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> Jean Gattégno (Éditeur scientifique)

ISBN : 2070326675
Éditeur : Gallimard (1992)


Note moyenne : 4.02/5 (sur 133 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
25 mai 1895. Oscar Wilde, dramaturge admiré du Tout-Londres et amant de Lord Alfred Douglas, est condamné à deux ans de travaux forcés pour "outrage aux mœurs ". Début 1897, l'écrivain brisé, réduit au sinistre matricule " C.3.3 " obtient enfin du directeur de la priso... > Voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Away--x, le 20 mai 2015

    Away--x
    Le 25 mai 1895, au terme des procès l'opposant au marquis de Queensberry, Oscar Wilde est condamné à deux ans de travaux forcés en vertu d'une loi interdisant l'homosexualité. Ruiné par son amant Alfred Douglas, alias Bosie, le fils du marquis, Wilde est déclaré en faillite et ses biens sont confisqués.
    Après quatorze mois de travaux forcés, le directeur de la prison de Reading lui accorde le privilège de posséder du matériel d'écriture, à la condition de le remettre chaque soir, accompagné des écrits, aux gardiens. C'est ainsi que Wilde rédigea cette longue lettre à son amant de seize ans plus jeune. A sa sortie de prison, il remettra le texte à son ami Robert Ross, lui demandant de le faire copier et d'en envoyer un exemplaire à Bosie, qui affirmera par ailleurs ne jamais l'avoir reçu. C'est Ross qui donnera le titre de profundis à l'ouvrage.
    Dans cette longue lettre, Wilde dresse un portrait sans concession de Bosie, libérant ainsi ce qu'il a sur le coeur : le jeune homme apparait égoïste, dépensier (il serait à l'origine de la faillite de l'écrivain), immature, ne comprenant rien à l'Art. Il jette un regard amer sur leur relation qui aurait gâché une partie de son talent, tout en reconnaissant que c'est lui qui n'aurait pas dû se laisser entrainer dans ces habitudes luxueuses et stériles.
    Malgré tout, Wilde déclare avoir pardonné tous les caprices de son amant, ne pouvant se permettre, au fond de sa prison, de se laisser submerger par la haine. C'est l'une des parties de l'oeuvre qui m'a semblé la plus intéressante. L'écrivain évoque avec une grande sensibilité l'amour, la haine, le pardon, le chagrin.
    Le tout est truffé de références à ses autres oeuvres, à celles des grands écrivains de son siècle, à la Bible, laissant entrevoir une grande culture. Cela me pousse à lire d'autres oeuvres De Wilde, que j'ai découvert ici.
    Je ne m'étendrai pas davantage sur ce livre, sinon pour dire que c'est un coup de coeur. Que ceux qui souhaitent le lire en anglais ne s'en privent pas : l'écriture est facilement compréhensible.
    Challenge ABC 2014/2015
    Challenge Petits plaisirs 2014/2015
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    • Livres 4.00/5
    Par Claudepuret, le 05 mai 2013

    Claudepuret
    Deux magnifiques textes De Wilde, particulièrement poignants.
    La ballade de la geôle de Reading, le lieu même où Wilde fut incarcéré, raconte l'histoire vraie, et dramatique, d'un soldat condamné pour avoir égorgé son épouse.
    De profundis est une longue lettre adressée à Lord Douglas par Wilde qui lui reproche de l'avoir abandonné à son sort.
    Oscar Wilde, qui nous avait jusque là habitués à de très belles réflexions sur la vie et sur son esthétique nous livre ici une sorte de dernier témoignage très émouvant qui sera, d'ailleurs, publié après sa mort survenue en 1900.
    A lire après tous les autres écrits De Wilde, à l'exception des aphorismes, que l'on lit et relit sans cesse.
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    • Livres 4.00/5
    Par potzina, le 03 octobre 2013

    potzina
    Comme indiqué dans l'avant-propos de ce recueil de poèmes, Oscar Wilde est essentiellement connu pour ses nouvelles et le poème le plus célèbre de l'auteur, La Ballade de la geôle de Reading, a éclipsé les autres.
    C'est bien dommage.
    L'oeuvre poétique d'Oscar Wilde ne démérite pas avec le reste de son travail et, même si certains poèmes proposés dans cette édition ne m'ont pas transportée, d'autres m'ont émue aux larmes.
    Ainsi les deux hommages à John Keats (La tombe de Keats et Sur la vente aux enchères des lettres d'amour de Keats) ne peuvent que remuer le lecteur qui sera à la fois triste et plein de colère (eu égard à la destinée tragique du jeune poète).
    Les poèmes évoquent également les voyages d'Oscar Wilde qui déclare son amour à l'Italie ou à Londres. Ils abordent aussi le christianisme, la peinture ou la nature dans des poésies où la forme prime sur le fond. On sent la recherche du beau mot et le désir de perfection.
    Ces poèmes méritent d'être découverts même s'ils n'ont pas l'intensité de la Ballade de la geôle de Reading.
    Ce poème, Oscar Wilde l'écrira après sa sortie de prison. Condamné pour "actes indécents" à deux ans de travaux forcés, il achève sa peine à la prison de Reading. Dès sa libération, il entreprend l'écriture de ce poème propagandiste qui raconte l'arrivée d'un condamné à mort dans la prison, son exécution et le retentissement de celle-ci sur les autres prisonniers.
    Signé C.3.3, le matricule De Wilde en prison, le poème connait un succès retentissant et totalement mérité.
    La Ballade de la geôle de Reading est une oeuvre d'art réaliste mais aussi romanesque car Wilde plonge le lecteur dans l'angoisse et la noirceur jusqu'à l'exécution du condamné.
    D'un poème intime, Wilde fait une oeuvre universelle bouleversante.
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    • Livres 5.00/5
    Par cicou45, le 02 octobre 2011

