ISBN : 2260015549
Éditeur : Julliard (2001)


Note moyenne : 3.71/5 (sur 55 notes) Ajouter à mes livres

Dans la cellule 203, ils sont quatre : Jacky Coutances a probablement tué trois de ses amoureuses; Sergueï Kazmarek a rendu hémiplégique une jeune mariée ; Pierre-Marie Poupineau a un goûtimmodéré pour les petits enfant... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Couperine, le 08 janvier 2012

    Couperine
    Encore une belle réussite du Sieur Teulé qui met ici en scène tout l'univers carcéral. Rien ne lui échappe, pas le moindre petit détail, et peu importe si le lecteur a le sentiment d'étouffer. Bien au contraire.

    Comme à son habitude, c'est avec un franc parler et un style cru que Teulé va passer à la moulinette tous ceux qui gravitent dans ou autour de cet univers. Les prisonniers sont regardés à la loupe : du voleur au pédophile chez les hommes, différentes catégories de meurtrières chez les femmes. Les surveillants pénitentiaires ne sont pas exclus de l'histoire, du novice au vieux de la vieille (non exempt de faute d'ailleurs). Quant au directeur de la prison et sa femme, ce sont deux personnages qui haut en couleurs.

    Tout y est : le parloir, les promenades, les douches et le danger de s'y faire abuser sexuellement, les différents manques (de sexe notamment), le courrier et les différentes correspondances...

    Teulé ne censure rien et le lecteur profitera de tout : les peines, les souffrances, la folie s'installant insidieusement... Bref, l'horreur humaine concentrée.

    A lire absolument !

    Lien : http://www.lydiabonnaventure.com/litt%C3%A9rature-des-xxe-et-xxie-si..
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    Critique de qualité ? (24 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par LiliGalipette, le 04 août 2011

    LiliGalipette
    « Ni les détenus ni les surveillants choisissent d'aller en prison. » (p. 9) Jean, le narrateur, a interrogé deux gardiens de prison, Benoît Beaupré et Agnès Leduc. À travers leur récit, on rencontre les détenus et le personnel de la maison d'arrêt. Cyril Cambusat est un jeune gardien trop sensible. Denis van der Beek, le directeur, porte de la layette sur l'insistance de sa femme. Pierre-Marie Popineau est un détenu nouvellement écroué et il paiera pour son crime, plusieurs fois. Jacky Coutances a tué trois femmes, peut-être, et il est amoureux Elsa, détenue dans le quartier des femmes. Sergueï Kaczmarek correspond avec une femme inconnue. Sébastien Biche, infanticide, ne résistera pas longtemps à la prison. Corinne Lemonnier n'est que violence et agressivité. Rosa Allain perd pied loin du soleil. Nadège Desîles s'accroche à un barreau.
    Le texte se présente comme un roman, c'est inscrit sur la première de couverture. Et c'est mieux ainsi. On peut s'extraire de la noirceur poisseuse qui coule au détour de chaque page si c'est un roman. On peut respirer un peu mieux puisque l'on n'a pas vraiment mis les pieds dans la prison et qu'on ne s'est frotté qu'à des personnages de fiction. « La prison tape sur le système. Elle est stressante, inquiétante et destructurante, ne facilite donc en rien l'émergence de la vie. » (p.112) À lire le texte de Jean Teulé, on étouffe, on se cogne aux murs, on cherche l'échappée vers l'extérieur. Comme les prisonniers, on se construit des rêves et on compte les jours/pages qui nous séparent de la sortie. On suspend son souffle dans cette parenthèse grillagée, à regarder le temps s'écouler, dehors…
    « La détention, c'est tout un arrangement. » (p. 42) Jean Teulé nous plonge dans un système qui, s'il inquiète, fonctionne parfaitement. Comprendre les règles est essentiel pour survivre et traverser les couloirs. Chacun a une place à tenir et malheur à celui qui s'en écarte ! Il ne faut pas trop croire en l'humanité entre les murs de la maison de détention. On pense d'abord à soi, on ne pense qu'à soi.
    J'ai retrouvé dans ce texte le sordide, le truculent et le sensible qui m'avaient émue chez Darling. Ici encore, on côtoie une certaine frange de la société, celle que l'on trouve dans les quotidiens régionaux, celle qui vit les terribles petites misères des pauvres gens. La crudité du langage n'est pas un artifice et elle découvre bien peu les crimes et les folies des personnages. Ce texte se lit vite, mais il colle aux mains. Malaise garanti…
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    Critique de qualité ? (10 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par fleurdusoleil, le 27 octobre 2011

