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ISBN : 2290339113
Éditeur : J'ai Lu (16/06/2006)

Note moyenne : 3.82/5 (sur 1802 notes)
Résumé :


Phèdre, ce chef-d’oeuvre incontestable, pense-t-on encore qu'il n'en fut pas de plus contesté que celui-là ? « Faire un inceste en plein théâtre ! » s'indigne Pradon, rival malheureux de Racine devant la postérité. Phèdre « n'est ni tout à fait coupable ni tout à fait innocente », proteste l'auteur.

Car elle est tout entière habitée par cette passion - sourde, aveugle, déraisonnable, exacerbée par sa déraison même - qu'elle entretient... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (82) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
28 avril 2014
★★★★★
★★★★★
Cette pièce ? Quel style, mes aïeux ! quel style !
Quel superbe dompteur de vers indociles !
À l'aide ! à l'aide ! Les vers me dévorent !
Ils m'habitent, ils me creusent mais je les adore.
Ils durent emprunter l'allée connue de moi
Qui conduit du livre jusqu'à mon tendre émoi.
Aux armes ! aux armes ! On veut m'assassiner !
Mieux qu'une flèche que je ne puis dessiner,
Mieux qu'une lance, mieux qu'un glaive, trépasser
Aux charmes de ce style, sans jamais m'en lasser.
Encore ! encore ! Mon âme crie : « Encore ! »
Et mon cœur que mon corps ne sait plus guère enclore
S'avoue si bien vaincu par le stylet du style,
Que le roc de sa chair est devenu ductile.
Vous me voyez figer, mon corps s'enracine
Si vous coupez mes ailes, si vous m'ôtez Racine.
À Paris, au pays de France, au français,
Les vers de Racine, les tragédies qu'on sait,
Manqueraient autant qu'Eiffel et sa tour d'acier
Si par malheur, vous les lui retirassiez.
La pièce, lue jadis et jadis aimée,
Et encore lue ce jour et ce jour, adorée...
Assez parlé ! Quel décor ? quel scénario ?
Pas de scène à New York, aucune scène à Rio.
Ici, Phèdre, follement, aime Hippolyte,
Le fils du grand Thésée, son légitime époux,
Lequel vieux héros n'enflamme plus le pouls
De sa compagne, dont l'amour se délite.
Redoutant que son inclination la trahisse,
Phèdre s'ingénie à éloigner son beau-fils.
Elle met toute sa haine et tout son art ici.
Hippolyte, lui, ne rêve que d'Aricie.
Soudain, la nouvelle dit que Thésée est mort.
Phèdre alors pense qu'elle peut aimer sans remord
Et se déclare, sans pudeur hypocrite,
Au très sombre et très vertueux Hippolyte.
Stupeur, horreur, tout cela le laisse interdit,
Il n'arrive pas à croire qu'on le perdît
Pour un amour faux et qu'il n'a point consenti.
Serait-ce donc vrai tout ce qu'elle a ressenti ?
Quoi ? Qu'annonce-t-on maintenant ? Voilà Thésée ?
« Bonjour ma femme, mon fils. Quoi ? Vous vous taisez ? »
Quel étrange accueil, remarque le vieux héros.
Quelles foudres ? Quels dommages collatéraux
Attendre de Thésée lorsque la fourbe Œnone
Lui dira des mensonges avec l'air des nones ?
Qui croira-t-il mieux, de son fils ou de Phèdre ?
Lequel de ces êtres aura-t-il peur de perdre ?
C'est ce qu'à présent je ne veux plus vous dire ;
Je vous veux laisser jouir, vous la laisser lire.
Et des critiques en vers, peut-être je vous lasse,
La dernière, je crois, était pour Ruy Blas.
Rassurez-vous cet avis creux, cette glose,
Cette fantaisie n'est vraiment pas grand-chose.
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LydiaB
13 juin 2014
★★★★★
★★★★★
Je ne me lasse pas de lire et de relire cette pièce de Racine, que je considère comme étant le plus grand écrivain français de tragédies. Il met en scène une femme amoureuse de son beau-fils. Si le sujet est tabou, Racine voulait ainsi prouver qu'un grand dramaturge pouvait faire passer le pire des meurtriers en victime. Il va ainsi s'attacher à la psychologie des personnages. Phèdre, "fille de Minos et de Pasiphaé" (tout est dit par cet admirable vers : petite-fille du Soleil, elle ne peut déroger aux valeurs et aux règles) est délaissée par son mari, Thésée qui, soit dit en passant, part en guerre tous les quatre matins et a plus de maîtresses que de jours dans la semaine. Celui-ci a un fils, Hippolythe, né d'une première union avec une Amazone. Phèdre s'est attachée à le rejeter, à être odieuse avec lui afin que Vénus lui ôte ce cadeau empoisonné de son coeur. Mais elle se meurt, soucieuse de cette faute indigne de son rang. Elle se confie à Oenone, sa nourrice et confidente. Lorsque le bruit court que Thésée est mort, Phèdre ne peut s'empêcher de dire ses sentiments à son beau-fils. Alors qu'on pouvait s'attendre à une réaction violente de sa part, ce dernier se montre peu dynamique et prend seulement la décision de partir. On voit déjà qu'il n'est qu'au second plan pour le dramaturge. Toutes ses répliques convergent vers le "excusez-moi". de ce fait, le lecteur ou le spectateur aura de l'empathie envers Phèdre, dont le pathos arrive à son apogée. Soudain, coup de théâtre, on annonce que Thésée est revenu à la vie (dans les tragédies classiques, les Dieux manipulent les humains. Il n'est donc pas rare qu'il y ait ainsi des résurrections). Phèdre est perdue : elle a avoué son amour et imagine bien que son mari va l'apprendre. Oenone, qui brille par sa dévotion, encourage sa maîtresse à mentir et à inverser les rôles. Ce que ne peut faire Phèdre...

