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ISBN : 2379310386
Éditeur : humenSciences (17/04/2019)

Note moyenne : 4.08/5 (sur 6 notes)
Résumé :
Savez-vous que l’on compte cinq fois plus d’autistes chez les garçons, que 80 % des bègues sont de sexe masculin ou que neuf personnes incarcérées sur dix sont des hommes ? Pourquoi ? Parce que le cerveau masculin n’est pas construit de la même manière que son alter ego féminin. Unisexe à la conception, il se masculinise chez l’embryon puis au cours de la petite enfance, sous l’effet d’un tsunami hormonal.
Dans un style limpide, l’un des meilleurs spécialist... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
ithaque
  16 juillet 2019
Après la caille japonaise, l'auteur, zoologue de formation et neurobiologiste, s'en va tâter du cerveau humain ; en fin de compte, d'un point de vue basique( notamment le fameux cerveau « reptilien » commun à tant d'espèces), le plan de vol serait le même, à la louche, entre la tourterelle rieuse et nous. Beaucoup de structures, de localisations et de processus communs, en particulier sur la sexualisation des êtres. Normal, dit-il : la transmission des gènes est le gros sujet de tout ce qui vit, et la nature surveille de près les opérations, pas trop de fantaisie .
Beaucoup de questions abordées par le côté spiritualiste (spirituel/culturel/psychologique) trouvent un grand intérêt à être revues par ce biais biologique de continuité animal/homme, c'est le sujet de l'auteur et il est convaincant.
Parler de bases biologiques, notamment pour une différence cerveau masculin/cerveau féminin, ça ne se fait pas tout seul, et encore moins en France. Beaucoup de résistances au pays des Droits de l'Homme, ça coince, car autant tout le monde est d'accord pour accepter que la couleur des yeux soit héréditaire, autant, dire qu'il y a deux cerveaux, ça ne passe plus ; résistances au nom de l'égalité, au nom du libre arbitre, au nom du tout-éducatif, pour des motifs louables mais qui n'ont pas forcément lieu d'être. Egal ne veut pas dire identique. La neurobiologie n'exclut pas le rôle de l'éducation et du social, elle dit juste que c'est un paramètre supplémentaire, mais sur des bases biologiques. Culture et nature ne s'opposent pas, elles coexistent, s'entremêlent, mais il faut tenir compte des données scientifiques, avec des constantes inter-espèces.
Globalement, ce que Jacques Baltazart défend c'est que la science offre suffisamment de matière pour donner des bases biologiques à des notions comme l'autisme ou l'homosexualité et de ce fait annuler la culpabilisation des parents ou des individus. [Quand on pense au massacre que des années de psychanalyse sauvage ont pu faire sur les parents (surtout les mères, merveilleuses coupables), ce n'est pas dommage]. C'est une libération de la « faute », un allègement. Et son livre m'a paru extrêmement intéressant pour cette notion libératoire qu'il met en avant.
Une des autres conséquences tient à la médecine : les médicaments seraient essentiellement mis à l'étude sur des hommes, pour éviter les fluctuations du cycle hormonal de la femme ; or, on se rend compte après coup que les effets secondaires négatifs de certains médicaments se font majoritairement au détriment des femmes ; en y regardant de plus près, on se rend donc compte que les femmes ont des besoins différents en dosage et en heures de prise. D'où la nécessité d'une médecine différenciée.

Le cerveau initial serait féminin ,c'est la testostérone qui le dé-féminise. Cette hormone masculinise le cerveau in utero (rôle organisationnel) pour le rendre réceptif plus tard (rôle activateur, comme un bouton marche/arrêt). Un processus très net chez le rat par exemple, la testostérone déclenche un pic les 2 semaines précédant et suivant la naissance. Ce qui aboutit à des différences anatomiques identifiables (par exemple un noyau plus gros dans telle zone du cerveau chez les oiseaux mâles et qui nous permet de prédire qu'ils vocaliseront beaucoup plus que les femelles).
Le rôle des hormones est aussi très bien mis en valeur chez les campagnols : il y a ceux des montagnes, polygames, et ceux des campagnes, monogames, fidèles, tactiles ; pas de mystère, ce sont 2 hormones qui gèrent leur « sentimentalisme » ou son absence : chez le campagnol des campagnes les taux de certaines hormones sont beaucoup plus élevés (ocytocine chez la femelle et vasopressine chez le mâle) ; on peut d'ailleurs faire varier ces comportements en faisant varier les taux hormonaux.
