> Jean Launay (Traducteur)

ISBN : 2070385175
Éditeur : Gallimard (1992)


Note moyenne : 4.09/5 (sur 23 notes) Ajouter à mes livres
Les enfants tanner est le premier roman d'un " marginal " né en suisse il y a un siècle. robert walser, entré dans l'oubli bien avant sa mort en 1956, est revenu aujourd'hui au rang des plus modernes de ses contemporains, kafka, musil, walter benjamin.

De... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

Critiques et avis(5)

> Ajouter une critique

    • Livres 3.00/5
    Par ay_guadalquivir, le 04 février 2011

    ay_guadalquivir
    Musicienne et littéraire, ainsi se déroule cette belle semaine nantaise, avec la Folle journée. Cette édition consacrée à la musqiue post-romantique allemande (de Brahms à Webern) m'a replongé dans un univers familier, celui d'une période allemande effervescente, fiévreuse, entousiaste et torturée. le moment choisi pour commencer Les enfants Tanner de Walser, pour creuser ce sillon que j'aime tant, de Hesse à Musil, de Schnitzler à Adorno. Cette littérature est musicale aussi, ou du moins emprunte les mêmes chemins, les mêmes questions. La place de l'individu dans une société héritée du xixème siècle, quelle place pour cet étrange personnage, Simon Tanner? En 1907 lorsque Walser écrit ce roman, un monde semble s'ouvrir. Sept années plus tard, il sombrera.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (10 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par monito, le 16 septembre 2009

    monito
    Guère connu, ce romancier n'aura au final qu'écrit trois romans et plusieurs nouvelles. Sa particularité, outre celle d'avoir fini sa vie et pendant plus de 20 ans, dans un asile d'aliénés, d'avoir écrit vite, très vite, sans vraiment se relire, sans vraiment ciselé ses mots. Ces « Geschwister Tanner » ont été écrits entre trois et quatre semaines et le manuscrit ne comporte que 3 ou 4 ratures…un exploit au regard d'un style bien particulier, riche d'une poésie quasi fantasmatique.
    Autour du principal héros, Simon Tanner, tout se déroule, tout se joue, en une espèce de road movie proche du rêve. Une personnalité forte et fragile, pleine de doute et qui place sa liberté comme élément le plus précieux, passe d'un endroit à l'autre, d'une chambre à l'autre et d'une logeuse à l'autre. A chaque occasion, de dialogues en réflexions, Simon nous fait partager sa vision du monde, sa vision de la vie et des êtres qui la composent. Cette vision semble évoluer, mais toujours retourne au point de départ, celui de pourquoi, du à quoi je sers…frappant quand l'on se sens partager des points communs de caractère, avec un héros qui peut se permettre de les vivre, même mal, jusqu'au bout, jusqu'à l'absolu.
    De très belles pages, sur la liberté, sur le don, sur l'acte gratuit, sur les femmes… des pages de rêve ou le héros ne fait rien, mais prend le temps de conscientiser une inactivité source de nombreuses richesses de développement moral.
    Un véritable moment de délice pour un beau roman d'un auteur à découvrir.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par mangeclous, le 01 novembre 2007

    mangeclous
    Il est absolument impossible pour moi de vous décrire ce bouquin... juste vous dire qu'il faut que vous connaissiez le personnage de ce livre (Simon Tanner), qu'il est de la trempe d'un Mangeclous
    Si vous avez aimez les situations abracadabrantes des livres d'Albert Cohen et de ses personnages alors vous allez adorer celui-là ! C'est un cas : une sorte de Diogène de Sinoppe, un esprit inattendu, un personnage jubilatoire qui n'en fait qu'à sa tête et il a plutôt pas tort !!!
    Voici un extrait pour donner le ton :
    "Un beau matin, un jeune homme ayant plutôt l'ai d'un adolescent entra chez un libraire et demanda qu'on voulut bien le présenter au patron. Ce que l'on fit. le libraire, un vieil homme très digne, dévisagea avec attention ce garçon qui se tenait devant lui un peu gêné, et l'invita à parler. "Je veux être libraire, dit le jeune homme, c'est une envie que j'ai et je ne vois pas ce qui pourrai m'empêcher de la suivre jusqu'au bout.""
    Courrez vite à la bibliothèque ou à la libraire la plus proche de chez vous pour vous le procurer...
    A noter qu'un dessinateur de bande dessinée, Nylso, s'est fortement inspiré de Simon travaillant chez le libraire : Jérôme d'Alphagraph, une chouette BD à découvrir en parallèle (4 tomes parus chez un tout petit éditeur : les éditions flblb)...
    En savoir plus après la lecture, le site d'un fan : http://perso.orange.fr/calounet/resumes_livres/walser_resume/walser_tanner.htm
    Bonnes découvertes
    Mangeclous
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par zohar, le 05 mars 2011

    zohar
    Dans la famille Tanner, Simon est le plus jeune des enfants. Il a vingt ans et souffre d'un défaut de socialisation. C'est un vagabond qui mène une vie paresseuse : il vit des rencontres d'autrui pour subvenir à ses besoins. Solitaire et marginal, il refuse tout lien de subordination, et son insolence subtile le sauve des rapports de force au hasard de ses rencontres.
    Simon a toutes les raisons d'en vouloir au monde social ! Essaie-t-il de nous persuader que c'est un inconvénient d'être né ? Non, notre héros n'est pas voué à l'ennui !
    A la lisière du monde social, Simon est un vivant, heureux d'être dans le monde et faire parti de ce monde qu'il contemple, qu'il aime en regardant toujours d'un œil neuf, toutes les choses qu'il découvre ! Il a le don et la capacité de s'émerveiller : en somme c'est un hédoniste et rêveur qui refuse toutes les valeurs dominantes et contraintes sociales !
    Pour Simon, la morale est en fin de compte, davantage un idéal secret qu'un objet de mépris et son peu de sociabilité ne lui inspire aucun dénigrement des forces de la vie !
    Bien au contraire, Robert Walser nous le présente comme un personnage qui exprime l'exaltation de vivre au temps présent.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par laurentgui, le 29 avril 2012

    laurentgui
    J'ai adoré, un univers et un style qui m'ont vraiment touché. le récit du narrateur des quelques années du début de sa vie d'adulte, entouré notamment par ses frères et sœurs. Comme dit dans la postface, les personnages ont quelque chose du conte de fée.
    Critique de qualité ? (0 votes positifs)

