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> Philippe Jaccottet (Traducteur)

ISBN : 2020238136
Éditeur : Editions du Seuil (1995)


Note moyenne : 3.66/5 (sur 169 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Ce roman, qui est d'abord une admirable analyse de l'adolescence, relate l'éveil d'une conscience à travers les désarrois intellectuels, moraux et charnels de Törless, élève dans un collège très huppé de la vieille Autriche à la fin du siècle dernier. La cruauté et la b... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par ay_guadalquivir, le 09 janvier 2013

    ay_guadalquivir
    Les Désarrois de l'élève Törless emmène le lecteur sur les chemins obscurs de l'homme de la nuit. Dans ce court roman de jeunesse - son premier - Musil expose le trouble et les errances du jeune Törless dans une école réservée au gratin de la jeunesse autrichienne. Heurté de plein fouet par la fragilité de l'âme, l'explosion des désirs et des peurs, et la porte inconnue de l'âme au-delà des mots et de la raison, Törless est entraîné dans diverses voies - philosophie, mysticisme, mathématiques - dont le coeur est l'expérience de la douleur, la souffrance et la cruauté. C'est l'élève Basini qui devient alors son miroir. Alors que ses camarades l'humilient par pure cruauté - certains y auront vu les prémisces de la barbarie nazie, il cherche à savoir ce qui se passe dans cette âme, bien plus que dans ce corps, soumis à la souffrance. Et ainsi trouver lui-même la voie d'équilibre entre la raison et les rêves de la nuit.
    Un livre qui manifeste s'il en est besoin l'importance de la littérature autrichienne de langue allemande.
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    • Livres 5.00/5
    Par Hammerklavier, le 05 juin 2012

    Hammerklavier
    Découvert un peu par hasard, les désarrois du jeune élève Torless et son écrivain Robert Musil, viennent de me percuter de plein fouet. Ce livre est un roman d'initiation ou l'on observe d'une façon magistrale, la mutation d'un jeune adolescent découvrant la révélation d'une alternative existentielle.
    Le sujet semble lumineux, le texte n'en est pas moins sombre, dérangeant, et parfois violent. Contrairement à Herman Hess dans Demian, la progression du personnage dans sa mutation ne se fera pas par l'introduction du mystérieux et du mystique. Chez Musil, l'équivalent de la notion de mystique apparait d'abord dans les mathématiques, sous la forme du nombre 'i', dont le carré vaut (-1), et qui pour Torless, encore ignorant de certaines subtilités mathématiques, représente un abyme insondable sur lequel s'appuie la raison pour exercer son raisonnement. C'est cet abyme insondable chuchoté par la mathématique que Torless va tenter d'apercevoir, de ressentir dans l'âme humaine, et notamment dans l'immonde cruauté (et ce qu'elle provoque) qui s'acharnera sur un de ses camarade de classes, et avec qui il nouera une relation ambiguë.
    Les désarrois de l'enlève Torless est un roman puissant et sombre, comme le remous des eaux noires d'un fleuve tumultueux, qui vous plonge avec une force sauvage dans les profondeurs d'une âme tentant de saisir la matière de l'existence.
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    • Livres 3.00/5
    Par Kashima, le 29 août 2012

    Kashima
    J'ai lu ce livre sans grande passion, mais j'étais intéressée quand même et, une fois refermé, il m'a laissé des impressions agréables, comme lorsqu'on a lu quelque chose qui a de la valeur.
    D'abord attirée par la peinture d'Egon Schiele en couverture et par la réputation de l'écrivain, j'ai décidé de lire Les Désarrois de l'élève Törless. Je n'avais pas envie de me livrer à des lectures parlant d'amour ou de passions, de sentiments qui auraient pu raviver ce dont je souhaitais guérir. Je n'étais pas non plus portée vers la littérature de guerre que j'ai pourtant affectionnée en avril avec Les Bienveillantes. Alors, une histoire de pensionnat pouvait me convenir.
    Mais on ne peut pas résumer ce livre ainsi. Dès la première page, le lecteur est dans les pensées souvent confuses de Törless, un jeune garçon que ses parents ont placé dans une école. Il est d'abord très triste de cette séparation pour finalement y prendre goût. J'avoue n'avoir pas toujours compris certains de ses désarrois ou raisonnements, mais c'est tellement bien écrit qu'on se laisse porter par le style.
    Törless se lie avec Reiting et Beineberg. Tout commence avec cette phrase que s'écrie Reiting au quatrième chapitre : « Dis donc, je l'ai eu ! (…) le voleur de casiers ! » Basini a dérobé de l'argent dans des casiers pour rembourser des dettes qu'il avait, mais il comptait le rendre. Cet événement va être le point de départ d'un chantage cruel auquel les trois camarades vont soumettre le jeune voleur. Il subira des humiliations, des sévices… et sera le révélateur de certains questionnements de Törless…
    Musil s'est justifié sur les liens homosexuels qui se tissent dans ces pages :
    « Je ne veux pas rendre la pédérastie compréhensible. Il n'est peut-être pas d'anomalie dont je me sente plus éloigné. Au moins sous sa forme actuelle.
    On pourrait remplacer Basini par une femme, et l'homosexualité par le sadisme, le fétichisme, tout ce qui a quelque rapport avec des émotions aberrantes. »....
    Présenté comme un roman de formation, c'est en effet celle de Törless qui s'opère petit à petit sous nos yeux.
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    • Livres 5.00/5
    Par zohar, le 10 mars 2011

