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EAN : 9782896495443
Éditeur : VLB Editeur (04/09/2013)

Note moyenne : 4.32/5 (sur 17 notes)
Résumé :
Méfie-toi, lecteur. D'autres avant toi ont eu l'imprudence de s'intéresser au sombre destin de Zora Marjanna Lavanko. D'autres malheureux ont trouvé dans les pages de ce livre une matière si horrifiante qu'ils en ont à jamais perdu le repos. Prends bien garde de ne pas te mettre sur la route de Seppo, maître tripier et égorgeur de vierges, du capitaine Boyau, ignoble maquereau itinérant, de Glad l'Argus, barde sanguinaire, ou des autres vils personnages qui peuplent... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Saruoni
  12 octobre 2014
Madame Bovary, le Père Goriot, Phèdre, Chatterton, avez-vous remarqué que bon nombre d'oeuvres au héros éponyme sont des récits de destins qui se brisent ?
Zora un conte cruel de Philippe Arseneault est un roman qu'il conviendra désormais de hisser au rang des classiques tragiques de la littérature francophone. Zora, personnage central, cette jeune enfant conçue d'un viol qui naît sur le plancher sale de la taverne de l'Ours qui pète, espace interlope, au milieu des prostituées et des avorteurs est en effet l'archétype de l'héroïne de tragédie. Toutefois tout autre personnage qui apparaît dans cet oeuvre pourrait prétendre au titre. Les êtres infâmes qui hantent la forêt finlandaise des Fredouilles, où Zora vient à la vie à l'orée du XXème siècle, sont réduits à la plus simple acceptation de l'humain : un bloc de chair parcouru d'énergie. Ils naissent et meurent dans la douleur et la violence, mangent et se font manger, violent et se font violer, tuent et se font tuer. Car dans ces quelques kilomètres boisés aucune loi n'a cours, aucune morale n'entre en jeu. le seul mot d'ordre : la satisfaction immédiate des pulsions. On ne vit pas dans cette forêt, on y survit. On y fait la fête et on s'y saoule parce qu'il en est ainsi depuis la nuit des temps et que l'on ne connaît pas d'autre schéma d'existence. On s'y éteint en un éclair, comme s'il n'y avait aucune matière à consumer. Les personnages qui vivent en dehors de cet espace en marge sont moins creux, ont une vie intellectuelle intense mais souffrent d'autres tourments induits de facto. Il y a Tuomas le vieil alchimiste raffiné et philanthrope qui passe le plus clair de son temps à rechercher la formule de l'élixir de la vie éternelle et Tero un jeune homme obsédé de littérature poursuivi par une étrange mélodie. Zora, quant à elle, est une passerelle entre les deux mondes, née dans la fange elle s'épanouira dans l'or.
Car il serait réducteur de considérer le roman de Philippe Arseneault comme une simple oeuvre tragique. Il est impossible de la cantonner à un seul genre tant elle est foisonnante. La langue presque médiévale se prête au comique et au grotesque, certains épisodes sont bucoliques, certaines aventures proches de la fantasy, des créatures fantastiques peuplent les pages et la description des relations humaines est extrêmement réaliste.
Zora un conte cruel aurait pu s'intituler Une histoire de fange et d'or tant l'ambivalence de cette oeuvre est grande. Les descriptions les plus triviales baignant dans les fluides corporels les plus infâmes ont beau être légion, les aphorismes sur la beauté de la vie contrebalancent de la plus exquise et fine des façons le dégoût et le mépris que le lecteur ressent à l'encontre de certaines scènes d'une violence nauséenne ou de certains personnages antipathiques au plus haut point.
Je remercie les Editions des Equateurs de l'envoi de ce livre. le petit mot glissé dans le paquet me souhaitait d'être enchanté par ce roman. Je l'ai été. Enchanté par la richesse de la langue. Par l'humour du narrateur omniscient taquin. Emu de la plus belle des façons. La véritable émotion. Celle suscitée par l'émergence du rai de lumière dans l'obscurité.