    cicou45
    Magnifique éloge que celle-ci retraçant la condamnation à mort d'un homme qui a tué la femme qu'il aime ! L'auteur, qui avait lui-même été enfermé pour avoir accompli des "actes immoraux" avec une personne du même sexe que lui, a côtoyé cet homme qui fut pendu par la suite.
    On sent dans ce magnifique ouvrage, en version bilingue (ce qui ne fait que rajouter du charme à ce texte puisque le lecteur peut tout à loisir passer de la version française à la version originale) un engagement et une détermination à montrer au lecteur l'ignominie de la soit-disante Justice pratiquée par les Hommes. L'auteur est révolté que l'homme s'octroie le droit de juger et de condamner à la place de Dieu, qu'il se croit supérieur et qu'il se permette d'ôter la vie à un de ses semblables qui, même s'il est vrai que ce dernier est un assassin, se dit justicier en condamnant la mort par la mort !
    Un très court ouvrage à vous couper le souffle (et je ne pèse pas mes mots !). A découvrir !
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    • Livres 4.00/5
    Par Dareel, le 12 mai 2014

    Dareel
    Ouch, qu'il est dur de chroniquer un classique… Même court comme celui-ci…
    Bon, qu'est-ce qui m'a poussée à lire ce livre ? Plusieurs choses. D'abord, j'ai voulu m'intéresser davantage à Oscar Wilde pour lui, et pas forcément pour ses oeuvres, alors quoi de mieux qu'une lettre à son amant pour ça ? Ensuite, le format m'a plu, ça change des essais & romans. Et enfin, l'univers carcéral m'a intriguée, alors mélangez les trois, et ça me donne envie de lire ce livre !
    Dans de Profundis, Oscar Wilde écrit une longue lettre à son ancien amant Lord Alfred Douglas depuis sa prison à Reading. Mais attention, c'est loin d'être une lettre d'amour. Il s'agit même d'une lettre particulièrement virulente et presque exhaustive qui explique en quoi Lord Alfred Douglas a conduit Oscar Wilde à sa perte, et ce de plusieurs points de vues :
    - Économiquement, de par sa oisiveté et sa tendance à consommer « tous frais payés » par son ami Wilde.
    - Émotionnellement, de par ses nombreuses crises (publiques ou non), ses reproches incessants, ses lettres d'insultes…
    - Politiquement, en ruinant la réputation De Wilde en association avec son père, et en l'amenant jusqu'à la prison.
    J'ai trouvé cette lettre très violente, je ne dis pas que ce n'est pas justifié, Lord Alfred Douglas a l'air totalement horripilant et insupportable, mais on sent qu'Oscar Wilde, même s'il dit qu'il veut pardonner pour vivre serein, a une sacrée rancoeur contre lui.
    La première partie de la lettre nous fait donc l'état des lieux de leur relation, les hauts comme les bas, les bas étant bien plus nombreux.
    La deuxième partie de la lettre raconte la façon dont l'auteur a été envoyé en prison, notamment pour son homosexualité, mais également suite à un « complot » avec le père de Douglas.
    La troisième partie, plus philosophe que concrète, part sur la religion, la foi, la force de pardonner, la nécessité d'assumer ses actes et les conséquences de l'incarcération sur un homme.
    C'est une lettre particulièrement intéressante qui en dit long sur leur relation, et pourrait expliquer bien des points de la personnalité de l'auteur. J'ai aimé sa sincérité, j'ai même été surprise qu'il soit si peu rancunier au regard de tous les faits qu'il énonce.
    En revanche, wow, on peut dire qu'Oscar Wilde n'avait pas pour plus grande qualité l'humilité. Certes, c'est un homme talentueux, un artiste, tout ce que vous voulez, et il serait hypocrite de prétendre le contraire ou de vouloir de lui qu'il le cache ou fasse l'humble en toute circonstance… MAIS de là à répéter à chaque page qu'il est un homme de la haute classe, un noble, un artiste, qu'Alfred a pourri son talent, qu'il est admiré du monde entier, etc… Bref, c'est un peu insister lourdement, et ça m'a un peu refroidie. Cela dit, beaucoup d'artistes ont sûrement ce genre de caractère, et je me répète mais sans jouer les hypocrites, il était possible d'être plus humble…
    Par la suite, le roman nous présente « La ballade de la geôle de Reading ». Sous forme de poème très bien conçu, Oscar Wilde nous relate les conditions de vie des prisonniers dans cet établissement particulièrement dur et sévère avec ses « résidents ». Je ne suis pas une grande fan de poésie, je pense pour la simple et bonne raison que je n'ai pas encore eu de déclic avec ce genre (il faut dire que je n'ai jamais trop essayé), mais en l'occurrence, ce long poème m'a réellement touché, il est criant de désespoir, il hurle son besoin d'humanité, c'est vraiment très émouvant. J'ai adoré !
    Par la suite, deux lettres nous présentent des réclamations faites par l'auteur quant aux conditions de vie des prisonniers, notamment celles des enfants dans une première lettre, et dans une seconde celles concernant la décence en général. Oscar Wilde, notamment par ces lettres, contribuera à l'amélioration des conditions de vie des prisonniers.
    Rien que pour le côté réellement humain de l'oeuvre, il faut la lire.
    En bref, un bout de vie l'auteur franchement intéressant, on aime ou on aime pas Wilde, mais ça ne laisse pas de marbre.

