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ISBN : 2365692990
Éditeur : Editions Les Escales (05/10/2017)

Note moyenne : 3.85/5 (sur 10 notes)
Résumé :
Sophie a quarante-trois ans. Elle vit à Paris avec Alain. Tous les jours, elle prend le RER pour aller travailler à la Défense. On la veut efficace, rapide, moderne, performante. Elle s'y emploie. Mais la cadence est infernale, elle se sent au bout d'un cycle - bientôt sera vieille. Elle n'a pas d'enfant. Un jour, acculée par son patron qui lui reproche la mauvaise gestion d'un dossier, elle ment. Prétend être enceinte. C'est le début d'un engrenage, tout un système... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
beatriceferon
  27 février 2018
Sophie Megnier est cadre dans la société de communication Worldwide, à la Défense. Aller au travail dans la foule anxieuse du matin lui pèse chaque jour davantage. « Rien que de penser à « là-bas », je me sens soudain plus fatiguée et les pulsations de mon coeur s'accélèrent. « Là-bas », immenses immeubles dressés comme des barreaux, et dedans ces milliers d'alvéoles. Dans l'une d'elles il y a moi, bouffée de l'intérieur toute la journée... »
A quarante-trois ans, réfractaire aux nouvelles technologies, Sophie redoute de découvrir son nom sur la prochaine liste des licenciés. Alors, sous l'effet de la panique, elle lance le mensonge : elle est enceinte. On ne va quand même pas jeter une future mère. Et, un pas après l'autre elle devient cette « femme qui ment ».
J'avais adoré « Les choix secrets » et m'étais réjouie de le voir décrocher le Prix Horizon du deuxième roman. C'est donc avec impatience que j'attendais la suite. Il m'a fallu ronger mon frein pendant cinq ans. Aussi, lorsque sort « La femme qui ment », je me précipite.
L'auteur nous entraîne ici dans l'univers inhumain d'un monde du travail qui exige toujours plus de performances, toujours plus de disponibilité de la part des employés, traités comme de simples pions. S'ils manifestent la moindre défaillance, s'ils ne sont pas capables de suivre les cadences infernales, la machine les broie sans pitié. « Je ne sors plus. Je bosse sans arrêt. Une pause d'une demi-heure et c'est tout ». C'est donc le coeur serré que je suis entrée dans cette lecture, avec une sensation d'angoisse. Car Hervé Bel excelle à faire ressentir ce monde effrayant et déshumanisé, qu'on trouvait déjà dans « La nuit du Vojd ». Il nous le présente de l'intérieur, car, à certains moments, on est dans la tête de Sophie, et de l'extérieur puisqu'il y a aussi un narrateur omniscient.
J'ai ressenti une terrible impression d'oppression, de malaise, car plusieurs de mes proches ont vécu ou vivent encore un pareil harcèlement au travail. « Dans les faits, nous sommes de plus en plus contrôlés. Lionel a institué les term sheets !... Il appelle ça « l'auto-contrôle » (…) Je suis obligée d'inscrire chaque jour, en pourcentage, le temps consacré sur les dossiers dont je suis responsable (…) Il leur est apparu clairement que je ne gère pas mon temps correctement, que je gaspille en m'attardant aux dossiers moins rentables, au détriment de ceux qui font vivre la boîte. » Chacun se regarde en chien de faïence. Certains n'hésitent pas à planter un poignard dans le dos des collaborateurs. « Allison, je sais qu'elle lorgne ma place. Régulièrement, elle va discuter avec Lionel. Elle voit avec lui en direct certains dossiers. »
A ce monde robotisé, Hervé Bel oppose le paradis dans lequel évolue Alain, un enseignant qui dispose d'énormément de temps libre. Il est, par conséquent, détendu et serein. En lisant ceci, j'inviterais tout de même l'auteur à venir prendre notre place, ne serait-ce que pendant quelques jours, dans cet éden supposé. Il y trouverait certainement matière à une nouvelle histoire angoissante !