Racine a emprunté ici le sujet à Euripide et ne s'en est pas caché. Mais il a transformé la pièce. Ainsi, Phèdre n'apparaît pas comme odieuse car elle ne semble pas maîtriser la situation : ce n'est pas par sa propre volonté qu'elle est tombée amoureuse mais par celle de Vénus. Hippolyte a une grandeur d'âme (chez Euripide, on laissait entendre qu'il avait abusé de sa belle-mère). S'il se laisse faire, c'est pour ne pas accuser sa belle-mère du "crime". Racine met en relief les faiblesses des uns et des autres : dues à l'amour pour l'une, à trop de gentillesse pour l'autre. Finalement, seul Thésée ne remporte pas l'adhésion de la lectrice que je suis. Il apparaît plus ici comme un rustre que comme un guerrier valeureux. Là encore, les faiblesses apparaissent : il peut aller se battre contre tous les monstres de la terre, toute la ville ne parle que de ses conquêtes amoureuses et le fustige...

Avec un style inimitable, des règles contraignantes et une poésie flamboyante, Racine a su mettre en scène un thème qui, finalement se résume à peu de choses : une belle-mère qui, en cachette, est amoureuse de son beau-fils et qui sera punie non pas d'être passée à l'acte mais seulement de sa mauvaise pensée. Quand on pense qu'il doutera de sa pièce ! Il écrira dans la préface : "(...) je n'ose encore assurer que cette pièce soit en effet la meilleure de mes tragédies. Je laisse aux lecteurs et au temps à décider de son véritable prix." Chapeau bas, Monsieur Racine ! Quelques siècles plus tard, nous nous délectons encore de vos vers !

