ISBN : 202028927X
Éditeur : Seuil (1995)


Note moyenne : 3.92/5 (sur 37 notes) Ajouter à mes livres
Jeune poète danois, Malte Laurids Brigge arpente le pavé parisien à la recherche de la réalité. Une réalité crue, qui sent "l'iodoforme, la graisse de pommes frites, la peur". Autour de lui, on meurt dans l'anonymat et le vacarme de la... > voir plus
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Critiques et avis(3)

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    • Livres 4.00/5
    Par cicou45, le 20 juillet 2011

    cicou45
    Il m'est quasiment impossible de qualifier cet ouvrage avec un genre précis puisque ce dernier n'est ni un roman ni un journal intime à proprement parler. Il est en réalité composé de pensées et de réflexions du jeune poète danois, Rainer Maria Rilke, venu s'installer à Paris dans le but d'écrire une monographie sur le célèbre sculpteur Auguste Rodin et ainsi de devenir écrivain.
    Ce roman aborde des thème très variés tel que la fragilité de la condition humaine que le poète lui-même connaît bien puisqu'il est fragile de nature, ceux de la solitude, la mélancolie ou encore l'amour et de la mort.
    Admirable ouvrage du poète qui nous confie, à travers cette fiction, des sentiments qui lui sont propres et des idées qui lui sont chères. A découvrir !
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    • Livres 3.00/5
    Par agnesca, le 19 octobre 2011

    agnesca
    Une très belle écriture, un début qui m'a emportée, mais ensuite, j'ai eu un peu plus de mal. Pas de réelle histoire, et autant certains sujets abordés m'ont parlé, autant d'autres m'ont laissée assez froide (relations de personnages historiques).
    Je sais que ce livre est un classique, et le style le justifie pleinement. Mais ma faible capacité d'attention et le genre particulier du livre (effectivement ni roman ni récit ni... rien d'autre) se sont alliées contre moi lors de la lecture de ce livre.
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    • Livres 5.00/5
    Par zohar, le 08 février 2011

    zohar
    Le thème de la mort prédomine encore dans cette oeuvre avec, en contrepoint, celui de l'amour, qui est posé comme un sentiment authentique lorsqu'il n'est pas satisfait, lorsqu'il est une aspiration sans espoir.
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Citations et extraits

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  • Par nadejda, le 27 novembre 2010

    Pour écrire un seul vers, il faut avoir vu beaucoup de villes, d’hommes et de choses, il faut connaître les animaux, il faut sentir comment volent les oiseaux et savoir quel mouvement font les petites fleurs en s’ouvrant le matin. Il faut pouvoir repenser à des chemins dans des régions inconnues, à des rencontres inattendues, à des départs que l’on voyait longtemps approcher, à des jours d’enfance dont le mystère ne s’est pas encore éclairci, à ses parents qu’il fallait qu’on froissât lorsqu’ils vous apportaient une joie et qu’on ne la comprenait pas ( c’était une joie faite pour un autre ), à des maladies d’enfance qui commençaient si singulièrement, par tant de profondes et graves transformations, à des jours passés dans des chambres calmes et contenues, à des matins au bord de la mer, à la mer elle-même, à des mers, à des nuits de voyage qui frémissaient très haut et volaient avec toutes les étoiles – et il ne suffit même pas de savoir penser à tout cela. Il faut avoir des souvenirs de beaucoup de nuits d’amour, dont aucune ne ressemblait à l’autre, de cris de femmes hurlant en mal d’enfant, et de légères, de blanches, de dormantes accouchées qui se refermaient. Il faut encore avoir été auprès de mourants, être resté assis auprès de morts, dans la chambre, avec la fenêtre ouverte et les bruits qui venaient par à-coups. Et il ne suffit même pas d’avoir des souvenirs. Il faut savoir les oublier quand ils sont nombreux, et il faut avoir la grande patience d’attendre qu’ils reviennent. Car les souvenirs ne sont pas encore cela. Ce n’est que lorsqu’ils deviennent en nous sang, regard, geste, lorsqu’ils n’ont plus de nom et ne se distinguent plus de nous, ce n’est qu’alors qu’il peut arriver qu’en une heure très rare, du milieu d’eux, se lève le premier mot d’un vers.
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  • Par agnesca, le 19 octobre 2011

    Il m'arrive de passer devant de petites boutiques, dans la rue de Seine par exemple. Des brocanteurs, ou de petits bouquinistes, ou des marchands de gravures, dont les vitrines sont pleines à craquer. Jamais personne n'entre chez eux, ils ne font pas d'affaires, visiblement. Mais si l'on regarde à l'intérieur, ils sont assis, ils sont assis et ils lisent, insouciants ; ils ne se font pas de souci pour le lendemain, ne vivent pas dans l'angoisse de la réussite, ils ont un chien qui est assis devant eux, de bonne humeur, ou un chat, qui amplifie encore le silence en effleurant le dos des rangées de livres comme pour en effacer les noms.
    Si cela suffisait, hélas ! J'ai parfois envie de m'acheter une de ces vitrines bien remplies et de m'asseoir derrière pour vingt ans, avec un chien.
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  • Par agnesca, le 19 octobre 2011

    Bibliothèque nationale.
    Je suis assis et je lis un poète. Il y a beaucoup de gens dans la salle, mais on ne les sent pas. Ils sont dans les livres. Parfois, ils remuent entre les pages, comme des gens qui dorment et se retournent entre deux rêves. Ah, qu'il est bon tout de même d'être parmi des gens qui lisent ! Pourquoi ne sont-ils pas toujours ainsi ? Vous pouvez aller vers l'un d'entre eux et le toucher légèrement : il ne sent rien. Et si, en se levant, on bouscule un peu un voisin et on s'excuse, il penche la tête du côté où il entend votre voix, son visage se tourne vers vous et ne vous voit pas, et ses cheveux sont comme les cheveux d'un dormeur.
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  • Par basilic92, le 12 janvier 2012

    "C'est ridicule. Me voilà dans ma petite chambre, moi, Brigge, âgé de vingt-huit ans, que personne ne connaît. Je suis assis ici et je ne suis rien. Et pourtant, ce rien se met à réfléchir; il réfléchit dans son cinquième étage, par un maussade après-midi parisien, et voici ce qu'il pense"
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  • Par meyeleb, le 22 août 2011

    il savait qu'en ce moment il s'éloignait de tout: pas seulement des hommes. Un instant encore, et tout va perdre son sens, et cette table, et cette tasse et cette chaise à laquelle il se cramponne, tout le quotidien et le proche va devenir incompréhensible, étranger et clos.
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