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LadyDoubleH
  27 octobre 2014
Je tiens vivement à remercier Babelio et les éditions des Equateurs de m'avoir permis de découvrir ce premier roman de l'écrivain québécois Philippe Arsenault.
« Zora, un conte cruel » nous raconte la vie et le destin de Zora Marjanna Lavenko, fille accidentelle de Seppo, tripier abject et concupiscent propriétaire de l'auberge de l'Ours qui pète, repaire d'avorteurs, de violeurs et autres saoulards immondes de la non moins abominable forêt des Fredouilles, au nord de la Finlande. Qu'on se le dise, ce roman est tout simplement un chef d'oeuvre ! N'ayons pas peur des mots. Je viens de le terminer et je suis totalement envoutée.
Ce livre savoureux, à la fois conte et épopée, pourrait être érigé en manifeste (trash) pour la sauvegarde de la richesse sublime de la langue française. Sérieusement ! On est saisi dès le début par l'écriture imagée, crue, inventive, qui mêle avec bonheur une imagination délirante et tout un vocabulaire de moyen-français truculent. Ainsi, « la grande fille avait escoffié la créature en lui écrapoutissant la cervelle ». J'adore, absolument, comme j'ai aimé l'écriture des « Compagnons du crépuscule » de Bourgeon.
Cependant ne vous y trompez pas, âmes sensibles abstenez-vous de plonger dans ce « conte cruel » ; j‘ai failli vomir au moins à deux reprises, et même lâcher le livre, blêmie d'épouvante.
J'ai également été émue de la plus belle des façons par certains passages… C'est un roman travaillé, étonnant, tragique et violemment comique, qui flirte avec le fantastique et les légendes nordiques. Inclassable en somme, parfois choquant, toujours brillant.
A découvrir !!!
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akahama
  11 novembre 2014
Zora, un conte cruel, est un récit qui s'inspire du folklore nordique tant pour l'univers qu'il met en scène (la forêt des fredouilles en Finlande, l'auberge de l'Ours qui pète) que pour le format. le roman est en effet construit en deux temps: d'abord une série de petites histoires qui mettent en scène les mêmes personnages mais pourraient presque se lire indépendamment les unes des autres, façon racontars (Jørn Riel), ensuite une grande épopée, une véritable aventure pleine de courage, de magie et d'animaux sauvages. Ce grand paquet est enveloppé d'une prose pantagruélique, au sens littéral, et on aura compris au nom de l'auberge que rien de tout cela n'est à prendre au sérieux. Encore que...
Si "plaire et instruire" est le principe qui fonde la littérature française du 17ème, les nordiques ont depuis longtemps compris l'intérêt de mêler l'utile à l'agréable dans leurs sagas et autres Kalevala dans lesquels la tradition se transmettait accompagnée de leçons de vie.
Zora, malgré sa dimension parodique, s'inscrit dans cette droite ligne, et on jubile à la description des travers innombrables de Seppo, l'aubergiste cruel et idiot, et de la faune qui fréquente son établissement. On frémit au courage de Zora, on applaudit sa ruse, on pleure avec elle et pour elle. La langue est ornée, truculente, parfois même vulgaire, en tout cas, elle ne laisse pas indifférent.
J'ai d'abord était séduite, puis conquise par cette parodie-hommage aux personnages hauts en couleur, véritable plaidoyer pour l'instruction, la transmission, et évidemment, pour la littérature.