> voir toutes (13)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par ay_guadalquivir, le 12 avril 2011

    incipit :
    "Un beau matin, un jeune homme ayant plutôt l'air d'un adolescent entra chez un libraire et demanda qu'on voulût bien le présenter au patron. Ce que l'on fit. Le libraire, un vieil homme très digne, dévisagea avec attention ce garçon qui se tenait devant lui un peu gêné, et l'invita à parler. « Je veux être libraire, dit le jeune homme, c'est une envie que j'ai et je ne vois pas ce qui pourrait m'empêcher de la suivre jusqu'au bout. je me suis toujours imaginé le commerce des livres comme quelque chose de merveilleux, un bonheur, et il n'y a aucune raison pour que j'en sois privé plus longtemps. Regardez, monsieur, comme je suis là devant vous, je me sens une extraordinaire aptitude à vendre des livres dans votre magasin, en vendre autant que vous pourriez souhaiter. Je suis un vendeur-né : affable, vif, poli, rapide, parlant peu, décidant vite, comptant bien, attentif, honnête, mais pas non plus aussi bêtement honnête que j'en ai peut-être l'air. Je sais baisser un prix quand j'ai affaire à un pauvre diable d'étudiant et je sais aussi le faire monter s'il ne s'agit que de rendre service aux riches, dont je vois bien que parfois ils ne savent que faire de leur argent. Je crois malgré mon jeune âge posséder une certaine connaissance des hommes. D'autre part, j'aime les hommes, si différents soient-ils : je ne me servirais donc jamais de ma connaissance des hommes pour avantager l'un plutôt que l'autre, pas plus que mes concessions aux pauvres diables n'iraient jusqu'à nuire à l'intérêt de vos affaires, monsieur. En un mot : sur ma balance de vendeur l'amour des hommes sera en parfait équilibre avec la raison commerciale, laquelle me paraît tout aussi importante et nécessaire à la vie qu'une âme aimante et généreuse. Je saurai trouver le juste milieu, soyez-en dès maintenant convaincu. »
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (4 votes positifs)
  • Par Musikant, le 12 décembre 2009

    Il avait peut-être eu une fois dans sa vie le désir de s'en sortir, quand il était encore jeune, mais il n'avait pas eu la force de laisser derrière lui cette chose non réglée qui ressemblait à un devoir pressant, ni de la jeter en chemin, avec le sourire qui convient. Jeter? Jamais il n'avait rien jeté! Et s'il avait essayé, ça l'aurait, lui semblait-il, déchiré du haut jusqu'en bas ; il n'aurait cessé de penser avec douleur à ce qu'il avait jeté. Il ne jeta jamais rien et il perdit sa jeunesse à faire l'étude et l'examen de choses qui ne valaient ni étude, ni examen, ni amour, ni considération.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (8 votes positifs)
  • Par Musikant, le 18 décembre 2009

    Ah, regarder vers l'avenir, c'est tellement mieux que de rêver du passé. On rêve aussi quand on se projette dans l'avenir.Ne serait-il pas plus sage, quand on possède un esprit sensible, de consacrer son énergie et son intelligence aux jours qui se préparent plutôt qu'à ceux qu'on a déjà vécus ? Les temps à venir sont comme nos enfants, qui ont bien plus besoin de notre attention que les morts dont nous fleurissons les tombes avec amour, et peut-être aussi un peu d'exagération.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (7 votes positifs)
  • Par Musikant, le 18 décembre 2009

    C'est une chance d'être sorti de l'enfance, car elle n'est pas seulement faite de beauté de grâce et de légèreté, elle est souvent plus lourde à porter que la vieillesse, plus pleine de soucis.Avec les années, on vit plus doucement.Celui qui a eu une jeunesse agitée, n'a guère envie plus tard de s'agiter encore.
    Citation de qualité ? (5 votes positifs)
  • Par Musikant, le 12 décembre 2009

    Mais il lui vint encore des pensées qui avaient toutes à faire avec la nuit. Il songeait aux petits enfants qui n'osent pas aller dans une chambre quand elle est obscure, qui ne peuvent dormir dans l'obscurité. Les parents commencent par inculquer cette terrible peur de l'obscurité à leurs enfants puis punissent ceux qui ne sont pas sages en les envoyant dans des chambres noires et silencieuses.
    Citation de qualité ? (3 votes positifs)

> voir toutes (4)

Video de Robert Walser

>Ajouter une vidéo
Vidéo de Robert Walser

Philippe Lacadée - Robert Walser, le promeneur ironique .
Michel Barras vous présente l'ouvrage de Philippe Lacadée "Robert Walser, le promeneur ironique" aux éditions Cécile Défaut.http://www.mollat.com/livres/philippe-lacadee-robert-walser-promeneur-ironique-9782350180908.html











Acheter sur Amazon

Faire découvrir Les enfants Tanner par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (46)

> voir plus

Quiz