    zohar
    Ce roman est marqué par un heureux équilibre entre la réflexion et l'action.
    Le cadre chronologique est très délimité : S'ouvrant sur le départ des parents de Toerless qui sont venus lui rendre visite à son collège, l'intrigue s'achève sur la fin des études et des retrouvailles avec sa mère.
    Mais l'essentiel est constitué par les vicissitudes et désarrois de cet adolescent : brimades subies par un jeune garçon coupable de vol, perversions sexuelles, tortures, violences collectives, et méthodes disciplinaires rigoureuses, etc.
    Tous ces épisodes (l'égocentrisme, la cruauté et la violence que peut connaître tout homme à l'âge de la puberté) permettent au héros, complice parce qu'observateur (en même temps), d'agir et de réfléchir sur lui-même, et plus largement, sur la condition humaine. le protagoniste est en quête de lui-même et sur lui-même !
    Par extension, la structure de « L'homme sans qualités » élaborée par l'auteur rappelle celle adoptée ici : « Les Désarrois de l'élève Toerless » peut se lire ainsi comme une introduction à « L'homme sans qualités ».
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    • Livres 4.00/5
    Par yo, le 31 octobre 2011

    yo
    Les Désarrois de l'élève Törless raconte les mésaventures de Törless, jeune autrichien, dans un internat huppé du pays. Mis là par ses parents fonctionnaires qui ont beaucoup d'espoir pour lui, il fait les découvertes de tout adolescent, mais dans un cadre austère et souvent hostile : l'adversité, l'admiration pour un professeur, la plongée maniaque dans une matière qu'on estime essentielle. Mais il fait la connaissance de matières très peu scolaires : les émois, hétéro comme homosexuels, mais aussi le sentiment de domination, et celui de honte. Comme entraîné par deux camarades, Reiting et Beineberg, la vie de Törless à l'internat prend des chemins très aventureux.
    Musil signe avec son premier ouvrage un véritable roman d'apprentissage. On y retrouve non seulement la séparation d'avec les parents et la découverte d'un monde inconnu, mais aussi tous les doutes qui assaillent le jeune homme dans cette école a priori très austère. Si les premières aventures se font à l'extérieur, à l'étage d'une auberge avec une jeune fille, ce sont très vite le grenier et les moindres recoins de l'internat qui deviennent les lieux de jeu de Törless. En particulier cette petite pièce sous les combles, tendues de tapisseries, où les trois amis se livrent à tous les jeux, y compris les plus barbares.

    Lien : http://livres-et-cin.over-blog.com/30-categorie-10187263.html
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Citations et extraits

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  • Par olololol, le 22 juillet 2009

    « II n'y a rien d'autre à faire, mon cher Törless ; les mathématiques sont un monde en soi, et il faut y avoir vécu très longtemps pour en comprendre tous les principes. »
    Quand le professeur se tut, Törless se sentit soulagé ; depuis qu'il avait entendu se refermer la petite porte, il avait eu l'impression que les mots s'éloignaient de plus en plus... vers l'autre côté, vers le lieu sans intérêt où l'on rangeait toutes les explications justes, mais insignifiantes.
    Toutefois, étourdi par ce torrent de paroles et le sentiment de son échec, il ne comprit pas tout de suite qu'il était temps de prendre congé.
    Aussi le professeur chercha-t-il, pour en finir, un argument décisif.
    Il y avait sur un guéridon un volume de Kant, un de ces livres qu'on aime à laisser traîner avec une feinte négligence. Le professeur le prit pour le montrer à Törless.
    - Vous voyez ce livre : c'est de la philosophie. Il traite des raisons qui déterminent nos actions. Supposé que vous puissiez vous retrouver dans ses profondeurs, vous vous heurteriez, là aussi, à ces axiomes nécessaires qui déterminent tout sans qu'il soit possible de les comprendre à moins d'un effort particulier. Tout à fait comme en mathématiques. Cela ne nous empêche pas d'agir continuellement d'après ces axiomes : ce qui prouve à quel point ils sont importants. Mais (ajouta-t-il avec un sourire en voyant que Törless avait ouvert le livre aussitôt et entreprenait de le feuilleter), gardez ça pour plus tard. Je ne voulais que vous donner un exemple dont vous puissiez vous souvenir ; pour le moment, ce serait un peu ardu pour vous.
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  • Par Gwen85, le 23 août 2012

