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ISBN : 2290336653
Éditeur : J'ai Lu (06/10/2003)
Résumé :

Sindbad le marin est l'une des parties des Mille et Une Nuits, vaste recueil de contes élaboré par des générations d'auteurs entre le VIIIe e XIIe siècle. D'origine persane, ces contes se sont enrichis, par la suite, de nombreux apports arabes. Un palais magnifique, une gracieuse mélodie, des parfums enivrants... Au milieu de ces richesses, un homme vénérable, bien fait, entouré d'officiers et de domestiques ma... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Nastasia-B
  03 octobre 2015
Non, non, non, petit tricheur ! Et quoi qu'en dise la quatrième ou même la première de couverture, Sindbad le Marin n'appartient pas à l'ensemble qu'on appelle Les Mille Et Une Nuits. C'est ce petit polisson d'Antoine Galland (1646-1715), presque l'exact contemporain de Louis XIV, qui, face au succès de sa traduction des Mille Et Une Nuits et voyant qu'on lui en redemandait, s'est autorisé cette petite liberté, bien qu'environ quatre siècles séparent Sindbad le Marin des Mille Et Une Nuits.
On pense que la fixation par écrit des Mille Et Une Nuits doit être à peu près contemporaine de Saint Louis tandis que les aventures de Sindbad le Marin seraient quant à elles plutôt contemporaines de Charlemagne. Elles sont intéressantes à lire, mais pas nécessairement au premier degré. Elles valent, à mes yeux, surtout pour le témoignage historique et ethnographique qu'elles procurent.
Ainsi, nous cheminons, vent en poupe sur un vaisseau marchand arabe, au début du IXème siècle, aux quatre coins de l'Océan Indien et même un peu plus loin. Ceci démontre l'extraordinaire connaissance des mers que possédaient déjà les Arabes à cette période. (Pendant la lecture, j'étais toujours fourrée dans mon atlas à constater l'existence de telle ou telle île de l'Océan Indien dont j'ignorais qu'il en était tellement constellé.)
La narration se présente sous forme de récits rétrospectifs à l'occasion de la rencontre de Sindbad le portefaix (qui deviendra Sindbad le terrien) avec Sindbad le marin. le premier, très pauvre, reproche au second sa grande richesse et sa vie facile, faite de plaisir et d'oisiveté. Ce à quoi, Sindbad le marin répond en invoquant son droit à n'être jugé qu'après l'écoute du récit de ses aventures et péripéties en mer.
Chaque jour, le portefaix vient écouter l'une des aventures qui seront au nombre de sept. Ces aventures nous conduiront le plus souvent dans ce qui s'appelle aujourd'hui l'Indonésie, mais aussi aux Comores, à Madagascar, en Inde, au Sri Lanka et, probablement même, en Chine et au Japon lors du septième voyage.
La structure du récit de chaque voyage est très répétitive et peut s'avérer un peu lassante à la longue : départ de Baghdâd avec ses marchandises ; embarquement au port d'al Basra (nommé en français Bassorah et qui se situe de nos jours à plus de cent kilomètres à l'intérieur des terres en raison de l'ensablement dû aux alluvions du Tigre et de l'Euphrate) ; naufrage assez rapide ; Sindbad seul rescapé ; aventure fantastique ; Sindbad fait fortune ; un bateau le cueille au passage et retour sans problème vers l'Iraq.
En second lieu, ce qui est assez intéressant, après le témoignage historique et ethnographique qu'il faut dénouer du légendaire et du fantastique, il y a aussi la philosophie sous-jacente.
Sindbad n'est pas un héros ordinaire. Il est bourré de défauts, il est jouisseur, intéressé par l'argent, ne rechigne pas à boire de l'alcool, ne tient pas souvent sa parole lorsqu'il dit être vacciné des voyages, il a trucidé pas mal de monde aux cours de ses pérégrinations insulaires, mais on pourrait le surnommer " Lucky Sindbad " car il est toujours incroyablement favorisé par la chance et ce pour deux raisons.
Premièrement, il est avenant envers son prochain et généreux, deuxièmement, il a une foi inébranlable en son Dieu. Ceci en fait donc un personnage très humain, un bon musulman, humble, tolérant envers les coutumes, croyances et traditions des autres peuples.
Mais parallèlement, Sindbad a aussi un petit côté roublard, presque picaresque avant l'heure, ce qui en fait un personnage très attachant. Ce n'est pas un super héros, c'est un homme avec ses qualités et ses défauts, c'est juste qu'il a eu une destinée extraordinaire.