Hervé Bel analyse avec une finesse extraordinaire les sentiments de ses personnages. J'ai été particulièrement frappée par cette scène entre les époux, qui sonne tellement juste : « La colère monte en elle comme en lui. Soudain, elle est prête au pire, à dire ce qui monte, irrépressible. Les disputes commencent toujours pour des riens, semble-t-il, un regard, un ton déplaisant, une broutille, une vaguelette échouant sur la plage (…) A cet instant, chacun cherche ce qui pourra blesser l'autre (…) Il lui faut faire le plus de mal possible. » A méditer avant la prochaine querelle !
On entre dans la tête de Sophie. On vit avec elle le stress du monde robotisé de la Défense. On observe les manigances des employés qui veulent attirer l'attention de leurs supérieurs. Les dirigeants ne pensent que chiffres d'affaires. A leurs yeux, les travailleurs ne sont que des noms sur une liste. Ils ont perdu leur humanité. Il y a celui qu'on a mis au placard, qui pourrait renoncer, s'en aller. Mais non. Il s'accroche avec l'énergie du désespoir. Il y a celle-ci, cultivée – elle lit certainement un livre par jour – en revanche, elle est dépassée par l'univers informatique. Qu'importe sa richesse intérieure, seule compte la rentabilité.
En face, il y a la sphère de l'intime, celle des amis du couple. Guère plus sympathiques, hélas. Pour eux, Sophie est cet être monstrueux : une femme sans enfant. Les mères qui l'entourent n'ont qu'un seul sujet de conversation : leur progéniture, son premier mot, sa première dent, sa fièvre. Sophie est anormale à leurs yeux.
Pour Sophie, l'amitié exceptionnelle qui lie Alain, son mari, et Philippe, a des relents de soufre. Alain admire Philippe, mais, en dépit de l'affection, il ne voit en lui qu'un fils de famille qui a toujours vécu dans un univers riche, ouaté. Il ne s'interroge pas sur ses blessures secrètes.
Alain est divorcé. Sa relation avec Juliette était destructrice (elle m'a rappelé certains aspects terrifiants des « Choix secrets »). Lorsqu'il rencontre Sophie, il la considère comme la femme de sa vie qu'il veut garder à tout prix. Et, à cause de cela, il va jusqu'à la blesser gravement.
L'univers de ce roman est souvent noir, oppressant, à l'instar des deux oeuvres précédentes. Pourtant, ici, on voit poindre une lueur d'espoir, un souffle apaisé qui viennent heureusement soulager le lecteur.
J'ai adoré et n'ai qu'un seul message pour l'auteur : « Encore ! ».
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Saroulit
  21 décembre 2018
Sophie a 43 ans, elle vit à Paris avec Alain avec lequel elle n'a pas d'enfants. Cela l'angoisse tout autant que son travail au sein d'une agence de communication en plein plan social. A l'heure où la communication digitale est en plein essor, sa direction décide de revoir son organisation en privilégiant l'embauche de jeunes cadres fraichement diplômés et plus au fait des nouvelles technologies, au détriment des collaborateurs plus anciens.
A l'âge qu'elle a, Sophie sait qu'elle est sur la sellette. Que va-t-elle devenir, elle qui se voit vieillir chaque jour avec en plus l'angoisse de ne pas avoir enfanté... Face à tant de pression et pensant ainsi se protéger d'un éventuel licenciement, Sophie décide de s'inventer une grossesse. Mais sur le long terme, comment contenir un tel mensonge?
J'ai beaucoup aimé les personnages de Sophie et Alain dont la psychologie est bien décrite. C'est une véritable descente aux enfers à laquelle nous assistons car le mensonge de Sophie va avoir des répercussions colossales évidemment imprévues au départ.
Ce livre est également une réflexion sur le monde du travail de nos jours, sa précarité et la fragilité des liens de plus en plus superficiels. Cependant, un certain malaise m'a accompagné tout au long de ma lecture (même si je vous recommande ce livre chers lecteurs) car au final, Sophie pourrait très bien être l'un d'entre nous...
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Lizouzou
  05 octobre 2017
A 43 ans, Sophie vit avec Alain, travaille à la Défense et n'a pas d'enfant. Son boulot étant menacé par une restructuration de l'entreprise, Sophie invente alors qu'elle est enceinte. Ce mensonge qu'elle aimerait tant qu'il devienne réalité, va petit à petit bouleverser son quotidien et sa vie.
