Ajouter une critique

Critiques sur L'aveuglement (16)


Classer par:       Datecroissant     Les plus appréciéescroissant


  • Par sophiecrt le 25/05/2011


    Qu'arriverait-il si…une population entière devenait soudainement aveugle ? C'est ce scénario catastrophe qui constitue la trame principale du roman L'aveuglement de l'écrivain portugais José Saramago, nobélisé en 1998.
    Dans ce récit apocalyptique, porté à l'écran en 2008 par Fernando Meirelles, nous sommes d'abord confrontés à la déchéance de l'humanité vers ses recoins les plus intimes, dans un contexte que seule cette épidémie pouvait faire apparaître. Comment survivre, en effet, dans un monde où les repères ne nous appartiennent plus et où les besoins viscéraux de l'homme combattent sa dignité ? Car c'est dans le désordre le plus total que tenteront de survivre les aveugles, d'abord isolés par ceux qui voient encore puis laissés à eux-mêmes dans une ville où le chaos règne: plus de nourriture, des cadavres avec personne pour les enterrer et des êtres qui se cherchent ou se cachent.
    Ce qui frappe ensuite, c'est bien entendu la voix dense et complexe du narrateur, portée par une oralité assumée, où les dialogues, commentaires narratifs, pensées et faits se confondent. Et c'est là que se trouve sans doute le défi pour les lecteurs du dimanche, qui seront probablement rebutés par les longues phrases et l'absence de repères. Car Saramago, qu'on se le dise, n'est pas JK Rowling : c'est un penseur de la littérature, qui porte à la fois un discours sur l'humanité et sur l'écriture elle-même.
    Un défi, donc, mais dont vous ressortirez assurément changé, pour le meilleur ou pour le pire.

    critique de qualité ? (7 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par cprevost le 20/02/2011


    Un homme devient subitement aveugle. Il est la première victime d'une horrible pandémie. José Saramago va tirer, avec l'immense talent qu'on lui connaît, tous les fils de cette « pelote ». Il va nous donner à voir et surtout ne rien conclure à notre place.
    Les premiers aveugles sont internés puis livrés à eux-mêmes dans une ville à l'abandon. Des hommes vont être les victimes de la force brutale d'autres hommes. C'est évidemment la litanie de l'histoire sans cesse recommencée, la possible anomie qui refait surface et contre laquelle il faut toujours lutter. Seule une femme remarquable n'est pas touchée. Il est en effet question dans ce roman d'aveuglement et non de cécité. L'intelligence de la sensibilité, la générosité, l'humanisme d'un personnage vont permettre à certains d'être sauvés. « L'humanisme, ce n'est pas dire : "Ce que j'ai fait, aucun animal ne l'aurait fait", c'est dire : "Nous avons refusé ce que voulait en nous la bête." » (André Malraux).
    Le prix Nobel 1998 n'indique dans ce livre ni le temps, ni le lieu. Il ne donne pas non plus de nom à ses personnages – le médecin, la femme du médecin, le premier aveugle, la femme du premier aveugle, le garçon louchon, la jeune fille aux verres teintés ou le vieil homme au bandeau. Les dialogues eux-mêmes ne sont pas introduits classiquement par des guillemets ou des tirets, mais sont traités d'un seul jet. L'écriture de José Saramago est faite de longues phrases, rythmées par de nombreuses virgules. Elles comprennent aussi de nombreuses incises, qui sont autant de digressions à l'adresse du lecteur. Au gré de métaphores et d'anachronismes, l'auteur veut sans doute nous pousser à réfléchir par nous-mêmes. « L'aveuglement » _ notamment en raison de la forme choisie – est un livre dur, étouffant, qui n'épargne rien au lecteur. Et malgré tout, le style de Saramago reste d'une remarquable fluidité.
    « A la fin de ce siècle, il est devenu possible pour la première fois de voir à quoi peut ressembler un monde dans lequel le passé, y compris « le passé dans le présent », a perdu son rôle, où les cartes et les repères de jadis qui guidaient les êtres humains, seuls ou collectivement, tout au long de leur vie, ne présentent plus le paysage dans lequel nous évoluons, ni les mers sur lesquelles nous faisons voile : nous ne savons pas où notre voyage nous conduit ni même où il devrait nous conduire. » Il semble que José Saramago ait entendu Eric J. Hobsbawm et que métaphoriquement il nous rappelle « le passé dans le présent » ?

    critique de qualité ? (7 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par Fra le 10/06/2011


    Un livre détonant, critique acerbe de l'âme humaine entre jalousie, peurs, égoïsme mais aussi solidarité. Ce livre interpelle, questionne mais aussi dérange. Il est très bien écrit et nous fait rentrer dans la vie intime d'un groupe de personnes en pleine crise. La perte de la vue révèle la vraie personnalité de chacun. Chaque personnage reste néanmoins anonyme du début à la fin du livre comme si le lecteur lui-même devenait aveugle et les découvrait à tâtons. Un roman qui ne laisse pas indifférent.

    critique de qualité ? (5 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par folivier le 17/03/2011


    Super roman ! Histoire terrifiante d'une densité incroyable. On retrouve le style si particulier de Saramago, avec cet humour au second degré et cette prise de recul d'analyste. Les personnages du roman sont des animaux de laboratoire que Saramago ausculte et observe après avoir changer les paramètres de la vie... à savoir tout le monde devient aveugle. Il nous livre ses observations sur la nature humaine, le comportement de l'homme et Saramago en profite pour apporter une réflexion très sensible et terrible sur l'humanité, sur la conscience. Saramago au travers de cette fable cauchemardesque nous révèle une part de nous même et laisse entendre qu'il faut passer par cet aveuglement pour réaliser combien on ne sait pas voir et que tout en voyant nous sommes aveugles aux autres et au monde.

