> Sébastien Cagnoli (Traducteur)

ISBN : 9782234062405
Éditeur : Stock (2010)

Existe en édition audio



Note moyenne : 3.9/5 (sur 381 notes) Ajouter à mes livres
En 1992, l’union soviétique s’effondre et la population estonienne fête le départ des Russes. Mais la vieille Aliide, elle, redoute les pillages et vit terrée dans sa maison, au fin fond des campagnes. Ainsi, lorsqu’elle trouve Zara dans son jardin, une jeune femme qui ... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

> voir toutes (115)

Critiques et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 3.00/5
    Par lehane-fan, le 16 mai 2012

    lehane-fan
    Purge , 111e , action !
    Alors Purge , c'est tout d'abord une attente ! Celle d'un livre promis en Janvier 2012 et reçu en Avril . D'ou cet énorme remerciement à Bibalice pour son obstination aupres des éditions le Livre de Poche qui se sont , finalement , fendus d'un exemplaire tardif , certes , mais perçu comme un véritable cadeau de Noël avant l'heure – comme quoi ça paye d'etre sage...ceci dit , promettre à un p'tit n'enfant son suppo quotidien à base de pruneau /olives noires/fibres et n'en rien faire , c'est moche...
    Lorsque Purge paraît en 2008 , Sofi Oksanen , de pere Finlandais et de mere Estonienne , aborde le virage de la trentaine . Ce livre qui , au départ , était voué à n'etre qu'une piece de théatre , multipliera les récompenses d'ou l'attente bien légitime d'entamer un livre exceptionnel...Bon , à tout le moins tres tres tres tres tres tres bon...
    Un livre prenant et instructif à n'en pas douter ! Si tu as aimé Retour vers le Futur et qu'en plus , une petite leçon d'histoire n'est pas pour te déplaire , alors Purge tu liras et apprécieras à sa juste mesure ( dixit Maitre Yoda ) . le petit souci qui se présente au lecteur et ce , des le commencement , c'est ce flipper temporel qui vous fait passer de 1949 à 1992 , 1936 , 1950 numéro complémentaire le 16 ! Eviter donc de commencer ce roman un jour de gueule de bois au risque de vous perdre dans les couloirs du temps ! Couloirs que l'on foule avec une aisance frolant l'insolence une fois les divers protagonistes appréhendés . Heureusement , ils sont peu nombreux .
    Aliide est une vieille Estonienne à la vie rude et au caractere affirmé . Esseulée dans sa maison faite de briques et de plumes , elle coule des jours répétitifs faits d'habitudes tenaces . Ayant peu d'amis et une fille à l'étranger , le silence est devenu son plus fidele compagnon . Silence profané par l'arrivée inopportune de Zara , jeune femme brisée et en fuite recueillie provisoirement...
    Oksanen intrigue tres rapidement . L'on sent bien que Zara n'est pas là par hasard et c'est au travers un pan de l'Histoire Estonienne de pres d'un demi siecle que l'auteure se fera fort de le démontrer !
    Un jeu du chat et de la souris magistral ! Chacune des deux femmes essayant de s'apprivoiser puis , mutuellement , de se tirer les vers du nez de façon désintéréssée avec l'air de ne pas y toucher . Jamais d'interrogations frontales d'ou ce clap-clap des deux moignons pour l'ambiance oppressante instaurée ! Et c'est par le recoupement de leurs deux histoires paralleles respectives que le lecteur parviendra à définir les liens qui les unissent , concevant alors la présence préméditée de cette jeune femme à la dérive .
    Purge , c'est un fin mélange d'Histoire et de biographie familiale . Deux femmes , deux époques distinctes , un meme chemin de vie balafré...
    Si Aliide se perdit corps et ame dans les méandres nauséabonds d'un communisme totalitaire émergeant , Zara , elle , voulant croire en un avenir meilleur , connaitra l'enfer d'une prostitution déshumanisante !
    Communisme et prostitution , deux themes forts , traités sans détours , au service d'un récit familial bouleversant . le style Oksanen est précis et agréable , n'étaient ces innombrables sauts dans le temps venant alors casser un rythme théatral enlevé , ellipses cependant inhérentes à la construction d'une telle dramaturgie...J'ai véritablement accroché l'aspect historique qui n'est jamais rébarbatif alors que l'histoire et moi, ça fait habituellement deux ! A part 1515 , la bataille de Rantanplan , c'est le vide abyssal...
    Oksanen mixe donc habilement ces deux trames puissantes sur fonds de jalousie et de trahisons familiales , de culpabilité et de rédemption tout en y insérant une quete personnelle du plus vif interet !
    Merci à Babélio pour cette découverte ainsi qu'aux éditions le Livre de Poche ! Comme quoi , Breton tete de con , ok , mais pas rancunier...
    Purge , quand L Histoire nationale pervertit irrémédiablement l'histoire familiale...
    3,5/5
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (30 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par marconova, le 21 mai 2012

