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Suzanne V. Mayoux (Traducteur)
EAN : 9782743603519
208 pages
Payot et Rivages (22/08/2003)
3.38/5   26 notes
Résumé :
Un week-end d'été, dans une maison de campagne du nord de l'Etat de New York.

Week-end est un roman moderne sur la fiction de l'amour, une œuvre de beauté tranquille et de lyrisme tendre.
Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Annette55
  22 octobre 2014
John et Marianne possèdent une très belle demeure au nord de l'état de New-York, ils y invitent Lyle un de leurs grands amis avec qui ils ont des affinités intellectuelles., Lyle est critique d'art , il a perdu son compagnon, Tony, il y a un an, il est d'ailleurs décédé dans cette belle propriété.
Depuis il n'y est pas revenu....
Mais Lyle ne revient pas seul..
Pourquoi éprouve t- il le besoin d'amener son nouvel amant ,Robert,chez John et Marianne?Là où ils avaient passé tant de bons moments?que l'auteur par d'habiles allers et retours nous fait partager?
D'emblée,Un malaise s'installe, la présence de Robert va perturber les retrouvailles des trois amis...
Les angoisses de chacun sont exacerbées par cette tension qui monte au fil des heures.....chacun est mal dans sa peau.
L'auteur décrit avec beaucoup de délicatesse les états d'âme et les questions que se posent les uns et les autres...Marianne a peur de ne pas être aimée,John et l'amour invétéré qu'il porte à son potager, le bébé Roland dont on ne sait pas s'il est tout à fait normal, et le couple Gay qui ne l'est pas tant que ça puisque ce bonheur tout neuf se liquéfie sous la chaleur torride de cette journée!
Au cours de ce week- end,chacun est plongé dans des émotions complexes et tourmentées,Marianne est dépressive,angoissée par ses réactions non appropriées,John fuit le plus possible et se réfugie au jardin pour éviter les affrontements et la douleur du souvenir de Tony,Lyle ne pense qu'à Tony et Robert ne se sent pas à sa place....
Toutes ces névroses assombrissent cette belle journée dans une nature ample et paisible,dont la beauté trés bien décrite,contraste avec l'âpreté des sentiments!
Peter Cameron décrit avec une grande fraîcheur et un sens précis du détail cette confrontation rencontre lors de dialogues incessants où les non dits sont enfin exprimés,où les antipathies affleurent, où les personnalités se dévoilent , les gens s'aiment et s'affrontent, "maudit week-end"!,un roman qui se lit d'une traite plaisant et vif, où la tendresse,la tension, l'amour et les larmes sont mêlés,une oeuvre sur la difficulté d'être d'une beauté tranquille avec ses questionnements,ses doutes,que l'auteur en fin psychologue de l'âme humaine décrypte d'agréable façon!
Un moment de plaisir!

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LaBiblidOnee
  27 octobre 2015
Un petit livre comme je les aime : Récit, simple et court mais finalement assez intense, d'un week-end entre amis ou les comportements des uns et les émotions des autres sont scrutés à la loupe, détaillés en messes basses, exacerbés par les réactions de chacun.

Lyle est un critique d'art dont la conférence tourne court du fait des idées arrêtées qu'il véhicule. Mais il y rencontre Robert, chauffeur de taxi qui est également peintre à ses heures. Entre eux s'engage une discussion qui surprend Lyle : Robert a une vision de l'art mature et personnelle dont Lyle apprécie la fraicheur. Et cela est une chose rare, car depuis la mort de son compagnon, Lyle est seul, semble aigri et peu intéressé par les autres.

On découvre qu'aussi original et intéressant qu'il paraisse, Lyle est aussi intransigeant et inflexible, voire égoïste et sûr de lui. La mort de son compagnon l'a beaucoup affecté mais, étrangement, il s'attache rapidement à Robert et ils construisent ensemble un semblant de relation. Beaucoup plus jeune que lui, ce dernier le ramène à la vie avec sa spontanéité. Lyle lui propose alors, comme première sortie officielle en tant que couple gay, de passer avec lui un week-end chez des amis. Robert est ravi, fier d'être présenté à des amis de très longue date, persuadé que leur couple passe un cap important.

