salomé prend sa source dans un épisode biblique des évangiles de Matthieu et Marc, qui conte la mort de Jean-Baptiste.
Oscar Wilde s'est inspiré de cet épisode tragique et l'a remanié avec brio pour offrir au lecteur une scène grandiose et dramatique, où la violence et la sensualité sont omniprésents.
salomé est une princesse de Judée, fille d'Herodias et belle-fille d'Hérode, dont la beauté enivre tous les hommes. Mais elle jette son dévolu sur un prophète emprisonné au palais, Iokanann, qui se refuse à elle. Après avoir consenti à danser pour Hérode la fameuse danse des sept voiles, salomé lui réclame une faveur : la tête d'Iokanaan.
Tout, dans cette courte tragédie, appelle l'excès : la violence des émotions, puissantes et passionnées dans chacun des protagonistes, celle des dialogues qui s'animent au fil du récit, la violence dans l'évocation des éléments, la lune, les fleurs, les personnages dont les descriptions colorées et la présence charnelle explosent sous nos yeux.
C'est un conte cruel et flamboyant qui évoque la domination toute puissante et la perversité d'une femme à qui rien ne résiste et pour qui l'on meurt, et qu'
Oscar Wilde rapproche de l'astre lunaire à de multiples reprises, tant pour sa beauté et sa virginité que pour son aspect inaccessible.
Les nombreux dialogues de cette pièce rédigée en un seul acte se croisent et s'entrecoupent d'une manière quelque peu onirique, où les acteurs semblent victimes d'une sorte de folie ambiante, et où les références à la religion sont nombreuses. La peur, la cruauté, la barbarie, sont autant de thèmes exploités ici. Malgré l'antipathie que suscite salomé chez le lecteur, la fin brutale - à laquelle je ne m'attendais pas du tout - cadre parfaitement avec le reste du récit, et j'ai trouvé que les derniers évènements se plaçaient parfaitement dans la continuité de l'histoire.
Cette version bilingue de Flammarion m'a permis de me familiariser une nouvelle fois avec la langue anglaise, même si le texte a d'abord été rédigé en français par l'auteur et traduit par la suite. Il est, de plus, agrémenté par les dessins d'
Aubrey Beardsley réalisés à l'époque, et qui ajoutent une note esthétique à un récit emprunt de symbolisme.
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