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EAN : 9782865531332
252 pages
Éditeur : Jean-Cyrille Godefroy Editions (28/06/2000)
4/5   7 notes
Résumé :
La collection "Les gagne-misère" est consacrée à l'ancien artisanat. Chaque volume évoque de quatorze à vingt métiers différents, de vielles façons ou des besognes saisonnières, des gestes pratiquement disparus aujourd'hui. Ces ouvrages ont été couronnés par l'Académie française.
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Bubu-le-bourguignon
  31 mars 2013
Un ouvrage sensé sur la vie de la campagne au siècle dernier. Des métiers qui n'existent plus aujourd'hui... ou qui se font timides car oublier des jeunes qui préfèrent un bureau pas trop mal aménagé avec un ordinateur devant eux.
Qui est capable, de nos jours, de dire : "Moi je connais une gardienne d'oie"
hé oui, ce métier a existé. Comme : pêcheur de saumons, barbière-perruquière, safranière, tireur de caillou,bourrelier-matelassier, le fabrican de ligots... Je vous laisse chercher ces exemples sur un site de recherche.
Tous ces petits métiers, des gagnes trois francs-six sous, nous parlent de leur métier, qu'ils aimaient malgré une rémunération de misère. Une des raconteuses, nous rappelle que cet argent leur permettait de manger. Pas de chichi, pas d'excentricité, pas de belle robe, alors que maintenant (le précise l'un des narrateurs, non sans humour), il faut avoir de belles choses. Les enfants d'aujourd'hui ont bien de la chance.
Les métiers manuels n'ont vraiment plus la côte. Et pourtant que de discours chaleureux, de passion s'en dégagent. On peut tout de même dire qu'ils ont eu une vie agréable.
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Davjo
  05 mars 2014
Peu à peu, les visages s'estompent, les voix se taisent, la vie moderne, celle d'aujourd'hui, recouvre le passé.
Gérard Boutet rencontre des hommes et des femmes au cours des années 1983-1984, souvent l'été, en Sologne. Il y a donc 30 ans. Leur visage est en médaillon en tête de chapitre, avec leur nom, leur lieu d'habitation et leur âge. Ils témoignent à l'hiver de leur vie.
Métier après métier, grâce aux cartes postales anciennes qui illustrent le livre, se met en place un monde en noir et blanc où les gens portent des sabots en guise de souliers, mangent leur quignon de pain noir et se louent dans les fermes à la journée. Et dorment parfois dans la paille au hangar.
Ce sont des figures qui émergent le temps d'un portrait-témoignage de quelques pages et se mettent à vivre pour nous, entre la description précise d'un métier oublié (travail du cordier, bâteau de pêche et filets du pêcheur de saumon sur la Loire) et des anecdotes qui disent la dureté des rapports de classes sociales.
Nous voyons la ravaudeuse qui va en sabots sur les chemins gadouilleux et ne revient qu'à la nuit noire. le vieux vigneron qui meurt asphyxié dans les vapeurs suffocantes du moût en piétinant le raisin au fond de sa cuve. L'ennui du gardien de mouton qui dispose tout de même de sa cabane pour s'abriter. La pénibilité du tondeur de moutons avec le suint des bêtes qui lui brûle la peau. L'habileté obligée de la barbière-perruquière armée de son coupe- chou tranchant. Jadis, les gens se faisaient raser, c'était trop dangereux de le faire soi-même.
C'est le tireux de cailloux qui peine dans sa carrière, rempierre les chemins et se désaltère avec un gratte-gosier de sa confection, une lavasse de pommes fermentées mises à fermenter.
On redécouvre la safranière qui épluchait les fleurs, la cueilleuse de perce-neige, la jeune gardeuse d'oies méprisée par ses maîtres.
Les gens ont un autre usage des objets: une paire de sabot fait deux mois, la réparatrice de parapluie remplace les branches tordues ou cassées de l'objet.
Nous imaginons la silhouette et le regard attentif du maréchal-ferrant avec son tablier qui prend le temps de regarder s'éloigner la bête tout juste ferrée afin de s'assurer que rien ne cloche. Ils avaient tellement de travail que la forge se doublait souvent d'un café.
Le dernier tiers du livre se consacre aux métiers du bois: le métier dangereux de l'élagueur qui doit aiguiser ses griffes de montée, se sangler au tronc pour aller écimer l'arbre. le débardeur-roulier qui fait un voyage par jour pour le roulage des grumes. Son cheval durait douze ans environ, on le ménageait, anecdote de la saignée quand le cheval se trouvait saoûl de trop d'avoine. L'écorceur qui vivait dans sa hutte de branchages dite cul de loup et dormait sur son lit: un grillage tendu entre quatre piquets.
