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ISBN : 2290339113
Éditeur : J'ai Lu (2006)


Note moyenne : 3.81/5 (sur 655 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Quoi de plus tragique qu'aimer sans être aimé ? Aimer celui qui nous est à jamais interdit : un membre de sa propre famille. C'est bien là le malheur de Phèdre, qui aime son beau-fils, qui se déteste pour cela, qui hait jusqu'... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 03 mai 2012

    brigittelascombe
    "Je ne sais où je vais, je ne sais qui je suis"
    Ce conflit intérieur, cette confusion relative au coup de foudre incestueux qu'éprouve Phèdre (aveuglée,passionnée,inconsciente mais capable d'introspection) pour son beau-fils Hippolyte (homme d'honneur puis victime) est l'un des pivots de la tragédie (drame en V actes basé sur la légende mythologique de Phèdre fille de Minos et Pasiphaé) de Racine (poète tragique dramaturge du XVII° siècle). Il a également, avant Racine, inspiré une tragédie à Euripide (Hippolyte couronné) et à Sénèque.
    C'est la fausse nouvelle de la disparition de son mari Thésée, roi d'Athènes, et les mauvais conseils de sa nourrice possessive Oenone, qui poussent Phèdre à déclarer l'amour qui la culpabilise ("J'aime. Ne pense pas qu'au moment que je t'aime/ Innocente à mes yeux je m'approuve moi-même..". Mais Hippolyte aime Aricie et ce sera le rejet de son côté, la jalousie (jusqu'à la démence) et les fausses accusations (de viol) de l'autre qui mèneront ces personnages principaux vers la mort et l'empoisonnement.
    Racine, par des procédés de style, sait rendre avec lyrisme la force de la passion destructrice de Phèdre pour Hippolyte (qu'il oppose à l'amour lumineux d'Hippolyte et Aricie) et la lente descente aux enfers de Phèdre embourbée dans la honte, la souffrance, l'ignominie et le remords. Il sait créer une atmosphère mystérieuse et poétique, faire monter la tension par des coups de Théâtre et retournements de situation sur fond de mythologie aux dieux cruels et impitoyables. Il sait manier la psychologie des personnages, même secondaires comme Thésée tour à tour crédule,méfiant, jaloux, impulsif; ou Aricie courageuse princesse retenue captive..
    Cet impasse De l'amour non partagé rappelle celui de Madame de Rénal dans Le Rouge et le Noir de Stendhal.
    Cet amour incestueux impossible rappelle celui d'Amélie dans René de Chateaubriand mais la trop grande emphase des déclamations (de ce classique incontournable) m'a quelque peu rebutée.
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    • Livres 4.00/5
    Par Juste-Lire-Avec-Plaisir, le 09 septembre 2011

    Juste-Lire-Avec-Plaisir
    C'est toujours avec une certaine appréhension que je pense à l'œuvre de Racine. Mauvais souvenirs d'école ? Peut-être. Cependant, en lisant un roman (Pastel fauveCarmen Bramly), j'ai découvert quelques répliques de Phèdre et j'ai tout de suite trouvé la langue magnifique. Ayant cette pièce de théâtre dans ma bibliothèque et en petit format en plus, j'ai décidé de prendre mon courage à deux mains et de me lancer dans ce classique.
    Au commencent, il y a Phèdre. Elle est mariée avec Thésée, le roi d'Athènes mais elle est secrètement amoureuse de son beau-fils, Hippolyte.
    Cet amour la ronge de jour en jour, il est impossible pour elle d'oublier ce qu'elle ressent. Pourtant, un évènement va survenir dans sa vie : on lui annonce la mort de Thésée qu'elle n'a pas vu depuis plusieurs mois.
    Oenone, sa nourrice et confidente tentera de lui faire avouer ce secret qui l'affaiblit de jour en jour. Phèdre lui confiera. Et de discussion en discussion, Phèdre va se laisser convaincre par Oenone qu'elle doit avouer son amour à Hippolyte. Enfin « se laisser convaincre » est un bien grand mot car Phèdre a tendance à accuser les autres dès que les choses ne se passent pas comme elle le désire.
    Si elle aime Hippolyte, elle se retournera contre les dieux qui ont osé lui faire cet affront. Quand elle avouera à son beau-fils son amour, elle en voudra à sa nourrice de l'avoir poussé à le faire. Ses actes ne semblent jamais venir d'elle-même.
    Cependant, c'est une histoire magnifique, pleine d'amour et de force. La langue de Racine est sublime. le texte en alexandrins pourrait en effrayer certains, pourtant il est fluide et le lire à haute voix, c'est une vraie mélodie pour l'oreille.
    La tragédie peut déplaire mais il faut avouer que dans ce genre, il y a une profondeur que l'on ne retrouve pas dans n'importe quel texte.
    N'ayons plus peur de ce classique, apprécions le pour la beauté des mots.
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    • Livres 4.00/5
    Par facteur84, le 15 octobre 2011

