> Sébastien Cagnoli (Traducteur)

ISBN : 9782234062405
Éditeur : Stock (2010)


Note moyenne : 3.92/5 (sur 294 notes) Ajouter à mes livres
En 1992, l’union soviétique s’effondre et la population estonienne fête le départ des Russes. Mais la vieille Aliide, elle, redoute les pillages et vit terrée dans sa maison, au fin fond des campagnes. Ainsi, lorsqu’elle trouve Zara dans son jardin, une jeune femme qui ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par caro64, le 25 septembre 2010

    caro64
    En 1992, tandis que le peuple estonien se réjouit du départ du dernier occupant soviétique russe, la rencontre impromptue entre la vieille Aliide et la jeune écorchée Zara fait mouche. La vieille femme, après avoir découvert cet oiseau blessé dans la cour de sa modeste ferme, se résout à le prendre sous son aile et le soigner. Qui est-elle ? D'où vient-elle ? Par qui a-t-elle pu être envoyée ? Mais a-t-elle seulement été envoyée ou bien est-elle arrivée ici par hasard ? Qui la poursuit ? Est-elle réellement poursuivie ? Autant de questions que se posera Aliide tout au long du livre.
    Ces deux femmes, que tout paraît opposer, vont peu à peu révéler leurs personnalités et leurs secrets, et doucement apprendre à s'apprivoiser. Finalement, au travers de l'individualité de leurs histoires personnelles, de leurs souffrances et de leurs passés familiaux, c'est la compréhension de tout un pan de l'Histoire estonienne et européenne qu'elles nous livrent. C'est aussi, toute la place de la femme dans les guerres des hommes qui est posée dans ce captivant roman : la place d'écartelées dans une Estonie à la géopolitique si particulière, au carrefour des intérêts soviétiques, allemands, puis russes… Bien souvent premières victimes des barbaries masculines, les femmes en restent la plupart du temps les témoins muets et ignorés.
    Haletant, surprenant et dérangeant jusqu'à la dernière page, Purge s'inscrit dans la lignée des intrigues nordiques. Un roman fort , à lire !

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    Critique de qualité ? (24 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Malaura, le 01 août 2011

    Malaura
    Estonie, 1992. Depuis quelques mois, le peuple estonien fête la fin du joug soviétique, après un demi-siècle de soumission forcée.
    Retirée dans sa ferme, les sens aux aguets, la vieille Aliide Truu partage peu la liesse générale. Méfiante, amère, elle craint les débordements, les règlements de compte et les pillages, fréquents dans ces coins reculés de la campagne estonienne.
    Sa fille unique au loin ; son mari, ancien membre actif du parti, mort ; elle passe son temps derrière ses fourneaux, à préparer des confitures, des conserves, des potions médicinales concoctées avec les herbes de son jardin.
    C'est justement dans son jardin, qu'elle trouve un beau matin, une jeune femme étendue inconsciente, sale et boueuse, les vêtements déchirés. Malgré sa défiance et contre toute attente, Aliide la recueille, la soigne, la nourrit. C'est que dans les yeux de la jeune Zara et sur son corps meurtri, Aliide a décelé quelque chose qu'elle-même connaît bien pour l'avoir trop vécue : la peur poisseuse qui colle au corps, la honte chevillée comme une ombre, les tremblements irrépressibles, c'est là le martyre des femmes blessées dans leur chair.
    Alors que peu à peu les deux femmes s'apprivoisent, les questions surgissent.
    Qu'est-ce qui a conduit la jeune Zara à venir se réfugier chez la vieille Aliide et que fuit-elle? Quel est le lien secret qui unit les deux femmes ?
    Au fil des jours, dans le huis-clos pesant de la ferme isolée, les langues se délient et le passé d'Aliide remonte à la surface, comme un torrent boueux déversant son flot d'ignominies, entre actes de bravoure et agissements méprisables, entre amour destructeur et haine tenace, entre obstination et résignation.

