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Suzanne V. Mayoux (Traducteur)
EAN : 9782743611248
268 pages
Payot et Rivages (22/08/2003)
3.33/5   9 notes
Résumé :

L'Andorra du roman obsédant de Peter Cameron est inspirée d'une principauté isolée dans les Pyrénées, transformée en un paradis éclaboussé de soleil où chacun a quelque chose à cacher. C'est là que vient Alexander Fox, pensant y trouver réconfort et refuge, alors qu'il n'y rencontre que des souvenirs inquiétants de son passé. C'est ici qu'il est attiré dans l'orbite d'un coupl... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
5Arabella
  09 août 2016
Citation :
"Voilà de longues années, j'ai lu un roman ayant pour cadre l'Andorra qui m'a gravé dans l'esprit une idée de ce pays, si bien que le jour où les circonstances m'ont contraint à refaire ma vie ailleurs, j'ai su tout de suite où je voulais aller. Je pouvais m'y rendre aisément, le monde moderne étant ce qu'il est; j'ai largué derrière moi tout ce que j'avais besoin de larguer. Autrement dit, la totalité. C'est étonnant avec quelle facilité on peut changer d'existence, si on le souhaite, ou si cela s'impose.
Quoique, bien entendu, je n'aie pas vraiment changé d'existence. Je poursuis la même vie, mais dans une autre contrée : l'Andorra."

Nous sommes au tout début du roman, et nous suivons avec le narrateur, Alexander Fox, sont arrivée en Andorra, un pays imaginaire, sensé se trouver à la frontière française. Nous ne savons rien sur Alexander Fox, sur sa vie d'avant, quelques bribes nous seront livrées lors des conversations qu'il aura avec des gens qu'il va rencontrer, mais jamais de récit cohérent, et encore moins complet de ce qu'il a vécu et qui l'a amené en fin de compte à venir dans cet étrange petit pays.
Andorra fait d'abord l'impression d'être un véritable paradis. le luxueux hôtel Excelsior où séjourne d'abord Alexander, avec ses chambres haut perchées, et un mobilier unique, sa bibliothèque d'un style ancien, son personnel. Et La Plata, la capitale, petite, mais très belle, ses maisons anciennes, ses boutiques de luxe. C'est à la fois haut de gamme et familial. Et Alexander ne tarde pas à faire d'intéressantes rencontres, Ricky Dent, une Australienne, Lucilla Reinhardt, l'ancienne propriétaire de l'Excelsior, et la famille Bay, qui possède un magnifique manoir, dans le style anglais.
Mais petit à petit, les choses se détériorent. La mari de Ricky disparaît et Alexander semble soupçonné par la police. Des souvenirs douloureux remontent dans sa mémoire. Sa relation avec Ricky s'avère difficile. Une inquiétude commence à apparaître, et le paradis se transforme en un endroit inquiétant où des choses terribles peuvent arriver. Alexander veut s'enfuir, mais ce n'est pas aussi facile.
Un roman étonnant, un hommage aux romancières anglaises qu'aime Peter Cameron. Entre l'heure du thé, amorce de roman policier, roman d'angoisse, roman psychologique, Peter Cameron joue de plusieurs registres avec brio et intelligence. J'avoue toutefois avoir moins aimé ce livre que Un jour cette douleur te servira, car même si c'est très brillant, cela reste un jeu, les personnages ne sont pas vraiment humains, ce sont des marionnettes, même si de loin elles paraissent vivantes.
J'ai néanmoins passé un très bon moment de lecture, et une fois le livre refermé, certaines images m'ont hanté, que ce soit des lieux, que ce soit des personnages du roman. Ce qui montre que c'est un livre obsédant.
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Christophe_bj
  09 février 2020
Peter Cameron parvient à susciter – et maintenir – un climat d'étrangeté, d'ambiguïté et de malaise dès le début du roman. C'est l'atmosphère que l'auteur crée qui nous fait tourner les pages à toute allure et sécrète le suspense. Magistral.
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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
rkhettaouirkhettaoui   12 novembre 2014
C’est parfois mauvais de rester trop longtemps debout à réfléchir. En ce qui me concerne, en tout cas. Debout, aurait-on dit, je distinguais tous les problèmes qui me cernaient, tandis qu’à l’horizontale ma perspective a changé et ces problèmes se sont volatilisés.
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rkhettaouirkhettaoui   12 novembre 2014
Si j’ai appris une chose, c’est bien que le bonheur est interne, ainsi que la souffrance, et que nous les transportons avec nous, d’un lieu à l’autre. Comme une tortue transporte sa carapace.
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rkhettaouirkhettaoui   12 novembre 2014
La vie est plus douce lorsqu’elle est gratuite. Je me suis très bien débrouillée. De sorte que l’hôtel ne m’appartient plus, mais les livres, eux, sont toujours à moi. C’est peut-être pour cette raison que je suis tellement ravie de voir quelqu’un entrer dans la bibliothèque et les regarder. Les regarder réellement, non pas y jeter un coup d’œil.
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rkhettaouirkhettaoui   12 novembre 2014
Ne pas avoir d’oreille, c’est de la blague. Il s’agit simplement d’apprendre à écouter autrement la musique.
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rkhettaouirkhettaoui   12 novembre 2014
C’est parfois dangereux de rouvrir un livre qu’on a aimé, surtout après un changement brutal dans sa vie ; on ne retrouve pas son éblouissement ; on acquiert la certitude qu’il a subi des coupes, une révision, alors que de toute évidence on est soi-même le révisé.
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