    critique de qualité ? (5 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par Nyra le 25/05/2010


    Une étude de l'homme dans les tréfonds de sa bestialité, privé de toute ressource, livré à lui-même. Un livre qui renvoie à soi-même, provoque un questionnement ; un style plus qu'agréable, précipité, presque joliment confus. Et cette fin ? Décevante pour certains, je l'ai trouvée magnifique dans sa simplicité honnête.

    critique de qualité ? (5 votes positifs)



  • Par petitepom le 11/04/2012


    Ce livre traînait depuis longtemps sous ma PAL SF, l'idée de cet aveuglement m'avait intrigué ; sa lecture fut un bon moment.

    Peu à peu, tout le mode devient aveugle, au départ le gouvernement prend ce fléau en charge et parque les aveugles ; nos personnages principaux sont les premiers aveugles, enfermés dans un asile, ils vont finir à être 300. Si au départ, on essaie de respecter des règles, l'anarchie va finir par s'installer. Une seule personne a gardé la vue, elle est nos yeux pour décrire dans les conditions dans laquelle ils vivent.

    Dans un deuxième temps, on est de nouveau à l'extérieur et on découvre une ville vivant dans des situations dramatiques (je suis heureuse que les livres n'est pas d'odeur).

    C'est un roman d'anticipation très riche et très prenant, on s'attache à nos principaux personnages, se demandant comment ils vont survivre.

    critique de qualité ? (4 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par patouche le 09/04/2011


    Un livre ou la cécité est le theme principale, qui nous décrit également l'âme humaine dans des circonstances tragiques .
    Malheureusement les dialogues sont difficiles à suivre, car il n'y à pas de tirets à la ligne lorsque l'on change de personne.
    Il n'y à pas de point d'intérrogation .
    Dans un langage assez "cru" , l'auteur nous raconte une histoire que je trouve intérressante du genre "apocalyptique", sans retenu , il met à nu ses personnages et nous les présente tel quels comme une sorte de miroir de l'âme .

    critique de qualité ? (4 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par kathel le 23/02/2010


    Plutôt qu'un roman d'anticipation, c'est un conte ou une parabole, situé dans une ville qui n'est pas nommée et qui répond à la question : « Que se passerait-il si toute une société perdait brusquement la vue ? » et encore « Voyons-nous vraiment autour de nous, ne sommes-nous pas déjà aveugles d'une certaine manière ? » La lecture en est assez ardue au début car les dialogues sont écrits en continu, le personnages n'ont pas de noms ni de prénoms ; il y a donc le premier aveugle, le médecin, la femme du médecin, la jeune fille aux lunettes teintées, et ainsi de suite…
    Une fois habituée à la lecture, j'ai eu du mal à lâcher le livre, souffrant avec ces personnes atteintes de « cécité blanche », mises en quarantaine dans des conditions inhumaines, et pour lesquelles le salut viendra peut-être d'une seule femme qui mystérieusement, n'est pas touchée par le mal. Voir comment toutes les conventions et règles de vie en société tombent les unes après les autres, est effrayant de réalisme ! C'est un roman vraiment passionnant, qui suscite toutes sortes d'interrogations et fait froid dans le dos en même temps.


    Lien : http://lettres-expres.over-blog.com/article-21821540.html

    critique de qualité ? (4 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par Elea291 le 17/04/2011


    Je pensais, je l'avoue, m'engager dans une lecture barbante, et ce fut tout le contraire. J'ai adoré ce livre, cela faisait plusieurs mois qu'une lecture ne m'avait pas fait un tel effet. "L'aveuglement" fait partie de ces livres qui donnent envie de tout remettre en cause, il entraine des questions existentielles sur l'être humain, la société, les valeurs de la vie... C'est un livre coup de poing. On passe en quelques pages de l'horreur d'une scène à la beauté d'un geste ou d'une parole. On se retrouve happé par l'histoire malgré une deuxième partie de livre où il est conseillé d'avoir le coeur plutôt bien accroché.

    Saramago prend le choix de ne pas donner d'identité à ses personnages, on ne connait pas leur nom, juste leurs caractéristiques. Ainsi, on suit les péripéties de ces anonymes noyés dans la masse : "La jeune fille aux lunettes teintées", "La femme du médecin", "Le vieillard au bandeau noir" ou le fabuleux "Chien des larmes". le style est très agréable même s'il faut s'habituer au discours indirect libre qui est utilisé tout au long du livre.

    Evidemment, le récit est en tout point surréaliste mais il agit d'une façon métaphorique. On se rend compte combien l'espèce humaine est si proche de l'espèce animale, et le résultat est assez effrayant. C'est une grande réflexion sur le fameux thème civilisation/barbarie. Je referme néanmoins le livre avec des questions en suspend, l'impression de ne pas avoir saisi tous les ressorts de cette allégorie. On ne ressort pas indemne de cette lecture !

    critique de qualité ? (3 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par jazz13 le 07/07/2010


    Si l'écriture dans un premier temps peut perturber, ne vous laissez pas démonter pourtant!! L'auteur réussit à décrire de façon incroyable les sensations dues à la cécité. A la fois choquant et émouvant, un très bon livre à lire!

    critique de qualité ? (3 votes positifs)






Acheter sur Amazon

Faire découvrir L'aveuglement par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (173)

> voir plus

Quiz