    On ne peut rester insensible au sort de ces deux femmes malmenées par l'Histoire, aux destins liés dans l'adversité.
    Toute la force du roman réside dans cette proximité tissée fil à fil, que la Finlandaise Sofi Oksanen réussit à nouer entre ses personnages et le lecteur, une intimité faite de curiosité, d'interrogation, de malaise parfois et de sentiments contrastés. Sa plume sait se faire à la fois dure, crue, violente ou apaisée, sensuelle ou rêche, douce ou abrupte ; elle s'attarde sur les gestes anodins du quotidien, sur des odeurs de terre, d'herbes et de cuisine pour mieux prendre à la gorge le lecteur que nous sommes, dans des émanations de sang et de chairs violentées, laissant la brutalité du réel pénétrer dans tous les recoins de la pensée.
    Alternant les allers et retours entre passé et présent, entremêlant plusieurs époques et lieux différents, le roman s'articule autour du destin croisé de ses deux héroïnes et nous fait découvrir tout un pan de l'Histoire de l'Europe de l'Est. Satellisés par le bloc soviétique pendant la seconde guerre mondiale, de nombreux petits pays oubliés par l'Ouest comme l'Estonie, ont subi le régime communiste pendant plus d'un demi-siècle.
    Mais après l'oppression et la dictature, l'indépendance des années 1990, en même temps que le libéralisme, a ouvert les portes à un mal tout aussi impitoyable : le trafic de jeunes femmes de l'Est par les mafias russes.
    Politiquement engagée, socialement impliquée dans la cause féminine, Sofi Oksanen nous dévoile l'avant et l'après d'un pays qui, même s'il a tourné le dos aux années de terreur, n'en a pas encore fini avec les tourments et les violences faites aux femmes.
    La jeune auteure née en 1977, a atteint avec Purge la consécration dans l'ensemble des pays de l'Est où elle a raflé les prix les plus prestigieux. En France, cette nouvelle voix de la littérature étrangère s'est vue récompensée par le Prix Fémina 2010.
    Il n'y a guère qu'en Russie que la jeune femme au look de punk gothique est devenue indésirable.
    Sans doute que le réalisme âpre de son roman a laissé un arrière goût acide dans la bouche de certains…
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    • Livres 5.00/5
    Par mimipinson, le 12 novembre 2010

    mimipinson
    Les lecteurs ne s'y sont pas trompés en lui attribuant le Prix du roman. Plus qu'un coup de cœur, ce livre est une véritable claque que je reçois. Il m'a fallu me freiner pour ne pas le dévorer trop vite. Un livre aussi puissant, aussi percutant ne pouvait que se savourer avec l'esprit libre de tout le reste.
    Un livre que je classe parmi mes 3 livres de l'année 2010
    Le cadre se situe en Estonie et en URSS, de 1936 à 1992 ; sujet rarement abordé dans le roman. Il faut avant tout remettre en place l'Estonie dans son cadre géographique et historique, ce qui relativement complexe puisque l'occupation soviétique, l'occupation allemande, la seconde guerre mondiale, le Stalinisme, puis la chute de l'Union soviétique ont provoqué bien des tourments dans cette région.
    Dès les première pages, j'ai compris que ce livre allait ne me laisserait pas indemne. Sofia Oksanen a une écriture percutante, violent e, parfois quand la situation l'exige.
    Construit avec pertinence, ce roman tisse sa toile au fur et à mesure. le lecteur sent bien que…... mais il n'en est pas sur, le mystère se lève lentement, tel une intrigue policière qui fait voyager dans le temps, et l'espace.
    Sofi Oksanen n‘épargne rien à son lecteur, ni la monstruosité stalinienne, ni celle des nazis, la déconfiture de l'empire soviétique qui laissera place à l'emprise des mafias, ces femmes à la recherche d'un monde meilleur- naïves sans aucun doute, mais prêtes à tout pour une autre vie – que l'on prostitue sans vergogne. Il y a de la violence dans le propos de l'auteur, qui ne m'a pas gênée, puis que les faits sont là. Les tabous tombes, la nausée n'est pas loin. On sait que cela eût existé (et que cela existe encore), mais formulé comme cela, quelle choc, quelle claque !!!
    De quoi s'agit-il me direz vous ? Difficile de ne pas trop en dire, et de rompre le charme de la lecture
    Aliide vit terrée dans sa campagne, et un beau jour, la fille est là apeurée dans son jardin…
    L'histoire peut commencer………..Laisser vous faire, vous en aurez le souffle coupé
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    Critique de qualité ? (14 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par mariech, le 04 octobre 2011

