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France Camus-Pichon (Traducteur)
EAN : 9782330161323
288 pages
Actes Sud (02/02/2022)
3.24/5   23 notes
Résumé :
Réunis dans une chambre d’hôpital, à Hobart, Tasmanie, Anna et ses deux frères veillent leur mère âgée, Francie, récemment victime d’une hémorragie cérébrale. Dehors, les incendies font rage, et tandis que le monde se meurt, la fratrie décide de maintenir la vieille femme
en vie – contre sa volonté et l’avis des médecins.
Alors que Francie s’engage dans un long calvaire ponctué d’opérations et de traitements, déjouant tous les pronostics, sa fille Anna... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Certains romans ou lectures croisent notre chemin sans vraiment de raison apparente, c'est le cas ici pour moi, j'ai sélectionné ce roman qui était dans la nouveauté de ma bibliothèque en lisant la quatrième de couverture.

Je dois avouer que les éditions actes sud pour ce récit ne sont pas ce que je préfère au niveau du confort de lecture ce format plutôt étroit et long ne me plait pas du tout.

Cependant dès le début je suis tombé sous la charme de la plume et la encore c'est à mille lieux de ce que j'aime lire les romans policiers haletant dont les pages défilent à toute vitesse car ici tout est en langueur et on prend le temps.

J'ai lu beaucoup de belles phrases faisant réfléchir et en prenant le temps encore une fois de relire certains d'entre elles à plusieurs reprises.

Il est question au final ici de beaucoup de chose pour un roman pourtant si court, tout d'abord d'une fratrie dont la mère est en train de mourir à petit feux.

D'écologie avec les villes qui prennent feu et de perte mais également de façon différente car Anna perd peu à peu certaines parties de son corps tout d'abord un doigt, puis un genoux etc....

Il est question ici de perte de membre mais sans raison apparente du jour au lendemain ceux-ci disparaissent tout simplement.

Il faut donc avoir un minimum se laisser porter par le récit et ne pas chercher pour cette histoire de disparition d'explication mais juste se laisser porte par le récit.

J'imagine que celui-ci ne peu pas du coup faire l'unanimité mais je dois avouer dans mon cas que cela est une lecture tellement différente que je la garderai en mémoire un moment.
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Un livre où est évoqué à la fois

Une fin de vie … la fin de la vie de sa mère plus précisément … le spectacle donné par la déchéance d'un corps qui fut un refuge tant aimé … les questions auxquelles les proches doivent répondre quand le malade ne peut plus décider par lui même … sujet poignant qui nous rappelle des souvenirs douloureux ou qui nous prépare à ce quoi nous serons peut être confronté un jour !

Le spectacle de notre monde qui ne tourne plus très rond … le climat perd ses repères entre l'été et l'hiver, entre le chaud et le froid … les paysages qui se transforment, le feu qui dévore des territoires de plus en plus importants, l'eau qui envahi des terres sensées être cultivables hier encore … la faune et la flore qui perdent jour après jour des éléments … sujet inquiétant qui lève le voile sur ce que nous ne voulons pas voir, jusqu'à ce qu'on soit mis en face de nos responsabilités !

Les relations entre les enfants et leurs parents … ce que les uns apportent aux autres … l'héritage familial, une plaie ou un bonheur à porter peut être mais pour en faire quoi … les sentiments filiaux évoluent au long des années, ce qui semble dû à certains moments deviennent pesant et usant avec le temps … les sentiments des uns qui n'ont rien à voir avec ceux des autres, des frères, des soeurs ayant chacun leur vécu et réagissant différemment.

Les relations entre une mère et son enfant … ce qu'une mère est prête à donner à son enfant au prix de sacrifice personnel et au nom de l'amour … ce qu'un enfant exige de sa mère comme étant dû et qui est toujours insuffisant.

Notre propre relation avec la vision de la mort … ce que l'on ressent face à un corps décharné qui peu à peu semble ne devenir qu'un squelette … la vie se contenant uniquement dans un regard qui s'affole devant la contemplation de l'autre monde peut être ou devant le vide.

Notre propre capacité à prendre conscience de la progressive disparition du vivant dans notre monde devenu fou.

