ISBN : 2080702017
Éditeur : Flammarion (1993)


Note moyenne : 3.56/5 (sur 9 notes) Ajouter à mes livres


Les Mauprat : une famille de petits seigneurs berrichons, incultes et cruels, qui ne seraient pas déplacés dans un roman de Sade et perpétuent au dix-neuvième siècle les pires usages du monde féodal.
A l'un d'eux, Bernard, on donne à violer sa cou... > voir plus
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Critiques et avis(2)

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    • Livres 3.00/5
    Par Titine75, le 11 juillet 2011

    Titine75
    A 80 ans, Bernard Mauprat décide de conter l'histoire remarquable de sa jeunesse et de sa famille. Deux branches fort dissemblables existaient chez les Mauprat : la branche aînée à laquelle appartenait Bernard et qui régnait sur la château de la Roche-Mauprat ; la branche cadette uniquement représentée par le chevalier Hubert de Mauprat et sa fille Edmée. Les Mauprat de la branche aînée, surnommés les Coupe-Jarret, faisaient régner la terreur sur les paysans de la campagne berrichonne. Bernard fut orphelin à 7 ans et fut expédié chez son grand-père Tristan à la Roche-Mauprat. C'est donc dans la violence, la terreur et les brimades que l'enfant grandit.
    Un soir, alors que Bernard a 17 ans, l'oncle Laurent ramène une jeune femme égarée dans la forêt, une future victime de la perversité et de la concupiscence des Mauprat. Bernard, séduit par l'immense beauté de la dame, décide de la garder pour lui. C'est alors qu'il réalise qu'il s'agit de sa parente Edmée. Il décide de la sauver après lui avoir fait promettre qu'elle se donnerait à lui avant tout autre homme. Durant leur évasion, le château de la Roche-Mauprat est assailli par les gendarmes ce qui permet aux deux jeunes gens d'échapper à la vindicte des Mauprat Coupe-Jarret. Bernard est alors recueilli par Hubert de Mauprat dans son château de Sainte-Sévère où l'on va tenter de l'éduquer.
    Mauprat” est un roman protéiforme, c'est tout à la fois un roman gothique, un roman d'amour, un roman féministe et un roman de formation. George Sand nous place d'emblée dans une ambiance gothique, le personnage à qui Bernard Mauprat raconte sa vie nous décrit ainsi la Roche-Mauprat : “Depuis ce temps, quand les bûcherons et charbonniers qui habitent les huttes éparses aux environs passent dans la journée sur le haut du ravin de la Roche-Mauprat, ils sifflent d'un air arrogant ou envoient à ces ruines quelque énergique malédiction ; mais quand le jour baisse et que l'engoulevent commence à glapir du haut des meurtrières, bûcherons et charbonniers passent en silence, pressant le pas, et de temps en temps font un signe de croix pour conjurer les mauvais esprits qui règnent sur ces ruines.” L'auteur utilise les codes du roman gothique dont semble-t-il elle était friande (la préface nous indique en effet que George Sand lisait Ann Radcliffe). On trouve dans “Mauprat” des ruines inquiétantes, des seigneurs corrompus et cruels, des pièces secrètes, des moines pervers et des innocents en danger. L'histoire d'amour s'inscrit d'ailleurs parfaitement dans le genre gothique puisque les sentiments de Bernard et d'Edmée sont douloureux et totalement exacerbés. Et leur amour devra franchir bien des obstacles, bien des empêchements avant de pouvoir triompher.
    George Sand ne se contente pas de respecter les codes du genre gothique et les fait dévier. Tout d'abord grâce à son héroïne, Edmée, qui est bien loin des personnages féminins des romans noirs du 19ème siècle. C'est une femme au fort tempérament, à l'éducation élevée et qui ne s'effraie pas facilement. Edmée décide de sa vie et ne la subit aucunement. Elle devait épouser M. de la Marche pour qui elle avait seulement de l'affection. L'arrivée de Bernard lui fait annuler son mariage. Son amour ne l'aveugle pas non plus puisqu'elle se refuse à Bernard tant qu'il ne sera pas éduqué. Edmée est un beau personnage féminin qui traduit le combat de George Sand pour le droit des femmes.
    Ce qui nous éloigne du roman gothique, c'est également la partie éducation de Bernard Mauprat. Ayant fait preuve de bonté et de générosité, Bernard peut être sauvé de ses mauvaises habitudes. Edmée fervente adepte de Jean-Jacques Rousseau, croit en la force de l'éducation pour lisser le caractère de son parent. Je trouve cette partie du roman beaucoup moins réussie et je m'y suis ennuyée. Ces passages manquent de rythme et George Sand me semble bien meilleure dans l'action et le romanesque. Je dois avouer n'être pas très adepte de Rousseau mais George Sand ne l'est finalement pas non plus. Elle termine son roman en expliquant que l'homme ne nait ni bon ni mauvais, qu'il n'est pas toujours libre de choisir entre le bien et le mal et que parfois ses instincts ne sont pas maîtrisables.
    Malgré un passage à vide durant l'éducation de Bernard Mauprat, j'ai plutôt apprécié le roman de George Sand pour son romanesque marqué et ses idées féministes et socialistes.