    mariech
    Un livre dur dont on ne sort pas intact , un témoignage sans fards des années de la dernière guerre puis des années de communisme dans un village perdu d' Estonie . L'histoire commence au début des années 90 , je ne vais pas raconter l'histoire , car le suspense haletant est un des atouts majeurs de ce roman .L'auteur fouille les âmes en profondeur, décortique L Histoire . L Histoire qui se répète , qui finit toujours par punir celui qui a agit pour de mauvaises raisons . Mais qui peut juger ? Qui peut dire ce qu'il ferait dans des circonstances difficiles ? Différents thèmes sont abordés ; jusqu'où peut-on aller par amour ? ; mais aussi les relations mères -filles , le passé et nos actes ont-ils une influence sur nos vies ? de nombreux flash back donnent une épaisseur au livre , vraiment rien à redire , écriture et thème magnifiques . Je me rends compte qu'il est difficile d'expliquer que ce livre est incontournable ; à lire absolument .
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    Critique de qualité ? (16 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par wombat, le 25 février 2011

    wombat
    Qui se souciait de l'Estonie il y a encore 20 ans ? Confetti aux marges de l'Empire, occupée par les allemands pendant la guerre, vouée à une colonisation de peuplement, une lente russification, l'Estonie n'était évoquée dans les conversations qu'avec ses deux sœurs de la Baltique et l'on se demandait soudain de quel pays Tallinn pouvait bien être la capitale. Les plus savants parlait de finlandisation. La messe était dite. On avait abandonné ces peuples à leurs sort. Et d'ailleurs qu'aurions nous pu faire d'autre ?
    C'est en cela que le succès phénoménal et indiscuté (indiscutable ?) de ce roman m'intrigue, au delà de ses qualités littéraires évidentes. Pourquoi ce soudain succès international ? On sait que les « romans du Nord » sont à la mode, mais cette raison suffit-elle ?
    Je crois que ce roman est le lot de consolation que la littérature offre à Tous les petits européens qui ont regardé passer l'Histoire dans une passivité contrainte et qui veulent en revivre les drames et les insolubles conflits, en connaissant la fin.
    Car Purge est tout à la fois un roman paysan comme en ont écrit nos Maupassant, nos Zola avec leurs haines familiales et leur retombées sur les générations qui suivent. A ceci près : les circonstances politiques totalitaires faisaient qu'il suffisait de vouloir voir quelqu'un disparaître pour qu'il disparaisse en vrai. Un drame paysan au pays du Goulag.
    Ce roman porte sur la possibilité de la rédemption quand l'histoire est dite jusqu'à la dernière goutte de sang. Et c'est en cela qu'il me gène : peut-on échapper à ses actes, aussi odieux soient-ils, quand on n'a sans doute pas voulu la conséquence qu'ils ont eu ? La génération actuelle peut-elle regarder celle de ses parents et de ses grands parents sans ressentir du mépris? Au-delà de son caractère éclaté, le roman à un fil conducteur unique : il tente reconstituer une histoire nationale qui puisse se raconter quand le choix, c'est la thèse du roman, était entre la collaboration avec les Nazis (le héros enfermé dans un réduit pendant des années) ou avec les Rouges. Thèse qui est sans doute soutenable.
    Car Purge porte sur la violence de l'Histoire, celle qui ne laisse pas d'autres choix que des choix odieux. Et ce roman est, au delà de cette tentative de reconstitution d'un récit national acceptable, d'un grand pessimisme historique : Aux nervis bolcheviques, à l'omnipotence du parti russe en terre estonienne, succède les maquereaux allemands qui transforment en esclaves et en loques les filles qui ont cru aux sirène de l'Ouest.