    marconova
    Nous sommes en Estonie et nous allons être brinqueballés, secoués, plongés des années 30 à 90, en suivant l'histoire de deux femmes, Aliide et Zara, dont l'histoire nous est distillée par petites touches composant une fresque expressionniste.
    Le pinceau est sec et tranchant, le trait dur, brut, les teintes sombres, sans presque de couleur ; quelques objets meublent le décor et occupent dans le tableau une importance surprenante alors que d'autres détails restent dans l'ombre ; des odeurs, des senteurs entêtantes s'exhalent et accentuent l'atmosphère oppressante ; dans le repli d'un papier peint qui se décolle, on aperçoit une araignée ; ici et là une mouche harcèle.
    Récit haché où les époques s'entrechoquent, occupation allemande, puis soviétique, dont la fin laisse le champ libre aux mafieux de la prostitution. La ligne de temps est brisée et éclatée mais le récit semble trouver une unité dans le lien familial unissant les deux femmes, qu'on découvre peu à peu (Zara est la petite nièce d'Aliide) , et dans les blessures morales et physiques qu'elles ont toutes deux subies à une quarantaine d'années de distance. Aliide est passée par les interrogatoires dégradants de la sûreté soviétique, Zara est tombée dans les serres d'un mafieux et d'un réseau de prostitution.
    J'ai eu de la peine à appréhender ce roman étrange, brut comme un caillou difforme, qui semble dur mais qui s'effrite à la manipulation comme pour ne pas révéler sa forme, pour dissimuler son cœur.
    Les personnages ne se laissent pas apprivoiser, ils ne sont pas sympathiques au sens propre du terme. Même dans les épreuves qu'ils subissent, je n'ai pas ressenti de la compassion, tant la narration est froide comme le climat estonien. Les détails souvent glauques donnent la nausée, ne suscitent pas d'empathie. Si peu à peu, lentement, très lentement, on découvre les personnages, c'est de l'intérieur ; de leur aspect physique, je ne me suis fait aucune image ou alors très floue.
    Ceci n'est pas une critique négative ; cette approche et ce style conviennent parfaitement au sujet, qui sans cela n'aurait qu'un intérêt réduit. Ce qui est important est moins ce qu'on dit que la façon de le dire.
    Reconstituons brièvement le fil des évènements (que ceux qui n'ont pas encore lu le livre et qui souhaitent le découvrir sans que l'intrigue soit déflorée passent le paragraphe suivant).
    Aliide vit avec ses parents dans une campagne estonienne reculée, à la limite d'une forêt.
    Allide a une sœur aînée, Ingel, considérée comme plus douée qu'elle, ce qu'elle semble admettre.
    Au cours d'une fête, Aliide a un coup de foudre pour un jeune homme, Hans, qui lui n'a d'yeux que pour Ingel.
    Hans épouse Ingel, ils sont heureux et ils ont un enfant, une fille, Linda.
    Aliide continue à vivre avec eux. Sa jalousie devient de la haine mais contenue et dissimulée.
    Hans est poursuivi par les soviétiques pour sa collaboration avec les allemands durant la guerre.
    Aliide et Ingel le font passer pour mort et le cachent chez elles.
    La sûreté soviétique les soupçonne et ses agents les « cuisinent » en vain pour qu'elles avouent.
    Par pur intérêt, Aliide se marie avec un proche de l'appareil soviétique, Martin.
    Elle quitte alors la maison où elle est née et où vivent Ingel et Hans.
    Aliide feint d'être une épouse aimante ; en réalité Martin lui inspire du dégout.
    Sur base d'une dénonciation dont Martin et Aliide sont les auteurs, Ingel et Linda sont déportées.
    Aliide connaît ainsi le bonheur de retourner vivre dans « sa » maison avec Martin.
    A l'insu de son mari, elle continue d'y cacher Hans.
    Aliide reste convaincue qu'un jour Hans reconnaîtra ses mérites et se rendra avec elle à Tallin, capitale de l'Estonie.
    Elle sera un jour confrontée à la terrible réalité des sentiments réels de Hans et, dans sa rage, lui ôte la vie en bouchant l'issue et l'aération de la cache où il est confiné.
    40 ans après, Zara, fille de Linda et petite fille d'Ingel, vient s'échouer chez Aliide, après s'être échappée de l'emprise de ses souteneurs.
    Depuis le départ des soviétiques, Aliide vit recluse et dans la crainte de représailles des nationalistes estoniens.
    Zara, une inconnue pour Aliide, sait par contre chez qui elle est.
    Aliide appréhende avec méfiance et prudence cette fille traumatisée, qu'elle recueille cependant.
    Le face-à-face est étrange et plein de non-dits, chacune des deux protagonistes voudrait percer l'histoire de l'autre, sans l'exprimer.
    Puis Aliide découvre qui est Zara. Elle tue les souteneurs qui avaient retrouvé sa trace, rachetant ainsi en quelque sorte son crime précédent en permettant à Zara de s'envoler vers une autre vie.
    On trouvera dans ce roman une évocation historique à travers un regard féminin ou encore une illustration des violences faites aux femmes et de leur lutte pour y résister ; la personnalité de l'auteur prêche pour ces intentions. On y verra aussi une intrigue habilement montée : des faits somme toute très simples forment des interrogations par le style abrupt du narrateur, par l'éparpillement du fil chronologique et par le caractère introverti des personnages.
    Je pense cependant que ces éléments ne constituent que la trame du sujet essentiel : la passion unilatérale et intériorisée d'une femme complexée, exacerbée par la jalousie, devenue une obsession, une fixation hantant tout son être, commandant chacun de ses actes, orientant toute sa destinée.
    C'est cette dérive, à la limite de la simplicité d'esprit ou de la folie, qui est le liant du récit, son noyau autour duquel il gravite et dont le lecteur ne peut apercevoir l'importance avant d'arriver au bout du voyage.
    A propos de fin, celle qui nous est donnée sous formes de multiples fiches de renseignements provenant de la sûreté soviétique et révélant sous un jour étonnant les activités d'Aliide et de son mari Martin, est quelque peu lassante dans son énumération répétitive du travail des « agents de recrutement » à la solde des soviétiques. En dehors de cette surprise sur le rôle des protagonistes, nous y trouvons la relation froide, technique et dépouillée de tout détail émotionnel, des actes dont l'autre aspect et les conséquences nous ont été décrits auparavant de façon profondément ressentie.
    Ceci dit, la grande qualité d'une œuvre est de multiplier les facettes et de permettre des regards différents ; en cela, Sofi Oksanen réussit pleinement et mon interprétation n'en est qu'une parmi d'autres.
    La dernière page tournée, ou plutôt quelques jours après, me reste surtout ce style particulier, tantôt sec, tantôt fourmillant d'images, quelques fois surprenantes, pour nous transmettre une bribe de sentiment, de sensation, d'état d'âme de personnages ou une image de lieu, dont les contours restent assez flous.
    J'ai aussi le sentiment qu'une seconde lecture, qui serait moins encombrée de la suite du fil, m'apporterait de nouvelles perceptions, preuve de la richesse du roman.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (13 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par caro64, le 25 septembre 2010

