Née dans le Bronx,
Cynthia Ozick est une écrivaine juive, d'origine russe, vivant toujours à New York. Lauréate de la fondation Guggenheim, de l'American Academy and National Institute of Arts and Letters, elle est considérée comme une « sorte de Flannery O'Connor juive ».
«
Le châle » débute dans un camp de concentration où Rosa cache son bébé, Magda, dans les plis d'un châle. Un bébé qui, à peine née, n'a pas d'espoir, ni de vie et encore moins de pleurs et passe ses journées à sucer ce bout de chiffon pour étancher sa soif et oublier sa faim. Lorsqu'une pensionnaire, morte de froid, lui arrache
Le châle, le bébé est découvert et l'atrocité est inévitable : un nazi s'en empare et le jette contre les barbelés.
Trente ans après ces évènements, succinctement mais intensivement retracés en une dizaine de page seulement, Rosa est à Miami. Elle vit seule, est toujours en colère contre le monde, la rage au ventre, l'esprit là-bas.
Lorsqu'elle retrouve son châle qui a gardé le goût d'amande et de cannelle de la salive de Magda, Rosa semble toujours plus perdue et désemparée. Elle ne se considère pas comme une survivante, sorte de super-héros ayant réussi à passer à travers les mailles nazies du filet qui retinrent tant de ses compatriotes. Il n'est toujours pas question de faire le deuil de ce bébé tuée. D'ailleurs, Magda est vivante, elle est même médecin dans l'imagination de Rosa. Impossible d'oublier. Rosa n'est pas folle même si c'est l'impression qu'elle donne aux autres. Ce roman est là pour cette raison : témoigner de cette époque. Rosa n'a pas le droit d'oublier, le lecteur non plus…
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