    facteur84
    Dans mes plus profonds souvenirs, j'ai toujours eu une appréhension quand à lire une pièce de théâtre. Pourtant, le peu que j'ai lu, j'ai toujours aimé. C'est encore la cas avec Phèdre. Difficulté supplémentaire, je n'avais jamais lu une pièce en alexandrin complètement et de Racine. Vierge et innocent de cet auteur je m'y suis lancé sans apriori.
    Malgré que la trame de l'histoire soit un peu connu avant le début de la lecture, comme c'est souvent le cas avant de lire les tragédies grecques célèbres, je m'y suis immergé totalement et sans difficulté. On dirait que les mots ont été créés uniquement pour ce genre de tragédie. Chacun trouve sa place avec un ordre millimétré comme du papier à musique, et qui donne une harmonie et une certaine beauté à cette pièce. L'autre aspect intéressant des tragédies grecques, est les questions que soulèvent les thèmes abordés dans les pièces. Ici il est question d'amour incestueux, du regard de la société, de liberté d'action, et de connaissance de soi. Tels on les thèmes qui reviennent souvent dans ces tragédies.
    J'ai trouvé Phèdre touchante malgré sa monstruosité d'aimer son beau-fils et rendre coupable les autres de ses actes. J'ai détesté Hippolyte pour la froideur dont il fait face devant sa belle-mère, et les sentiments pour son aimée et son père.
    La langue de Racine coule d'elle-même et les alexandrins sont très accessibles et ne sont pas lourd du tout. Tout les vers s'imbriquent les uns dans les autres. L'aspect immuable final des tragédies peur rebuter certains, mais quand on y pense, que ferions nous à la place des personnages ? Que peuvent-ils faire à part d'avoir le courage de regarder leur destin en face et de se remettre en question quitte à en finir puisqu'il n'y plus rien à faire dans ce monde là ? Je pense qu'à leur place nous n'aurions pas le courage d'agir et nous deviendrions tous fou.
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    • Livres 5.00/5
    Par leinavaleski, le 17 septembre 2012

    leinavaleski
    Je n'aime pas beaucoup les pièces de théâtre, il est donc rare que j'en lise et que j'apprécie. Trois auteurs font exception : Racine, Molière et Shakespeare. Cet été, dans le cadre du challenge “Classiques de l'été”, j'ai décidé de relire les livres de Racine que je possède (il me manque Mithridate, Les plaideurs, La thébaïde, Alexandre le Grand ; si vous les possédez et que vous êtes vendeur, n'hésitez pas à me contacter ;) ). Aujourd'hui, je vous parle de Phèdre.

    Il s'agit d'une tragédie donc il est clair que ce n'est pas très gai. La difficulté avec le théâtre, c'est de faire passer un monde à travers des dialogues, surtout quand il y a peu de didascalies. Ici, ça fonctionne très bien : on sent vraiment l'époque dans laquelle on se trouve. Tous les événements passés sont rappelés, ce qui permet de comprendre la situation d'Aricie et celle de Phèdre, mais aussi les origines d'Hippolyte. Au niveau des personnages, c'est le même problème : leurs caractères doivent passer à travers leurs paroles. Là encore je trouve que c'est le cas, j'ai été touchée par les personnages et par leurs passions. L'amour de Phèdre et la colère de Thésée m'ont paru très crédibles.

    Le style est magnifique, j'admire vraiment la façon d'écrire de Racine et c'est sûrement ce qui me plaît le plus. C'est poétique et vraiment très beau.
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    • Livres 3.00/5
    Par Pixie-Flore, le 27 août 2012

    Pixie-Flore
    Lecture imposée il y a bien longtemps, ce livre me laissait un peu sceptique.
    Les pièces de théâtre n'étant pas ce que je préfère, j'avais pas mal d'appréhension.
    Dès les premières pages il m'a fallu un petit moment pour me faire à ce style pompeux et imagé qui constitue l'oeuvre de Racine. Heureusement pour moi, mon professeur de l'époque était là pour traduire les passages un peu flou et nous expliquer toutes les formes subtiles de ce langage d'un autre temps. ça m'a beaucoup aidé à apprécier pleinement l'histoire qui, soit dit en passant, est intéressante et plaisante.
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Citations et extraits

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  • Par Ellalu, le 21 mai 2013

    Ariane ma soeur, de quel amour blessée
    Vous mourûtes aux bords où vous fûtes laissée !