    Tout le roman converge vers cette assomption : la complicité possible entre la grand-tante et la petite nièce qui ont eu pour tort d'avoir voulu vivre alors que l'Histoire le leur interdisait. En dépit des apparences, ce livre est un conte de fée. Il doit nous consoler en nous laissant penser que nous, les lecteurs, sommes les acteurs de l'Histoire. Nous en connaissons les ficelles. Foutaise.
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Citations et extraits

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  • Par rolandm1, le 03 février 2012

    A quelle distance se trouvait-elle de Tallinn ? Elle avait perdu la notion temps à l'arrière de la forgonnette. L'humidité froide de la nuit rendait ses membres insensibles et elle se frottait les mains et les jambes, remuait ses orteils et tournait ses chevilles alternativement. Pour rester assise il faisait trop froid, se tenir debout elle ne le pouvait pas non plus. Avant que le jour ne se lève, elle devait entrer quelque part afin qu'on ne la repère pas. Le mieux serait d'arriver dans ce village de sa grand-mère avant le lever du jour.
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  • Par luocine, le 13 septembre 2010

    Pour le studio de tatouage, Pacha se faisait la main sur des filles hors d’usage. Comme avec Katia. … Il avait piqué sur les seins de Katia : une femme à forte poitrine qui taillait une pipe à un diable… il avait orné le bras de Katia d’une deuxième image du diable. Ce dernier avait une grosse bite velue.
    « Aussi grosse que la mienne ! » avait rigolé Pacha.
    Après cela, Katia disparu.
    Zara ouvrit un flacon de poppers et renifla. Quand Pacha la prendrait pour se faire la main, elle saurait que son heure était venue.
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  • Par caro64, le 24 septembre 2010

    L’herbe qui chatouillait le pied de Zara était la caresse de sa grand-mère, le vent dans les pommiers était le chuchotement de sa grand-mère, et Zara avait l’impression de regarder les étoiles par les yeux de sa grand-mère, et quand elle rabaissa le visage, il lui semblait que le jeune corps de sa grand-mère se tenait à l’intérieur du sien, en quête d’une histoire qu’on ne lui avait pas racontée.
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  • Par litolff, le 03 septembre 2010

    Bien qu’Aliide tentât depuis une bonne heure de lui régler son compte, la mouche était sortie victorieuse de chaque round, et elle voletait maintenant au ras du plafond en bourdonnant grassement. Une mouche à viande dégueulasse, élevée dans une fosse à ordures. Elle finirait quand même par l’avoir. Elle allait se reposer un peu, la liquider, et puis se consacrer à écouter la radio et faire des conserves. Les framboises l’attendaient, et les tomates, les tomates mûres et juteuses.
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  • Par luocine, le 13 septembre 2010

    Mais la terreur de la fille était tellement vive qu’Aliide la ressentit soudain en elle-même…Mais maintenant qu’il y avait dans sa cuisine une fille qui dégoulinait de peur par tous les pores sur sa toile cirée … . La peur s’installait là, en faisant comme chez soi. Comme si elle ne s’était jamais absentée. Comme si elle ne s’était absentée. Comme si elle était juste allée se promener quelque part et que, le soir venu, elle rentrait à la maison.
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Patrick Lapeyre Prix Femina
Patrick Lapeyre Prix Femina 2010 pour "La Vie est brève et le désir sans fin" paru aux éditions POL - Remise du Prix le 2 novembre 2010 à l'Hotel Crillon -Paris : Membres du Jury Femina : Diane de Margerie - Viviane Forrester - Claire Gallois - Benoîte Groult - Paula Jacques - Christine Jordis - Mona Ozouf - Danièle Sallenave - Chantal Thomas -Paule Constant - Camille Laurens - Solange Fasquelle - Prix Femina Etranger: Sofi Oksanen "Purge" éditions Stock - AFP TV








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