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Florel
  23 août 2014
Lors de mon avis de la page 100 j'avais fait part de mon ennui sur ce livre, et bien je vous avouerai qu'en ce qui concerne la première partie de ce livre – à laquelle fait partie la page 100 – ça ne change pas. Je me suis vraiment vraiment ennuyée. Comme je le disais l'auteur fait d'innombrables digressions pour planter le décor, ce qui devient très vite agaçant car on a cette impression de ne pas avancer. Impression en plus renforcée par le fait que Philippe Arseneault raconte toujours la même chose avec force de détaille sordide dans cette partie ; l'enfance miséreuse de Zora, la conduite de son père, l'ambiance de l'auberge tenue par ce dernier…
Pour faire court, cette partie est une horreur, surtout que j'ai été très gênée par cette crasse vulgaire qui entoure cette partie initiale. Personnellement je pense que l'auteur aurait pu raconter cette misère, cette société en marge, sans passer autant par la saleté et la vulgarité. A titre d'exemple un passage qui m'a dégoûtée, le baptême de Zora. Enfin plus exactement la vieille folle qui l'a baptisée, et qui avant de passer sa main dans les cheveux salles de Zora et de lui donner un nom, se grattait ostensiblement la « fouine » et les seins. Honnêtement, où est l'intérêt de faire ça ? Où est l'intérêt d'être dégoûtant à ce point ? de raconter ça ? Ca n'apporte rien de plus à l'histoire, enfin de mon point de vu. Et le pire c'est que des choses dans ce genre-là on en a un paquet ! Parfois je vous jure j'avais l'impression d'avoir un adolescent attardé comme narrateur (désolée pour l'écrivain), mais passons…
Passons car on arrive à la deuxième et troisième partie de ce roman. Et là je vais vous surprendre car j'ai apprécié énormément ce livre dès cette seconde partie, et s'il n'y avait pas eu la première partie je pense que ce roman n'aurait pas été loin du coup de coeur.
Dans cette seconde partie, Zora a grandi et vit auprès d'un vieil homme qui prend soin de cette jeune femme qu'il a pris soin de civilisée. Dans cette portion du roman j'ai trouvé un charme anglais représenté par cette petite maison et l'ambiance au coeur des bois. L'odeur des petits pains, la nature, le confort douillet de ce petit foyer, change du tout au tout l'ambiance du départ, et pour moi c'est déjà que du bon.
Mais c'est encore meilleur, car dans cette partie le mystère de ce roman apparaît vraiment. L'intrigue est clairement là, et nous lecteur on peut enfin s'attendre à quelque chose de plus consistant et de mouvementé, qu'une succession de fait sans réelle importance ne laissait plus espérer. C'est donc ici qu'arrive Tero, jeune médecin qui est obsédé par une chansonnette étrange et qui l'empêche de dormir. Qu'on retrouve Glad l'Argus, le capitaine Boyaux et les aventures qui vont avec.

Maintenant dans cette partie j'ai été ... (suite sur le blog)
Lien : http://voyagelivresque.canal..
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Marylineri
  04 décembre 2014
Ce livre m'a totalement dérangée lorsque je l'ai commencé. En effet, cela commence par l'histoire de L'ours qui pète et de son propriétaire, cuisinier écoeurant et particulièrement cruel. Il deviendra d'ailleurs le père de Zora, pauvre enfant issue d'un viol. Cette petite enfant va grandir dans cet univers plein de violence, de sexualité dévergondée et malsaine, un monde de bestialité et de cruauté au sein de la terrible forêt des Fredouilles. Mais elle sera sortie de cet enfer par un curieux alchimiste. ils vont tous deux couler des jours heureux jusqu'à l'arrivée d'un drôle d'hôte qui ne dort plus depuis des mois à cause d'une chanson...
L'écriture est ici souvent grossière, on rencontre beaucoup de mots inventés et l'auteur se plaît à rentrer dans des détails sordides qui m'ont parfois donnés envie de lâcher le livre mais je voulais savoir où il voulait en venir. Je ne regrette pas ma détermination malgré tout.
L'ensemble reste correct mais à ne pas mettre entre toutes les mains et il ne faut surtout pas s'attendre à une histoire douce et poétique et ce même avec la deuxième partie.
