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ISBN : 9973580346
Éditeur : Editions Elyzad (01/02/2011)

Note moyenne : 3.96/5 (sur 13 notes)
Résumé :
Tripoli, dans les années 1960. Le narrateur est un jeune garçon dont on vient de fêter la circoncision. Il recueille les confidences du monde féminin qui l’entoure: sa mère et ses amies. De Fella la «mangeuse d’hommes», à Signora Filomena, la couturière, en passant par Hadja Kimya la sorcière et Tante Nafissa qui fume et boit, le narrateur va forger sa sensibilité.
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
zazy
  04 février 2012
J'ai lu « La compagnie des Tripolitaines » dans le cadre de l'opération Deux éditeurs se livrent spécial Maghreb, organisée par Libfly, les éditions Barzakh et Elyzad et je les remercie chaleureusement. J'ai encore pu apprécier la qualité d'impression, la beauté du papier, le travail bien fait.
Hadachinou, jeune garçon tripolitain erre dans la maison en attendant quoi ? Il n'en sait rien, mais quelque chose se trame. Tante Fatima est là avec sa fille Houda, le boucher sacrifie un agneau, sa mère prépare à manger. On lui rase le crâne, hormis un toupet sur le front et l'habille de blanc. Dans la salle à manger, le père et ses amis mangent et prient. A la fin de la sourate un homme muni d'une lame de rasoir lui demande d'avancer et c'est la circoncision. Hadachinou ne fait plus partie des petits : c'est un homme maintenant, il va devoir quitter les lieux des femmes, alors qu'il préfère leur compagnie à celles de camarades de jeux, d'ailleurs, il n'en a pas.
Alors que la circoncision devrait être une étape importante dans la vie d'un petit garçon musulman, Hadachinou préfère nous parler de « ses femmes » dans la Tripoli multiculturelle et multiconfessionnelle des années 60, celle d'avant Kadhafi. Une ville qui se relève bien que meurtrie par la guerre et l'occupation italienne.
Sa mère, qui le rabroue, Tante Zohra, si timide, si effacée, si démunie. Vient le tour de tante Hiba qui redoute les coups de son versatile époux, jamais content trouvant tous les prétextes pour la battre comme plâtre.
Par contre, rendre visite à Fella la juive et ses bonbons au miel, quel plaisir ! Avec elle il ose parler, lui faire des confidences. Et la Signora Filomena, la couturière italienne, toujours en retrait, mais qui savait être gaie. Nafissa était sa meilleure amie… elles fumaient et buvaient ensemble en se tenant par la main…. Et il y a Jamila, l'amie d'enfance de sa mère Ah Jamila !
Il écoute et connait toutes leurs histoires, des histoires toujours un peu tristes de viol, mariage forcé….Elles se mettent à nu devant lui en parlant de leurs corps maqués par les grossesses, la flétrissure de leurs visages, les assauts de leurs maris… Elles ne sont pas tendres avec eux. Ils ne sont pas beaux ces hommes : ils battent leurs femmes, se saoulent, ne font rien ou pas grand-chose, passent leurs temps à la mosquée ou… ailleurs.
Pendant ce temps, elles discutent entre elles, se retrouvent comme des petites filles, avant le mariage. Ces babilles leurs permettent de résister, de continuer à vivre, car la vie n'est pas tendre avec elles. Leurs conversations tendres ou douces-amères, peuvent être crues

La cuisine est omniprésente dans ce livre et le souvenir qu'il en a très puissant. Comme la ville, elle est multiraciale, colorée et pimentée
J'ai aimé suivre Hadachinou lorsqu'il écrase les tomates avec les pieds, quand il regarde les femmes. C'est un véritable éveil à la sensualité. J'aime comme il aime ces femmes. C'est presque un livre féministe, surprenant car écrit par un homme, mais un homme qui les regarde avec si une grande tendresse.

Lien : http://zazymut.over-blog.com..
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beeshop
  11 janvier 2012
Tripoli, dans les années soixante. le livre débute sur la circoncision du narrateur, Hadachinou. On se doute alors que bientôt Hadachinou va devoir prendre de la distance avec le monde de femme qu'il nous raconte. Sa mère, ses tantes, Fella la croqueuse d'homme, Jamila la séduisante, Nafissa qui boit et fume, Tibra dont les hommes tombent amoureux jusqu'à la folie. Ces femmes sont d'origine juives, musulmanes, italiennes, berbères, chacune apporte au groupe une histoire, un passé, un vécu, des idées, des combats. Hadachinou observe ces femmes, les écoutes, certaine le fascine et éveille en lui des désirs adolescents. Les femmes le traitent en petit prince puis d'un coup le chasse de leur huit-clos féminin. Hadachinou connait chaque femme sous deux facettes : les femmes face aux hommes et les femmes entre elle.