Le style est un peu déroutant, des phrases qui ont du mal à se construire, des mots qui s'échappent et se perdent n'importe où, cette ponctuation qui par moment s'efface et nous laisse seul à essayer de comprendre tout comme ces morceaux de corps qui disparaissent sans prévenir, sans cri, sans douleur.

Un livre à l'abord plutôt difficile, il faut accepter de partir à la découverte d'Anna, Tommy, Ronnie et Terzo et de leur parcours chaotique, certains ont été confrontés avec les frères maristes (1), d'autres ne voyaient rien mais ne voulaient rien voir, d'autres ont choisi de s'exiler dans des territoires désertiques comme Port Davey (2) à la recherche des perruches à ventre orange (3).
Richard Flanagan nous donne une occasion de méditer sur la vie et la mort, entre la place des parents, des enfants et de tout ce qui nous entoure.

(1)
Les Frères maristes ou Frères maristes des écoles ou Maristes de Champagnat forment une congrégation laïque masculine enseignante de droit pontifical.
Les frères se dédient à l'éducation de la jeunesse avec des écoles primaires et secondaires, foyers d'étudiants et orphelinats et dans des services sociaux pour la jeunesse en danger (réinsertion, addictions, jeunesse des rues, camps de réfugiés,
En avril 2019, à Barcelone, Joaquin Benitez, ancien professeur d'éducation physique d'une école catholique dirigée par les Frères maristes, est condamné à 21 ans et 9 mois de prison pour agressions sexuelles sur mineurs. Les quatre victimes doivent par ailleurs recevoir 120 000 euros d'indemnité qui seront réglés par l'assureur des Frères mariste si le condamné est insolvable. Toutefois 17 anciens élèves avaient dénoncé des agressions sexuelles mais celles-ci étaient généralement prescrites. Il s'agit du premier jugement parmi les 12 professeurs des écoles Maristes de Barcelone, poursuivis avec plus de 40 plaintes en 2016.

(2)
Port Davey est une entrée océanique située dans la région sud-ouest de la Tasmanie, en Australie. Port Davey a été nommé en l'honneur de Thomas Davey, ancien gouverneur de Tasmanie, il se situe entre l'océan Austral et le port de Bathurst, qui est à l'abri des quarantièmes rugissants qui secouent les côtes sud-est ouest de la Tasmanie. Port Davey n'est pas peuplé, mais pendant de nombreuses années, Deny King et sa famille ont résidé à Melaleuca, engagés dans l'extraction alluviale d'étain. Depuis la mort de Deny King en 1991, la famille conserve un bail dans le parc national et participe activement aux programmes de conservation mais n'est pas résidente permanente.

