ISBN : 2266179268
Éditeur : Pocket


Note moyenne : 2.91/5 (sur 65 notes) Ajouter à mes livres
"Il y a quelques années, la police est venue à mon domicile pour enquêter sur la mort de mon mari. Ils en ont conclu à un suicide. Eh bien, ce n'est pas vrai. C'est moi qui l'ai poussé du onzième étage".Une femme pénètre en pleine nuit dans un bureau de police pour conf... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par Malaura, le 20 décembre 2011

    Malaura
    Une ville grise de Normandie…
    Par une nuit pluvieuse, une femme quitte son HLM et pénètre dans un commissariat.
    Gilles Pontoise, le flic de garde, la voit débarquer dans son bureau.
    Elle vient se constituer prisonnière pour le meurtre de son mari, survenu dix ans plus tôt, alors que la police avait conclu à un suicide.
    A minuit, son crime sera prescrit.
    Rongée de remords la femme veut être arrêtée. Mais Pontoise s'y refuse catégoriquement car le mari était un salaud, un rustre de la pire espèce qui battait sa femme.
    Toute la nuit, il tente de la dissuader…
    Avec son style rentre dedans, Jean Teulé fait de cet épisode tiré d'une histoire vraie, un face-à-face intense et intrigant où s'affrontent deux solitudes, deux laissés pour-compte au bout du rouleau.
    Entre le commissaire plus voyou que flic, drogué et las, et la femme pleine de remords, droite et vertueuse, plane une incompréhension qui, crescendo, se mue en violence.
    Chacun campant sur ses positions, le huis clos au départ informel devient oppressant, enfle, déborde de brutalité jusqu'à ce que l'un des deux, au petit jour, baisse enfin les armes.
    L'unité de lieu : le commissariat, la nuit ; l'unité de temps : la longue nuit de confrontation entre les deux personnages ; le côté exacerbé de ce duel éprouvant entre deux consciences qui ne cessent de récuser les arguments de l'autre en refusant de s'avouer vaincu…
    D'emblée l'on pense au film de Claude Miller, « Garde à vue », magnifique face à face entre un Lino Ventura en flic intransigeant et un Michel Serreau en suspect ambigu.
    Si le rapprochement s'arrête là, l'aspect cinématographique ou théâtral dans le roman de Jean Teulé est bien présent et l'on n'a aucun mal à imaginer ce huis-clos troublant interprété sur une scène de théâtre, devant un lecteur/spectateur se faisant le témoin d'un affrontement qui, au fil des heures, va passer de la civilité à la grossièreté, du conseil ami à l'avertissement menaçant, de la patience à la violence et de la révolte à la capitulation.
    Excès, débordements, outrances…une situation qui devient paroxystique, quelquefois même hallucinée et que Teulé, avec sa faconde colorée et son verbe haut, apaise parfois d'un trait d'humour noir et cru, pour mieux nous replonger la tête sous l'eau à la scène suivante.
    « Il est Monsieur, des amours sans douceur », dit la femme à Pontoise…l'auteur de « Darling » ou plus récemment de « Charly IX » le prouve encore une fois en malmenant un lecteur qui, même s'il se trouve quelquefois au bord de la nausée, même s'il se laisse aller parfois à des interjections exprimant dégoût, offuscation ou effarement, au final en redemande…
    Champ gravitationnel où la misère sociale et la violence ordinaire soumettent les êtres à une irrémédiable chute comme les lois de la pesanteur régissant l'univers, ce bref roman qui se lit avec empressement ne possède toutefois pas la même force d'attraction qu'un « Je, François Villon » ou qu'un « Montespan ».
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    Critique de qualité ? (24 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Couperine, le 05 décembre 2011