J'ai tout de suite été attiré par ce résumé et par l'histoire de Sophie.
L'auteur nous dresse le portrait d'une femme qui a 43 ans et qui se sent vieillir à vue d'oeil. Tout d'abord par rapport à son boulot. Dans une entreprise de communication, il faut être au top des nouvelles technologies et malheureusement, Sophie sent qu'elle est à la traîne dans ce domaine. Alors elle se sent de plus en plus mal à l'idée de travailler et sent une épée de Damoclès au dessus de sa tête. Elle est prête à tout pour garder son travail, quitte à mentir...
Puis l'idée de vieillir se renforce également dans sa vie personnelle où à son âge, elle n'a toujours pas d'enfant. S'en suit une pression sociale dû au rôle de mère pour une femme.
Ce sont ces deux aspects qui dominent dans le roman. D'une part, le monde du travail, assez froid, où le burn-out n'est jamais loin et qui s'accompagne de restructuration, le licenciement et de pression professionnelle. Puis d'un autre côté, la place de la maternité dans la vie d'une femme et la pression qui s'exerce autour de tout ça.
Pour tenter de fuir son mal-être et ses problèmes, Sophie s'invente une grossesse, au travail d'abord et dans son couple ensuite. Vous vous doutez bien que ce secret va apporter son lot de complications. Je vous laisse d'ailleurs les découvrir par vous-même !
J'ai beaucoup aimé le style d'écriture d'Hervé Bel. Il a parfaitement réussi à se mettre à la place d'une femme et à nous confronter à des problèmes d'actualité sans être rébarbatif et sans longueur.
Bref, un portrait de femme et du monde du travail assez réaliste !
Lien : http://lespetitslivresdelizo..
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Lizouzou
  05 octobre 2017
A 43 ans, Sophie vit avec Alain, travaille à la Défense et n'a pas d'enfant. Son boulot étant menacé par une restructuration de l'entreprise, Sophie invente alors qu'elle est enceinte. Ce mensonge qu'elle aimerait tant qu'il devienne réalité, va petit à petit bouleverser son quotidien et sa vie.
J'ai tout de suite été attiré par ce résumé et par l'histoire de Sophie.
L'auteur nous dresse le portrait d'une femme qui a 43 ans et qui se sent vieillir à vue d'oeil. Tout d'abord par rapport à son boulot. Dans une entreprise de communication, il faut être au top des nouvelles technologies et malheureusement, Sophie sent qu'elle est à la traîne dans ce domaine. Alors elle se sent de plus en plus mal à l'idée de travailler et sent une épée de Damoclès au dessus de sa tête. Elle est prête à tout pour garder son travail, quitte à mentir...
Puis l'idée de vieillir se renforce également dans sa vie personnelle où à son âge, elle n'a toujours pas d'enfant. S'en suit une pression sociale dû au rôle de mère pour une femme.
Ce sont ces deux aspects qui dominent dans le roman. D'une part, le monde du travail, assez froid, où le burn-out n'est jamais loin et qui s'accompagne de restructuration, le licenciement et de pression professionnelle. Puis d'un autre côté, la place de la maternité dans la vie d'une femme et la pression qui s'exerce autour de tout ça.
Pour tenter de fuir son mal-être et ses problèmes, Sophie s'invente une grossesse, au travail d'abord et dans son couple ensuite. Vous vous doutez bien que ce secret va apporter son lot de complications. Je vous laisse d'ailleurs les découvrir par vous-même !
J'ai beaucoup aimé le style d'écriture d'Hervé Bel. Il a parfaitement réussi à se mettre à la place d'une femme et à nous confronter à des problèmes d'actualité sans être rébarbatif et sans longueur.
Bref, un portrait de femme et du monde du travail assez réaliste !
Lien : http://lespetitslivresdelizo..
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BettieRose
  04 janvier 2018
La femme qui ment pourrait être vous ou moi. Dans une situation d'urgence, oppressante, Sophie ment pour prendre la fuite. Mais elle ne se doute pas du pouvoir dévastateur d'un tel acte et de qui elle pourrait entraîner avec elle. Une errance aux travers des pressions sociales et inhérentes au statut de femme, mais aussi celle de la pression impitoyable au travail. Fascinant et tellement vibrant d'authenticité !
