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Note moyenne 3.91 /5 (sur 98 notes)

Nationalité : Italie
Né(e) à : Florence , le 20/02/1930
Biographie :

Pietro Citati est un écrivain et critique littéraire italien.

Il étudie à Turin à l'Institut social puis fait son lycée (lettres) au D'Azeglio. En 1942, Turin est bombardée et sa famille déménage en Ligurie : c'est ici qu'il commence en autodidacte l'étude de Shakespeare, Lord Byron, Platon, Homère, Alexandre Dumas, Poe.

En 1951, il obtient le diplôme de l'École normale supérieure de Pise (lettres modernes). Il entame une carrière de critique littéraire en collaborant à des revues comme Il Punto (aux côtés de Pier Paolo Pasolini), L'Approdo et Paragone. Dans les années 1960, il écrit pour le quotidien Il Giorno.

De 1973 à 1988 il s'occupe des articles de culture du Corriere della Sera. Il devient critique littéraire dans La Repubblica.

Il a obtenu de nombreuses récompenses dont le Prix de la latinité (Académie française et Académie des lettres brésiliennes) en 2000, mais aussi le prix Strega et le prix Bagutta. Il a également obtenu le prix Médicis étranger pour "Histoire qui fut heureuse, puis douloureuse et funeste" en 1991.

Pietro Citati a consacré un ouvrage à plusieurs figures féminines : Thérèse d'Avila, Jane Austen, Lou Andreas-Salomé, Virginia Woolf.

Il a reçu la distinction de chevalier grand-croix de l'Ordre du Mérite de la République italienne.
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Source : Wikipédia
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Bibliographie de Pietro Citati   (20)Voir plus

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Video et interviews (1) Voir plusAjouter une vidéo

Pietro Citati : Portraits de femmes
Entre Paris et Venise, à bord du Venice Simplon Orient Express, Olivier BARROT présente le livre de Pietro CITATI "Portraits de femmes" publié dans la collection Folio. L'écrivain italien y fait le portrait de femmes célèbres comme Jane Austen, Lou Andréa Salomé, Virginia Woolf ou Katherine Mansfield.Ce sujet est illustré par des photographies de Pietro CITATI et de ses héroïnes.
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Citations et extraits (43) Voir plus Ajouter une citation
nath45   25 novembre 2021
Don Quichotte de Pietro Citati
Dans les bibliothèques des palais aristocratique et des couvents du XVIIe siècle, on trouve des milliers de livres, avec leurs magnifiques couvertures reliées en cuir, leurs ornements, leurs illustrations, leurs miniatures et surtout un entrelacement de personnages, d’évènements de thèmes, qui dessinent presque toujours une harmonie parfaite’ chez nous au contraire, sur cette terre, aucune harmonie, aucune merveilleuse irréalité ; nous avons oublié le parfum des bibliothèques. (Page 23)
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fanfanouche24   02 juillet 2019
Portraits de femmes de Pietro Citati
L'Iguane d'Anna Maria Ortese



Beaucoup d'oeuvres littéraires naissent de la solitude. Mais j'ai rarement vu une solitude aussi profonde, aussi désespérée, aussi absolue que celle qui détruit et protège Anne Maria Ortese. Ce n'est pas la solitude d'un être humain, mais la solitude sans geste et sans parole de l'animal condamné, qui s'enferme dans sa tanière et voudrait ne plus en sortir: la solitude de Kafka. Dieu sait quels rêves infinis, quelles pensées informes, quelles sensations vertigineuses, que l'homme n'oserait jamais concevoir, emplissent l'esprit de l'écrivain-animal. Il est là, enfermé, et il écrit. (p. 181)
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Marc21   02 juillet 2011
La Lumière de la nuit de Pietro Citati
Le signe de notre noblesse, c'est le manque : la faim qui nous torture, la bonté dont nous sommes dépourvus, la vérité que nous ne connaissons pas, la beauté à laquelle nous aspirons, le silence qui nous dissimule, les ténèbres qui nous enveloppent.
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fanfanouche24   11 avril 2021
Portraits de femmes de Pietro Citati
Brève vie de Katherine Mansfield