Comment faire du charbon de bois, avec quel bois ? Norbert Niveau l'explique à l'auteur, branches de charme, brasier qui gronde sous une carapace de terre. Et on apprend que fabriquer des balais donnait du travail pour toute l'année.
Voilà un livre qui nous rappelle combien notre époque de malaise et de dépression a gagné en confort, en temps libre et en distractions. Ceux qui pestent contre le système et la démocratie manquent de la vision historique qui permet de relativiser et de remettre en perspective. le monde décrit s'étale sur le siècle précédent, on dirait presque le moyen-âge...la mécanisation, l'urbanisation et l'informatisation sont passés par là. Les deux guerres mondiales, à chaque fois, provoquent une accélération de la société. Ça laisse pensif... Une chose est sûre: ce n'était pas mieux avant. Gérard Boutet a fait oeuvre modeste et essentielle de sauver des souvenirs, des récits de vie quotidienne et un vocabulaire.
Lien : http://killing-ego.blogspot...
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
DavjoDavjo   06 mars 2014
Le soir tombé, les plus fatigués grimpaient dans la charrette aux baquets débordants de raisin, jambes pendantes, tandis que les autres suivaient à pied én un joyeux cortège. La voiture reculait sous La grange et le contenu des gueulebées était versé dans la cuve. Le vigneron foulait alors le raisin aux pieds, sans attendre, pour l'aider à mieux fermenter sans s'échauffer. Ce trépignement recommençait à chaque transvasement, en fin de journée.
Une danse rude, et dangereuse avec ça ! Car Ie vigneron devait se méfier des cuves à moitié pleines dont les flancs retenaient une haleine empoisonnée, une touffeur qui l'étourdissait mieux qu'une avalée de goutte et qui menaçait de le retenir au fond, ivre-mort d'avoir trop respiré les vapeurs suffocantes du moût. Le fouleur se hissait hors de la cuve au plus vite dès qu'une gêne sournoise lui tenaillait l'entrejambes. Un avertissement qui ne trompait pas. Les couilles sensibles et la glotte puissante, c'étaient encore les meilleures garanties du vigneron contre les accidents de la cuvaison...
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DavjoDavjo   06 mars 2014
Il faut dire qu'à l'époque, presque tout le monde portait des sabots. Même les femmes, même les gosses de 4, 5 ans. Seuls les bourgeois préféraient se chausser de cuir. La clientèle regroupait surtout des gens du pays, ouvriers des bois ou des champs. Une paire de sabots durait un ou deux mois, plus ou moins longtemps selon les travaux de la saison et le pas du paysan. D'aucuns usaient davantage parce qu'ils traînaient les pieds, ou parce qu'ils avaient à marcher souvent sur des sols caillouteux. A battre trop fort la semelle, on cassait le talon, à heurter une pierre, on fendait le dessus.
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KelteKelte   21 octobre 2017
Souvent on naissait sans être vraiment désiré ; on grandissait comme une mauvaise herbe et sitôt les dix ans, avec plus de force en bras que de jugeote en ciboulot, on se louait pour gagner sa croûte loin des jupes rassurantes d'une mère trop occupée à torcher les puînés. On apprenait le boulot sur le tas, en regardant faire les anciens qui n'étaient pas avares en coup de pieds au cul. On devenait arpète, ou commis, ou grouillot, le plus fréquemment dans le métier du père ou dans un emploi approchant. Avec un brin de chance on trouvait une bonne fille à marier au retour du régiment et l'on envisageait, une fois en ménage, de se mettre à son compte. Sinon, il fallait continuer de s'échiner pour un patron et ne plus perdre ses moments en de vaines rêvasseries de benêt.
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Bubu-le-bourguignonBubu-le-bourguignon   31 mars 2013
on apprenait le boulot sur le tas, en regardant faire les anciens qui n'étaient pas avares en coups de pieds au cul
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Bubu-le-bourguignonBubu-le-bourguignon   31 mars 2013
Souvent on naissait sans être vraiment désiré ; on grandissait comme une mauvaise herbe et sitôt les dix ans, ... , on se louait pour gagner sa croûte loin des jupes rassurantes d'une mère trop occupée à torcher les puînés.
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L'assiette anglaise : émission du 08 avril 1989
Depuis le Saint James Club de Paris, Bernard RAPP porte un regard différent sur l'actualité en compagnie des chroniqueurs habituels. L'invité est Gérard BOUTET, auteur du livre "La boite à lumière".Au sommaire de cette émission :- Dima SAKHAROV- le temps- Football- Selle de vélo- LAPIDUS père et fils- Alcoolisme dans brasserie- GAINSBOURG- GOURIO- Secret des pyramides- Expérience dans...
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