La différence innée masculin/féminin est visible chez les jeunes primates : les chimpanzés mâles privilégient les jouets qui roulent ou qui tapent, alors que les femelles vont plus spontanément prendre des « poupées » ! Difficile de faire intervenir ici la pression sociale.
Pas de révélation fracassante sur les différences homme/femme, il confirme une meilleure spatialisation des hommes et une meilleure aptitude au langage chez la femme. [Bon, les taquineries sur la route des vacances ont encore de beaux jours devant elles !].Ce n'est pas sur un mode binaire tyrannique, ce sont plutôt des tendances. Sur le plan social, l'auteur s'interroge sur l'impératif de parité absolue. Les femmes, qu'on sait sous-représentées dans les postes à haute responsabilité ou en politique (dans les relations de pouvoir en gros), sont-elles juste bridées socialement ou n'ont-elles pas juste MOINS envie que les hommes de s'investir plus dans un travail ce qui entraîne MOINS dans leur vie affective ? Intéressant : dans les pays les plus égalitaires de longue date (Norvège/Suède), où tout est fait pour que chacun ait le choix, les femmes continuent de s'investir plus dans leur vie de famille et les hommes plus dans leur vie professionnelle. [L'erreur serait de généraliser, ça ne veut pas dire qu'aucune femme ne puisse se passionner pour la politique ou qu'un homme ne puisse pas préférer rentrer rigoler avec ses enfants que se taper une réunion jusqu'à 21h. Mais que les hommes et les femmes soient attirés par des choses parfois différentes, et cela de façon innée, ça ne pose pas forcément un problème éthique. Et ce ne serait pas forcément idéal que la société formate des individus totalement unisexes ; chacun peut avoir des envies différentes sans que ça lèse qui que ce soit ].
L'auteur aborde aussi la notion d'épigénétique, c'est-à-dire l'influence de l'environnement, qui va activer l'expression de certains gènes (sans les modifier) et qui peut entraîner une transmission héréditaire sur les générations suivantes.
Il évoque aussi Richard Dawkinsle gène égoïste ») pour qui on se trompe de perspective : la véritable échelle de la vie, ce sont les cellules. En gros, nous ne sommes que les moyens de transport et de dissémination de nos gamètes, qui sont le coeur du vivant. Des bons plans pour des scénarios de sf !
Jacques Balthazart n'est pas un gourou, pas de certitudes assénées, mais des convergences scientifiques bien étayées (en tout cas à mes yeux de profane) et toujours entourées de prudence dans leur interprétation. Son livre fait la part belle à l'épistémologie : comment la science avance, avec tous ses tâtonnements et ses incertitudes à lever. Il insiste notamment sur la complexité de l'interaction des facteurs. Il prend l'exemple du lancer de dés : cela nous paraît l'image même de l'aléatoire alors qu'en totalisant l'ensemble des paramètres (force du lancer, rugosité de la surface de réception, etc ) on pourrait prédire le résultat. C'est un entremêlement très complexe, et s'agissant du cerveau, c'est la même chose, il y a de multiples facteurs qui viennent interagir et qui nous échappent encore largement.
Il essaie autant que possible de rester accessible, il faut néanmoins avouer que sans culture scientifique il y a quelques passages accroche-toi-Jeannot , mais on n'est jamais largué non plus, on apprend beaucoup de choses et on a de la matière pour de nombreuses questions sur l'individu et la société!
Merci à Babelio et aux éditions Humensciences.
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MarieVictoire
  03 août 2019
Ayant grandi dans une fratrie de garçons et étant aujourd'hui maman de 2 garçons, j'ai toujours pensé que les hommes et les femmes étaient fondamentalement différents. Mais dans la société actuelle qui voudrait nous faire croire que nous sommes tous pareils, difficile d'exprimer ce genre d'opinions sans se voir taxée d'ignoble réac'. Et si au lieu de nous offusquer, nous allions plutôt voir ce qu'il en est d'un point de vue biologique ?
C'est ce que Jacques Balthazart s'attache à faire dans cet essai. Ayant constaté que le sujet, largement abordé dans les pays anglophones, restait méconnu en France, le neuroendocrinologue a voulu apporter une vision synthétique de l'état des connaissances actuelles sur les différences entre cerveaux masculins et féminins. Car oui, homme et femme, nous ne nous comportons pas de la même manière. Et si la culture a bien une influence, ces différences sont présentes bien avant notre naissance et se développent chez l'embryon.
Jacques Balthazart nous livre ici un ouvrage de vulgarisation très intéressant et éclairant, mais qui se révèle parfois un peu compliqué pour ceux qui, comme moi, ont abandonné la science sur les bancs du lycée...
