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ISBN : 2868691889
Éditeur : Actes Sud (10/08/1993)

Note moyenne : 4.06/5 (sur 9 notes)
Résumé :
Roman, en forme de fable, décrivant l'angoisse superstitieuse d'une communauté villageoise arménienne devant l'adultère

Avant de mourir dans sa ville de Dzoghi Boghaz (Arménie soviétique), Maître Mkrtitch a construit une fontaine sur la tombe de sa propre femme, la belle Héghnar qui lui fut infidèle. Et c’est pour rappeler à tous — Arméniens catholiques, Turcs musulmans, Grecs orthodoxes — la justice de Dieu et la honte d’Héghnar, qu’il a gravé sur la... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Annette55
  07 juillet 2014
Voilà un magnifique ouvrage paru en 1935, d'un écrivain né en Arménie Soviétique, doublé d'une légende d'amour impossible......dont notre mémoire gardera longtemps les échos....grâce au murmure et à la fraicheur des fontaines édifiées par Maître Mkrtitch , le fontainier de la petite ville de Gümri, qui s'éteindra à soixante cinq ans, après avoir édifié quarante fontaines .....
On prend grand plaisir à lire cette merveilleuse histoire contée avec tendresse, poésie, sensibilité dans l'Arménie lointaine du début du vingtième siècle où Grecs, Turcs et Arméniens vivaient alors en paix...
Une écriture ciselée, douce et agréable, en tout point semblable à ces contes orientaux où" Les tâches de soleil frémissantes déversent sur la terre une pluie d'or, d'un or singulier, d'un or magique....où l'oiseau s'embrasa d'une flamme éblouissante, insensée.....où le fleuve coule lent et solennel, remontant par l'origine à des millénaires chenus,remontant vers des millénaires nouveaux"......

