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EAN : 9782756070506
138 pages
Éditeur : Delcourt (07/01/2015)

Note moyenne : 4.19/5 (sur 13 notes)
Résumé :
Nicholas Lash a tout perdu le jour où il a rencontré Joséphine. Désespéré, il suit sa piste, lourde de secrets, jusqu'au Seattle des années 1990. Il découvre que cette femme étrange et amnésique vit au sein d'un groupe grunge... Serait-elle leur muse ? Les sortira-t-elle de leur statut de groupe d'un seul succès ? Ou les conduira-t-elle à leur perte en lançant sur leurs traces un tueur psychopathe ?
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Presence
  08 janvier 2015
Ce tome fait suite à "À l'Ouest de l'Enfer" (épisodes 11 à 14). Il contient les épisodes 15 à 19, initialement parus en 2013/2014, écrits par Ed Brubaker, dessinés et encrés par Sean Phillips, avec une mise en couleurs d'Elizabeth Breitweiser. Il s'agit du quatrième tome dans une histoire complète qui en compte 5 ; il faut impérativement avoir commencé par le premier.
De nos jours, Nicholas Lash est transféré dans une autre prison. Dans sa cellule, il lit "The losing side of eternity" de Dominic Raines (son oncle) ; il se rend compte que le manuscrit original a été amputé de quelques phrases, parfois une scène entière. Lors de son entretien suivant avec son avocat, un individu (prénommé Nelson) tranche la gorge de ce dernier et fait évader Nicolas Lash, pas entièrement convaincu qu'il s'agisse d'une initiative heureuse.
En 1995, Lance vient de commettre un cambriolage à main armée, sans effusion de sang. Il rentre en voiture vers le manoir acheté par le groupe de rock "Amsterdam" dont il fait partie. Sur la route, il s'arrête pour secourir une femme à la tête ensanglantée, vêtue uniquement d'un drap : Josephine.
Le prologue est consacré à l'intrigue principale, avec les avanies subies par Nick Lash, intéressant, mais sans plus. le braquage à main armée évoque immédiatement les bons souvenirs associés à la série Criminal (par exemple "Le dernier des innocents"). La découverte de Jo quasi nue sur la route, prise dans le faisceau des phares, sous une pluie battante évoque les polars des années 1950. Ed Brubaker est dans son élément, et il le maîtrise. La suite est un délice de bout en bout. En découvrant les couvertures des chapitres, le lecteur peut avoir un moment de recul, en se disant que faire jouer à Jo le rôle de groupie est un peu facile. C'est sous-estimer les auteurs.
Dans les tomes précédents, Brubaker et Phillips s'étaient attachés à montrer en quoi les dons de Josephine sont une malédiction et pervertissent toutes ses relations avec les autres êtres humains. Voilà que les circonstances ont annihilé sa capacité à maîtriser ses pouvoirs et qu'elle se lâche un peu. de manière surprenante dans un comics américain, Josephine paye de sa personne et est représentée nue à plusieurs reprises, une nudité frontale. Les dessins restent dans le domaine de l'érotisme soft, et il ne s'agit que de quelques cases réparties sur 3 ou 4 pages. Néanmoins ces cases suffisent à montrer la force de l'érotisme débridée du personnage. L'intelligence des auteurs évite l'écueil de la femme objet, car Jo n'est jamais une victime de violences physiques.
Dans ce contexte, l'évocation d'un groupe de rock (bon, peut-être de grunge) est savoureuse de bout en bout, avec cette égérie exceptionnelle, et ces petits braquages pour financer la vidéo. Brubaker réussit à créer une situation digne des groupes de rock les plus glauques, sans donner l'impression de plagier l'histoire de l'un ou l'autre. Jo est entièrement à sa place en tant qu'objet du désir, sans pour autant devenir un cliché ou un stéréotype. Les membres du groupe sont dans la panade créative, de manière crédible, là encore en évitant les stéréotypes. La petite amie embarquée dans cette situation (Darcy) fournit un point de comparaison par rapport au comportement aveugle des hommes. Les rebondissements ne manquent pas, tout découlant avec naturel de la situation. C'est magique du début à la fin.
L'alchimie incroyable entre Brubaker et Phillips fonctionne à plein, comme si le récit avait été conçu et réalisé par une seule et même personne. Phillips conserve son parti pris graphique très précis, avec des traits un peu grossiers qui apportent une impression de spontanéité, pour un aspect visuel plus vivant et légèrement plus noir. À de multiples reprises, il en dit plus en une case toute simple qu'un chapitre entier de roman. Il s'approprie le stéréotype de la femme dévêtue dans le faisceau des phares d'une voiture, pour en donner une interprétation personnelle et unique (grâce aux plis du drap).