(3)
La Perruche à ventre orange est une espèce d'oiseau de la famille des psittacidés. C'est un oiseau de 22 à 25 cm de long avec un dos vert, un ventre jaune et une tache orange sous le ventre. le mâle a en plus une bande bleue sur le front.
Cette espèce se nourrit de graines de carex et de bruyère. C'est un oiseau migrateur qui passe l'été (d'octobre à avril) sur les côtes sud-ouest de la Tasmanie où il niche puis migre ensuite vers les côtes de l'État de Victoria et de l'Australie-Méridionale où il passe l'hiver. Elle niche dans le creux d'un arbre. C'est une espèce protégée en voie de disparition. On estime qu'il en reste 150 en liberté et 150 en captivité.
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Par le passé, l'écrivain australien Richard Flanagan nous a plus d'une fois enthousiasmés, notamment avec La route étroite vers le nord lointain. Avec encore un titre à rallonge, Dans la mer vivante des rêves éveillés, et une alléchante quatrième de couverture, son nouveau livre semblait plus que prometteur. Eh bien, il est un peu décevant, à vrai dire, disons que l'impression est mitigée avec un mélange de réalisme et de situations métaphoriques, pour témoigner de la progressive disparition du vivant dans un monde en surchauffe. Et plus on avance dans le roman, plus celui-ci déconcerte, voguant peu ou prou vers les rives du fantastique. le pilier du livre, bien fragile, est Anna, de plus en plus fréquemment au chevet de sa mère à l'hôpital, accompagnée de ses deux frères. L'agonie est longue et perturbante pour une fille qui non seulement perd ses repères, mais aussi certains membres : un doigt, un sein, un genou qui disparaissent soudainement sans faire ciller quiconque dans son entourage. Étrange phénomène, au moment où les incendies font rage dans toute l'Australie et où des espèces animales, comme la perruche à ventre orangé, sont sur le point de disparaître. le livre, placé sous le signe des disparitions, l'est également dans l'écriture même de Flanagan avec parfois une ponctuation absente, on ne sait pourquoi. Son talent de conteur est toujours là mais peu à peu noyé dans une allégorie qui a du mal à convaincre. Si le roman peut être considéré comme un cri d'alarme environnemental, avec en première ligne la souffrance de la Tasmanie, la chère île natale de l'auteur, sa facture, à la fois éthérée et morbide (la mort lente de la mère), a de quoi rendre circonspect.
Lien : https://cinephile-m-etait-co..
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Dans la mer vivante des rêves éveillés
Anna a deux frères, Tommy artiste raté et Terzo, qui a une situation plutôt aisée. Tommy est celui qui est le plus proche de leur mère dont la santé décline. La vie d'Anna devient rythmée par les appels de Tommy qui lui annonce accident de la vie ou rechute de la santé de leur mère. Ce sont les allers-retours à l'hôpital qui s'enchaînent, les concertations entre frères et soeur pour prendre les décisions concernant les traitements de leur mère allant jusqu'à l'acharnement face à ce corps qui se dégrade.
Anna fait également face à des changements dans son corps. Certaines parties disparaissent. Ce qui est constaté par sa compagne Meg mais que personne d'autre ne remarque vraiment.
L'auteur nous captive par son histoire, nous liant à Anna dans sa détresse en tant que fille, en tant que mère, en tant que femme dont le corps disparait et dont le monde est bouleversé. Elle s'échappe grâce à son téléphone sur les réseaux sociaux. L'occasion pour l'auteur de nous présenter un monde dans lequel le système écologique s'écroule entre les chaleurs records partout dans le monde et les catastrophes naturelles.
Plusieurs sujets difficiles sont abordés: l'accompagnement en fin de vie du point de vue des enfants, le deuil dans une famille, la démence de proches à travers la maladie, la communication et l'impuissance parfois d'Anne en tant que parent mais également, discrètement la dégradation de notre environnement.
Avec ce roman, l'auteur réussit de manière très impressionnante à créer et entretenir une atmosphère mystérieuse, intrigante dans laquelle il installe le lecteur. On avance de manière incertaine, captivante et pas si paisible qu'on pourrait le croire.
Je sors de cette lecture impressionnée par la merveilleuse plume de Richard Flanagan.
C'est un livre très riche que Richard Flanagan mène majestueusement, maîtrisant une ambiance envoutante, maintenant l'équilibre entre réalité, illusions et rêves.
Il fera désormais partie, pour moi, des écrivains qui réussissent à sublimer le banal, à nous entraîner dans les histoires d'épreuves de la vie en y ajoutant de la magie.
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Richard Flanagan, écrivain et journaliste engagé australien, est un descendant de condamnés irlandais déportés en Tasmanie au 19 siècle.
L'Australie, vaste contrée aux chauds climats est principalement une terre d'explorateurs, de marchands et d'aventuriers, annexée par la Grande-Bretagne en 1788.
C'est aussi une terre d'exilés, un refuge pour une population chassée de leur pays pour des faits divers multiples et pour des agriculteurs en manque de terres.
Le peuple indigène, les aborigènes en feront les frais, l'histoire se répète.

Viscéralement attaché à sa terre, R.Flanagan l'aborde en profondeur et avec
émotions à travers ses oeuvres.
Il a reçu de nombreux prix littéraires et notamment pour le superbe :
"La route étroite vers le nord lointain".

Dans son dernier roman, il mène toujours le même combat, celui de l'écologie et de la Mère-Nature dévastée par le pouvoir de l'homme.
Il faut dire que le bilan est désastreux.
La force de son récit est de mettre en parallèle l'agonie d'une mère et celle de la sphère Terre, voir celle de notre évolution et de notre destin futur.
Anna, le personnage principal et ses deux frères n'acceptent pas l'inévitable, la mort de leur maman.
Ils s'acharnent contre l'avis médical et la principale intéressée.
Anna est prise dans un étau angoissant et perd littéralement elle aussi des parties de son corps comme sa mère et la planète.
Faut-il agir ou réfléchir ??

