment en Afrique, nous n'avons aucune difficulté à imaginer les monts enneigés du Kilimandjaro, la brousse, la chaleur étouffante, dès que je prenais ce livre, je m'en allais réellement, c'est là que l'on reconnaît les vrais romanciers, ils nous transportent, je l'ai rarement autant été. Mais plus qu'un roman, c'est une partie de l'injustice de la vie qui est illustrée, je ne raconterai pas la fin, ça m'est trop souvent arrivé de me faire avoir de cette manière, mais il n'y a pas qu'une belle histoire à vivre avec ce bouquin, il y a de la noblesse et de la réflexion à récupérer également.
    Juste fabuleux.
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    Critique de qualité ? (17 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Leaz, le 19 mai 2012

    Leaz
    Je me souviens d'avoir dévoré ce livre en peu de temps. Je me souviens d'avoir adoré découvrir le Kenya. Je me souviens d'avoir eu envie de rester dans ce livre, dans cette magnifique histoire. Je me souviens d'avoir eu envie de rester près de ce lion majestueux. Un livre qui peut être mis facilement entre les mains de jeunes lecteurs mais que les grands sauront eux aussi apprécier !
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    • Livres 4.00/5
    Par tessgeffroy, le 31 mars 2012

    tessgeffroy
    ce livre, je l'ai lu quand j'étais ado, et déjà passionnée par la lecture. je m'en souviens très bien car l'ai reçu pour un anniversaire, et : c'est la première fois que je découvrais l'Afrique avec ses yeux là !
    les yeux d'un passionné ! c'est la première fois que je voyageais si loin et en ressentant le souffle du lion, la chaleur sur les plaines....
    un des livres qui m'a fait aimé la lecture !
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Citations et extraits

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  • Par marina53, le 24 mai 2012

    Un lion dans toute la force terrible de l'espèce et dans sa robe superbe. Le flot de la crinière se répandait sur le mufle allongé contre le sol.
    Et entre les pattes de devant, énormes, qui jouaient à sortir et à rentrer leurs griffes, je vis Patricia. Son dos était serré contre le poitrail du grand fauve. Son cou se trouvait à portée de la gueule entrouverte. Une de ses mains fourrageait dans la monstrueuse toison.
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    Citation de qualité ? (5 votes positifs)
  • Par katellster, le 12 mai 2011

    La lune était haut dans le ciel quand nous atteignîmes, au centre de Parc Royal, une immense plage circulaire, brillante et lisse, qui avait été autrefois recouverte par les eaux d'un lac. La clarté nocturne faisait courir à sa surface un scintillement d'ondes argentées. Et dans ce mirage lunaire, qui s'étendait jusqu'à la muraille du Kilimandjaro, on voyait jouer les troupeaux sauvages attirés par la liberté de l'espace, la fraicheur de l'air et l'éclat du ciel. Les bêtes les plus lourdes et les plus puissantes, gnous, girafes et buffles, se déplaçaient calmement le long du cirque enchanté. Mais les zèbres, les gazelles de Grant, les impalas, les bushbucks se mêlaient au milieu du lac desséché dans une ronde sans fin, ni pesanteur, ni matière. Ces silhouettes désincarnées et inscrites sur l'argent de la nuit ainsi qu'à l'encre de Chine, glissaient à la surface d'un liquide astral, filaient, s'élançaient, se cabraient, s'élevaient, s'envolaient avec une légèreté, une vitesse, une aisance et une grâce que leurs mouvements, mêmes les plus nobles et les plus charmants, ne connaissaient pas dans les heures du jour. C'était, imprégnée, menée par le clair de lune, une danse folle et sacrée.
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  • Par Tiphanya, le 26 décembre 2008

    Pourtant je ne reconnus pas cette silhouette. Elle semblait sortir de la nuit des temps. Un grand bouclier tenu à bout de bras la précédait et, couronnant la tête aux reflets d’argile et de cuivre, flottait, à la hauteur du fer de lance, l’auréole royale des lions.
    Armé, paré selon la coutume sans âge, Oriounga le morane venait pour l’épreuve – qui d’un Masaï faisait un homme et pour gagner par elle Patricia.
    Et plus ardent, plus brave, plus fort que les ancêtres, il venait seul.
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  • Par Tchippy, le 17 octobre 2010

    Alors, avec une stupeur émerveillée, où, instant pas instant, se dissipait ma crainte, je vis dans le regard que le grand lion du Kilimandjaro tenait fixé sur moi des expressions qui m'étaient lisibles, qui appartenaient à mon espèce, que je pouvais nommer une à une : la curiosité, la bonhomie, la bienveillance, la générosité du puissant.
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  • Par Matt85, le 11 février 2010

    Rideau après rideau, la terre ouvrait son théâtre pour les jeux du jour et du monde
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Vidéo de Joseph Kessel

Le Cercle littéraire de la BnF .
Luc Boltanski, Elisabeth de Fontenay, Jacqueline RissetPrésenté par Laure Adler et Bruno RacineEntretien du 18 janvier 2010Chaque mois, trois écrivains récemment publiés dialoguent pendant 50 minutes avec Laure Adler et Bruno Racine, tantôt dans les salons du XVIIIe siècle de la Bibliothèque de l?Arsenal, tantôt sur le site François-Mitterrand. Pour cette troisième édition du Cercle littéraire, sont invités Luc Boltansky pour De la critique (NRF Essais, Gallimard) ; Elisabeth de Fontenay pour L'abstraction du monde (in Regards sur la crise. Réflexions pour comprendre la crise? et en sortir, ouvrage collectif dirigé par Antoine Mercier, Hermann Éditeurs - France Culture) et Jacqueline Risset pour Une Certaine Joie. Essai sur Proust (Hermann Éditeurs).En fin d'émission, Alexis Lacroix , rédacteur en chef adjoint du Magazine Littéraire, nous présente son coup de c?ur du mois : le Temps de l'espérance - Reportages 1919-1929 (Texto, Éditions Tallandier), de Joseph Kessel.En partenariat avec : le Magazine littéraire.Avec le concours de la Fondation Simone et Cino del Duca








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