    fleurdusoleil
    Longues peines de Jean Teulé est un court roman qui se lit d'une traite. Je dirais même sans trop reprendre son souffle. Se mettre dans la condition optimale pour l'apprécier à sa juste valeur : on y entre un matin, par la porte principale et l'on en ressort qu'à la fin de sa "peine".
    Jean Teulé nous ouvre ici les portes d'un monde encore abstrait pour la majorité. le milieu carcéral est encore de nos jours trop méconnu du public. Ce qui entraine immanquablement des clichés, des idées reçues et des inepties en tout genre. de plus, lorsque l'on dit "Prison", on pense automatiquement "Détenus", mais on oublie souvent que d'autres hommes et femmes y passent une grande partie de leur vie : le personnel pénitentiaire ( surveillants, administratifs, direction et aussi certaines familles du personnel ). Ces derniers n'ont pas eu vocation à entrer dans l'administration pénitentiaire, loin s'en faut, ils ont souvent fait leur choix pour des raisons financières et alimentaires. Comme chacun le sait, il faut travailler pour vivre dans notre société. Donc leur quotidien est semblable à celui des détenus : la pression des murs, la dureté du milieu carcéral, et les règles propres à ce monde, ils les vivent et les subissent autant.
    Par le biais d'histoires diverses qui sont en cohésion les unes les autres, Jean Teulé dépeint un monde dur et souvent cruel où chacun, surveillant comme détenu, tente de survivre tant bien que mal. Vivre, chaque jour qui passe derrière de grands murs d'enceinte et des barreaux nuit fatalement à la sérénité de la vie. Chacun essaie de se raccrocher à la plus petite lueur d'espoir. Et quoi de plus fort que l'Amour pour donner envie de continuer malgré l'adversité. Pourtant, une question se pose : Est-ce que l'Amour peut survivre à l"enfermement et à la détresse ?
    Comment garder un esprit sain dans une atmosphère si étouffante et malsaine ? Pas facile !
    Chaque personnage de ce roman nous offre des expériences différentes, mais oh combien semblables. Les mots chocs et les situations difficiles nous prennent aux tripes. Ces hommes et ces femmes, qu'ils soient derrière ou devant les barreaux vont vous faire rire et pleurer, vous agacer et vous émouvoir, mais surtout vont vous entrainer dans le sillage de leur détresse profonde.
    Bref, ce petit roman est simplement magnifique, de part sa véracité et son impact sur nos consciences. Et que vous soyez ou non au fait de la vie en milieu carcéral, il vous bouleverse l'âme car il est simplement humain.


    Lien : http://lacaveauxlivres.blogspot.com/2011/10/longues-peines-jean-teul..
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    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Apikrus, le 27 mai 2011

    Apikrus
    Jean Teulé nous raconte le quotidien de divers occupants d'une maison d'arrêt : les prisonniers et les matons, le directeur et son épouse. Au-delà de leurs comportements, l'auteur nous présente les parcours de la plupart de ces personnages. Il les décrit, ainsi que leurs actes passés et présents, le plus souvent sans jugement de valeur - hormis parfois celui du narrateur, lorsqu'il s'agit d'un maton par exemple. Cette manière de présenter les protagonistes amène le lecteur à s'interroger lui-même sur le sens de leurs actes et sur la pertinence des réponses que notre société y apporte.
    Un livre par moments profond sur un sujet sérieux mais qui se termine de manière trop loufoque. Si l'auteur a ainsi voulu souligner l'absurdité de la prétention de notre société à juger des personnes dont le tort principal serait leur folie, alors c'est réussi. Toutefois, ce mélange des genres et l'excès d'humour (noir) à la fin de son récit me font penser qu'il est passé à côté d'un roman qui avait débuté de manière magistrale... même si j'ai souvent bien souri...
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    • Livres 4.00/5
    Par canel, le 26 mai 2011