    caro64
    En 1992, tandis que le peuple estonien se réjouit du départ du dernier occupant soviétique russe, la rencontre impromptue entre la vieille Aliide et la jeune écorchée Zara fait mouche. La vieille femme, après avoir découvert cet oiseau blessé dans la cour de sa modeste ferme, se résout à le prendre sous son aile et le soigner. Qui est-elle ? D'où vient-elle ? Par qui a-t-elle pu être envoyée ? Mais a-t-elle seulement été envoyée ou bien est-elle arrivée ici par hasard ? Qui la poursuit ? Est-elle réellement poursuivie ? Autant de questions que se posera Aliide tout au long du livre.
    Ces deux femmes, que tout paraît opposer, vont peu à peu révéler leurs personnalités et leurs secrets, et doucement apprendre à s'apprivoiser. Finalement, au travers de l'individualité de leurs histoires personnelles, de leurs souffrances et de leurs passés familiaux, c'est la compréhension de tout un pan de l'Histoire estonienne et européenne qu'elles nous livrent. C'est aussi, toute la place de la femme dans les guerres des hommes qui est posée dans ce captivant roman : la place d'écartelées dans une Estonie à la géopolitique si particulière, au carrefour des intérêts soviétiques, allemands, puis russes… Bien souvent premières victimes des barbaries masculines, les femmes en restent la plupart du temps les témoins muets et ignorés.
    Haletant, surprenant et dérangeant jusqu'à la dernière page, Purge s'inscrit dans la lignée des intrigues nordiques. Un roman fort , à lire !

