NB : Je dois avouer qu'en lisant ce livre j'ai cherché mes propres sentiments, sauf qu'en ce qui me concerne j'ai 17 ans de recul mais la terre dans ces deux cas est indissociable. Et je m'excuse d'avance si jamais je me suis trop « exposée » dedans.
Une première chose avant de commencer et loin de moi l'idée de faire la leçon, j'aime tout simplement pas ça, mais c'est mon point de vue... Au tout début du livre l'auteur décrit des bribes de conversations qu'il entend et là une personne dit : « La terre nous a trahis », c'est vrai que sur le coup et bien des années après encore, on pense encore cela, jusqu'au jour où l'on s'aperçoit que la Terre comme la Vie ne promet jamais rien. le mot promesse est un mot inventé par l'homme non par la nature. La logique, les courroux de cette dernière nous échappent et par conséquent on ne peut pas affirmer qu'elle est pleine de promesse. Elle peut prêter confiance mais sans plus…Mais ce n'est que bien plus tard qu'on le sait... Bref. Passons au livre maintenant.
J'ai aimé cette lecture peu facile ou pas assez, je ne sais pas exactement… mais cependant, (et là n'est pas la faute de l'auteur mais celle des mots), les phrases ne sonnent pas assez fortes à mon goût. Les mots que
Rodney Saint-Eloi utilisent ne sont pas les plus puissants, pour décrire ce qui nous envahit dans ces moments là. Certes il décrit somme toute assez bien les sentiments qui font rage après un tel évènement, l'abattement, la colère, la peur… mais même s'il essaie de décrire cette mort de l'âme, cette vie coupée en deux par un avant et un après –car on compte comme cela ensuite avant et après la catastrophe – il n'arrive pas à si bien évoquer ce malheur éternel d'une vie. Ce manque cruel et brutal de racines, de repères ; là où par la suite seuls les souvenirs, qui nous feront de plus en plus défaut, nous ramèneront au temps d'avant. Est-ce seulement possible de décrire cela d'ailleurs ??? Mais bon l'essentiel reste qu'on arrive à comprendre ce qu'il veut dire, car il ne faut pas oublier que lui même y était.
Toutefois une chose dans ce récit m'a étonnée. La réaction des gens. Je reste stupéfaite de voir que tant de gens qui n'ont jamais eu la vie facile avec une histoire aussi chaotique que celle d'Haïti, se sentent encore si proche de Dieu après un tel cataclysme ! La terre tremble, autant lui demander des comptes ! Non ? Puis autant lui en vouloir tant qu'à faire !... Néanmoins je comprends aussi leur point de vue… plus rien ou presque n'existe, il faut bien se raccrocher à quelque chose pour ne pas sombrer et devenir plus mort que l'on est… ce n'est que bien plus tard que l'on apprend de nos épreuves et si ma foi Dieu est leur remède pourquoi pas...? Puis il n'en reste pas moins que ce récit met aussi en avant le bon côté des êtres humains dans ce genre de cas, comme la solidarité, le partage dans le malheur, le joie d'un rien sans doute et la joie de vivre peut être... Sans oublier l'Espérance. Afin que tant de malheur et de peine n'ait pas servie à rien. Que la reconstruction d'Haïti se fasse sur des bases saines, où les inégalités seront oubliées, où chacun aurait sa chance de vivre en paix et heureux. Que tout soit « Grandiose » ! comme dit Yves Marie C. sur une station de radio de part là-bas. C'est ce qu'on leur souhaite.
En résumé et même si cela donne un peu l'impression d'être charognard sur les bords quand on y pense, ce livre qui raconte le malheur de tout un peuple, l'histoire mais aussi sa culture et l'espoir m'a assez plu. Haïti, kenbe la ! (Haïti redresse-toi !)
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