Lien : http://www.lydiabonnaventure..
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juliette2a
02 septembre 2013
★★★★★
★★★★★
Phèdre ou le destin ô combien tragique d'une femme amoureuse de son beau-fils...
Phèdre est une héroïne particulière ; en effet, partagée entre son amour passionné pour Hippolyte, le fils de son mari Thésée (célèbre héros de l'Antiquité), et son rôle de Reine qu'elle se doit d'honorer, elle s'appuie sur sa confidente Oenone pour vaincre son chagrin. Une confession de son amour pour Hippolyte est ainsi inévitable :
"Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue ;
Un trouble s'éleva dans mon âme éperdue ;
Mes yeux ne voyaient plus, je ne pouvais parler ;
Je sentis tout mon corps, et transir et brûler."
Malheureusement, des évènements terribles vont s'abattre à la fois sur la pauvre Phèdre et le bel Hippolyte, les entraînant vers une seule issue possible...la mort.
Phèdre, bien que coupable de son amour incestueux, est aussi innocente aux yeux du lecteur, comme le prouve la dernière scène ô combien intense, mettant en scène une Phèdre devenue une héroïne sublime, au fil des péripéties.
J'ai toujours beaucoup aimé le style de Racine, ses vers en alexandrins toujours aussi splendides à lire, et ses histoires antiques qui permettent de découvrir le destin d'un personnage inoubliable. Tel est le mythe de Phèdre, qui a marqué l'histoire du théâtre puisqu'il est encore aujourd'hui l'une des pièces les plus jouées sur scène, et bien évidemment, l'une des plus célèbres au monde, ou, du moins, en France...
A lire !!