Dans ce livre les hommes n'ont pas le beau rôle, brutal, fainéant, obsédé, utilisant leurs femmes comme des servantes et des objets. Les femmes mariées n'ont pas d'autre choix que d'accepter ce traitement. Ces femmes ne sont pas dupes de leurs situations et lors de leurs rassemblement elles analysent avec un mélange de rancoeur, colère, amertume mais aussi avec de l'humour et de la dérision leur condition dans un pays où être une femme revient à être un sous-homme.
Hadachinou semble profiter tant qu'il le peut de son statut de petit garçon, état qui lui permet encore de partager des moments avec ces femmes. Il est parfaitement conscient du comportement des hommes et le désapprouve mais il est également conscient qu'arrivera un moment où les femmes le considèreront comme tel et à partir de ce moment là ce lien particulier avec les femmes sera rompu.
Ce livre est très agréable à lire, on ressent le poids de la chaleur, le vent sableux, on hume sa saveur du thé et on goute à la fraicheur des maisons. Il nous offre un panorama de la vie tripolitaine.
Lien : http://mespetitesidees.wordp..
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gromit33
  19 décembre 2011
Dans le cadre de l'opération Deux éditeurs se Livrent dédié au Maghreb, , j'ai découvert « la compagnie des tripolitaines » de Kamal Ben Hameda.
Quel moment de plaisir de lecture en compagnie de ces tripolitaines ! J'ai lu cet ouvrage d'une seule traite et j'ai beaucoup aimé cette écriture et la découverte d'un Tripoli cosmopolite dans les années 60. Hadachinou, cet espiègle petit garçon, nous entraîne dans les rues de Tripoli et il part à la rencontre des femmes, que ce soient des tantes, des cousines, des voisines ou les membres d'un cirque… J'ai découvert alors que la Libye était un pays cosmopolite, avec des arabes, des juifs des chrétiens et chacun vivait ensemble. Autour d'un thé, dans les salons de sa mère, le petit garçon écoute les femmes raconter leur vie et leur rapport avec les hommes. Ceux-ci sont à la mosquée, à la synagogue ou au bistrot… Nous découvrons alors de multiples vies. Que les vies de ces femmes sont douloureuses ! Ce livre nous transmets aussi les odeurs qui proviennent des cuisines, des plats concoctés dans les différentes maisons, du couscous aux pâtes, héritage de la colonisation italienne..On découvre alors au fils des pages l'héritage des passages dans ce pays depuis des décennies.
Ce livre m'a fait beaucoup pensé à un film tunisien, sorti il y a quelques années, Halfaouine, où on découvrait l'univers des tunisiennes à travers le regard d'un petit garçon.
J'ai trouvé ce livre très féministe et cela m'a beaucoup plu qu'il ait été écrit par un homme. J'ai beaucoup aimé cette écriture poétique où on découvre les couleurs, les odeurs d'un Tripoli cosmopolite, que je n'aurai jamais imaginé.
Merci beaucoup aux éditions Elyzad de m'avoir fait découvert ce livre, que je me suis empressée d'acheter pour l'offrir à Noël à mes ami(e)s.
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ATOS
  22 avril 2012
Dans le cadre de l'opération Deux éditeurs de Livrent dédié au Maghreb, Libfly m'a permis de sélectionner La compagnie des Tripolitaines de Kamal Ben Hameda aux Editions ELYZAD. Ce roman est dans doute un des plus beau roman qu'il m'est été donné de lire.
Tripoli 1960. C'est par tous les sens d'HADACINOU, un jeune garçon que nous découvrons la beauté et la richesse de la Lybie : ses femmes. La Lybie des années 60 , ayant réchappé à la dictature mussolinienne, survit sous le règne d'Idris 1er. le désert est la terre. Les hommes sont Maîtres. Les femmes sont esclaves . Tripoli l'arabe, la berbère, l' africaine, l'italienne, la juive. La mère, la confidente, la soeur, la rebelle, la sensuelle, la ****, la martyre,.
Tout est forme, odeur, voile, parfum, bruissement, parole, rire, sourire, couleurs gestes pleins, soupirs, colère et larmes. Dans leur enfer quotidien ces femmes sont les gardiennes d'un monde qui leur appartient. C'est un hommage, une ode, un hymne, à la beauté, au courage de toutes le femmes qui quelque soit leur origine, leur religion, sauvegardent tout ce qui fait notre humanité.
Merci Kamal Ben HAMEDA de nous avoir rappelé que LA Lybie se dit au féminin.
Elle est et sera à jamais belle et immortelle.
Un roman poésie, un écrit important.
Merci aux Editions ELYZAD de nous transmettre cette parole, merci à Libfly nous la faire entendre.
