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ISBN : 2253012343
Éditeur : Le Livre de Poche (1967)


Note moyenne : 3.62/5 (sur 81 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Publié en 1925, Le Désert de l'amour, grand prix du roman de l'Académie française, évoque la passion amoureuse qu'un père et son fils ont pour une femme entretenue, Maria Cross, fille d'instituteur, intellectuelle indolente, contre-exemple de l'épouse conventionnelle.> Voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par claudine42, le 05 février 2015

    claudine42
    .
    D'entrée, on apprend qu'il s'agit d'une vengeance à assouvir : Raymond Courrèges à l'encontre de Maria Cross. Mais pourquoi donc ?
    Assis dans un petit bar, Raymond qui a trente sept ans, aperçoit Maria Cross. Il se remémore. Retour vers le passé…
    C'est alors qu'il était en terminale qu'il a fait sa rencontre dans le tramway du retour, un soir d'autrefois. Peu à peu Maria est tombée sous le charme de ce garçon qui lui ne souhaita pas s'en laisser conter et vit là seulement une conquête potentielle. le visage de Raymond obséda Maria qui, torturée par la passion, ne sut si elle devait l'assouvir. Pour elle, il n'était qu'un enfant inoffensif. Incommunicabilité des consciences. Incompréhension annonçant un désastre.
    L'auteur va nous présenter une famille bordelaise en nous mettant en lumière ses mesquineries, ses complicités et tous ses travers. Mille intrigues se nouent dans cette maison où des haines féroces se sont tissées au fil des ans.
    « À vivre ainsi pressés les uns contre les autres, les membres d'une même famille ont à la fois le goût de ne pas se confier et celui de surprendre les secrets du voisin. Chacun prétendait connaître à fond tous les autres et demeurer seul indéchiffrable. »
    Belle ambiance !
    On retrouve dans ce superbe roman les thèmes chers à Mauriac : l'amour passion dévorante et la notion omniprésente de péché. La chair symbolise le péché.
    Mauriac disait de son roman qu'il était celui du renoncement.
    Ce roman a été publié la première fois en 1925, faut-il qu'il soit brillant pour susciter encore de nombreux commentaires !!!
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    • Livres 5.00/5
    Par Caro7111, le 04 juin 2015

