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EAN : 9782363081414
Éditeur : Editions Arléa (31/08/2017)
2.12/5   4 notes
Résumé :
Antoine Billot, au travers de sa passion pour Bob Dylan, écrit, dans un style éblouissant, l’Histoire de l’Amérique, une Amérique aussi hétérogène et riche que ceux qui la peuplent, et notamment celle des réprouvés, des oubliés, des abandonnés.

À travers l’histoire des familles Greenstein, Solemovitz et Zimmerman (dont l’un des descendants sera le futur Prix Nobel de littérature, Bob Dylan), des pogroms ukrainiens qui les ont convaincues d’émigrer à l... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Titania
  20 septembre 2017
Diantre ! Je suis pour l'instant toute seule à avoir affronté ce livre…mauvais augure !
Les opérations masse critiques sont toujours pleines de surprises, et c'est avec plaisir que je m'apprêtais à en apprendre plus sur le grand Bob, sur lequel j'ai déjà lu pas mal de choses, vu des documentaires et des spectacles. J'en remercie Babelio et Arlea. Mais...
Antoine Billot écrit dans une langue étrange et excessivement lyrique et ampoulée, presque une blague linguistique sur plus de 300 pages. Il faut s'habituer, c'est énervant, on se sent très bête de devoir suivre avec son Robert. Pour faire bonne mesure, il n'y a pas que le vocabulaire et les images qui font barrage, hélas ! il y a aussi ces phrases interminables pleines d'incises et de digressions, des énumérations sans virgule. Elles obligent une pénible remontée du courant, car on a perdu le fil.
Alors le grand Bob, me direz-vous ? C'est une sorte de genèse impressionniste. Évidemment ça serait trop simple de faire ça par ordre chronologique. Un chapitre par ancêtre de notre prix Nobel, intitulé par un bout de texte de chanson, traduit certes, mais sans la source. C'est plus rigolo d'envoyer le lecteur chercher dans l'intégrale des textes… la grand mère arrive en dernier avec un chapitre sur les droits civiques et le dernier sur Woody Guthrie.
C'est un concentré biaisé de l'histoire du peuplement de l'Amérique, de la grande dépression, de la guerre puis de l'après guerre selon le seul point de vue et ressenti de l'auteur, toujours sans source, qui converge sur Dylan. Déterminisme historique à l'ancienne...on est le produit de son histoire, oui mais pas que ...
Des migrants juifs d'Europe de l'est fuyant les pogroms s'établissent dans des villes dont on apprend l'origine du nom. Beaucoup cherchent à conjurer le malheur et la discrimination en changeant leurs noms, pas de raison pour que Robert Allen Zimmerman ne fasse pas la même chose, tout en se raccrochant à un poète, une filiation choisie contre un héritage . New York contre Jerusalem. Bob Dylan, le poète de toutes les fêlures de son pays, de son ascendance juive et des guerres du monde.
Il y a des choses intéressantes dans ce bouquin, des petites anecdotes, qu'on aimerait vérifier. La famille de Dylan est pleine de personnages hauts en couleurs, je ne dis pas le contraire, mais une fois que vous aurez franchi la barrière énorme d'une forme élitiste, et si vous appréciez les interprétations totalement subjectives et assertions délivrées comme telles, sans source. C'est loin d'être un travail de recherche, pour une biographie faite avec archives et témoignages, avec notes de bas de pages et bibliographie.
Ce sont juste des variations personnelles autour d'un sujet pour assener une vision.
Purée, pour moi, c'était dur ! Je suis désolée de l'avouer. Bon courage à ceux qui vont tenter l'aventure !
Du coup, je me promets de retourner voir « Comme une pierre qui roule »le spectacle de la Comédie Française d'après le texte de Greil Marcus, si jamais il est encore au programme de la prochaine saison. C'était très beau, drôle, magnifiquement interprété et très éclairant sur la chanson, le processus créatif de Dylan, car c'est l'oeuvre qui compte, pas la grand-mère de son auteur.