    canel
    A mi-chemin entre témoignage-documentaire sérieux et roman fantaisiste, ce récit dresse un tableau riche et émouvant de l'univers carcéral à travers le quotidien de quelques "matons", et en particulier via le regard neuf d'un jeune gardien récemment recruté. Conditions de travail moralement éprouvantes des surveillants, difficulté pour eux de ne pas s'investir émotionnellement, portraits et comportements féminins et masculins - très différents - des détenus, maltraitance à l'égard des pédophiles, exiguité, promiscuité, loi du plus fort, etc. Et, au milieu de l'horreur et de la folie omniprésentes, quelques oasis d'amour malgré tout, comme le laisse présager la couverture.
    Un ouvrage fort, marquant, où j'ai apprécié le style vif et captivant de l'auteur, et sa retenue... jusqu'à un détail et une scène grotesques dans les trente dernières pages qui me semblent mal cadrer avec ce qui précède - dommage.
    Mon préféré de Teulé reste "Je, François Villon".
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Citations et extraits

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  • Par Couperine, le 08 janvier 2012

    Le nouveau cocellulaire de la cent huit, assis sur le lit de droite, aurait dû être surpris par ce qu'il entendait, mais Pierre-Marie Popineau semblait indifférent à tout, même à sa lèvre tuméfiée, même à ses côtes fêlées...
    Kaczmarek, beau grand mec blond et athlétique allongé sur le dos, doigts croisés sous la nuque, tourna la tête vers Popineau - soixante-deux ans :
    - Bon, qu'on t'affranchisse tout de suite, vieux. Lui, à la fenêtre, il a sans doute coulé trois femmes dans le béton. Moi, j'ai rendu une fille hémiplégique et tué son mec à coups de poing la veille de leur mariage. Et toi ?
    Apprenant les délits commis par ses jeunes cocellulaires, Popineau, effaré, a regardé vers la porte pour s'enfuir. Comme elle était close et sans serrure, il a tourné la tête vers la fenêtre. C'est alors que Kaczmarek découvrit le pansement à l'oreille gauche de Pierre-Marie :
    - Ah, d'accord, c'est ça... Alors toi, ici, vieux, tu vas pas t'amuser...
    Popineau s'en était aperçu. Arrivé il y a moins d'une heure, il s'était déjà fait trancher l'oreille, battre dans la cour et jeter par-dessus la rambarde des coursives.


    - Pourquoi, Benoît ?
    - C'était un pédophile.
    - Comment les détenus de la cour l'ont-ils su ?
    - Son oreille... Quand plutôt que de conduire un nouvel incarcéré vers sa cellule, Bailhache l'amenait directement avec son paquetage chez le coiffeur, celui-ci n'avait pas besoin d'explications, il savait ce que ça voulait dire, ce qu'il devait faire. Il le marquait à l'oreille comme une bête destinée à l'abattoir. Et alors là, pour lui, la corrida pouvait commencer. Ça le dénonçait auprès des autres.
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  • Par athena1, le 09 mars 2011

    - Qu'est-ce qui te plaît encore dans ce métier ?
    - La retraite ! Au bout de vingt-cinq ans, tu peux partir ...
    - Vingt-cinq ans, c'est le temps d'une perpétuité, ça, Benoît.
    - Oui... D'ailleurs, parfois des détenus nous le disent : "Ce qui me fait marrer, surveillant, c'est que, vous aussi, vous allez passer votre jeunesse en prison."
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    Citation de qualité ? (3 votes positifs)
  • Par LiliGalipette, le 04 août 2011

    « La prison tape sur le système. Elle est stressante, inquiétante et destructurante, ne facilite donc en rien l’émergence de la vie. » (p.112)
    Citation de qualité ? (5 votes positifs)
  • Par athena1, le 09 mars 2011

    Ni les détenus, ni les surveillants choisissent d'aller en prison. Depuis que je travaille ici, je n'ai pas rencontré un mec qui y soit rentré par vocation. On ne peut pas y entrer par vocation, c'est impossible.
    Citation de qualité ? (3 votes positifs)
  • Par LiliGalipette, le 04 août 2011

    « La détention, c’est tout un arrangement. » (p. 42)
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