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4/5 (sur 126 notes)

Nationalité : Italie
Né(e) à : Florence , le 20/02/1930
Mort(e) à : Castiglione della Pescaia , le 28/07/2022
Biographie :

Pietro Citati est un écrivain et critique littéraire italien.

Il étudie à Turin à l'Institut social puis fait son lycée (lettres) au D'Azeglio. En 1942, Turin est bombardée et sa famille déménage en Ligurie : c'est ici qu'il commence en autodidacte l'étude de Shakespeare, Lord Byron, Platon, Homère, Alexandre Dumas, Poe.

En 1951, il obtient le diplôme de l'École normale supérieure de Pise (lettres modernes). Il entame une carrière de critique littéraire en collaborant à des revues comme Il Punto (aux côtés de Pier Paolo Pasolini), L'Approdo et Paragone. Dans les années 1960, il écrit pour le quotidien Il Giorno.

De 1973 à 1988 il s'occupe des articles de culture du Corriere della Sera. Il devient critique littéraire dans La Repubblica.

Il a obtenu de nombreuses récompenses dont le Prix de la latinité (Académie française et Académie des lettres brésiliennes) en 2000, mais aussi le prix Strega et le prix Bagutta. Il a également obtenu le prix Médicis étranger pour "Histoire qui fut heureuse, puis douloureuse et funeste" en 1991.

Pietro Citati a consacré un ouvrage à plusieurs figures féminines : Thérèse d'Avila, Jane Austen, Lou Andreas-Salomé, Virginia Woolf.

Il a reçu la distinction de chevalier grand-croix de l'Ordre du Mérite de la République italienne.
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Source : Le monde
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Pietro Citati : Portraits de femmes
Entre Paris et Venise, à bord du Venice Simplon Orient Express, Olivier BARROT présente le livre de Pietro CITATI "Portraits de femmes" publié dans la collection Folio. L'écrivain italien y fait le portrait de femmes célèbres comme Jane Austen, Lou Andréa Salomé, Virginia Woolf ou Katherine Mansfield.Ce sujet est illustré par des photographies de Pietro CITATI et de ses héroïnes.
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Citations et extraits (62) Voir plus Ajouter une citation
Flannery O'Connor et le récit


Flannery O'Connor passa la plus grande partie de sa vie en Géorgie, dans la vieille demeure familiale qui appartenait déjà aux siens avant la guerre de Sécession. Là, tout lui parlait du temps : les commodes, les rideaux , le divan et la chaise avaient connu ses arrière-grands-parents, ses grands-parents, son oncle, et elle construisit là son monde, parmi les parfums et les saveurs de sa famille.
Elle avait été une petite fille pieuse et rebelle.Chaque jour, elle se retirait dans une pièce fermée à clé, où elle faisait de féroces grimaces, tournoyant sur elle-même , les poings fermés, pour mettre son ange gardien hors de combat.Elle écrivait et illustrait des livres sur les oiseaux de la basse-cour.Elle fabriquait des bandes dessinées. Plus tard, elle raconta qu'elle avait dans ces années accumulé tout le trésor de ses expériences (...)

( p.228)
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Flannery O'Connor et le récit

(...)" J'ai assez d'énergie pour écrire, et comme c'est là tout ce que je dois faire ici-bas, je peux me déclarer satisfaite."
Comme tout catholique, elle connaissait l'art chrétien du bon usage des maladies. " Je n'ai jamais visité d'autres pays, sinon celui de la maladie et,en un certain sens, c'est une expédition qui vous nourrit plus qu'un long voyage en Europe.Mais c'est le seul endroit où personne ne puisse vous accompagner.

(p.231)
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Pietro Citati
Je pense que les livres traversent le temps. Ils ne sont pas toujours les mêmes, ils ont des aspects différents selon les siècles. Nous devons essayer de comprendre le mouvement des livres.
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Il s'agit de ce que Virginia Woolf appellera "des moments d'être". Clarissa Dalloway est chez elle ou se promène dans les jardins de Londres. Tout à coup, elle a une révélation : elle sent le monde devenir proche, lourd d'une signification stupéfiante et incompréhensible ; la croute mince de l'existence quotidienne s'est ouverte ; et Clarissa éprouve une passion proche de l'extase. L'instant tombe comme une goutte ; il l'imbibe de lui ; ou bien elle-même s'immerge en son centre, qui lui dilate les nerfs et le coeur. A ce moment, qui lui parait un avant-goût d'éternité et pourrait peut-être la perdre, elle connaît à la fois toutes les polarités de l'existence : la vie et la mort, la lumière et les ténèbres, le bonheur et l'horreur.
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A la fin il n'avait plus besoin d'aucun secours extérieur. Le temps se cachait au fond de lui : toutes les lumières, les musiques, tous les frémissements de la nature occupaient son organisme ; son corps était l'univers. Il lui suffisait d'interroger sa "cité intérieure de nerfs et de vaisseaux"*, d'écouter le "petit peuple de [ses] nerfs", actifs et éveillés, pour savoir tout ce qui se passait au-dehors, dans l'immensité du monde extérieur. Son corps de reclus vivait constamment en relation avec la totalité vibrante du cosmos, avec la solidarité des forces élémentaires. Voilà pourquoi nul autre poète de la météorologie ne nous convainc, ne nous charme et ne nous émeut comme Marcel Proust. [...]
"Et peut-être aussi la grande sobriété de ma vie sans voyages, sans promenades, sans société, sans lumière, écrivait-il à Marthe Bibesco, est-elle une circonstance contingente qui entretient chez moi la pérennité du désir"**. (1ère partie, ch. VI, p. 92)