Astrid SHRIQUI GARAIN
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yv1
  11 juin 2011
dans les années 60, le jeune narrateur découvre la vie avec les femmes. Assez discret pour être accepté dans leur entourage lorsqu'elles parlent entre elles, il assiste à des discussions vives, des témoignages terribles de femmes qui n'ont pas choisi leurs maris et qui se font frapper ou véritablement violer par eux. Leurs propos sont parfois assez crus, violents
Visitant l'une et l'autre, le jeune garçon recueille les souvenirs, les récits de vie de ces femmes. Elles vivent toutes solidaires et ensemble, les Arabes, les juives, les musulmanes même les Italiennes catholiques et parfois même les femmes noires pourtant considérées comme des esclaves ! Ce qui les lie est plus fort que la religion ou l'origine. Elles parlent de leurs misères, les plus vieilles de la guerre et de ce qu'elles ont subi sous Mussolini, de la libération de Tripoli. Elles disent aussi l'absence des hommes de leur maison qui pourtant les briment. le jeune garçon dit aussi la non-présence de ce père
Mais les Tripolitaines rient aussi : elles rigolent des hommes qu'elles bernent sans qu'ils ne s'en aperçoivent. Se moquent d'eux et de leurs travers, l'alcool, la religion, leur haine (et/ou leur peur) des femmes... Elles passent de très longs moments entre elles à parler, jaser, "refaire le monde" dirait-on maintenant. Et le narrateur en profite : il se fait câliner, écoute les histoires. Il découvre aussi les corps féminins avec parfois beaucoup d'émotion
Très jolie chronique, très bien écrite dans une belle langue, parfois assez crue directe et franche et parfois plus enjolivée, plus ronde et plus poétique. Un petit roman (à peine 110 pages) qui a en outre la qualité de nous décrire la vie à Tripoli. On parle beaucoup de la Lybie depuis quelques temps, mais j'avoue que je ne connaissais pas grand chose sur ce pays, ni sur son histoire et encore moins sur sa littérature. Grâce à ce roman, j'ai recherché des informations sur l'histoire de ce pays dans lequel Kamal Ben Hameda est né dans les années 50 (il vit désormais aux Pays-Bas). Lecture bénéfique pour moi qui me donne l'occasion de rencontrer d'autres gens, de connaître d'autres us et qui me donne l'envie d'en connaître encore plus
Lien : http://lyvres.over-blog.com
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
yv1yv1   11 juin 2011
Je fais comme beaucoup d'entre nous, poursuivait la femme, j'ouvre mes jambes et je le laisse me niquer ; de toute façon ça ne dure pas très longtemps... trente secondes, une minute et voilà ! J'en suis quitte... Quelle plaie !... Vous vous rappelez celle qui a coupé le zob de son mari ? Eh bien, son mari la battait tellement, à lui faire voir les étoiles à midi ! Nous le savions, toutes, mais que pouvions-nous faire ? Dehors c'était un homme pieux et respecté, il allait à la mosquée tous les jours, mais comme tous les autres, les femmes, il les haïssait ! (p.79)
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zazyzazy   04 février 2012
Je fais comme beaucoup d'entre nous, poursuivait la femme, j'ouvre mes jambes et je le laisse me niquer ; de toute façon ça ne dure pas très longtemps... trente secondes, une minute et voilà ! J'en suis quitte... Quelle plaie !... Vous vous rappelez celle qui a coupé le zob de son mari ? Eh bien, son mari la battait tellement, à lui faire voir les étoiles à midi ! Nous le savions, toutes, mais que pouvions-nous faire ? Dehors c'était un homme pieux et respecté, il allait à la mosquée tous les jours, mais comme tous les autres, les femmes, il les haïssait !
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zazyzazy   04 février 2012
J’ai peur, Signora Aziza, j’ai peur. Et si je devais finir ma vie ailleurs ? Je mourrais loin de Tripoli ! Mon marie, il n’arrête pas de dire qu’un jour on va nous vider d’ici ! – N’aie pas peur, Signora Filomena, je serai là pour te défendre… Et pourquoi vous chasserait-on ? Vous êtes nés ici, vous êtes Tripolitains… »
« La famille de Signora Filomena était installée à Tripoli depuis trois générations
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zazyzazy   04 février 2012
« Tante Tibra combien as-tu mangé d’hommes ?
-Ne dis pas de bêtises, petit bonhomme ! »
Et pour la faire rire encore, je la pris dans mes bras et lui mordillai le sein. « Attends, quand tu seras grand, il en faudra plus que de baiser les seins d’une femme pour ravir son cœur mon petit Hadachinou ! » s’écria-t-elle en me repoussant.
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zazyzazy   04 février 2012
Comme on le sait, les désirs des hommes et les pas du temps arpentent rarement les mêmes chemins. Cet homme qui devait ad vitam aeternam prendre le titre d’époux respecté n’était pas celui de mes vœux, mais quelqu’un que je n’avais jamais vu.
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