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Sirenna
02 octobre 2015
★★★★★
★★★★★
"Ah ! cruel, tu m'as trop entendue !
Je t'en ai dit assez pour te tirer d'erreur.
Eh bien ! connais donc Phèdre et toute sa fureur..."
Déclamer ces vers éternels sur une scène de théâtre,vivre cette passion amoureuse d'une Phèdre qui déclare sa flamme au jeune Hippolyte quel moment transcendant! Aucune femme ne dira jamais aussi bien les affres d'un amour impossible et sans retour.Une Phèdre si lucide,si déroutante,si humaine et pourtant si courageuse dans son suicidaire aveux de ses transports amoureux.
Amoureuse de l'amour qui la détruit,qui la fait souffrir au point de sacrifier tout son être à une soumission extrême:celle d'afficher son désir de fusion à un être qui refuse de la faire exister.Une obsession amoureuse qui n'a pas d'égale,un autisme qui l'enferme dans ce tsunami affectif qui la ronge,la blesse,la maltraite.Seul face à elle-même et à ce sort inéluctable d'aimer un être vide de toute substance passionnelle.Son feu d'amour s'auto alimente du refus de l'objet de sa quête,elle se fane,se délite jusqu'à devenir une immense étendu de larmes et de souffrance.Une héroïne tragique si humaine!
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michfred
07 mars 2015
★★★★★
★★★★★
Phèdre se meurt,Phèdre veut mourir.
Elle se traîne dehors, sous le soleil dont elle descend, pour le voir une dernière fois. Oenone aime Phèdre, elle l'a nourrie, elle la couve avec l'amour dévorant et inconditionnel des nourrices ou des mères. Elle la pousse à parler, à dire ce qui la dévore. Et Phèdre, affaiblie, cède: elle avoue son amour pour Hippolyte, le bel indifférent, voué au culte de Diane,le fils de l'Amazone et.....son beau-fils.
Dès lors, comme si elle avait mis le doigt dans un engrenage, sa parole va l'entraîner à d'autres paroles, à d'autres aveux, la précipitant dans la faute comme le tourbillon jetait Ulysse - de Charybde en Scylla.
Son deuxième aveu, Phèdre l'adresse à Hippolyte lui-même - effarouché, fuyant, n'osant comprendre. Puis elle est entraînée à des mensonges: devant son époux, revenu d'entre les morts contre toute attente, elle accuse son beau-fils d'avoir cherché à la séduire, provoquant la malédiction du fils par le père, et cette parole-là, dans la Grèce des mythes et des monstres, tue plus sûrement qu'un coup d'épée.. Enfin, devant le désastre, Phèdre se livre à un troisième aveu, devant celui-là même qui crée la faute: son époux. Expiant enfin son crime par une mort tragique, elle "rend au jour qu'elle souillait toute sa pureté"...
Jouée devant la cour par les petites pensionnaires de Mme de Maintenon à Saint Cyr, la pièce était si passionnée et jouée avec tant de flamme par ces jeunes filles, que la vieille bigote qui fit révoquer l'édit de Nantes à Louis XIV s'en émut: elle demanda à Racine de ne plus écrire que des pièces chrétiennes, édifiantes.
Cette merveilleuse tragédie jette donc les derniers feux de la passion racinienne. Avec quel éclat!
Les monstres de tout poil, les chevaux fous d'Hippolyte,( celui-qui-lâche-les -coursiers), la mer étincelante où dorment d'un oeil les monstres marins, les sombres paluds infernaux où siège Minos, père de Phèdre et juge aux Enfers, l'ombre terrible du Minotaure, les dédales du labyrinthe où s'étire le fil d'Ariane, leTaureau blanc de Pasiphaé, et surtout le soleil grec, éclatant, écrasant, sans pitié, donnent à cette passion mythique son décor désigné..
Mais Phèdre n'est pas qu'une créature païenne mue par ses sens, manipulée par la vengeance de Vénus qui s'acharne sur tout son sang,elle est aussi cette" chrétienne à qui la grâce a manqué", cette janséniste consciente de ses fautes, honteuse de ce qu'elle est devenue, de ce qu'elle fait ou dit, et qui cherche dans la mort le châtiment que les dieux lui refusent.
Racine est celui qui a le mieux compris la tragédie grecque et qui a su aussi l'adapter aux problématiques de son temps. Avec lui, Phèdre ne prend pas une ride, elle est toujours la puissante incarnation de cet amour-maladie dont parlait déjà Sapho : "Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue, mes yeux ne voyaient plus, je ne pouvais parler, je sentis tout mon corps et transir et brûler" mais elle aussi une sorte de Princesse de Clèves sans la volonté, qui a une conscience aiguë du mal qu'elle crée et qu'elle affronte, et qui souffre de son impuissance et de sa déchéance.
Je ne me suis jamais lassée de lire, de relire Phèdre- et je me suis toujours réjouie et émerveillée de la fascination qu'elle exerce sur tous les publics, y compris très jeunes. Tous sensibles à ses images, à sa musique, à sa violence, à son déchirement.
Comme si la qualité exceptionnelle de cette tragédie, malgré les siècles, restait aussi aveuglante que le soleil grec...
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Citations & extraits (224) Voir plus Ajouter une citation
zanonizanoni05 février 2017
Au reste, je n’ose encore assurer que cette pièce soit en effet la meilleure de mes tragédies. Je laisse aux lecteurs et au temps à décider de son véritable prix. Ce que je puis assurer, c’est que je n’en ai point fait où la vertu soit plus mise en jour que dans celle-ci ; les moindres fautes y sont sévèrement punies : la seule pensée du crime y est regardée avec autant d’horreur que le crime même ; les faiblesses de l’amour y passent pour de vraies faiblesses : les passions n’y sont présentées aux yeux que pour montrer tout le désordre dont elles sont cause ; et le vice y est peint partout avec des couleurs qui en font connaître et haïr la difformité. C’est là proprement le but que tout homme qui travaille pour le public doit se proposer ; et c’est ce que les premiers poètes tragiques avaient en vue sur toute chose. Leur théâtre était une école où la vertu n’était pas moins bien enseignée que dans les écoles des philosophes. Aussi Aristote a bien voulu donner des règles du poème dramatique ; et Socrate, le plus sage des philosophes, ne dédaignait pas de mettre la main aux tragédies d’Euripide. Il serait à souhaiter que nos ouvrages fussent aussi solides et aussi pleins d’utiles instructions que ceux de ces poètes. Ce serait peut-être un moyen de réconcilier la tragédie avec quantité de personnes célèbres par leur piété et par leur doctrine, qui l’ont condamnée dans ces derniers temps et qui en jugeraient sans doute plus favorablement, si les auteurs songeaient autant à instruire leurs spectateurs qu’à les divertir, et s’ils suivaient en cela la véritable intention de la tragédie.