Elle n'était heureuse que la plume à la main: voir l'encre couler sur la feuille de papier était, pour elle, comme sentir le sang couler dans ses veines. Quelqu'un lui avait assigné une tâche, et elle devait s'en acquitter jusqu'au bout-sans anxiété, sans hâte, en lui conférant toute la beauté possible. C'est ainsi devint une religion, cependant que la maladie l'emprisonnait toujours davantage. "Serai-je capable d'exprimer un jour tout mon amour pour mon travail- mon désir de devenir un meilleur écrivain, le voeu fervent d'un travail plus consciencieux ? de dire la passion que j'éprouve ? Elle me tient lieu de religion, car elle est ma religion; elle remplace la compagnie des autres, car elle me crée des compagnons, et la vie même, parce qu'elle est la vie. (...) " (p.331)
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PatriceG   02 avril 2020
Tolstoï de Pietro Citati
Pietro Citati aime Tolstoï, aime Sophie Bers, aime Anna Karénine : il y consacre plus de 50 pages, ça me fait des raisons d'aimer Pietro Citati d'autant qu'il a une plume merveilleuse quand il la met au service des gens qu'il aime. Pour sa peine ça lui vaudra le Goncourt italien en 1984 (prix Stréga).

Ce n'est pas un amour béat, aveugle, il a des raisons esthétiques d'aimer. Et je dirai quelque chose après



Au premier chapitre Jeunesse, je ne résiste pas au désir de le citer quand il parle de Enfance, le premier récit qui a fait connaître Tolstoï du jour au lendemain, - le premier roman de Tolstoï que j'ai lu dans ma tendre jeunesse - plus ses récits de Sébastopol qui attendrirent la Tsarine .. Enfance fut le livre de chevet de Sophie qui ne connaissait pas encore ce Léon Tolstoï qui allait devenir son époux sept ans plus tard. Mais venons très vite à ce Enfance, je cite

"Déjà, à vingt-trois ans, sans avoir même commencé à raconter, Tolstoï pressentait l'un de ses principaux problèmes d'écrivain.

Ainsi, presque par hasard, il chercha ce moyen mystérieux, se pliant à utiliser les lettres et à se tacher les doigts d'encre. Il commença Enfance. Il écrivait sans cesse pour ne pas rompre le flux ténu de l'inspiration qui coulait en lui, toujours plus limpide. Il copiait et recopiait. " J'écris avec une telle ardeur", allait-il dire plus tard, " que j'en suis malade. Le coeur me manque. Je tremble en prenant mon cahier." Dans son village cosaque, ou dans le fort de Stary Yourt ou à Tiflis, il écrivait l'esprit tourné vers le passé, enveloppé d'une ondée de regrets et de nostalgie pour sa propre enfance. Le monde était alors un unique cocon qui se concentrait autour de sa vie d'enfant ; et il avait l'impression que tout n'existait que pour lui. Il avait dans l'âme "une légèreté, une sensation de lumière et de réconfort" : un inépuisable besoin d'amour le poussait à embrasser gens et choses avec larmes et extase ; il vivait dans la joie lumineuse du présent et aussi dans l'espoir qu'arrivât un temps encore plus radieux. Mais l'enfance était perdue pour toujours, et il cherchait à la récupérer tout en ayant conscience que sa tentative était vouée à l'échec et ne pouvait lui laisser entre les mains que des lueurs.