(Au passage, j'en profite pour vous signaler la traduction beaucoup plus fidèle de René Khawam, qui nous permet de nous faire une idée de ce qui peut être plausible dans ces récits et de nous faire à l'idée qu'une manière de Sindbad a probablement dû exister réellement et que le ou les rédacteur(s) de ses aventures avai(en)t très certainement dû le connaître, directement ou indirectement.)
Un livre, donc, qui vaut surtout pour son témoignage culturel plus que pour l'intérêt propre des aventures, mais un voyage qui, selon moi, vaut le coup et même si vous n'avez pas le pied marin. Mais ce n'est, bien entendu, que mon avis, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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Allantvers
  07 août 2016
Plaisant moment de culture que ce court mais trépidant extrait des Mille et une nuits auquel je n'avais jamais été confrontée, contrairement aux deux autres fameux Aladin et Ali Baba.
Il en voit de toutes les couleurs ce brave Sindbad, au cours de ses sept voyages : Balayé par les tempêtes, enlevé par des corsaires, mis à l'engraissage par des pygmées anthropophages, enterré vivant, menacé par des serpents et volatiles géants, ouf ! Mais lui s'en sort toujours, grâce à un solide bon sens, un instinct de survie à toute épreuve (quitte à ce qu'il s'exerce au détriment de ces semblables), et à la main de Dieu, de la nature et des potentats locaux qui chaque fois récompensent ses efforts de leurs prodigalités vertigineuses : diamants, bois rares et autres épices. Et chaque fois, Sindbad revient à Bagdad, et chaque fois il repart…
Récit initiatique, conte oriental propre à ravir les yeux d'enfants et déciller ceux des plus âgés : je me coucherai moins bête ce soir.
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brigittelascombe
  06 juin 2012
"Une belle écriture fait éclater la vérité", elle exalte donc la "beauté et l'harmonie du verbe" a dit le prophète Mahomet. La calligraphie arabe est donc empreinte de mysticisme et de poésie. C'est cet art mêlé de peinture figurative qu'a choisi Hassan Massoudy (Irakien diplomé de l'école des Beaux Arts de Paris au geste large, auteur de plusieurs ouvrages comme L'histoire de Gilgamesh) pour illuster de son tracé rapide et de ses couleurs douces infiltrées de lumière, Sindbad le Marin: Trois voyages, édition bilingue français-arabe chez Alternatives(d'après Les Mille et une Nuits).
Sindbad le Marin "habitant de la ville de Bagdad" vit de négoces à travers ses voyages. Il relate ici trois de ses aventures sur le thème de la "soif de découvertes", de la survie après naufrage et de trésors trouvés inopinément. Dans le premier conte, son bateau aborde une île s'avérant être une baleine et il se retrouve "à la merci des flots" puis naufragé chez le "roi Mithrage". Dans le second, abandonné par son navire, un énorme oiseau le transporte dans une vallée de diamants mais aux dangereux serpents.Dans le troisième, seul survivant d'un naufrage il s'en remet à Dieu.
Ces contes, bien qu'enfantins, m'ont évoqué L'alchimiste de Paulo Coelho et sa quête existentielle. Les calligraphies sont essentielles et les rendent annexes.
C'est lors d'un voyage à Kyoto, fasciné par l'harmonie pure et l'esthétique se dégageant d'un jardin zen (style Océan de la Contemplation) qu' Hassan Massoudy a été inspiré pour illustrer Sindbad le marin.
Volutes, arabesques élégantes, voiles aquarellées sur océan de lettres mouvantes, oiseau fleur aux ailes déployées, château, oeuf géant... je n'ai pas trop vu de lien avec le jardin zen du départ (si ce n'est peut-être la méditation entrainée, la spiritualité de l'océan de pierres sacré japonais vu comme un sanctuaire pour interprêter l'univers à rapprocher du côté mystique de la calligraphie arabe) mais l'émergence d'un style bien particulier dont la plume danse. A noter la mouvance de la mer fort bien rendue par les vagues de lettres et le même dessin (ex:une voile) sur une double page visualisé en entier ou par bout marquant l'avancée du bateau.
J'aime beaucoup ce genre d'ouvrage raffiné à rapprocher de le derviche et le calligraphe (calligraphié par Salah Moussawy sur des poèmes de Rumi).
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Pois0n
  29 juillet 2016
Les origines des aventures de Sindbad le marin et leur appartenance réelle aux Contes des mille et une nuits sont sujettes à caution: le texte ne figurait pas dans les manuscrits arabes originaux et ne serait qu'une invention d'Antoine Galland (le premier traducteur occidental des Mille et une nuits), basée sur différents textes dont l'Odyssée d'Homère... ce que le passage
()
laisse très bien transparaître.