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critiques presse (1)
LaPresse   18 septembre 2013
Arseneault aime les beaux mots rares, les néologismes, l'univers fantastique et le monde médiéval. C'est à la fois la force et la faiblesse de ce premier roman: multipliant les descriptions, Arseneault s'est appesanti sur le «cruel» de son propos [...] au mépris de l'histoire et de la tension dramatique.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
LadyDoubleHLadyDoubleH   22 octobre 2014
L'enfant rota.
Ce fut une éructation de pachyderme, la mère de tous les rots, une détonation plus abasourdissante que dix-mille coups de canon ! Il n'est pas un humain sur la Terre qui n'eût pas ce soir-là le fondement secoué par l'onde de choc. Des Pygmées d'Afrique aux Esquimaux des étendues arctiques en passant par les hommes à cheval des steppes d'Asie centrale et ces drôles de basanés qui louchent dans les montagnes d'Amérique du Sud, les hommes et les femmes de tous les continents, pendant trois longues secondes en ce soir fatidique du 11 novembre 1892, ressentirent le rot de l'enfant. La Lune vacilla dans son coin du ciel. Un des anneaux de Saturne dévia légèrement de son orbite, mais reprit aussitôt sa place initiale ; le grand ordonnateur céleste veillait au grain, tout de même.
Comprenez, la petiote se retenait de roter depuis une semaine.
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LadyDoubleHLadyDoubleH   22 octobre 2014
A l'Ours qui pète
Tripes et viscères
Seppo Petteri Lavanko, maître tripier
Tout se mange

Purée de cervelle d'écureuil et trognons de tomates
Coeurs de loup bouilli dans un rata de navets du pays
Foie de lynx dans son jus, servi sur un lit de laitue vieillie
Ris de glouton flambé à l'alcool de morue
Potée de rognons de belette aux champignons du voisinage
Tête d'ours au four (2 personnes)
Frai de crapaud avec haricots rouges dans une sauce jaune
Gras double à la Seppo
Tripes de renne dans un beurre de truie, servies sur chapeaux d'amanites tue-mouche

Dessert
Baba au jus de putois
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SaruoniSaruoni   12 octobre 2014
Voyez des choses, Tero, regardez vivre les hommes. [...] Regardez leurs maisons. Regardez ce qu'il y a dans leurs assiettes. Regardez-les ouvrir leurs boutiques le matin et installer leurs marchandises. Regardez-les se battre sur les trottoirs pour trois pennis. Regardez-les boire et rire, chanter et discuter. Les couleurs et les mouvements du monde, des hommes et de la nature... Il faut vous en gaver jusqu'à plus faim.
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LadyDoubleHLadyDoubleH   28 octobre 2014
Il a fait un bien long voyage, ce grand bout de femme. Pour venir jusqu'à vous, elle est passée sous les fourches caudines, elle s'est fracassée sur les pires brisants de la vie. Et pourtant, la voilà, les os broyés, mais toujours vivante, tenace... Elle me fait penser à ces saumons qui se tuent parfois à remonter le cours des rivières où ils sont nés.
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BorntobealivreBorntobealivre   30 septembre 2014
Pour Zora la contemplative, les taloches, les injures et les déshonneurs qu'on lui infligeait à l'auberge et la faim qui lui torsait l'estomac pendant ses longues heures d'errance dans les bois n'étaient pas trop cher payer ces moments de bonace occasionnels pendant lesquels la forêt des Fredouilles déployait pour elle toute seule ses beautés et ses merveilles. Elle regarda autour d'elle ; la forêt s'étendait à l'infini.
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Video de Philippe Arseneault (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Philippe Arseneault
Philippe Arseneault - Zora, un conte cruel .Philippe Arseneault vous présente son ouvrage "Zora, un conte cruel" aux éditions des Equateurs. Rentrée littéraire 2014. http://www.mollat.com/livres/arseneault-philippe-zora-conte-cruel-9782849903148.html Notes de Musique : Yuri Temirkanov_ USSR State Symphony Orchestra/Sibelius Britten/9-01 Sibelius_ Sym #2 In d'Major Op.43 - 1. Allegretto. ®
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