Le coeur vibrant d'Enfance est l'image de la mère, morte quand il avait deux ans. Il ne s'en souvenait pas du tout : il ne possédait aucun portrait d'elle, mais seulement une silhouette découpée dans du papier noir, qui la représentait lorsqu'elle avait dix ou douze ans, le front bombé, le menton rond et les cheveux qui retombaient comme un rideau sur sa nuque. Il avait interrogé parents et amis, avec anxiété et vénération, pour recueillir toute information la concernant. Elle était très cultivée pour l'époque : elle connaissait quatre langues, jouait bien du piano, lisait l'Emile en le commentant, inventait de très belles fables, semblables à celles qu'allait lui raconter plus tard son frère Nicolas : elle aimait et était aimée ; et elle possédait deux qualités que son fils allait toujours envier, celle de ne jamais juger et celle de savoir se dominer. En fantasmant sur ces informations, le temps passant, la mère était devenue pour lui l'image oedipienne de la femme céleste, qui irradie une affection chaste et mythique, sans même une ombre de cette force érotique qu'il allait détestait dans sa maturité avancée. Même vieillissant, il pleurait d'émotion en pensant à ses étreintes et ses caresses. En écrivant Enfance, il s'imposa une tâche terrible. Avec les lettres, les mots et les phrases, il voulut recréer un passé complètement englouti dans sa mémoire ; et il fit revivre la mère oubliée, car ce jeu avec les spectres était le seul moyen d'exorciser sa douleur. Finalement chez lui, dans la fiction de la littérature, il se mentit, imaginant le souvenir de son visage. "Quand j'essaie de la rappeler à mon souvenir, de la retrouver telle qu'elle était à l'époque, me viennent seulement à l' esprit ses yeux marron, qui exprimaient toujours la même bonté, le même amour, le grain de beauté sur le cou, juste sous la ligne où frisottent ses fins et courts cheveux, le petit col blanc brodé, la main tendre et maigre, qui me caressa si souvent et que si souvent j'embrassais."

La mère était morte ; et le récit de Tolstoï, qu'il créait à partir de rien, souvenirs qui n'avaient jamais existé, devait contempler et affronter cette mort. Il pénétra dans la chambre presque noire de la mourante, immergée dans une odeur mêlée de menthe, d'eau de Cologne, de camomille et de gouttes d'Hoffmann : il imagina voir les yeux grands ouverts qui ne voyaient rien, les gestes impatients, la tête qui glissait de l'oreiller, la main qui se levait et retombait, les tentatives pour dire quelque chose .. Il entra dans le salon où ils avaient déposé le cercueil. Entre les cierges sur les hauts chandeliers en argent, entre le brocart, le velours, le coussin orné de dentelle, il découvrit "cette chose diaphane couleur de cire". C'était cela, son visage ? Pourquoi les yeux étaient-ils si engoncés ? Pourquoi cette pâleur et cette marque noire sous la peau d'une joue ? Devant cette expérience extrême de l'imagination , Tolstoï toucha pour la première fois quelques thèmes capitaux de son art : la mort comme juge de la vie, la fiction qui corrode l'existence jusque dans les moments les plus graves. Ce faisant, il tentait l'un des procédés artistiques qui lui devinrent les plus chers -regarder la réalité à travers les yeux du personnage. Finalement, la recherche fictive de la mémoire se referma sur l'horreur. Une gamine de cinq ans aperçut le visage de la morte, avec les yeux enfoncés, et la marque noire sur la joue : elle sentit la forte odeur de cadavre, qui emplissait la chambre en se mêlant à l'odeur de l'encens : et elle lança un frénétique cri d'horreur. Alors, il comprit finalement quelle était l'origine de cette étrange odeur. L'idée que ce visage, qui se penchait sur lui avec douceur ii y a peu de jours encore, pût engendrer la peur, fît déborder son âme de désespoir ; et il lança aussi un cri, "qui dut être encore plus terrifiant que celui qui l'avait frappé"..



Bon j'ajouterai que l'italien Pietro Citati était excellemment placé pour tirer le meilleur de tout ça, ce rapport à la mère fictif ou réel.. que son objet était de restituer au plus juste et au plus vrai la vérité tolstoïenne sans interprétation, aidé en cela par l'art, la poésie, le merveilleux, le tragique.

Le livre fait 300 pages, denses : beauté, grandeur, tragique le traversent et Pietro n'a jamais eu la prétention de nous restituer la vie de Tolstoï dans son ensemble, une biographie, c'est un essai littéraire à lire comme un roman. Il a néanmoins respecté le rythme de la vie et fait ses choix dans ce qu'il y a de plus marquant chez l'auteur russe.

Je suis frappé par la connaissance de l'auteur, on ne peut pas s'enticher comme ça d'un écrivain fût-il illustre nous en réservant la quintessence sans l'avoir préalablement parcouru, vie et oeuvre, jusqu'à une maîtrise sans faille . Et s'il est entré à fond possiblement dans cet univers c'est comme je l'ai déjà souligné en exergue, son amour vrai pour le romancier russe et tout ce qui va avec.

