> Philippe Jaccottet (Traducteur)

ISBN : 2020238136
Éditeur : Editions du Seuil (1995)


Note moyenne : 3.83/5 (sur 48 notes) Ajouter à mes livres
Ce roman, qui est d'abord une admirable analyse de l'adolescence, relate l'éveil d'une conscience à travers les désarrois intellectuels, moraux et charnels de Törless, élève dans un collège très huppé de la vieille Autriche à la fin du siècle dernier. La cruauté et la b... > voir plus
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Critiques et avis(5)

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    • Livres 4.00/5
    Par yo, le 31 octobre 2011

    yo
    Les Désarrois de l'élève Törless raconte les mésaventures de Törless, jeune autrichien, dans un internat huppé du pays. Mis là par ses parents fonctionnaires qui ont beaucoup d'espoir pour lui, il fait les découvertes de tout adolescent, mais dans un cadre austère et souvent hostile : l'adversité, l'admiration pour un professeur, la plongée maniaque dans une matière qu'on estime essentielle. Mais il fait la connaissance de matières très peu scolaires : les émois, hétéro comme homosexuels, mais aussi le sentiment de domination, et celui de honte. Comme entraîné par deux camarades, Reiting et Beineberg, la vie de Törless à l'internat prend des chemins très aventureux.
    Musil signe avec son premier ouvrage un véritable roman d'apprentissage. On y retrouve non seulement la séparation d'avec les parents et la découverte d'un monde inconnu, mais aussi tous les doutes qui assaillent le jeune homme dans cette école a priori très austère. Si les premières aventures se font à l'extérieur, à l'étage d'une auberge avec une jeune fille, ce sont très vite le grenier et les moindres recoins de l'internat qui deviennent les lieux de jeu de Törless. En particulier cette petite pièce sous les combles, tendues de tapisseries, où les trois amis se livrent à tous les jeux, y compris les plus barbares.

    Lien : http://livres-et-cin.over-blog.com/30-categorie-10187263.html
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    • Livres 5.00/5
    Par zohar, le 10 mars 2011

    zohar
    Ce roman est marqué par un heureux équilibre entre la réflexion et l'action.
    Le cadre chronologique est très délimité : S'ouvrant sur le départ des parents de Toerless qui sont venus lui rendre visite à son collège, l'intrigue s'achève sur la fin des études et des retrouvailles avec sa mère.
    Mais l'essentiel est constitué par les vicissitudes et désarrois de cet adolescent : brimades subies par un jeune garçon coupable de vol, perversions sexuelles, tortures, violences collectives, et méthodes disciplinaires rigoureuses, etc.
    Tous ces épisodes (l'égocentrisme, la cruauté et la violence que peut connaître tout homme à l'âge de la puberté) permettent au héros, complice parce qu'observateur (en même temps), d'agir et de réfléchir sur lui-même, et plus largement, sur la condition humaine. le protagoniste est en quête de lui-même et sur lui-même !
    Par extension, la structure de « L'homme sans qualités » élaborée par l'auteur rappelle celle adoptée ici : « Les Désarrois de l'élève Toerless » peut se lire ainsi comme une introduction à « L'homme sans qualités ».
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    • Livres 4.00/5
    Par Piling, le 06 décembre 2008

    Piling
    J'ai découvert Musil assez tôt, avec Les Désarrois de l'élève Törless. Quelques années plus tard L'Homme sans qualité. Il m'a d'abord intrigué, intéressé. De loin en loin le relisant, en gros tous les six, sept ans, je peux dire que c'est un auteur que j'aime de plus en plus. Séduction intellectuelle, gros plaisir à relire, à redévorer l'Elève Törless par exemple, que je connais par coeur, et pourtant non, à chaque relecture une lecture différente, et ça n'arrive pas avec tant d'auteurs que ça, quoi que l'on dise. Il y a des auteurs que j'ai arrêté de lire et de relire quand j'ai senti tomber mon intérêt parce que je sentais que j'en avais pompé tout le jus, comme un chewing gum trop mâché, c'est le cas de Tournier avec le Roi des Aulnes et des Météores dont je raffolais à 17 ans. Plus rien à en apprendre. Musil non, c'est l'inverse. Il m'a bien moins captivé que le Roi des Aulnes au même âge (fin de l'adolescence en gros) mais le relisant à des années-lumière de qui j'étais à 18, 28 ans, je me sens tout d'un coup en pleine correspondance harmonique, celle fugitive et intense du temps d'une lecture, pas plus, ce n'est pas un maître à penser, mais quelqu'un dont les livres font des clins d'oeil appréciables. Amusant et surprenant aussi de voir des phrases soulignées il y a dix ans qui aujourd'hui ne me parlent plus autant. Quelle naïveté avais-je d'être frappée ainsi, de m'en servir comme marchepied pour la vie... (ça me fait le même effet pour Nietzsche qui vieillit moins bien que Musil, qui finira peut-être comme Tournier, dépassé, usé, car j'ai trouvé plus captivant, intrigant ailleurs). Relire des phrases que j'avais soulignées alors, c'est être replongée d'un coup dans la niaiserie de ma jeunesse, la même qui soulignait fiévreusement des tas d'aphorismes nitzschéens parce que j'avais vingt-cinq ans et que je voulais exister... Or les passages que je bois le plus attentivement, le plus longuement chez Musil, ne sont du tout les mêmes. Là je n'ai plus rien souligné chez Törless. C'est l'oeuvre en général, la virtuosité légère de ce petit chef d'oeuvre que j'ai trouvé goûteuses. Léger, mi-cruel mi-indulgent comme un petit opéra baroque.