    > lire la suite
    Critique de qualité ? (28 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Marcelline, le 23 février 2012

    Marcelline
    Malgré tout ce qui a déjà été dit sur Purge, j'ai quand même réussi à être surprise par ma lecture!
    Alors que j'avais envie de le lire, je m'attendais cependant à quelque chose de laborieux, de glauque, froid et déprimant. Je m'attendais à m'instruire sur l'Estonie, mais au prix d'un gros effort de concentration...
    Alors, oui, c'est glauque car on assiste ici aux agissements (épouvantables!) de la Mafia russe!
    C'est froid car l'Estonie est un vrai pays du Nord, dont L Histoire n'a pas épargné ses habitants, et les personnages ont le caractère rude que peuvent induire les difficultés liées à la fois au climat et aux contraintes imposées par les occupations étrangères successives.
    C'est déprimant car il est question ici de la haine d'Aliide pour sa soeur et de ce qu'elle vit comme de l'amour pour Hans: mais peut-on parler d'amour quand le sentiment n'est pas réciproque et qu'il ne vise qu'à enfermer l'autre dans l'image idéale que l'on se fait de lui et de ce que l'on voudrait vivre avec lui? Quand on préfère l'enfermer (avec l'alibi de l'Histoire) que de le savoir heureux avec une autre?
    Et puis, il y a le mari, Martin, et le dégoût, parfaitement décrit, qu'il inspire à sa femme...
    Oui, c'est déprimant car le seul véritable amour qui existe, celui entre Hans et Ingel, n'en reste qu'aux promesses liées à la passion des débuts.
    Même les relations entre Aliide et sa fille Talvi restent froides et sans tendresse...
    Oui, mais... dès le premier chapitre passé, j'ai complètement accroché à l'ambiance et à l'histoire. Contrairement à ce que je craignais, j'ai facilement navigué entre les différentes époques grâce aux en-têtes de chapitres qui situent clairement l'époque dont on parle.
    Les chapitres sont courts, ça claque, j'ai parfois dû relire une phrase ou deux pour être sûre que j'avais bien compris, tellement c'est violent et incisif, mais ça s'enchaîne à toute vitesse!...Impossible de décrocher!
    Peu de raisons d'espérer, donc, dans ce roman à l'écriture captivante, mais un suspense digne d'un Hitchcock dans ses meilleurs jours!
    Pour moi, un livre marquant, qui mérite bien les nombreuses distinctions qui lui ont été décernées...
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (24 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Malaura, le 01 août 2011

    Malaura
    Estonie, 1992. Depuis quelques mois, le peuple estonien fête la fin du joug soviétique, après un demi-siècle de soumission forcée.
    Retirée dans sa ferme, les sens aux aguets, la vieille Aliide Truu partage peu la liesse générale. Méfiante, amère, elle craint les débordements, les règlements de compte et les pillages, fréquents dans ces coins reculés de la campagne estonienne.
    Sa fille unique au loin ; son mari, ancien membre actif du parti, mort ; elle passe son temps derrière ses fourneaux, à préparer des confitures, des conserves, des potions médicinales concoctées avec les herbes de son jardin.
    C'est justement dans son jardin, qu'elle trouve un beau matin, une jeune femme étendue inconsciente, sale et boueuse, les vêtements déchirés. Malgré sa défiance et contre toute attente, Aliide la recueille, la soigne, la nourrit. C'est que dans les yeux de la jeune Zara et sur son corps meurtri, Aliide a décelé quelque chose qu'elle-même connaît bien pour l'avoir trop vécue : la peur poisseuse qui colle au corps, la honte chevillée comme une ombre, les tremblements irrépressibles, c'est là le martyre des femmes blessées dans leur chair.
    Alors que peu à peu les deux femmes s'apprivoisent, les questions surgissent.
    Qu'est-ce qui a conduit la jeune Zara à venir se réfugier chez la vieille Aliide et que fuit-elle? Quel est le lien secret qui unit les deux femmes ?
    Au fil des jours, dans le huis-clos pesant de la ferme isolée, les langues se délient et le passé d'Aliide remonte à la surface, comme un torrent boueux déversant son flot d'ignominies, entre actes de bravoure et agissements méprisables, entre amour destructeur et haine tenace, entre obstination et résignation.