    Couperine
    Tous ceux qui n'aiment pas cet auteur pour son langage cru ou la violence des images devraient, à mon avis, commencer par ce roman.
    Celui-ci se déroule pratiquement à huis-clos. Jimmy, homme antipathique, violent, battant comme plâtre sa femme, de dix ans plus jeune que lui, et ses trois enfants, est sorti de l'hôpital, la veille, pour une tentative de suicide aux barbituriques. Loin d'être calmé, lorsqu'il réintègre son appartement, il insulte sa femme et lui demande de l'argent. Devant le refus de cette dernière qui ne peut pas répondre à son attente (simple factrice, elle se bat seule pour payer le loyer, nourrir ses enfants), celui-ci menace une nouvelle fois de se suicider en sautant par la fenêtre, l'appartement étant situé au onzième étage. Que se passe-t-il alors dans la tête de son épouse ? Elle lui dit de sauter et le pousse alors qu'il était en équilibre précaire sur le rebord de la baie vitrée. La police en arrive très rapidement à la thèse du suicide est l'affaire est close.

    Oui mais voilà.... la veuve a sa conscience qui la travaille. Elle a même l'impression que ses enfants, Jennifer, Cédric et David se doutent de quelque chose et lui en veulent. N'en pouvant plus, elle décide d'aller se rendre. Au commissariat, on lui dit de revenir le lendemain. Elle aurait pu réfléchir encore un instant, mais son honnêteté reprend le dessus. le lendemain, elle retourne donc se livrer. C'est le lieutenant Gilles Pontoise qui la reçoit. Elle n'a que jusqu'à minuit pour donner ses aveux. Tout aurait dû bien se passer mais c'était sans compter sur les sentiments éprouvés par l'officier...

    Je le disais, ce roman est beaucoup plus en retenue que les autres. Bien entendu, il s'agit d'une fiction. On ne peut donc pas faire référence à un évènement précis. En revanche, le lecteur est torturé par les remords de cette bonne femme qui tente à corps et à cris de clamer sa faute.

    Du Teulé d'un autre style !

    Lien : http://www.lydiabonnaventure.com/litt%C3%A9rature-des-xxe-et-xxie-si..
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    Critique de qualité ? (16 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par brigittelascombe, le 01 juin 2011

    brigittelascombe
    Un roman de Jean Teulé, auteur de treize livres dont "Le Magasin des Suicides" et "Je, François Villon"(prix du récit biographique).
    Une femme, la quarantaine fluette débarque dans un commissariat de quartier, sa valisette sous le bras et déclare tout à trac(rongée par dix ans de remords) au gentil lieutenant Pontoise qu'elle a tué son mari.Non il ne s'est pas suicidé, elle l'a poussé.
    Il l'écoute déballer les violences conjugales, les menaces,le chantage, bref il écoute les quatre points de suture à la machoire et les sept ans de malheurs. Et les trois petits enfants en bas âge qui étaient mêlés aux horreurs quotidiennes.
    Comment après tout ça condamner une innocente victime?
    Lui qui vole des roses dans un jardin voisin, les lui offre et l'admire presque vu tous les coups du sort endurés.
    Non, non, non, elle insiste, ouvre sa valise enfantine remplie de flacons de poudres colorées pour réaliser les tableaux comme à son époque "séjour en psychiatrie".
    S'en suit un étrange dialogue qui bascule dans l'absurde et fait remonter à la mémoire du policier d'autres faits pour lesquels il n'aurait pas eu, lui, de circonstances atténuantes.
    Les lois de la gravité entrainent le lecteur pourtant neutre dans le puits sans fond du questionnement.
    Situation cocasse ou dramatique? Qui est le fou? Pure invention de la prétendue coupable que tout disculperait devant un tribunal? Départ en live du lieutenant qui va réciter le "Je vous salue Marie" à cette "sans éducation religieuse" et dont le mal de tête s'accentue au fil des heures?
    Elle l'aura à l'usure, gain de cause de sa culpabilité, mais de quelle culpabilité la sienne ou la leur?
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    • Livres 3.00/5
    Par mimienco, le 26 juin 2009