    Lien : http://vitanova.blogspot.com/2005/03/jai-dcouvert-musil-assez-tt-ave..
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    • Livres 3.00/5
    Par monito, le 06 octobre 2009

    monito
    Il y a dans ce Törless beaucoup d'Ulrich de L'homme sans qualités et ce jeune homme qui s'interroge presque maladivement sur le sens de la vie, mène des expériences et parfois craint de mener celles que ses sentiments pourraient l'amener à faire, nous interroge !
    Troublé, torturé, hors du monde qui l'entoure sans doute parce qu'il ne sait y faire face, Törless entame l'expérience de la manipulation, la domination de l'autre.
    Témoin passif de certaines scènes violentes, il ne dit mot pour mieux appréhender les limites, certaines d'entre elles, il est complice par sa passivité mais aussi par des velléités qu'il ne sait transformer.
    Une écriture toujours aussi technique, éloignée des figures de style mais puissante par sa profondeur, confère à l'ouvrage une atmosphère pesante, parfois très pesante.
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    • Livres 5.00/5
    Par papillon_livres30, le 16 mars 2010

    papillon_livres30
    C'est aussi un formidable roman sur la conscience de soi.
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Citations et extraits

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  • Par beverycool, le 22 juillet 2009

    « II n'y a rien d'autre à faire, mon cher Törless ; les mathématiques sont un monde en soi, et il faut y avoir vécu très longtemps pour en comprendre tous les principes. »
    Quand le professeur se tut, Törless se sentit soulagé ; depuis qu'il avait entendu se refermer la petite porte, il avait eu l'impression que les mots s'éloignaient de plus en plus... vers l'autre côté, vers le lieu sans intérêt où l'on rangeait toutes les explications justes, mais insignifiantes.
    Toutefois, étourdi par ce torrent de paroles et le sentiment de son échec, il ne comprit pas tout de suite qu'il était temps de prendre congé.
    Aussi le professeur chercha-t-il, pour en finir, un argument décisif.
    Il y avait sur un guéridon un volume de Kant, un de ces livres qu'on aime à laisser traîner avec une feinte négligence. Le professeur le prit pour le montrer à Törless.
    - Vous voyez ce livre : c'est de la philosophie. Il traite des raisons qui déterminent nos actions. Supposé que vous puissiez vous retrouver dans ses profondeurs, vous vous heurteriez, là aussi, à ces axiomes nécessaires qui déterminent tout sans qu'il soit possible de les comprendre à moins d'un effort particulier. Tout à fait comme en mathématiques. Cela ne nous empêche pas d'agir continuellement d'après ces axiomes : ce qui prouve à quel point ils sont importants. Mais (ajouta-t-il avec un sourire en voyant que Törless avait ouvert le livre aussitôt et entreprenait de le feuilleter), gardez ça pour plus tard. Je ne voulais que vous donner un exemple dont vous puissiez vous souvenir ; pour le moment, ce serait un peu ardu pour vous.
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  • Par Piling, le 18 octobre 2008

    Une petite gare sur la ligne de Russie.
    A perte de vue dans les deux sens, quatre voies parallèles s'allongeaient en lignes droite sur un large remblai couvert de ballastre jaunâtre ; à côté de chaque voie, comme une ombre sale, la trace noire inscrite sur le sol par les jets de vapeur brûlante.
    La route qui montait vers le débarcadère de la gare, une bâtisse basse, peinte à l'huile, était large et défoncée. Ses bords se seraient confondus avec le terrain bourbeux d'alentour si ne les avaient jalonnés deux rangées d'acacias dressant tristement de chaque côté leurs feuilles desséchées, suffoquées par la poussière et le charbon.
    Etatit-ce le fait de ces couleurs tristes, était-ce la lumière du soleil couchant, blême, faible, épuisée par la brume, les choses et les êtres avaient un tel air d'indifférence, d'insensibilité machinale, qu'on les aurait cru échappés d'un théâtre de marionnettes. A intervalles réguliers, le chef de gare sortait de son bureau, tournait la tête toujours selon le même angle, dans la direction des signaux qui s'obstinaient à ne pas annoncer l'arrivée de l'express retardé considérablement à la frontière ; puis il tirait sa montre, avec toujours le même mouvement de bras, il hochait la tête, et il disparaissait de nouveau, comme font ces petits personnages d'anciennes horloges, quand sonnent les heures.
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  • Par mariech, le 21 juin 2011

    Dans une certaine mesure , il se sentait écartelé entre deux mondes : l'un solidement bourgeois , dans lequel tout se passait selon la raison et la règle ainsi qu'il en avait pris l'habitude à la maison ; l'autre , romanesque , peuplé d'ombres , de mystère , de sang , d'évènements absolument imprévisibles. Il semblait que ses deux mondes fussent incompatibles.
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Les Désarrois de l'élève Törless (Der junge Törless), film allemand, réalisé par Volker Schlöndorff (1966)











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