Il n'a pas échappé à nos amis italiens tout ce que je rapporte en primant son Tolstoï meilleur livre 1984 et en déférant ainsi toute la qualité remarquable et inspirée, exaltée et épique de cet écrivain qui traverse le temps des êtres et des choses avec brio.
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Cyril_lect   23 novembre 2016
La Lumière de la nuit de Pietro Citati
Si nous scrutons presque trente siècles d'art européen, nous rencontrerons à chaque époque le poète apollinien et le poète hermétique : deux formes de l'esprit, qui ont engendré la littérature d'Occident et vivent encore parmi nous, cachées sous mille déguisements.

Voici le poète cher à Apollon : nourri de lumière absolue et de ténèbres absolues, de joie et de mort, il aime la tragédie, la forme pure, la noblesse du style, la distance intellectuelle, la vérité nue ou voilée et l'harmonie. Et voici le poète d'Hermès : ce petit démon nocturne, à l'esprit multiple, coloré et scintillant, qui préfère la comédie, le mensonge, les rêves, le hasard, Éros, la tendresse et la légèreté, et qui peut succomber ou nous faire succomber, à un charme mélodieux plus terrible que n'importe quelle mort. La littérature est faite presque uniquement de cela. Il n'y a qu'Apollon et Hermès, Hermès et Apollon : leur tension, leur face-à-face et parfois, leur profonde harmonie
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larmordbm   02 septembre 2021
Brève vie de Katherine Mansfield de Pietro Citati
Dans sa discrétion pleine d'ironie, Katherine Mansfield chercha à nous faire croire qu'elle ne représentait que des premiers plans. Sur cette superficie, pas une parole, pas un signe ne sont superflus, nous ne pouvons négliger le moindre détail : si nous effacions ou oubliions un seul élément, toute la frêle structure serait précipitée dans le néant. Bien que ces petits éléments se nouent et s'entrecroisent comme les mailles d'un tricot rose, nous n'en distinguions jamais les points d'intersection car l'auteur les a dissous dans la continuité indéfinie du tissu ; les couleurs en sont pâles et ténues : des touches extrêmement nettes, si menues qu'on les aperçoit à peine et qu'elles sont effacées par le tourbillon léger et infatigable des touches suivantes.



Ainsi, si réduite que soit la dimension de la nouvelle, nous n'avons jamais l'impression d'étouffer ou d'être à l'étroit : dans chacun de ces petits cristaux c'est la complexité même de l'existence entière qui se réfléchit de toute part.
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fbalestas   20 mai 2020
La mort du papillon. Zelda et Francis Scott Fitzgerald de Pietro Citati
Comme il le dit à sa fille bien des années plus tard, "tout le secret de l'écriture c'est de nager sous l'eau et de retenir son souffle" : se mouvoir dans l'eau aimée des Muses, ne pas se révéler, s'occulter, habiter le mystère, se retenir, en espérant une révélation complète et une respiration prolongée, au moment de sortir à la surface de la mer.
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Arthur409   01 mai 2020
La pensée chatoyante : Ulysse et l'Odyssée de Pietro Citati
La cabane d’Eumée est le deuxième lieu de naissance du roman occidental : la deuxième Phéacie. Là-bas, c’étaient les chiens et les éphèbes d’or et d’argent d’Héphaïstos, les murs de bronze, et « un éclat pareil au soleil et à la lune » ; ici, le fumier des porcs, les tects des truies, de vrais chiens, et la chair du cochon qui grille sur le feu. C’était là le lieu du récit fantastique, dont se sont inspirées les histoires les plus célèbres des Mille et Une Nuits, ou encore Potocki, Hoffmann et Poe. C’est, ici, le siège du récit d’aventure dont descendent les romans hellénistiques et ceux de Dumas et Stevenson, pleins de voyages, de pirates et de trésors. Ces récits sont racontés, les uns comme les autres, en une nuit « incommensurable », qui excède les limites de ce qui est fixé par les dieux ; et ils suscitent le même écho. Comme les Phéaciens, Eumée est possédé et enchanté par cette voix incessante.
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Marc21   02 juillet 2011
La Lumière de la nuit de Pietro Citati
La seule connaissance que nous puissions avoir de Dieu, est la conscience que nous ne pouvons le connaître.
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