* La recherche, III, 1095-1096.
** Correspondances, XI, 109.
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On éprouvait en l'apercevant ce léger tressaillement qui vous saisit lorsqu'en buvant du thé dans une porcelaine fragile et innocente , vous découvrez soudain au fond de le tasse une création minuscule, mi-femme mi-papillon qui vous salue d'un gracieux mouvement de manches
De Katherine Mansfield
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Les Lettres de Marina Tsvetaïeva

La correspondance de Marina Tsvetaïeva est, avec celle de Kafka, la plus belle de notre siècle. Je ne connais pas d'autre exemple d'une concentration intellectuelle aussi sublime.Nous lisons des centaines de lettres, adressées à des amis ou à des amants: il n'y a jamais une seconde de dispersion (...)
Elle était toute en limites, toute en
" non" , en murs, en refus.

( p.148)
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"..En décembre 1914, il (Francis Carco) se mit à écrire à Katherine Mansfield. Il lui disait qu'il l'avait aimée dès qu'elle est arrivée à Paris et qu'il aurait voulu vivre avec elle dans une cabane au bout du monde ; que, loin d'elle, il éprouvait un épouvantable sentiment de vide.. (..) Ce flux désordonné de paroles attira la petite fille sentimentale qui se cachait dans le coeur de Katherine Mansfield : elle aimait son existence chaleureuse, riche de sensations ; elle se croyait proche de lui et pensait que vivre avec lui serait plus conforme à sa "véritable nature" que les trois ans passés avec Middleton Murry ..."

Eh ben il eut de la chance ce Francis Carco, écrivain de second ordre, qu'on pensât ça de lui ! Fût-ce son quart d'heure non pas de gloire mais de fierté ?
Ca me fait penser au compositeur Erik Satie qui fut tout émoustillé pour avoir passé une nuit avec Suzanne Valodon. Il eût bien aimé vivre avec elle plus que la durée d'une nuit ce cher musicien, il eût bien décoché les meilleures notes pour elle et cette séparation soudaine fut plutôt un crève coeur pour lui.. Il ne s'en remit pas tout de suite !
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[sur Alexandre Dumas père]

Il avait une santé animale. Il dormait quand il voulait. Il mangeait comme Gargantua. Il restait douze heures ou deux nuits à sa table de travail, puis courait au restaurant faire la fête avec ses amis. Comme d’Artagnan, il avait un côté à la Figaro d’intrigant pratique et malin. Il était vain, frivole, vaniteux, mais d’une vanité candide et charmante. (…) Expliquer Dumas est probablement aussi inutile qu’expliquer la mer, les arbres et le crépuscule. D’un côté, qui fut plus romantique que lui ? Il aimait l’illimité, la totalité, l’énorme, les spatulées de couleurs rapides et violentes, les fresques peintes avec fougue en l’espace d’une nuit. D’autre part, quelles simplifications charmantes, quel bon sens admirable, quelle légèreté jamais démentie, quelle mesure naturelle !
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Brève vie de Katherine Mansfield

Elle n'était heureuse que la plume à la main: voir l'encre couler sur la feuille de papier était, pour elle, comme sentir le sang couler dans ses veines. Quelqu'un lui avait assigné une tâche, et elle devait s'en acquitter jusqu'au bout-sans anxiété, sans hâte, en lui conférant toute la beauté possible. C'est ainsi devint une religion, cependant que la maladie l'emprisonnait toujours davantage. "Serai-je capable d'exprimer un jour tout mon amour pour mon travail- mon désir de devenir un meilleur écrivain, le voeu fervent d'un travail plus consciencieux ? de dire la passion que j'éprouve ? Elle me tient lieu de religion, car elle est ma religion; elle remplace la compagnie des autres, car elle me crée des compagnons, et la vie même, parce qu'elle est la vie. (...) " (p.331)
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Pietro Citati (1930-2022)

Que signifie ce ciel si haut et si serein qui soudain emplit l'esprit du prince André ? Que veut dire ce calme profond qui brusquement interrompt le tumulte de l'histoire et la marche du roman ? Que nous confie cette vision extatique d'un mystérieux au-delà ? Nous sommes en face de la plus grande des révélations religieuses qui illumine l'esprit du prince André : la seule à laquelle il puisse atteindre à travers son rationalisme mathématique exacerbé.

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