Une case suffit pour que le lecteur apprécie l'architecture remarquable (sans être outrée) de la demeure acquise par le groupe de rock. En surface, les traits semblent avoir été tracés à la va-vite (pas très droits et pas jointifs) ; dans le détail c'est une demeure à l'agencement unique et réaliste. À l'intérieur, il suffit d'une case pour apprécier la décoration de la chambre de Lance, avec sa collection de disques vinyles qui en dit long sur sa passion. Il suffit d'apercevoir une fois Darcy sur le siège des toilettes pour constater sa solitude au milieu de ces musiciens peu attentionnés.
Sean Phillips est tout aussi doué pour concevoir le découpage d'une séquence, et en faire ressortir toutes les émotions possibles. La scène où un personnage se noie dans la cuvette des toilettes est horrible, sans aucune exagération pour augmenter la dramatisation. Les scènes de crime sont difficiles à soutenir, non pas à cause de litres d'hémoglobine ou de plaies dessinées de manière clinique, mais à cause d'un registre expressionniste en retenue. Bien sûr Jo est magnifique de bout en bout, tout en restant ambiguë, complexe et habitée par des sentiments nuancés.
Dans ce quatrième tome, il est visible que Brubaker a profité du succès de la série pour développer ce chapitre, et que les auteurs se font plaisir. Il ne s'agit pas d'un plaisir solitaire pour faire durer la série, mais d'un approfondissement de la figure de la femme fatale, dans un autre contexte qui s'émancipe des stéréotypes qui lui sont attachés. L'amateur de rock pourra reconnaître l'égérie, dans une configuration inédite. Josephine continue d'attiser le désir des hommes, également dans circonstances différentes des tomes précédents (= pas de redite).
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Ctucorrect
  10 avril 2017
Superbe BD que ce tome 4 de la série FATALE! Construction de l'histoire parfaite, mais on en attendait pas moins de Brubaker, maître du genre, le meilleur que je connaisse. En suivant plusieurs personnages à des moments différents, on ne sait pas très bien où l'on nous mène, mais tout se recoupe à la fin, même si le mystère, fil conducteur de la série, reste ouvert sur la suite. On navigue entre angoisse, horreur, quelques scènes gores et euphorie créatrice, c'est très bien raconté, scénario et dessin sublimes. le contexte du Seatle période Grunge ne pouvait que me réjouir. Attention cependant à ne pas être allergique au fantastique...
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Yvan_T
  14 janvier 2017
Après un troisième volet composé de quatre histoires courtes qui exploraient le passé de Joséphine en suivant la destinée de quatre incarnations de la femme fatale à quatre époques différentes, ce tome reprenant les épisodes #15 à #19 de la saga livre à nouveau une histoire complète… mais sans entièrement renouer avec la trame principale.
Cette fois, le lecteur retrouve la mystérieuse Joséphine nue sur le bord de la route à Seattle en 1995. Totalement amnésique, la jeune femme qui attire le regard de tous les hommes qu'elle croise est recueillie par les membres d'un groupe de rock en manque d'inspiration. Si le lecteur découvre une Joséphine différente, sans le moindre souvenir de qui elle est, sa capacité à séduire les hommes demeure cependant intacte et ne tarde pas à faire des ravages.
Le récit de cette Jo devenue la muse d'un groupe grunge ne déborde certes pas d'originalité, mais la narration experte d'Ed Brubaker et l'ambiance particulièrement sombre dont les auteurs de Criminal et d'Incognito ont le secret suffisent à accrocher le lecteur de la première à la dernière page. Si le récit permet de découvrir une autre facette, plus libérée (et plus dénudée), de notre femme fatale, il ne fait cependant pas trop avancer l'intrigue principale.
Brubaker a néanmoins l'intelligence de développer une seconde histoire en parallèle, qui permet de renouer avec l'intrigue principale. le temps d'un prologue et d'un épilogue, le lecteur retrouve en effet Nicholas Lash, qui s'évade de prison grâce à l'intervention d'un certain Nelson, soi-disant envoyé par Jo pour l'aider.
Bref, ce polar saupoudré de fantastique fonctionne toujours à merveille, tout comme la complémentarité entre Sean Phillips et Ed Brubaker.
Encore un comics qui mérite une petite place dans mon Top comics de l'année !
Lien : https://brusselsboy.wordpres..
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critiques presse (2)
ActuaBD   27 janvier 2015
Une nouvelle fois, l’inséparable tandem Ed Brubaker et Sean Phillips nous livre une histoire qui sent bon le polar saupoudré de teintes horrifiques qui fait la particularité de cette série par rapport aux précédents travaux du scénariste. Très efficace jusque dans sa résolution qui renoue avec le fil rouge de l’intrigue de manière surprenante.
Lire la critique sur le site : ActuaBD
Sceneario   02 janvier 2015
Brubaker démontre avec cette série qu'il reste un scénariste très inspiré, avec un style bien à lui, peut-être pas aussi sage qu'on aimerait le penser d'ailleurs ! Il faut dire qu'il est accompagné par Sean Phillips et que ce dernier est lui aussi au sommet de son art. Son style s'épure tout en gagnant en texture, en force, c'est magnifique !
Lire la critique sur le site : Sceneario

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