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azelmazel
  29 septembre 2017
Cette chronique porte sur le livre que j'ai eu l'honneur de recevoir lors de l'opération Masse-Critique Babelio, je vais donc commencer par vous expliquer pour quoi j'ai choisi ce livre.
J'ai parcouru la liste des livres comme si j'arpentais ma librairie et fait comme à mon habitude : l'oeuvre attire mon regard, généralement par le titre et la couverture. Mes découvertes littéraires se sont toujours en boutique, je ne fais des achats sur Internet que pour acheter des livres que je connais déjà et qui me manquent.
Donc mon choix s'est porté sur "L'année prochaine à New-York - Dylan avant Dylan", Bob Dylan étant un artiste que j'apprécie énormément et que j'écoute presque tous les jours.
Pour cette opération Masse-critique, ma première qui plus est, je n'ai rien changé à mes habitudes. Je n'ai pas lu le quatrième de couverture, je ne le fais jamais. (Mais je l'ai lu à la fin évidemment.)
Commençons par le préambule dont le style beaucoup trop ampoulé m'a fait redouter un calvaire de lecture, mais heureusement, le livre en lui même est beaucoup plus accessible, malgré et là j'insiste, une lourdeur par manque de ponctuation qui plombe une fluidité qui aurait pu être évidente. Ca pour le coup, ça m'a même déconcentrée tant je me focalisais sur ces absences.
Parlons maintenant du contenu du livre, l'histoire en elle-même. A mon avis, il y a plusieurs façon d'appréhender ce livre mais surtout deux que je vais vous détailler.
La première, vous vous attendez à une biographie plus ou moins fidèle de Bob Dylan et vous prenez le récit pour argent comptant. Si d'ailleurs, contrairement à moi, vous lisez le quatrième de couverture vous êtes en droit de vous attendre à ça.
Dans ce cas, quelques notes voire une postface seraient les bienvenues, pour connaître, croiser, vérifier les sources, car c'est un récit extrêmement romancé. Et c'est ce qui m'a vraiment déçue limite agacée.
Prenons l'exemple de Davey Moore, noir juif et ami de Dylan dans le livre. Il n'a pourtant jamais été juif ni ami avec Dylan (malgré la chanson), Dempsey était ami avec Dylan. Donc des sources oui seraient sympathiques.
Quant à Claudette Colvin, qui n'a pas grand rapport avec Dylan sinon pour restituer un contexte historique, l'histoire comptée est différente de la vraie.
Donc je m'interroge, pourquoi prendre de vraies personnes si c'est pour réinventer leur vie ? A l'heure des fake news c'est préoccupant, les gens gobent tout.
Dylan est décrit effectivement comme admirateur de Steinbeck, Kerouac et Gurthie, ce qui est donc vrai mais dans le livre il est beaucoup décrit comme un juif errant victime de la malédiction des juifs. Bon. Il aurait peut-être alors fallu le rendre plus fan de Moïse que de Steinbeck, parce que c'est culturellement très réducteur.
La deuxième approche, vous prenez ce qu'il est : un roman non une biographie. Et vous changez les noms des personnes ayant existées.
Vous avez alors un bon roman dans une veine de littérature américaine, comme un Bohemian Flats - (le cité étant plus simple vu que je l'ai chroniqué ici récemment), d'une famille juive fuyant l'oppression et de l'installation dans cette nouvelle terre promise et de toutes les promesses, avec au fil du temps l'intégration et l'imprégnation d'une descendance en recherche d'identité dans une époque où le monde lui même se cherchait continuellement. Et là, c'est un excellent roman.
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exdono
  09 novembre 2017
1905, Ukraine, la famille Zimmerman se cache dans une cave humide de sa propre usine pour échapper à un pogrom. Zigman Zisel fui Odessa avec toute sa famille et arrive à Ellis Island.