    Lien : http://www.chroniques-livresques.fr/oscar-wilde-de-profundis-la-ball..
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Citations et extraits

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  • Par Bibalice, le 18 août 2014

    Un lieu où règne la douleur est terre sainte. On comprendra un jour ce que cela veut dire. Jusque-là, on ne saura rien de la vie. Quand, de ma prison, on m'amena entre deux policiers, devant le tribunal des faillites, Robbie attendait dans le sinistre et long couloir afin de pouvoir, devant toute la foule, qu'un geste si simple et si charmant réduisit au silence, soulever gravement son chapeau tandis que, menottes aux mains et tête basse, je passais devant lui. Des hommes sont allés au ciel pour de moindres actes que celui-ci.
    (...) Je ne lui ai jamais soufflé mot de ce qu'il avait fait. Jusqu'à présent, j'ignore s'il sait que j'ai eu conscience de son geste. Ce n'est pas là une chose pour laquelle on puisse exprimer des remerciements conventionnels avec des mots conventionnels. Je la conserve dans le sanctuaire de mon cœur. Je la garde là comme un dette secrète que, je suis heureux de le penser, je ne pourrai jamais payer.
    Alors que la sagesse ne m'était d'aucun secours, que la philosophie demeurait stérile, que les sentences et les phrases de ceux qui cherchaient à me consoler me laissaient dans la bouche un gout de cendre, le souvenir de ce petit geste d'amour, silencieux et charmant, a descellé pour moi le puits de la pitié, a fait fleurir le désert comme un rose , m'a arraché à l'amertume de la solitude et de l'exil pour me mettre en harmonie avec le grand cœur blessé du monde.
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  • Par Away--x, le 03 mai 2015

    Remember that the fool in the eyes of the gods and the fool in the eyes of the man are very different. One who is entirely ignorant of the modes of Art in its revolution or the moods of thoughts in its progress, of the pomp of the Latin line or the richer music of the vowelled Greek, of Tuscan sculpture or Elizabethan song may yet be full of the sweetest wisdom. The real fool, such as the gods mock or mar, is he who does not know himself.
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  • Par Away--x, le 10 mai 2015

    Suffering is one long moment. We cannot divide it by seasons. We can only record its mood, and chronicle their return. With us time itself does not progress. It revolves. It seems to circle round one centre of pain. The paralysing immobility of a life, every circumstance of which is regulated after an unchangeable pattern, so that we eat and drink and walk and lie down and pray, or kneel at least for prayer, according to the inflexible laws of an iron formula - this immobile quality, that makes each dreadful day in the very minutest detail like its brother, seems to communicate itself to those external forces the very essence of whose existence is ceaseless change.
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  • Par potzina, le 03 octobre 2013

    Dans la geôle de Reading, près la ville,
    Est une fosse d'infamie :
    C'est là que gît un misérable
    Dévoré par des dents de flamme ;
    Dans un suaire brûlant il repose,
    Et sa tombe n'a pas de nom.

    Jusqu'à ce que Christ appelle les morts,
    Qu'il repose ici en silence !
    Nul besoin de gâcher de sottes larmes,
    Ou de pousser de creux soupirs :
    L'homme avait tué l'être qu'il aimait,
    Et pour cela devait mourir.

    Pourtant chaque homme tue l'être qu'il aime,
    - Que tous entendent ces paroles !
    Certains le font avec un regard dur,
    D'autres avec un mot flatteur ;
    Le lâche, lui, tue avec un baiser,*
    Et le brave avec une épée !

    *Allusion au baiser de Judas
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  • Par Away--x, le 06 mai 2015

    Love is fed by the imagination, by which we become wiser than we know, better than we feel, nobler than we are; by which we can see Life as a whole; by which, and which alone, we can understand others in their real and in their ideal relations. Only what is fine, and finely conceived, can feed Love. But anything will feed Hate.

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