> Jean Marcenac (Traducteur)
> André Bonhomme (Traducteur)

ISBN : 2070328929
Éditeur : Gallimard (1995)


Note moyenne : 4.32/5 (sur 22 notes) Ajouter à mes livres
En 1952, durant son séjour à Naples puis à Capri, Neruda rencontre celle qui fut le grand amour de sa vie et sa dernière femme. Sept ans plus tard, Neruda commémore leur rencontre et renouvelle en quelque sorte le genre, dérivé de Pétrarque, du sonnet précieux, érotique... > voir plus
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Critiques et avis(3)

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    • Livres 5.00/5
    Par AmandineMM, le 12 août 2011

    AmandineMM
    "[...] Avec grande humilité moi j'ai fait ces sonnets de bois, en leur donnant le son de cette substance opaque et pure, et qu'ils atteignent ainsi tes oreilles. Toi et moi cheminant par bois et sablières, lacs perdus, latitudes de cendres, nous avons recueilli des fragments de bois pur, madriers sujets du va-et-vient de l'eau et de l'intempérie. de ces vestiges à l'extrême adoucis j'ai construit par la hache, le couteau, le canif, ces charpentes d'amour et bâti de petites maisons de quatorze planches pour qu'en elles vivent tes yeux que j'adore et que je chante. Voilà donc mes raisons d'amour et cette centaine est à toi : sonnets de bois qui ne sont là que de cette vie qu'ils te doivent."
    Je commence mon commentaire par cet extrait de la préface parce que je le trouve tout à fait représentatif de l'esthétique de ce recueil. Il refuse de comparer celle qu'il aime, Mathilde Urrutia, à un joyau, un diamant ou d'autres objets habituellement choisis par les poètes dans ce genre de poèmes. Tout au long de cette longue déclaration d'amour en 100 sonnets, il parle de son aimée avec des métaphores mettant en scène des éléments naturels, tels le pain, le bois, la terre, le soleil, la lune, etc. Il utilise beaucoup d'oxymores et de "contradictions" pour essayer de la décrire au mieux par ses images: c'est un procédé stylistique qui me plaît toujours beaucoup. L'ensemble des sonnets est divisé en quatre parties: Matin, Midi, Soir, Nuit ; malgré leur cohérence forte, elles se distinguent par certaines thématiques plus présentes: la naissance douloureuse de l'amour pour la première, le soleil et le retour à la maison tranquille pour la seconde, les démons du soir, la jalousie des autres et la souffrance pour la troisième, et la mort pour la dernière.
    Les sonnets que j'ai particulièrement aimés sont le 17, le 44 et le 45. Néanmoins, tous sont magnifiques et je vous conseille vraiment la lecture de ce recueil.
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par etreneant, le 03 avril 2012

    etreneant
    Je n'ai pas dès le début accroché
    Mais rien ne sert de résister
    Les mots ne font que vous emporter
    Délicatement peints sur l'être aimé.
    Un seul regret toutefois
    Que l'espagnol me soit langue de bois...
    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Patilou, le 23 juillet 2010

    Patilou
    Je ne pourrai rien écrire sur ce livre qui pourrait égaler ce qu'il représente.
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Citations et extraits

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  • Par Lali, le 06 février 2011

    Je t’aime parce que je t’aime et voilà tout
    et de t’aimer j’en arrive à ne pas t’aimer
    et de t’attendre alors que je ne t’attends plus
    mon cœur peut en passer du froid à la brûlure.

    Je ne t’aime que parce que c’est toi que j’aime,
    et je te hais sans fin, te hais et te supplie,
    et la mesure de mon amour voyageur
    est de ne pas te voir, de t’aimer en aveugle.

    Et si, lumière de janvier, tu consumais
    ton rayon cruel, et mon cœur tout entier,
    me dérobant la clef de la tranquillité?

    En cette histoire je m’arrive qu’à mourir
    et si je meurs d’amour, c’est parce que e t’aime,
    parce qu’amour, je t’aime, et à feu et à sang.
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    Citation de qualité ? (16 votes positifs)
  • Par Sly, le 05 juillet 2010

    "Sache que je ne t'aime pas et que je t'aime
    puisque est double là façon d'être de la vie,
    puisque la parole est une aile du silence,
    et qu'il est dans le feu une moitié de froid.

    Moi je t'aime afin de commencer à t'aimer,
    afin de pouvoir recommencer l'infini
    et pour que jamais je ne cesse de t'aimer:
    c'est pour cela que je ne t'aime pas encore.