De ces deux familles juives, naissent Beatty Stone et Abram Zimmerman. Abram travaille un temps pour la Standart Oil Company à Duluth, il a deux fils parmi lesquels Robert Allen Zimmerman, le futur Bob Dylan. La famille s'installe ensuite à Hibbing. le récit de l'enfance du futur chanteur et de ses premiers instants musicaux – un cours de piano éblouissant au cours duquel Robert Allen s'empare de l'instrument – puis de son adolescence, est émaillé d'épisodes retraçant l'histoire des États-Unis.
L'auteur veut montrer ce qui a imprégné Dylan pendant ses jeunes années. Il cherche ce qui habite Dylan et que l'on retrouvera dans ses chansons. le Dylan qui est dépeint est déjà un jeune homme qui se dérobe, qui s'enfuit, veut se fondre dans la multitude (épisode révélateur de sa Bar-mitzvah qu'il quitte précipitamment). La jeunesse de Dylan est aussi le reflet d'une Amérique en pleine mutation industrielle, sociale, économique et culturelle. L'occasion pour l'auteur de dépeindre par petites touches l'histoire des États-Unis au travers de récits enchâssés au récit principal (la jeunesse de Dylan) : le krach boursier de 1929, au travers des yeux du jeune commis d'un tailleur ; la ségrégation raciale traitée par l'évocation de Claudette Colvin et son refus de laisser sa place dans l'autobus de Montgommery – en violation des lois locales de l'époque ; les histoires de hoboes et des réprouvés de l'Amérique, … Des destins qui sont autant d'éléments fondateurs de la musique de Dylan et que l'on retrouve dans sa discographie (Dylan a consacré trois albums à sa « période  juive » et donne souvent la parole au sort de la population noire – il a lui-même une ex-épouse afro-américaine, la chanteuse Carolyn Dennis).
À plusieurs reprises dans le livre, il est question de ces populations diverses de l'Amérique, de la thématique de l'émigration et de l'intégration des Juifs d'Europe de l'Est qui se sont inscrits dans l'histoire américaine. Dylan apparaît comme un exemple d'intégration, de par son appropriation de la culture américaine (sa fascination pour James Dean ou les motos), jusqu'à son changement
d' identité – juive – pour une identité toute américaine – Bob Dylan. Comme pour s'effacer et se fondre davantage dans la population.
Ce livre très dense se lit à plusieurs niveaux (l'histoire personnelle d'un homme, Dylan, qui croise l'Histoire universelle des États-Unis). C'est une remontée aux origines de Dylan dans le contexte historique de l'époque. On y découvre en creux la dimension du futur prix Nobel. C'est aussi un livre sur l'identité : il s'achève sur la rencontre de Dylan avec le mythique chanteur folk Woodie Guthrie, dans un hôpital psychiatrique. C'est suite à cette rencontre (réelle) que Robert Zimmerman prendra son nom de scène, Bob Dylan.
Aucune difficulté de lecture pour ce texte très littéraire (quelques envolées lyriques mais après tout, il s'agit bien là de littérature) même si l'avant-propos – le récit de l'auteur du concert de Dylan à Paris en 1978 – aurait pu être relégué en postface et que le premier chapitre sur les pogroms en Ukraine pourrait en rebuter certains à l'entame du livre – mais passez outre !) et n'est pas représentatif du reste de l'ouvrage. Une fois le premier chapitre terminé, le livre se lit très facilement grâce aux courts chapitres séquencés par des extraits de chansons de Dylan.
Il ne s'agit pas là d'une biographie pure et dure de Dylan (si vous recherchez une biographie, optez pour les « Chroniques » de Bob Dylan chez Fayard ou sa bio en Folio ou au Livre de poche par François Bon) mais plutôt d'une exofiction, une libre interprétation de la vie d'un personnage réel (l'équivalent en littérature, du « biopic » au cinéma). « Rien n'est faux, mais tout est plausible ».