    - Mourir n'est qu'une conséquence de notre manière de vivre. Nous vivons d'une pensée à une autre pensée, d'un sentiment à un autre. Nos sentiments et nos pensées, au lieu de couler comme un fleuve paisible, nous "passent par la tête", nous "envahissent" et nous quittent: illuminations, éclairs, intermittences. En t'observant bien, tu t'aperçois que l'âme n'est pas une substance qui change de couleur par transitions nuancées, mais que les pensées en jaillissent comme des chiffres d'un trou noir. Tu as telle pensée, tel sentiment, et tout d'un coup d'autres les remplacent, surgis de rien. Si tu es très attentif, tu peux même saisir, entre deux pensées, l'instant du noir absolu. Cet instant est pour nous, une fois saisi, tout simplement la mort. Notre vie ne consiste en effet qu'à poser des jalons et à sauter de l'un à l'autre, franchissant ainsi chaque jour mille et mille secondes mortelles. Dans une certaine mesure, nous ne vivons que dans ces pauses entre deux bonds. Voilà pourquoi nous éprouvons un effroi si grotesque devant la dernière mort qui est ce que l'on ne peut plus jalonner, l'abîme insondable où nous sombrons. Pour cette manière-là de vivre, elle est vraiment la négation absolue. Mais elle ne l'est que dans cette perspective, que pour celui qui n'a jamais appris à vivre autrement que d'instant en instant. J'appelle cela le mal du sautillement; et tout le secret, c'est de le vaincre. Il faut apprendre à éprouver sa vie comme un long glissement calme. Au moment où l'on y parvient, on est aussi près de la mort que de la vie. On ne vit plus, selon nos critères communs, mais l'on peut davantage mourir, puisque avec la vie on a suspendu aussi la mort. C'est le moment de l'immortalité, le moment où notre âme, sortant de la prison du cerveau, pénètre dans ses merveilleux jardins.
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  • Par Piling, le 18 octobre 2008

    Une petite gare sur la ligne de Russie.
    A perte de vue dans les deux sens, quatre voies parallèles s'allongeaient en lignes droite sur un large remblai couvert de ballastre jaunâtre ; à côté de chaque voie, comme une ombre sale, la trace noire inscrite sur le sol par les jets de vapeur brûlante.
    La route qui montait vers le débarcadère de la gare, une bâtisse basse, peinte à l'huile, était large et défoncée. Ses bords se seraient confondus avec le terrain bourbeux d'alentour si ne les avaient jalonnés deux rangées d'acacias dressant tristement de chaque côté leurs feuilles desséchées, suffoquées par la poussière et le charbon.
    Etatit-ce le fait de ces couleurs tristes, était-ce la lumière du soleil couchant, blême, faible, épuisée par la brume, les choses et les êtres avaient un tel air d'indifférence, d'insensibilité machinale, qu'on les aurait cru échappés d'un théâtre de marionnettes. A intervalles réguliers, le chef de gare sortait de son bureau, tournait la tête toujours selon le même angle, dans la direction des signaux qui s'obstinaient à ne pas annoncer l'arrivée de l'express retardé considérablement à la frontière ; puis il tirait sa montre, avec toujours le même mouvement de bras, il hochait la tête, et il disparaissait de nouveau, comme font ces petits personnages d'anciennes horloges, quand sonnent les heures.
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  • Par Wilkinson, le 13 avril 2013

    "Immanquablement, ce que nous avons vécu l'espace d'un instant comme un tout et sans nous poser aucune question devient incompréhensible et confus dès que nous voulons l'enchaîner par la pensée pour nous en assurer la propriété. Et ce qui paraît considérable et mystérieux tant que nos mots ne font qu'essayer de le cerner de loin, se simplifie et perd tout pouvoir d'inquiéter dès qu'il pénètre dans l'espace de nos tâches quotidiennes".
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  • Par mariech, le 21 juin 2011

    Dans une certaine mesure , il se sentait écartelé entre deux mondes : l'un solidement bourgeois , dans lequel tout se passait selon la raison et la règle ainsi qu'il en avait pris l'habitude à la maison ; l'autre , romanesque , peuplé d'ombres , de mystère , de sang , d'évènements absolument imprévisibles. Il semblait que ses deux mondes fussent incompatibles.

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Les Désarrois de l'élève Törless (Der junge Törless), film allemand, réalisé par Volker Schlöndorff (1966)











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