    On ne peut rester insensible au sort de ces deux femmes malmenées par l'Histoire, aux destins liés dans l'adversité.
    Toute la force du roman réside dans cette proximité tissée fil à fil, que la Finlandaise Sofi Oksanen réussit à nouer entre ses personnages et le lecteur, une intimité faite de curiosité, d'interrogation, de malaise parfois et de sentiments contrastés. Sa plume sait se faire à la fois dure, crue, violente ou apaisée, sensuelle ou rêche, douce ou abrupte ; elle s'attarde sur les gestes anodins du quotidien, sur des odeurs de terre, d'herbes et de cuisine pour mieux prendre à la gorge le lecteur que nous sommes, dans des émanations de sang et de chairs violentées, laissant la brutalité du réel pénétrer dans tous les recoins de la pensée.
    Alternant les allers et retours entre passé et présent, entremêlant plusieurs époques et lieux différents, le roman s'articule autour du destin croisé de ses deux héroïnes et nous fait découvrir tout un pan de l'Histoire de l'Europe de l'Est. Satellisés par le bloc soviétique pendant la seconde guerre mondiale, de nombreux petits pays oubliés par l'Ouest comme l'Estonie, ont subi le régime communiste pendant plus d'un demi-siècle.
    Mais après l'oppression et la dictature, l'indépendance des années 1990, en même temps que le libéralisme, a ouvert les portes à un mal tout aussi impitoyable : le trafic de jeunes femmes de l'Est par les mafias russes.
    Politiquement engagée, socialement impliquée dans la cause féminine, Sofi Oksanen nous dévoile l'avant et l'après d'un pays qui, même s'il a tourné le dos aux années de terreur, n'en a pas encore fini avec les tourments et les violences faites aux femmes.
    La jeune auteure née en 1977, a atteint avec Purge la consécration dans l'ensemble des pays de l'Est où elle a raflé les prix les plus prestigieux. En France, cette nouvelle voix de la littérature étrangère s'est vue récompensée par le Prix Fémina 2010.
    Il n'y a guère qu'en Russie que la jeune femme au look de punk gothique est devenue indésirable.
    Sans doute que le réalisme âpre de son roman a laissé un arrière goût acide dans la bouche de certains…
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (17 votes positifs)

Critiques presse (1)


  • Telerama , le 23 février 2012
    Sofi Oksanen, née en Finlande d'une mère estonienne, a su incarner dans son roman un pays brisé entre stalinisme et postcommunisme, à travers deux personnages naufragés.
    Lire la critique sur le site : Telerama

> voir toutes (77)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par Valette, le 26 mai 2012

    Elle avait peur avant même de réaliser que c'était l'odeur du camp qu'elle reconnaissait, et la conscience du camp qu'elle voyait dans leurs yeux. Elle était toujours dans leurs yeux, la conscience du camp.
    Citation de qualité ? (6 votes positifs)
  • Par Valette, le 20 mai 2012

    Le cercope. Elle se concentra là-dessus, sur cette bestiole, c'était toujours ce qu'il y a avait de mieux, quand il fallait projeter l'esprit hors du corps. La larve du cercope se cache à l'intérieur d'une boule de salive, et la boule de salive la protège des ennemis et du dessèchement.
    Citation de qualité ? (4 votes positifs)
  • Par Valette, le 17 mai 2012

    Un livre dont on ne peut sortir indemne. Chaque femme incarne dans sa chair la maltraitance de l'histoire des vaincus.
    Citation de qualité ? (5 votes positifs)
  • Par luocine, le 13 septembre 2010

    Pour le studio de tatouage, Pacha se faisait la main sur des filles hors d’usage. Comme avec Katia. … Il avait piqué sur les seins de Katia : une femme à forte poitrine qui taillait une pipe à un diable… il avait orné le bras de Katia d’une deuxième image du diable. Ce dernier avait une grosse bite velue.
    « Aussi grosse que la mienne ! » avait rigolé Pacha.
    Après cela, Katia disparu.
    Zara ouvrit un flacon de poppers et renifla. Quand Pacha la prendrait pour se faire la main, elle saurait que son heure était venue.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (13 votes positifs)
  • Par litolff, le 03 septembre 2010

    Bien qu’Aliide tentât depuis une bonne heure de lui régler son compte, la mouche était sortie victorieuse de chaque round, et elle voletait maintenant au ras du plafond en bourdonnant grassement. Une mouche à viande dégueulasse, élevée dans une fosse à ordures. Elle finirait quand même par l’avoir. Elle allait se reposer un peu, la liquider, et puis se consacrer à écouter la radio et faire des conserves. Les framboises l’attendaient, et les tomates, les tomates mûres et juteuses.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (14 votes positifs)

> voir toutes (7)

Videos de Sofi Oksanen

>Ajouter une vidéo
Vidéo de Sofi Oksanen

In this video, Sofi Oksanen reads an excerpt of her novel "Purge", in which a young woman escaping the sex-slave trade ends up in the backyard of an Estonian woman who survived sexual assault at the hands of Soviet occupiers. (en langue étrangère)








Acheter sur Amazon

Faire découvrir Purge par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (687)

> voir plus

Quiz