> François Hirsch (Traducteur)
> Patricia Schaeffer (Traducteur)

ISBN : 2020309637
Éditeur : Editions du Seuil (1998)


Note moyenne : 4.07/5 (sur 14 notes) Ajouter à mes livres
Certains avouent, écrivent ou chantent que Cormac McCarthy est le plus grand écrivain vivant outre-Atlantique. Malgré la subjectivité du jugement, c'est la vérité ! Pour preuve - et au hasard - un roman de la force de L'Obscu... > voir plus
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Critiques et avis(5)

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  • Par lilicrapota, le 29 octobre 2011

    lilicrapota
    Je ne sais toujours pas si j'ai aimé ce livre ou pas (en tout cas j'ai été pressée de le finir). On va dire qu'il aura au moins réussi à quelque chose : m'interpeller.

    L'histoire (horrible) : Holme et sa sœur Rinthy vivent ensemble, très pauvrement. le livre commence quand Rinthy accouche (de l'enfant de son frère !). Holme ne voulant pas de cet enfant, raconte à sa sœur qu'il est mort et s'en va l'abandonner dans la forêt. Un colporteur qui passait par là le trouve et l'emmène. Quelques jours plus tard, Rinthy voulant se recueillir s'aperçoit que le tombe de son fils est vide et elle part alors à sa recherche.

    Tout le roman raconte alors, à tour de rôle et de chapitre, le chemin suivi par Rinthy pour retrouver son fils et par Holme pour retrouver sa sœur. Ils feront des rencontres souvent mauvaises, voire effrayantes (une seule sera vraiment positive pour Rinthy, quand elle va voir le docteur et qu'il lui dit que si ses seins continuent à fournir du lait alors qu'elle n'allaite pas, c'est que son petit est toujours vivant), sinon mortelles.

    A la fin, Rinthy tombe sur le colporteur qui lui fait croire que le bébé est en nourrice, et qui la renvoie violemment quand il apprend que l'enfant est le fruit d'un inceste.

    A peine plus tard, c'est Holme qui retrouve à son tour le colporteur, mais il vient d'être pendu par des hommes (qui avaient déjà croisés La Route de Holme, malheureusement pour lui), il y a aussi ce bébé qui pleure et que Holme ne reconnaît pas comme étant son fils mais il se doute que c'est lui, et des trois hommes finit par prendre le bébé et l'éventre au couteau, comme ça, gratuitement. Donc Holme n'aura pas retrouvé sa sœur, Rinthy n'aura pas retrouvé son fils, et voilà comment le roman s'achève, plus d'un an s'étant écoulé entre le début et la fin.

    L'ambiance (affreuse) : désolation de paysages où tout est laid, même ce qui pourrait être beau : les champs, la campagne bucolique, les rivières, les falaises…tout est terne, Sali par la crasse, la boue, les traces de chariot ou l'aboiement des chiens, tout est recouvert d'un voile de « fin du monde » qui va bien au-delà du romantisme à la Chateaubriand (là je suis en train d'essayer de me rappeler de mes cours…mais ça date un peu !!! vous savez la période en France quand il pleut dehors c'est que le héros n'a pas le moral !!!! c'est quoi déjà ?) qui n'a de cesse de montrer la misère des personnages (misère sociale, affective), le dénuement complet de toute trace même d'humanité (car même l' « amour » qui rapproche Rinthy de son fils ressemble à un instinct animal, et la recherche éperdue de Holme pour retrouver sa sœur à une ultime lutte contre la solitude). Les villes sont peuplées de morts, de pendus, d'hommes à fusils ou à couteaux au regard torve, les chemins regorgent de brigands, si les mains se tendent c'est pour tuer, si la bouche sourit c'est pour trahir, si les mots semblent gentils c'est qu'ils sont à double sens. le cœur ne vit que dans la peur, la méfiance, guidé par l'instinct de survie. Il n'y a pas une once de beau là-dedans, les habits sont des loques, la nourriture est à peine pour les chiens, les gens vivent moins bien que des animaux. Beurk !