Préface
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zanonizanoni05 février 2017
Je ne suis point étonné que ce caractère ait eu un succès si heureux du temps d’Euripide, et qu’il ait encore si bien réussi dans notre siècle, puisqu’il a toutes les qualités qu’Aristote demande dans le héros de la tragédie, et qui sont propres à exciter la compassion et la terreur. En effet, Phèdre n’est ni tout à fait coupable, ni tout à fait innocente : elle est engagée, par sa destinée et par la colère des dieux, dans une passion illégitime dont elle a horreur toute la première : elle fait tous ses efforts pour la surmonter : elle aime mieux se laisser mourir que de la déclarer à personne ; et lorsqu’elle est forcée de la découvrir, elle en parle avec une confusion qui fait bien voir que son crime est plutôt une punition des dieux qu’un mouvement de sa volonté.

Préface
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zanonizanoni05 février 2017
Voici encore une tragédie dont le sujet est pris d’Euripide. Quoique j’aie suivi une route un peu différente de celle de cet auteur pour la conduite de l’action, je n’ai pas laissé d’enrichir ma pièce de tout ce qui m’a paru le plus éclatant dans la sienne. Quand je ne lui devrais que la seule idée du caractère de Phèdre, je pourrais dire que je lui dois ce que j’ai peut-être mis de plus raisonnable sur le théâtre. Je ne suis point étonné que ce caractère ait eu un succès si heureux du temps d’Euripide, et qu’il ait encore si bien réussi dans notre siècle, puisqu’il a toutes les qualités qu’Aristote demande dans le héros de la tragédie, et qui sont propres à exciter la compassion et la terreur. En effet, Phèdre n’est ni tout à fait coupable, ni tout à fait innocente : elle est engagée, par sa destinée et par la colère des dieux, dans une passion illégitime dont elle a horreur toute la première : elle fait tous ses efforts pour la surmonter : elle aime mieux se laisser mourir que de la déclarer à personne ; et lorsqu’elle est forcée de la découvrir, elle en parle avec une confusion qui fait bien voir que son crime est plutôt une punition des dieux qu’un mouvement de sa volonté.

Préface
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zanonizanoni05 février 2017
Je rapporte ces autorités, parce que je me suis très scrupuleusement attaché à suivre la fable. J’ai même suivi l’histoire de Thésée, telle qu’elle est dans Plutarque.

C’est dans cet historien que j’ai trouvé que ce qui avait donné occasion de croire que Thésée fût descendu dans les enfers pour enlever Proserpine, était un voyage que ce prince avait fait en Épire vers la source de l’Achéron, chez un roi dont Pirithoüs voulait enlever la femme, et qui arrêta Thésée prisonnier, après avoir fait mourir Pirithoüs. Ainsi j’ai tâché de conserver la vraisemblance de l’histoire, sans rien perdre des ornements de la fable, qui fournit extrêmement à la poésie ; et le bruit de la mort de Thésée, fondé sur ce voyage fabuleux, donne lieu à Phèdre de faire une déclaration d’amour qui devient une des principales causes de son malheur, et qu’elle n’aurait jamais osé faire tant qu’elle aurait cru que son mari était vivant.

Préface
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zanonizanoni05 février 2017
J’ai même pris soin de la rendre un peu moins odieuse qu’elle n’est dans les tragédies des Anciens, où elle se résout d’elle-même à accuser Hippolyte. J’ai cru que la calomnie avait quelque chose de trop bas et de trop noir pour la mettre dans la bouche d’une princesse qui a d’ailleurs des sentiments si nobles et si vertueux. Cette bassesse m’a paru plus convenable à une nourrice, qui pouvait avoir des inclinations plus serviles, et qui néanmoins n’entreprend cette fausse accusation que pour sauver la vie et l’honneur de sa maîtresse. Phèdre n’y donne les mains que parce qu’elle est dans une agitation d’esprit qui la met hors d’elle-même ; et elle vient un moment après dans le dessein de justifier l’innocence, et de déclarer la vérité.

Préface
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