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Lombrederrierelesmots
  01 août 2019
Cerveau masculin ou féminin : sujet particulièrement intéressant mais dont la thématique sensible requiert quelques précautions.
Jacques Balthazart nous propose une étude et une analyse du déterminisme biologique qui influence nos comportements plus ou moins genrés. Malgré la polémique sous-jacente à ce genre de sujet, le neuroendocrinologue réussit à présenter ses arguments tout en nuançant ses propos. Il est intéressant de lire un texte français qui traite du sujet lorsque certains pays au delà de l'Atlantique l'aborde sans complexe depuis quelques années déjà.
La vulgarisation scientifique dont fait preuve le texte permet de comprendre la nature de ces particularités biologiques et d'en apprendre davantage sur les identités de genre et les comportements sexués
Pour tous les curieux de cette thématique, je recommande !
Merci à babelio et aux éditions Humensciences.
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abcdefghijklm
  21 juillet 2019
Un livre très intéressant sur les différences entre cerveaux masculins et féminins, leurs genèses et les conséquences. Un point sur les différentes études des 30 dernières années sur les connaissances de la science et l'explication des différences neuroanatomiques et comportementales entre homme et femme. Sujet complexe et peu publié en France malgré des milliers d'articles scientifiques. Excellent bouquin, parfois ardu.
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
abcdefghijklmabcdefghijklm   21 juillet 2019
Cet afflux de testostérone à la fois prénatal et postnatal a deux effets. D’une part, il masculinise le cerveau, le rendant capable de répondre plus tard à la testostérone que produiront les testicules devenus adultes et de réaliser en réaction des comportements sexuels de type mâle. D’autre part, il le déféminise, le rendant incapable de produire des comportements de type femelle. C’est ce qui constitue le cœur du processus de sexualisation. Car, au départ, le cerveau de l’embryon est neutre. Chez l’embryon femelle, les ovaires resteront au repos jusqu’à la puberté ; peu d’hormones circulent dans le corps avant cela, si bien qu’aucun processus de masculinisation n’a lieu, pas plus que de déféminisation. Ainsi, il parait de moins en moins probable qu’Eve ait pu naître de la côte d’Adam…
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abcdefghijklmabcdefghijklm   21 juillet 2019
Commence ainsi à se dessiner le mécanisme précis de la différenciation sexuelle, ce que j’appellerai la « cascade de la différenciation ». Tout d’abord, le sexe génétique induit le sexe gonadal (ovaire ou testicule) qui induit le sexe hormonal, et enfin le sexe phénotypique. Le grand nombre d’étapes que comprend cette cascade explique pourquoi le dernier stade, le sexe phénotypique peut parfois, en particulier chez le male, ne pas correspondre au sexe génétique : car ces caractères extérieurs n’en découlent que dans la mesure où tout se déroule comme prévu.
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abcdefghijklmabcdefghijklm   21 juillet 2019
De même, leur composition s’avère en moyenne dissemblable, les femmes disposant d'un plus fort pourcentage de substance grise (de neurones, pour aller vite) que les hommes et, par conséquent, les hommes ayant un plus grand pourcentage de substance blanche (des connexions myélinisées). ...
Les cerveaux féminins privilégieraient en effet les connexions bilatérales entre deux hémisphères du cerveau, quand les cerveaux masculins présenteraient plus volontiers des connexions antéropostérieures - d'avant en arrière dans le même hémisphère.
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abcdefghijklmabcdefghijklm   21 juillet 2019
Dans la nature, la monogamie est extrêmement rare, et plus encore qu'on l'imaginait il y a peu... On avait ainsi établi que seuls 3 à 4% des mammifères étaient monogames, mais que cette proportion atteignait plus de 90% chez les oiseaux. Des études récentes sont venues battre en brèche ces certitudes.
Autre constat : dans la nature, plus on est polygame, plus on est dimorphique. A l’inverse, les espèces réellement monogames ne le sont pas du tout, telles que les oies cendrées ou encore les tourterelles.
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abcdefghijklmabcdefghijklm   17 juillet 2019
Il existe de nombreuses différences morphologiques, physiologiques et comportementales entre hommes et femmes, que tout le monde, les Français compris, admet sans peine. Après tout, la culture française, très portée sur la galanterie, a distingué bien plus que d'autres les rôles des deux sexes au cours de son histoire. Mais évoquez l'existence d'un cerveau spécifiquement masculin et vous verrez se lever les boucliers.
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