Et l'on s'attache à cette musique fredonnée au fil des pages....
C'est l'histoire d'Héghnar, la belle épouse Arménienne de maître Mkrtitch, qui se déguisait en Turque pour rejoindre son jeune amant énamouré Varos,dans des jardins cachés....l'histoire de son sage, digne, inflexible époux qui fit édifier une fontaine à l'emplacement de sa tombe....la fontaine d'Héghnar qui se tarit si tôt ...qu'on l'approche: Justice de Dieu?Prodige? Miracle? Symbole d'éternité?,
L'histoire de la mystérieuse Héghnar aussi belle que fragile qui , d'un souffle, s'éteignit dés que sa Faute fut découverte.......
Un livre d'amour.....amour intemporel,amour interdit, amour impossible,amour et richesse de la langue,amour des mystères incomparables de l'eau, des beautés de la nature,de la splendeur du symbole vivant, clair et transparent de ces quarante fontaines appelées:Elles, à vivre de longues années encore, une vieille, une très vieille histoire....
" L'épouse n'est source que pour son mari, nul autre ne peut s'y abreuver."
Qui a dit que l'amour était un péché?
Qui a inventé cette loi.....?
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Chouchane
  18 juillet 2013
Ce roman paru en 1935 est le chef d'oeuvre d'un auteur arménien peu connu qui reprend ici les thèmes favoris de la littérature arménienne : l'amour, les interdits, la vie de village, la rudesse de règles inéluctables. Mais Armen va plus loin que le récit d'un drame amoureux, il dépeint - sans réellement le condamner - un monde cadenassé par les lois sociales. Dans la petite ville de Gumri vivent en paix, mais selon un protocole strict les arméniens, les turcs et les grecs. On s'appelle "mon frère" ou "ma soeur" sans qu'aucune mixité ne soit, toutefois, permise. Ce fragile équilibre régit par des convenances ne laisse que peu de liberté aux femmes qui sont les subordonnées de leur famille. Lesquelles les marient sans jamais leur demander leur avis à l'homme qui le désire ; ce dernier ne s'embarrassant pas, non plus, de savoir s'il est aimé ou désiré en retour. C'est ce qui arrive à la très belle Heghnar dont le maître fontainier s'est amouraché au point rompre un engagement crucial. Elle sera une épouse modèle et soumise jusqu'au jour où elle croise Varos un adolescent. Un amour doublement interdit en raison du statut et de l'âge. Dans cette société féodale où la place de chacun est verrouillée, la mort parait être le pendant de la liberté. Un récit en forme de tragédie antique qui a sans doute un peu vieilli mais qui fait la part belle à la nature, au bruit des sources et de fontaines, à la végétation et au soleil.
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Norlane
  14 juin 2019
Au départ, c'est un conte qu'on imagine raconté à la veillée. Dans une vallée en Arménie, où vivent en frères mais côte à côte Arméniens, Turcs et Grecs, un vieux Maitre artisan, fontainier, meurt.
Et puis commence le récit de l'adultère d'Héghnar et l'auteur pose cette question : la Loi du mariage, de la famille et de Dieu (commune aux chrétiens et aux musulmans) ou la loi de l'Amour ?
Beaucoup de descriptions de paysage, un peu répétitives (qui ne m'ont pas permis de vraiment visualiser les lieux, mais grâce à Internet qui permet de voir des photos : c'est exactement ça !), une plongée intéressante et métaphorique dans une culture, écrite en 1933-35.
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miriam
  20 avril 2013
La Fontaine d'Héghnar est un très beau roman d'amour. Amours impossibles, d'une femme mariée avec un très jeune amant. Amours cachées de deux arméniens qui se déguisaient pour se rencontrer dans le quartier turc de Gümri au temps ou Arméniens, Turcs et Grecs vivaient ensemble.
C'est aussi le roman des fontaines, de l'eau des ruisseaux qui s'écoule, du printemps fleuri.
C'est aussi une sorte de conte, où Mrktitch, le fontainier, l'artisan qui avait assigné à sa vie la construction de quarante fontaines dans sa ville, s'est éteint, le travail accompli, ayant offert à ses concitoyen ses plus belles oeuvres, sans compter la fontaine magique: la Fontaine d'Hégnar qui portait cet avertissement "L'épouse n'est source que pour son mari. Nul autre ne peut s'y abreuver" et qui se tarit dès qu'un autre que lui s'en approche. Miracle divin ou ultime artifice du fontainier?
Roman que j'emporterais sur une île déserte si je pouvais en emporter un 7ème!
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
NorlaneNorlane   12 juin 2019
Ils vivaient en frères, et pourtant, il leur fallait un lieu de réunion spécial à chacun, ils demeuraient dans des quartiers distincts, ils ne pouvaient se marier entre gens de deux communautés : Turcs et Arméniens (musulmans et chrétiens), ni même Grecs et Arméniens (chrétiens les uns comme les autres). Et ce n'est pas tout : les Arméniens d'obédience grégorienne ne pouvaient épouser les Arméniens d'obédience romaine.
Était-ce de honte ou cherchaient-ils à comprendre pourquoi les Turcs ne mangeaient pas de viande abattue par des Arméniens, pourquoi les Arméniens n'accepteraient jamais une miette de fromage turc, alors que les uns et les autres buvaient le même café, mangeaient le même pain - le lavach. Ou encore, ils se refusaient à boire l'eau les uns des autres, n'auraient pas donné leur verre à un homme d'une autre foi et pour rien au monde ne se seraient servi du sien : ils ne voulaient souiller ni leur bouche, ni leur vaisselle.
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ChouchaneChouchane   18 juillet 2013
I réserva la meilleur place au haut bout de la table, contre le tronc de l'arbre, au maître Mkrtitch absent. Il disposa sept autres petits verres sur la nappe et servit la vodka. A côté des verres de ses amis, il plaça les meilleures brochettes et d'autres mets. Puis, il s'assit à sa place habituelle (...) lorsque les derniers sons se furent fondus dans le feuillage frais, il leva son verre, effleura celui de maître Mkrtitch, et dit :
- Pour la dernière fois, ce toast est pour toi, ami. Quand on est mort, c'est pour très longtemps. Que ton souvenir demeure aussi longtemps parmi les hommes, maître.
Il trinqua une deuxième fois et vida son verre. Puis, tour à tour, il prit celui de Mkrtitch, celui d'Onès, celui de Karo, celui d'Aghassi, de Bagrat, de Sarkis, et jeta leur contenu dans le fleuve. Et tout s'en fut au fil de l'eau.
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Annette55Annette55   07 juillet 2014
L'époux n'est pas le maître, le seul maître est l'amour.......
Où est la fontaine?Moi, j'en boirai l'eau autant que je voudrai, à en noyer mon inextinguible soif. Ils sont à moi l'un et l'autre, mon amour et l'eau. L'amour nous vient de Dieu. L'amour seul est la Loi.
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ChouchaneChouchane   18 juillet 2013
- Mais, père, là-bas ce sont de grands professeurs qui enseignent.
- Ah, de grands professeurs !
Le maître serra ses doigts tremblants et se frappa violemment la poitrine.
- Je suis le plus grand professeur ! Choisis qui tu voudras pour maître, sans l'enseignement de ton père, tu ne vaux pas un liard...
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