Note moyenne : 3.68/5 (sur 19 notes)
La Fontaine pétrifiante2Ajouter à mes livres
Dans un cottage isolé dans la campagne anglaise, Peter Sinclair, un jeune écrivain désœuvré, cherche à faire le point sur son existence en rédigeant son autobiographie.
Mais l'écriture se met à dériver. L'Angleterre autour de lui, plongée dans une lente apocalyps... > voir plus
Cela commence comme l'histoire d'un homme à la dérive qui essaye de se raccrocher à l'écriture de son autobiographie pour tenter de reprendre le contrôle de sa vie. Sauf que peu à peu, ce texte dans le texte prend le pouvoir et s'impose comme une véritable réalité parrallèle, jusqu'à ce qu'il devienne impossible de savoir quel niveau représente la réalité et quel niveau représente la fiction. La fin, magistrale, provoque une sensation complète de désorientation. Très expérimental, mais aussi très réussi !
magnifique roman de Christopher priest qui s'ingénie à entremêler réalité apparente et fiction ; il y a une mise en abime dans ce roman qui raconte l'histoire d'un type qui écrit son histoire romancée... Difficlie à expliquer, en fait... lisez-le ! Excellent, en tout état de cause...
A mesure que les jours passaient mon humeur s'assombrit. Je devins moins soucieux de mon environnement. Je restais des jours sans changer de vêtements, je cessais de me laver et de me raser et je ne me nourrissais que des aliments les plus simples et les plus pratiques. Je me réveillais tard et j'étais presque toute la journée en proie à d'atroces migraines et à des raideurs dans tout le corps. Je me sentais malade et avais l'air malade, bien que j'eusse la certitude que rien n'allait de travers sur le plan physique.
Autrefois je croyais que la force des mots était garante de vérité. Qu'à condition de trouver le mot juste, il ne dépendait que d'un acte de volonté approprié que je parvinsse à consigner sous une forme affirmative tout ce qui était vrai. J'ai appris depuis que les mots n'ont d'autre valeur que celle de l'esprit qui les choisit, de sorte qu'il entre dans l'essence de toute prose d'être une forme d'imposture.
Désormais j'étais coupé de toutes ces choses. C'était de ma propre volonté, et pourtant, de façon aberrante, tout cela me manquait jusqu'à me donner l'impression d'un dénuement complet. [...] mais je découvris que mes besoins n'étaient pas tournés vers l'extérieur. Le vide était en moi.