    Caro7111
    Je me suis laissée emporter par ce livre bouleversant où l'amour sous toutes ses formes, incompris, avili, rêvé, tient une place centrale.
    D'abord l'amour du docteur Courrèges pour Maria Cross, qui est un amour rêvé et sans avenir. le docteur fait partie de ces hommes qui peuvent mourir, dépérir d'amour pour des êtres aux vertus plus imaginaires que réelles. Il souffre d'une « passion toute-puissante, capable d'enfanter jusqu'à la mort d'autres mondes vivants, d'autres Maria Cross dont il deviendra tour à tour le satellite misérable … » Cette passion est dépeinte comme héréditaire par l'auteur puisque Raymond, le fils du docteur, est voué à souffrir du même mal.
    Le docteur est un être imaginatif. Il vit sans vivre réellement, et on peut se demander si sa vie n'est pas plus intense et vraie dans son esprit que dans le quotidien. Tout un chacun le prend pour un saint homme car il commet ses péchés en pensée, avec son imagination débridée. On le croit aimable et patient quand il a en fait la tête ailleurs : « Son ordonnance une fois signée, il était encore dans l'escalier du client que déjà, comme un chien retrouve l'os enterré, il revenait à ses imaginations dont parfois il avait honte et où ce timide goûtait la joie de plier les êtres et les choses selon sa volonté toute-puissante. Dans le domaine spirituel, ce scrupuleux ne connaissait aucune barrière, ne reculait pas devant d'affreux massacres – jusqu'à supprimer en esprit toute sa famille pour se créer une existence différente. » Ou encore « Sa visite terminée, il rentrait dans son rêve, plein d'une avidité secrète, se répétait : « Je suis un fou… et pourtant… » »
    Le rêve est dangereux, car il fait souhaiter aux individus une vie tout autre, alors qu'il n'apporte que des aspirations inatteignables au point d'en faire négliger le réel, le quotidien, la famille et les enfants.
    L'enfance elle-même est malmenée. L'auteur se penche sur l'évolution d'un être et de son devenir en fonction de son entourage. Raymond a été rejeté par sa famille et n'a pas été sauvé par son père trop occupé à ses rêveries : « Nous avons tous été pétris et repétris par ceux qui nous ont aimés et pour peu qu'ils aient été tenaces, nous sommes leur ouvrage, - ouvrage que d'ailleurs ils ne reconnaissent pas, et qui n'est jamais celui qu'ils avaient rêvé. Pas un amour, pas une amitié qui n'ait traversé notre destin sans y avoir collaboré pour l'éternité. »
    Raymond est devenu l'image que l'on s'est faite de lui : « A dix-sept ans, il arrive que le garçon le plus farouche accepte bénévolement l'image de soi-même que les autres lui imposent. »
    Est dépeinte l'influence du regard des autres, des premières expériences de la vie qui peuvent avoir un impact décisif sur le devenir d'un être sans que l'on puisse s'en douter : « Elle ignorait que, sur cet informe enfant, son regard avait suffi pour qu'il devint un homme dont beaucoup d'autres allaient connaitre les ruses, subir les caresses, les coups. Si elle l'avait créé par son amour, elle achevait son oeuvre, en le méprisant : elle venait de lâcher dans le monde un garçon dont ce serait la manie de se prouver à soi-même qu'il était irrésistible, bien qu'une Maria Cross lui eût résisté. […] ce seraient les larmes de Maria Cross que toute sa vie il ferait couler sur des figures étrangères. Et sans doute était-il né avec cet instinct de chasseur, mais, sans Maria, il l'eut adouci de quelque faiblesse. »
    La famille apparaît ainsi avec ses torts et ses travers. Les membres ne parviennent pas à écouter leurs besoins mutuels, à se comprendre et sont soumis au désert affectif.
    Les rapports père-fils sont encore plus compliqués que les autres. Raymond et son père se cherchent mais ne se trouvent pas, se rapprochent, se fuient. Ce sont parfois les circonstances qui les rapprochent ou les séparent. Maria cross, ce même amour qu'ils partagent, leur permettra de se découvrir très proches, eux qui se croyaient si différents. Raymond semble vouloir se rapprocher du docteur à la fin de l'oeuvre ; alors qu'il rejoint son père à la gare, ce dernier lui demande de descendre de voiture de peur que les portes se referment. Raymond le rassure en lui disant qu'il pourrait descendre au prochain arrêt, mais le docteur refuse et l'exhorte à sortir. Cette scène me parait symbolique du désir qu'éprouve le docteur de ne pas voir son fils souffrir de la même passion que lui, à descendre du train tant qu'il en est encore temps. Il l'invite à avoir une vie rangée, comme lui finalement… Sans doute le docteur veut-il aussi rester seul avec ses rêves. le docteur a toujours éprouvé des difficultés à trouver les mots justes pour parler à son fils, à savoir qu'elle attitude adopter avec lui : « L'homme et la femme, aussi éloignés qu'ils puissent être l'un et l'autre, se rejoignent dans une étreinte. Et même une mère peut attirer la tête de son grand fils et baiser ses cheveux ; mais le père, lui, ne peut rien, hors le geste que fit le docteur Courreges posant sa main sur l'épaule de Raymond. »
    Leur attirance pour Maria Cross parait bien surprenante, puisqu'il s'agit d'une femme entretenue, dont le désir sensuel semble inexistant. Ses sentiments vis-à-vis de son fils décédé semblent ambigus. Jusqu'à la fin, elle demeure mystérieuse pour les personnages comme pour le lecteur. Peut-être est-ce dû à la variation des points de vue adoptés au cours du récit. le roman s'ouvre sur une narration impersonnelle. Puis alternent les souvenirs de Raymond, du docteur et de Maria. le tumulte de la vie bouillonne au coeur de cette oeuvre où l'art du romancier a consisté à l'ordonner de manière harmonieuse.
    Mais ce que les personnages ne trouveront jamais, c'est « Celui qui à leur insu appelle, attire, du plus profond de leur être, cette marée brûlante ». Cette phrase nous rappelle que Mauriac était un écrivain catholique, ou plutôt « un catholique qui écrit des romans » et que ses préférences sont toujours allées aux âmes passionnées et égarées.
    Le « journal » et le « livre » que propose Raymond à son père pour passer le temps rappellent l'opinion énoncée par le docteur sur la lecture : « Un bouquin bouleverse la vie d'un homme quelquefois, et encore ! ça se dit…mais d'une femme ? Allons donc ! Nous ne sommes jamais troublés profondément que par ce qui vit - que par ce qui est sang et chair. Un bouquin ? Il secoua la tête. Bouquin éveilla dans son esprit le mot bouquetin ; et il vit se dresser, auprès de Maria Cross, un chèvre-pied. » Au-delà d'une certaine misogynie, le docteur ne voit pas dans les nourritures spirituelles de quoi le satisfaire. Terre-à-terre, seul le matériel est pour lui digne de passion et d'intérêt.
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    • Livres 5.00/5
    Par Cath36, le 01 novembre 2011

    Cath36
    Un père et un fils amoureux sans le savoir d'une même femme, quel triste vaudeville cette histoire aurait pu être sans le génie de Mauriac ! Analyse de la passion amoureuse, analyse des rapports père-fils, analyse des liens conjugaux, analyse du regard de la société sur une femme dite "entretenue", Mauriac passe tout cela au crible de sa plume, pénétrant des profondeurs vertigineuses. "Le désert de l'amour", cette solitude impitoyable attachée au pas de chacun d'entre eux nous prend ici toute la dimension que Mauriac nous laisse entrevoir dans ses premiers romans. Suivront (entre autres) "Thérèse Desqueyroux" et le "Noeud de vipères", mais jamais Mauriac n'aura aussi bien dit comme ici la nécessaire distance entre les êtres, ce désert de la grâce où ne se révèle pas au père et à son fils "Celui qui à leur insu appelle, attire, du plus profond de leur être". Mauriac achève son roman sur le regard plein d'amour que le père jette à son fils nous laissant entrevoir un début de rédemption pour ces deux êtres qui pressentent une séparation définitive. Au final, une magnifique histoire sur la souffrance d'aimer et sur l'échec de toute forme de communication.
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    • Livres 4.00/5
    Par igaluck, le 27 décembre 2013