Nous sommes donc en présence d'un récit-puzzle aux influences aussi diverses que les légendes mythologiques grecques, les récits syriens entendus par Galland lui ayant servi de base, et les "vrais" contes des Mille et une nuits originaux.
Est-ce que celà le rend moins intéressant? Non.
La première chose à noter, c'est que le texte de l'édition Librio est celui de Galland, intact, n'ayant pas été retouché depuis le XVIIIe siècle. Comprenez que le vocabulaire est riche, les tournures de phrases souvent délicieusement désuètes, quand ce ne sont pas les notes de bas de page qui sont complètement aux fraises, comme celle supposée nous décrire un sac en cuir prenant pour référence "ceux dont les barbiers se servent pour transporter leurs affaires dans la rue"... Pour le lecteur d'aujourd'hui, l'explication est presque plus nébuleuse que la description d'origine!
Les plus jeunes lecteurs, donc, auront peut-être un peu de mal.
Le conte nous présente donc les sept voyages de Sindbad le marin, l'ayant conduit à amasser une fortune colossale et à côtoyer des rois. Ayant été pensée pour faire partie d'un recueil beaucoup plus volumineux, l'histoire est donc courte, tout comme les chapitres qui la divisent, eux-mêmes interrompus par les pauses narratives de Schéhérazade, maîtresse du cliffhanger *before it was cool*.
Le principal problème de ces voyages où se mêlent tant des péripéties surnaturelles que beaucoup plus terre à terre, c'est tout d'abord la répétition. Que Sindbad fasse naufrage à chaque fois, passe encore, ça fait partie des mécaniques de l'histoire. En revanche, il y a décidément beaucoup d'îles avec des cannibales du côté de chez Sindbad, et ses camarades d'infortune ont une forte propension à se faire dévorer par *insérez quelque chose ici* le temps que le héros réfléchisse à un moyen de s'en sortir, parfois de façon totalement illogique
().
Bref, niveau cohérence, et à plusieurs reprises, c'est quand même assez bancal. Galland aurait pu utiliser des ficelles moins grosses pour faire de Sindbad le seul survivant à chaque fois! Et, à chaque fois, il lui suffit d'être retrouvé comme par miracle et de raconter son récit pour que l'auditoire, conquis, se décarcasse pour le renvoyer chez lui non sans le couvrir de présents. de vrais bisounours!
L'autre souci vient du fait que l'intérêt de ces contes dans le conte est sacrément inégal. Dans certains (notamment le premier), il ne se passe pas grand-chose, dans d'autres, il y a deux aventures en une mais pas forcément plus passionnantes. Finalement, seuls le troisième et le quatrième sortent vraiment du lot de par leur originalité.
Pour autant, tout n'est pas à jeter. On assiste à une réelle évolution de Sindbad, au début simplement insolemment chanceux, puis astucieux, et, finalement, prêt à tout pour s'en sortir
().
Dans un décor où tout n'est finalement que blanc ou noir, Sindbad est le seul élément à être nuancé, le personnage apprend, mûrit, même si le récit ne met pas trop l'accent là dessus. Et si l'on ne nous épargne pas une certaine leçon de morale ("j'en ai bavé pour arriver là où je suis"), celle-ci perd tout côté manichéen.
Au final, les aventures de Sindbad le marin constituent un conte merveilleux honnête, aux défauts toujours perceptibles, mais néanmoins plaisant à lire et surtout, finalement un peu plus subtil qu'il n'y paraît.
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
Pois0nPois0n   26 juillet 2016
Messeigneurs, leur dit-il, vous êtes sans doute en peine de savoir comment, après avoir fait cinq naufrages et essuyé tant de périls, je pus me résoudre encore à tenter la fortune et à chercher de nouvelles disgrâces. J'en suis étonné moi-même quand j'y fais réflexion, et il fallait assurément que j'y fusse entraîné par mon étoile.
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brigittelascombebrigittelascombe   06 juin 2012
J'achetai de belles terres, et y fis construire une somptueuse demeure.Ce fut ainsi que je m'établis,résolu à oublier les maux dont j'avais souffert et à jouir des plaisirs de la vie.
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brigittelascombebrigittelascombe   06 juin 2012
Comment savoir si la fortune ne m'attend pas au sortir de cet affreux écueil,pour me dédommager avec usures des pertes que m'a causé mon naufrage?
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