    Je t'aime et je ne t'aime pas, c'est comme si
    j'avais entre mes deux mains les clés du bonheur
    et un infortuné, un incertain destin.

    Mon amour a deux existences pour t'aimer
    Pour cela je t'aime quand je ne t'aime pas
    et c'est pour cela que je t'aime quand je t'aime."
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (11 votes positifs)
  • Par Lali, le 06 février 2011

    Mienne, que ton sommeil repose en mon sommeil.
    Amour, douleur, travaux, c’est l’heure de dormir.
    Et dans la nuit tournant sur ses roues invisibles
    comme l’ambre endormi contre moi tu es pure.

    Nulle autre, amour, ne dormira avec mes rêves.
    Tu iras, nous irons, sur l’eau du temps, ensemble.
    Et dans l’ombre avec moi nulle autre voyageuse
    que toi, lune et soleil, toujours mon immortelle.

    Ouvertes sont tes mains et leurs poings délicats,
    de doux signes sans but en sont déjà tombés
    tes eyux se sont fermés comme deux ailes grises.

    Que filent leur destin la nuit, le vent, le monde,
    moi je ne suis en toi que cette eau qui m’emporte
    et sans toi je ne suis plus rien de plus que ton rêve.
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    Citation de qualité ? (6 votes positifs)
  • Par Sly, le 05 juillet 2010

    "Je ne t'aime pas telle une rose de sel,
    topaze, œillets en flèche et propageant le feu :
    comme on aime de certaines choses obscures,
    c'est entre l'ombre et l'âme, en secret, que je t'aime.

    Je t'aime comme la plante qui ne fleurit,
    qui porte en soi, cachée, la clarté de ces fleurs,
    et grâce à ton amour vit obscur en mon corps
    le parfum rassemblé qui monta de la terre

    Je t'aime sans savoir comment, ni quand, ni d'où,
    je t'aime sans détour, sans orgueil, sans problèmes:
    je t'aime ainsi, je ne sais aimer autrement,

    Je t'aime ainsi, sans que je sois, sans que tu sois,
    si près que ta main sur ma poitrine est à moi,
    et si près que tes yeux se ferment quand je dors."
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    Citation de qualité ? (5 votes positifs)
  • Par Lali, le 06 février 2011

    Ne pas être serait être sans que tu sois,
    sans que tu passes au cœur du midi traversé
    pareille à la fleur bleue, et sans que tu chemines
    plus tard à travers les briques et le brouillard,

    sans cette lumière que tu portes en ta main
    lumière d’or que nul autre ne saurait voir,
    et dont nul n’a su peut-être qu’elle croissait
    comme le commencement rouge de la rose,

    sans que tu sois, enfin, sans que tu sois venue
    brusque, stimulante, pour connaître ma vie,
    rafale de rosier, et froment dans le vent,

    et dès lors moi je suis parce que tu es,
    et dès lors toi tu es, moi je suis et nous sommes,
    par amour je serai, tu seras, nous serons.
    > lire la suite
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Poema 5 - Para que tú me oigas... poema de Pablo Neruda musicado por Vicente Monera www.musicaypoemas.com POUR QUE TU M'ENTENDES Pour que tu m'entendes mes mots parfois s'amenuisent comme la trace des mouettes sur la plage. Collier, grelot ivre pour le raisin de tes mains douces. Mes mots je les regarde et je les vois lointains. Ils sont à toi bien plus qu'à moi. Sur ma vieille douleur ils grimpent comme un lierre. Ils grimpent sur les murs humides. Et de ce jeu sanglant tu es seule coupable. Ils sont en train de fuir de mon repaire obscur. Et toi tu emplis tout, par toi tout est empli. C'est eux qui ont peuplé le vide où tu t'installes, ma tristesse est à eux plus qu'à toi familière. Ils diront donc ici ce que je veux te dire, et entends-les comme je veux que tu m'entendes. Habituel, un vent angoissé les traîne encore et parfois l'ouragan des songes les renverse. Tu entends d'autres voix dans ma voix de douleur. Pleurs de lèvres anciennes, sang de vieilles suppliques. Ma compagne, aime-moi. Demeure là. Suis-moi. Ma compagne, suis-moi, sur la vague d'angoisse. Pourtant mes mots prennent couleur de ton amour. Et toi tu emplis tout, par toi tout est empli. Je fais de tous ces mots un collier infini pour ta main blanche et douce ainsi que les raisins;











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