    igaluck
    J'ai trouvé ce livre plus ampoulé, moins fluide que “Le mystère Frontenac” lu quelques temps auparavant. Il est souvent sentencieux - on pourrait d'ailleurs y piocher une multitude de citations. L'écriture est raide. François Mauriac appuie lourdement sur ce qui sépare les protagonistes :
    “Le désert qui sépare les classes comme il sépare les êtres.” (62)
    “Ce fils d'une autre race puisqu'il est d'un autre sexe.”
    Le contexte social paraît dépassé, désuet, le texte a vieilli. le roman se lit pourtant facilement et avec plaisir car le caractère des personnages est précis, mis en valeur sans lourdeur. le docteur est finement campé dans sa vie à moitié vécue, à moitié rêvée. L'esprit de famille qui est en fait esprit de conservation, la vie sociale qui ne laisse que peu de possibilités à la vie intérieure de s'exprimer, ressortent avec force. Chacun est face à son néant.

    Lien : http://versautrechose.fr/blog2/?p=3543
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    • Livres 4.00/5
    Par akhesa, le 01 mai 2015

    akhesa
    Apres un debut difficile,je me suis laissee envahir par cette tres belle histoire d'amour,de coincidence(malsaine).Qu'il est parfois difficile de communiquer entre un pere tres occupe par son travail et un fils qui devient un homme!Mais combien il est heureux et chaleureux de se retrouver apres plusierurs annees d'absence!
    Dans cette histoire,ce pere et ce fils sont attires par la meme femme et ont vecu a leur maniere chacun la meme passion,sans que jamais ils ne s'en apercoivent,sans jamais oser se l'avouer
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Citations et extraits

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  • Par Cath36, le 01 novembre 2011

    Ce n'est pas la mort qui nous prend ceux que nous aimons ; elle nous les garde au contraire et les fixe dans leur jeunesse adorable : la mort est le sel de notre amour ; c'est la vie qui dissout l'amour.

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  • Par Cath36, le 01 novembre 2011

    Cependant chacun s'était rassis : une secrète connivence les faisait s'employer tous à éteindre ce feu. L'esprit de famille leur inspirait une répugnance profonde pour ce qui menaçait l'équilibre de leurs caractères. L’instinct de conservation inspirait à cet équipage, embarqué pour la vie sur la même galère, le souci de ne laisser s'allumer à bord aucun incendie.

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  • Par Mistigrif, le 18 août 2013

    Il subit cette fatalité qui nous condamne au choix exclusif, immuable, qu'une femme fait en nous de certains éléments ; et elle ignorera éternellement tous les autres. Rien à faire contre les lois de cette chimie : chaque être à qui nous nous heurtons dégage en nous cette part toujours la même et que le plus souvent nous eussions voulu dissimuler. C'est notre douleur de voir l'être aimé composer sous nos yeux l'image qu'il se fait de nous, abolir nos plus précieuses vertus, mettre en pleine lumière cette faiblesse, ce ridicule, ce vice... Et il nous impose sa vision, il nous oblige de nous conformer, tant qu'il nous regarde, à son étroite idée. Et il ne saura jamais qu'aux yeux de tel autre dont l'affection ne nous est d'aucun prix, notre vertu éclate, notre talent resplendit, notre force paraît surnaturelle, notre visage celui d'un Dieu.
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  • Par vincent38, le 26 février 2014

    Ah ! l'importunité de ces êtres à qui notre cœur ne s'intéresse pas, et qui nous ont choisis, et que nous n'avons pas choisis ! - si extérieurs à nous, dont nous ne désirons rien savoir, dont la mort nous serait aussi indifférente que la vie... et pourtant ce sont ceux-là qui remplissent notre existence.

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  • Par coca, le 24 août 2014

    "Alors vous croyez, mon petit, qu'on prend une femme de force ?"
    Il ne riait pas, jeune mâle humilié, furieux de sa défaite, atteint au plus vif de cet orgueil physique déjà démesuré en lui - et qui saignait. Toute sa vie, il devait se souvenir de cette minute où une femme l'avait jugé repoussant (ce qui n'eût rien été) mais aussi grotesque. Tant de victoires futures, toutes ses victimes réduites et misérables n'adouciraient jamais la brûlure de cette humiliation première.
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Malagar, François Mauriac .
Malagar, François Mauriac : Dans le cadre de la Collection Maisons d'écrivains, présentation de Malagar, demeure de François Mauriac. Avec la participation de : Eric Fottorino, président du centre François Mauriac, Jean-Claude Ragot, directeur du centre François Mauriac, Caroline Casseville, maître de conférences à l'université Bordeaux Montaigne. Notes de Musique : Charles Gounod, Au rossignol par Suzanne Danco ® 1955 - Mozart, Don Giovanni, direction Carlo Maria Giulini ® 1959








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