L'auteur, meurtri par les terribles incendies qui ont ravagé son pays il y a deux ans, veut sensibiliser ses lecteurs.
L'emploi du fantastique et son étrangeté peut paraître déroutant, il a le mérite de renforcer ce récit troublant entre drame familial et extinction du vivant.

Le propos est bien triste dans sa réalité, il est l'engagement d'un écrivain.
Deux interrogations m'interpellent après la lecture :
Où placer la beauté et l'amour ?






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critiques presse (2)
LeFigaro
17 mars 2022
Un roman australien sur les ravages de la pollution et d’internet à travers des histoires de femmes.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
LesInrocks
31 janvier 2022
Tandis que le monde naturel s’efface peu à peu, deux frères et une sœur se déchirent face à l’agonie de leur mère. Ce huitième livre de l’auteur australien est une sublime méditation sur la vie et la mort.
Lire la critique sur le site : LesInrocks
Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
Il y avait de l'impatience et de la tension alors que semaine après semaine les feux réduisaient lentement en cendres les forêts primaires, les landes exquises, les jardins alpins à l'ouest de l'île et les hautes terres, des cendres dont Anna, quand elle rentrait au pays pour voir sa mère, découvrait qu'elles mouchetaient les draps dans son Airbnb ; les incendies faisaient pleuvoir sur l'île de minuscules fragments carbonisés de fougères primitives et de feuilles de myrte, des négatifs parfaits ne laissant sous ses doigts que des traces noirâtres, et tout ce qui restait des arbres de Wollemi vieux de mille ans, des xanthorrhoes, des pinèdes, des bosquets de Richea pandanifolia, des gigantesques Eucalyptus regnans, des plaines couvertes de gymnosschoenus, ou des minuscules et rares orchidées de montagne, tout ce qui restait de tant de mondes sacrés c'étaient les draps tachés de suie d'Anna. (P.23)
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La jeune docteur sri lankaise ajouta qu'elle commençait à comprendre ce qu'un vieux médecin lui avait expliqué du temps où elle était étudiante : que l'on ne peut nous mesurer à l'aune de ce que nous disons ou pensons, mais de ce que nous sommes quand la souffrance nous met à l'épreuve. (P.250)
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Il y a tellement de beauté en ce monde, dit-elle avec un doux grésillement dans la voix, comme sidérée par une révélation qu'il lui avait fallu attendre sa vie entière. Et pourtant on ne s'en aperçoit que lorsqu'il est trop tard. (P.77)
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Elle avait appris que les gens étaient spectaculairement inattentifs, croyant voir la même personne alors qu'elle disparaissait sous leurs yeux. Eux-mêmes se dissolvaient peu à peu et pourtant personne ne semblait s'en apercevoir. Plus les choses changaient et plus les gens fixaient leurs écrans, vivant ailleurs, le monde réel n'étant plus désormais que le simulacre du monde sur leurs écrans, et leur existence l'ombre de leur vie en ligne. Plus les gens étaient nombreux à disparaître plus il s'affirmaient sur Internet comme par une équation ou un transfert grotesques. (P.242)
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[...] même ses rêves étaient un cauchemar de bruit d'agitation de croissance qui ne bénéficiaient apparemment à personne et ne produisaient que des choses laissant les gens insatisfaits mécontents plus pauvres qu'avant ; une panique grandissante exprimée par l'agitation, une peur de l'immobilité, le tourisme censé sauver l'île était devenu tout le contraire, les touristes chiaient même sur les pelouses devant les maisons des habitants putain qu'est-ce que ça voulait dire ? Ils sortent même de malheureux manchots de leur nid les brandissent pour faire des selfies postés sur Instagram, mais qui étaient ces gens ? Ils arrivaient sur des vols low cost ils arrivaient des bateaux de croisière - des monstres obèses chaque année plus grands bruyants et puérils avec piscines à toboggans plates-formes de saut à l'élastique écrans vidéo toujours plus larges sous la brume des vapeurs de fioul [...] (P.15)
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Videos de Richard Flanagan (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Richard Flanagan
Rencontre avec Richard Flanagan à la librairie La Galerne du Havre pour la parution de "Première personne". 11 septembre 2018.
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