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TelKines
  09 octobre 2017
Merci à la Masse Critique et aux éditions Arléa.
Autant le dire de suite, je n'arriverai probablement pas à aller au bout de cette lecture… En fait je n'en ai même pas l'envie.
Et ce pour diverses raisons. Tout d'abord, le phrasé gratuitement alambiqué, abscons, surtout ne pas lire le préambule ! Puis vient le manque de ponctuation, qui fait que plus d'une fois j'ai décroché de ma lecture. Je me suis même posé la question si l'auteur avait voulu donner un style, se rapprocher de certains textes de Dylan mais cela est trop grossier pour que ce soit le cas. Ce sont donc des manques de ponctuation qui font tiquer ! Pour exemple : « […] Ou dans les wagons à bestiaux de ces trains sifflants qui les éparpilleront à la surface de l'ample Nouveau Monde : le Montana l'Oklahoma la Géorgie la Californie le Wisconsin le Minnesota… » (page 56). Non, je n'ai pas oublié de mettre les virgules (et cela a été difficile d'écrire cette citation sans en mettre), et ce style « non-ponctué » n'arrive pas qu'une seule fois (donc pas une erreur typographique).
Et surtout, surtout ! ce qui me manque le plus quand je lis un livre qui se veut faire plus ou moins la généalogie (« En retraçant l'histoire des familles Greenstein, Solemovitz et Zimmerman… », selon la quatrième de couverture), la biographie d'un artiste célèbre, marquant, charismatique et bien c'est d'avoir une bonne bibliographie et des sources solides. Oui je m'attendais à trouver cela, en fin de livre, et de me dire que j'aurais d'autres projets de lecture, mais là non, rien ! Pourtant le passé des ancêtres Zimmerman et consorts est bien mouvementé et intéressant mais ne pas avoir de sources est un manque flagrant. Autant aller faire un tour sur Wikipedia pour en apprendre plus !
Donc en fait, on a là qu'une histoire romancée sur les aïeux et « proches » de Bob Dylan et une certaine histoire de la « fondation » des Etats-Unis.
Seuls points positifs : la couverture et le touché du livre très agréable au contact !
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
azelmazelazelmazel   23 septembre 2017
Quatre mots : c'est tout ce qu'il sait dire dans cette maudite langue dont in ne parvient pas à reproduire le son lissé, doux, des consonnes que sa bouche, ses cordes vocales, quoi qu'il fasse, persisteront à accentuer comme si son pays natal résistait en lui, refusait de se compromettre dans la fluidité louche du patois allogène - louche parce qu'allogène.
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azelmazelazelmazel   27 septembre 2017
lui qui se voudrait tout à la fois esclave révolté de la Virginie comme Gabriel Prosser, paysan des grandes plaines ravagées par la poussière et la Grande Dépression comme Tom Joad, amérindien comme le chaman Black Elk, communiste comme Julius Rosenberg, homosexuel comme Little Richard - dans l'acide du silence, un silence toutefois peuplé de références bibliques, littéraires, d'empreintes européennes, de cendres du Dust Bowl, de vestiges africains, des références et des empreintes qui décantent en lui et fermentent en attendant l'instant idoine où jaillir de sa bouche, de ses doigts...
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azelmazelazelmazel   27 septembre 2017
elle acquiert une éloquence universelle, l'éloquence des Hébreux - des Avars : "ceux qui passent", ou des Apirous, ces nomades qui vivent au-delà du fleuve, au-delà de l'Euphrate - mais aussi l'éloquence des nouveaux errants, des nouveaux indésirables : les Noirs privés de droits, les Okies privés de ressources, les chômeurs privés de travail, les laissés-pour-compte privés d'avenir, tous ces hommes dont l'identité n'est plus qu'un creux un manque une absence : celle de considération, d'argent, de dignité...
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