    Le style (horreur !) : des phrases très courtes, ou qui font 10 km de long, peu de juste milieu, une ponctuation anarchique, sans parler des dialogues (enfin, si on peut appeler ça comme ça : pas de tirets ni de guillemets, à peine un retour à la ligne et avec ça débrouille toi pour savoir qui cause !). une quantité d'adjectifs à la page qui devrait être inscrite dans le guiness, de la description, de la description, encore de la description…et là-dessus, pas une miette de sentiment, jamais, genre on sait que le personnage a peur parce qu'il se met à courir avec les yeux révulsés par l'effort, mais ce ne sera dit « Holme sentait la peur lui vriller les tripes » ah non ça jamais !!! pas un pouce d'analyse psycho là-dedans !!!! (Faut dire, fait-on de l'analyse psychologique sur les animaux, hein ?)

    L'obscurité du dehors, c'est surtout l'obscurité du dedans (merci samsagace !) la noirceur des âmes, les errements des êtres, l'avidité insipide de l'homme qui n'a d'homme que le nom, la constante déshumanité des corps…
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    • Livres 3.00/5
    Par steppe, le 11 octobre 2010

    steppe
    J'attendais beaucoup de cet auteur (beaucoup trop ?) sans rester complètement hermétique, je n'ai pas accroché plus que ça à ces déambulations dans le sud américain... le point de départ passe vite au second plan, devenant une sorte de road movie désespéré prétexte à de brèves rencontres avec les habitants du pays... Avec en toile de fond, pauvreté, misère, bêtise et cruauté, mais aussi authenticité et générosité de gens simples habitués à un quotidien dur et austère....
    Heureusement, l'auteur est un écrivain de talent et il arrive à dépeindre la région et ses conditions de vie de façon précise. Un peu répétitif quand même... et le côté descriptif prend vite le pas sur l'intrigue qui, au fil des pages, passe définitivement au second plan...
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    • Livres 4.00/5
    Par CLAVIE, le 06 avril 2012

    CLAVIE
    Avec cette histoire, l'auteur nous montre que deux personnes personnes qui ont pu se rapprocher au plus profond de leurs être, se séparent pour suivre des chemins parallèles. Finallement, une leçon de vie ordinaire mais inscrite dans un décor inconnu.
    Par le jeu des symboles, du rythme du récit, d'épisodes de découvertes nous cherchons comme les personnages à connaître la suite... la fin du parcours dans cet univers empreint de malhonnêté et de déceptions.
    Un roman très moderne, et très agréable.
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  • Par JAsensio, le 25 mai 2011

    JAsensio
    L'obscurité du dehors nous semble moins impénétrable, dans le deuxième roman, gothique par excellence, de Cormac McCarthy (1), que celle dans laquelle les personnages accomplissent leurs actes sans même les avoir fomentés (cf. p. 118) et, dirait-on, livrent leurs rares pensées, aussi fixes qu'elles sont dépourvues de la moindre afféterie : dans ce livre, comme dans tous les romans de McCarthy, le seul impératif catégorique tient en un unique verbe, qui ne peut se conjuguer qu'au présent, survivre.

    Lien : http://stalker.hautetfort.com/archive/2011/05/17/obscurite-du-dehors..
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    • Livres 4.00/5
    Par sgirard, le 20 mai 2010

    sgirard
    De la grande littérature, à lire rien que pour le style mais pas dans une période de spleen...
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Citations et extraits

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  • Par steppe, le 05 novembre 2010

    Émaciée comme elle était et battant des paupières et ses guenilles flottant au vent on eût dit une créature reprise à la terre par quelque obscur miracle pour être livrée dans son lambeau de suaire et son hésitante matérialité au supplice du soleil.
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  • Par GonzoV, le 29 décembre 2008

    Devant lui s'étendait un désert spectral d'où ne dépassaient que des arbres dénudés dressés dans des attitudes de souffrance, vaguement hominoïdes comme des figurines dans un paysage de damnés. Un jardin des morts qui fumait vaguement et s'estompait pour se confondre avec la courbure de la terre.
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