    mimienco
    4ème de couverture: Dans trois heures, le lieutenant Pontoise pourra quitter son commissariat.
    A cet instant précis, une femme entre dans le commissariat désert et demande a être arrêtée. Dix ans plus tôt, elle a poussé son mari par la fenêtre de leur appartement du 11e étage. Sadique, irresponsable, il la battait, elle et ses enfants. Elle a prétendu qu'il s'agissait d'un suicide et comme son mari sortait d'un hôpital psychiatrique après avoir plusieurs fois tenté de se tuer, tout le monde l'a crue.
    Elle veut se dénoncer avant minuit parce qu'elle a des remords et que le lendemain son crime sera prescrit. le lieutenant Pontoise n'en croit pas ses oreilles. Il se refuse absolument à arrêter cette femme. Pendant quelques heures, la meurtrière et le policier vont s'affronter avec une violence rare.
    Mon opinion: pas mal. A travers l'histoire de cette femme, Jean Teulé pousse le lecteur à s'interroger sur la justice (une justice pour qui? pour quoi?) et la morale. L'intrigue et le questionnement de ce roman sont intéressants, mais à mon sens l'auteur n'a fait que survoler son sujet. Il manque de la profondeur aux personnages, à la narration. Tout se passe trop vite et le lecteur reste un peu sur sa faim. Un sympathique moment de lecture mais qui, je pense, s'oubliera vite!
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    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
    • Livres 1.00/5
    Par chared16, le 05 février 2012

    chared16
    D'accord, l'idée de départ est bonne. D'accord, Teulé a un style. Et après ?
    J'ai trouvé ce livre baclé, car tout semble sonner faux.
    Faire des phrases courtes, des chapitres courts ne suffisent pas à faire d'une histoire un "effet coup de poing" qui arriverait à me toucher.
    Vraiment, un gros bof, sur ce livre qui a pour principal intérêt d'être court.
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Citations et extraits

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  • Par Couperine, le 05 décembre 2011

    - Tu veux sauter ? Eh bien, vas-y.
    Ses bras enveloppés de laine se tendirent. Ses mains se posèrent sur le pantalon. Elle le poussa dans les jambes. Elle sentit le tissu quitter ses paumes, la chaleur du corps de son mari s'éloigner de ses doigts...
    Puis ses mains se retournèrent brutalement d'elles-mêmes comme des serres contre son propre visage, lui cachant les yeux, et elle recula, recula sous leur poussée, jusqu'au mur de la salle à manger opposé à la fenêtre où elle vint se cogner le crâne.
    Entre la porte du couloir menant aux chambres des enfants et celle, entrebâillée, donnant sur le lit conjugal, sous une photo encadrée, la femme, mains écrasées contre son visage, était en apnée.
    Elle n'entendit pas le choc de réception du mari sur la dalle en béton du parking, mais bientôt le murmure du brouhaha d'un affolement en bas monta jusqu'à ses tympans.
    Elle s'en assit sur un tabouret.
    Elle eut ensuite envie de descendre, de dévaler l'escalier en criant : "Mais qu'est-ce que j'ai fait ?" Elle eut aussi envie de se jeter elle-même par la fenêtre mais elle avait peur, elle avait tellement peur et pensa aux enfants.
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  • Par Orphea, le 16 février 2010

    La nature, elle-même, sembla décontenancée et il lui fallut une fraction de seconde pour se rappeler cette loi naturelle et indiscutable par laquelle un corps lancé dans le vide est attiré vers le bas.
    C'est un phénomène physique contre lequel il est inutile de lutter.
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  • Par Orphea, le 16 février 2010

    Dire que Pontoise est déboussolé est peu dire... Il est totalement paumé face à cette femme dévoré de la plus légitime, de la plus pure, de la plus touchante des impatiences :
    -Arrêtez-moi.
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  • Par brigittelascombe, le 01 juin 2011

    Ce secret, vous le portez toute seule, maintenant on l'a chacun sur une épaule et vous verrez comme il vous semblera moitié moins lourd.
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  • Par brigittelascombe, le 01 juin 2011

    La coupable d'une paleur sans fond ne voit plus de halte à ses fièvres et cette nuit lui parait être un collier sans fin ni fermoir.
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