    Lien : http://plaisirsacultiver.unblog.fr
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    • Livres 4.00/5
    Par ignatus-reilly, le 26 novembre 2010

    ignatus-reilly
    Bernard de Mauprat à sept ans lorsqu'il se retrouve orphelin. Il est recueilli pas son grand-père Tristan de Mauprat. Il va aller habiter à la Roche-Mauprat, lieu sinistre où Tristan de Mauprat et ses sept fils commettent leurs exactions. Ils font régner la terreur dans la campagne berrichonne. Bernard sera victime de leurs mauvais traitements et va devenir un jeune homme brutal et sauvage. Un jour, où les Mauprat auront capturé leur cousine Edmée, cette dernière sera laissé à la convoitise de Bernard. Or la beauté, la générosité, le courage, la noblesse de caractère d'Edmée vont bouleverser Bertrand. Elle le convainc de fuir avec elle. Bernard est tombé passionnément amoureux d'Edmée.
    De ce rustre violent, Edmée va essayer de faire un homme éduqué. C'est à cette seule condition qu'elle consentira éventuellement à l'épouser.
    Edmée est une femme forte, éprise de justice, d'égalité. Elle a lu tout Rousseau et a adopté ses idées et sa philosophie. Les références à Rousseau sont très fréquentes dans ce livre - souvent sous le simple prénom de Jean-Jacques.
    Mauprat n'est pas uniquement un roman d'amour. Il est aussi historique et politique, régional et champêtre. C'est aussi un roman féministe avec une héroïne qui ne se laisse pas dompter et sait imposer ses idées et se faire entendre et écouter , et surtout respecter. C'est une femme actrice de sa vie et non soumise et passive.
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Citations et extraits

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  • Par ignatus-reilly, le 26 novembre 2010

    Je me retrouvai donc orphelin à sept ans. Mon grand-père pilla dans la maison de ma mère tout l'argent et les nippes qu'il put emporter; puis, laissant le reste, et disant qu'il ne voulait point avoir affaire aux gens de loi, il n'attendit pas que ma morte fut ensevelie, et, me prenant par le collet de ma veste, il me jeta sur la croupe de son cheval, en me disant "Ah çà! mon pupille, venez chez nous, et tâchez de ne pas pleurer longtemps, car je n'ai pas beaucoup de patience avec les marmots."
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  • Par ignatus-reilly, le 26 novembre 2010

    Edmée ne savait rien objecter quand Rousseau avait prononcé; elle aimait à reconnaitre avec lui que le plus grand charme d'une femme est dans l'attention intelligente et modeste qu'elle donne aux discours graves; et je lui citais toujours la comparaison de la femme supérieure avec un bel enfant aux grands yeux pleins de de sentiment, de douceur et de finesse, aux questions timides, aux objections pleines de sens, afin qu'elle se reconnut dans ce portrait qui semblait tracé d'après elle.
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  • Par ignatus-reilly, le 26 novembre 2010

    Quand pour se transformer de loup en homme, il faut une lutte de quarante et cinquante ans, il faudrait vivre cent ans par delà pour jouir de sa victoire.
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  • Par ignatus-reilly, le 26 novembre 2010

    C'est là le caractère imbécile du clergé catholique, me dit-il. Il na saurait vivre sans faire la guerre aux familles et sans épier tous les moyens de les spolier. Il semble que ces biens soient sa propriété et que toutes les voies lui soient bonnes pour les recouvrer.
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  • Par ignatus-reilly, le 26 novembre 2010

    Ne croyez pas trop à la phrénologie; car j'ai la bosse du meurtre très développée, et, comme disait Edmée dans ses jours de gaieté mélancolique, on tue de naissance dans notre famille.
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