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  • Par sophie9206, le 05 janvier 2011

    Mon mal vient de plus loin. À peine au fils d’Égée
    Sous les lois de l’hymen je m’étais engagée,
    Mon repos, mon bonheur semblait être affermi ;
    Athènes me montra mon superbe ennemi.
    Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue ;
    Un trouble s’éleva dans mon âme éperdue ;
    Mes yeux ne voyaient plus, je ne pouvais parler ;
    Je sentis tout mon corps, et transir et brûler.
    Je reconnus Vénus et ses feux redoutables,
    D’un sang qu’elle poursuit tourments inévitables.
    Par des vœux assidus je crus les détourner :
    Je lui bâtis un temple, et pris soin de l’orner.
    De victimes moi-même à toute heure entourée,
    Je cherchais dans leurs flancs ma raison égarée.
    D’un incurable amour remèdes impuissants !
    En vain sur les autels ma main brûlait l’encens :
    Quand ma bouche implorait le nom de la déesse,
    J’adorais Hippolyte, et le voyant sans cesse,
    Même au pied des autels que je faisais fumer.
    J’offrais tout à ce dieu, que je n’osais nommer.
    Je l’évitais partout. Ô comble de misère !
    Mes yeux le retrouvaient dans les traits de son père.
    Contre moi-même enfin j’osai me révolter :
    J’excitai mon courage à le persécuter.
    Pour bannir l’ennemi dont j’étais idolâtre,
    J’affectai les chagrins d’une injuste marâtre ;
    Je pressai son exil, et mes cris éternels
    L’arrachèrent du sein, et des bras paternels.
    Je respirais, Œnone ; et depuis son absence,
    Mes jours moins agités coulaient dans l’innocence.
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  • Par facteur84, le 28 septembre 2011

    PHEDRE
    Ah ! cruel, tu m'as trop entendue !
    Je t'en ai dit assez pour te tirer d'erreur.
    Eh bien ! connais donc Phèdre et toute sa fureur.
    J'aime. Ne pense pas qu'au moment que je t'aime,
    Innocente à mes yeux, je m'approuve moi-même,
    Ni que du fol amour qui trouble ma raison,
    Ma lâche complaisance ait nourri le poison.
    Objet infortuné des vengeances célestes,
    Je m'abhorre encor plus que tu ne me détestes.
    Les dieux m'en sont témoins, ces dieux qui dans mon flanc
    Ont allumé le feu fatal à tout mon sang ;
    Ces dieux qui se sont fait une gloire cruelle
    De séduire le coeur d'une faible mortelle.
    Toi-même en ton esprit rappelle le passé.
    C'est peu de t'avoir fui, cruel, je t'ai chassé :
    J'ai voulu te paraître odieuse, inhumaine,
    Pour mieux te résister, j'ai recherché ta haine.
    De quoi m'ont profité mes inutiles soins ?
    Tu me haïssais plus, je ne t'aimais pas moins.
    Tes malheurs te prêtaient encor de nouveaux charmes.
    J'ai langui, j'ai séché, dans les feux, dans les larmes
    Il suffit de tes yeux pour t'en persuader,
    Si tes yeux un moment pouvaient me regarder.
    Que dis-je ? Cet aveu que je te viens de faire,
    Cet aveu si honteux, le crois-tu volontaire ?
    Tremblante pour un fils que je n'osais trahir,
    Je te venais prier de ne le point haïr;
    Faibles projets d'un coeur trop plein de ce qu'il aime !
    Hélas ! je ne t'ai pu parler que de toi-même !
    Venge-toi, punis moi d'un odieux amour ;
    Digne fils du héros qui t'a donné le jour,
    Délivre l'univers d'un monstre qui t'irrite.
    La veuve de Thésée ose aimer Hippolyte !
    Crois-moi, ce monstre affreux ne doit point t'échapper.
    Voilà mon coeur : c'est là que ta main doit frapper.
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  • Par lectures2thalie, le 02 juin 2012

    J'ai voulu te paraître odieuse, inhumaine.
    Pour mieux te résister, j'ai recherché ta haine.
    De quoi m'ont profité mes inutiles soins?
    Tu me haïssais plus, je ne t'en aimais pas moins.
    Tes malheurs te prêtaient encor de nouveaux charmes.
    J'ai langui, j'ai séché, dans les feux, dans les larmes.
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  • Par Orphea, le 02 décembre 2010

    PHÈDRE
    Puisque Vénus le veut, de ce sang déplorable
    Je péris la dernière et la plus misérable.

    ŒNONE
    Aimez−vous ?

    PHÈDRE
    De l'amour j'ai toutes les fureurs.

    ŒNONE
    Pour qui ?

    PHÈDRE
    Tu vas ouïr le comble des horreurs.
    J'aime... A ce nom fatal, je tremble, je frissonne.
    J'aime...

    ŒNONE
    Qui ?

    PHÈDRE
    Tu connais ce fils de l'Amazone,
    Ce prince si longtemps par moi−même opprimé ?

    ŒNONE
    Hippolyte ? Grands dieux !

    PHÈDRE
    C'est toi qui l'as nommé !
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"Phèdre"
A la Comédie Française "Phèdre" de Jean Racine est interprétée dans une mise en scène de Anne DELBEE avec des costumes du couturier Christian LACROIX. - Interview de Christian LACROIX donnant ses impressions sur le spectacle "J'ai entendu une Phèdre du XVIIème". - Les costumes des comédiens dans l'atelier des costumes. - Martine CHEVALLIER interprète de Phèdre -...











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