J'ai eu plaisir à découvrir la plume de l'auteur. Je me suis imaginée sans mal à la place de Sophie, sans doute en raison de mon vécu professionnel et en tant que nullipare. Sophie est une femme « ordinaire », mais ordinaire ne veut pas dire banale. Et cela, elle va devoir l'apprendre, difficilement. Alain, son conjoint n'est pas non plus parfait, mais le couple n'est-il pas la somme des imperfections ? Hervé Bel nous fait découvrir l'univers sombre et sans concessions de la Défense, où les têtes tombent sans remords ni états d'âme, un monde de l'employé remplaçable ou recyclable, celui où l'âge peut, à lui seul, déterminer la suite de votre carrière. Abordant quelques profils types de salariés, il met en lumière les risques tout aussi typiques encourus. J'ai apprécié le personnage de Lionel, qui, finalement est encore plus acculé et sous pression que Sophie.
Lien : https://bettierosebooks.com/..
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
LizouzouLizouzou   05 octobre 2017
Les rêves, on les fait tout seul, et c'est là leur limite. Certes, un instant, au moment du réveil, ils tentent de résister, d'absorber le réel. Ils transforment la sonnerie du réveil en une volée de cloches dans quelque campagne riante, intègrent les pas des voisins du dessus dans l'étrange aventure qui se déroule dans la tête. Mais rien n'y fait, ils se dissolvent dans le quotidien revenu. On se lève avec un vague souvenir. On pourrait le raconter, mais à quoi bon, personne n'y croit. Le mensonge, lui, est une possibilité. Dans cette perspective, le menteur peut le concevoir comme une réalité reportée dans l'avenir. Ses effets sont bien réels, car les autres, en l'apprenant, agissent comme s'il était vrai. Le menteur voit alors dans leurs yeux, leurs gestes, son rêve matérialisé. Ce plaisir vaut tous les rêves.
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LizouzouLizouzou   05 octobre 2017
Les rêves, on les fait tout seul, et c'est là leur limite. Certes, un instant, au moment du réveil, ils tentent de résister, d'absorber le réel. Ils transforment la sonnerie du réveil en une volée de cloches dans quelque campagne riante, intègrent les pas des voisins du dessus dans l'étrange aventure qui se déroule dans la tête. Mais rien n'y fait, ils se dissolvent dans le quotidien revenu. On se lève avec un vague souvenir. On pourrait le raconter, mais à quoi bon, personne n'y croit. Le mensonge, lui, est une possibilité. Dans cette perspective, le menteur peut le concevoir comme une réalité reportée dans l'avenir. Ses effets sont bien réels, car les autres, en l'apprenant, agissent comme s'il était vrai. Le menteur voit alors dans leurs yeux, leurs gestes, son rêve matérialisé. Ce plaisir vaut tous les rêves.
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luocineluocine   05 juin 2018
Avant, les gens travaillaient à Paris toute leur existence.…À la défense on erre comme des malheureux sur le parvis, ou bien dans les galerie commercial des quatre temps. D’ailleurs je ne sors plus. Je bosse sans arrêt. Une pause d’une demi-heure, et c’est tout.
Le bus. Les gens. On voit qu’ils vont à la défense. Leurs visages portent l’uniforme de la gravité et de l’ennui.
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BibaliceBibalice   13 janvier 2017
L'appartement est irrespirable. Pendant la nuit, les murs exsudent, comme une mauvaise fièvre, la chaleur accumulée pendant la journée. Cela dure depuis au moins deux semaines.
J'ai mal à l'estomac. Un goût acide à la bouche. Mauvaise haleine. Rien que de penser à "là-bas", je me sens soudain plus fatiguée, et les pulsations de mon cœur s'accélèrent.
"Là-bas." Derrière ces mots, je sens, je vois : les immenses immeubles comme des barreaux, et dedans ces milliers d'alvéoles. Dans l'un d'elles, il y a moi.
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LizouzouLizouzou   05 octobre 2017
Quoi qu'on y fasse, les plus grandes émotions, les plus belles, dont on se souvient toujours, viennent de l'amour, quitte à les maudire ensuite.
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