Mais Lyle ne parvient pas à lui dire que les amis en question sont le frère et la belle-soeur de son ancien petit-ami, qui est décédé d'une grave maladie au cours d'un précédent week-end dans cette même maison. Il ne lui dit pas non plus que ce week-end est la date anniversaire de sa mort. Pourtant tout cela est très présent dans les têtes de chacun des amis. Des amis qui, en plus, n'avaient pas été prévenus que Robert venait « en couple », et pensaient qu'il arrivait avec un simple ami…

*****
J'ai embarqué avec Lyle et Robert pour ce week-end entre amis qui s'annonçait beau et léger, empli d'amour et de belles rencontres ; Puis j'ai assisté à l'obscurcissement du ciel à travers le doute, les non-dits, les préjugés… Petit à petit l'ambiance devient pesante, voire oppressante et ce surtout pour Robert à qui l'on s'attache très vite du fait de sa fraîcheur, sa gentillesse, son honnêteté, son envie de bien faire. La scène du train entre Lyle et Robert, avant d'arriver, est magnifique : Lyle se rend compte que son incapacité à parler aux gens qu'il aime est en train de mener tout le monde sur un chemin glissant et son couple sur une mauvaise pente… Mais même s'il s'en rend compte, il ne fait rien pour arranger la situation et nous paraît donc antipathique dans un premier temps.

« Quand on a été seul dans la vie comme je l'ai été, on peut éprouver de la tristesse et un sentiment de solitude, mais on est le maître de son existence, puisqu'elle n'appartient qu'à soi. Et ensuite, quand on rencontre quelqu'un, on sent cette maîtrise qui s'en va. Et ça me fait peur. »

On finit par comprendre que c'est très difficile pour lui, si tiraillé par des sensations contradictoires qu'il ne sait pas comment ménager les susceptibilités de chacun : Celles de Robert d'abord, à qui il est probablement sincèrement attaché, mais qui provoque en lui un sentiment de culpabilité envers son ami mort et ses proches ; Ses propres sentiments ensuite, ayant l'impression d'être infidèle et prenant donc ses distances inconsciemment avec Robert, qui finit par se sentir violemment rejeté ; Et puis les réactions de ses amis, qui font semblant de rien mais qui, plus ou moins discrètement, dénigrent Robert…

La tension monte au fil du week-end. Robert, douloureusement amoureux, a l'impression qu'il ne parvient plus à toucher Lyle qui se renferme. Comment ce week-end va-t-il finir ? Je vous incite à lire ce roman pour le savoir ! Un récit très humain et bien décrit, que j'ai beaucoup aimé.

Lien : http://onee-chan-a-lu.public..
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myriampele
  14 octobre 2013
Durant tout un week end se côtoient, s'aiment, s'affrontent et se séparent John et Marianne, Lyle et Robert et une invitée atypique, Laura. Retours en arrière sur la disparition de Tony, le frère de John, mort du sida l'an passé, et qui était l"amant de Lyle. J'ai bien aimé ce court roman qui parle de tendresse et de souffrance, et de la difficulté d'être.
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Titine75
  23 mai 2013
Lyle, critique d'art, part en week-end chez ses vieux amis Marianne et John. Ces derniers possèdent une splendide demeure au nord de l'État de New York au bord d'une rivière. Lyle n'y est pas venu depuis un an, depuis la mort de son compagnon Tony qui était le demi-frère de John. Il est d'ailleurs décédé dans la maison auprès de ses proches. Tony reste le lien qui unit Lyle à Marianne et John, même si leurs affinités intellectuelles sont fortes. Lyle ne vient pas seul passer le week-end chez ses amis. Il est accompagné de Robert qu'il vient à peine de rencontrer. Probablement un moyen de montrer qu'il a surmonté son chagrin. Mais la présence de cet inconnu va perturber les retrouvailles des trois amis.
C'est grâce à In Cold Blog et son billet sur le dernier roman de Peter Cameron ("Coral Glynn") que j'ai découvert cet auteur américain. C'est avec beaucoup de délicatesse qu'il nous décrit ce week-end à la campagne. Chacun des participants est précisément décrit, ses sentiments sont mis à nu au fur et à mesure du séjour. Chacun est mal dans sa peau, plongé dans des émotions complexes et tourmentés. Marianne et John ont arrêté de travailler, leur richesse leur permet une totale oisiveté. Mais que font-ils réellement ? Marianne est dépressive, angoissée perpétuellement par ses réactions et celles des autres. John semble vouloir fuir les autres et se complait dans son jardin. Lyle ne s'est bien entendu pas remis de la mort de Tony, il ne pense qu'à lui et revit les moments passés avec lui. Malgré l'accueil cordial de Marianne, Robert ne sent pas à sa place. Il sait qu'il n'est qu'un pis-aller à Tony, un moyen d'équilibrer les forces en puissance. Toutes ces névroses ne peuvent qu'assombrir l'ambiance du week-end qui finira fort mal.
L'écriture de Peter Cameron est très belle, très lyrique. Je trouve qu'il déploie son talent dans les descriptions des paysages, des instants de vie sublimés par la nature. "Elle n'aurait pas dit que l'aurore était la plus belle heure de la rivière, dans le calme du soir, parfois, lorsque l'eau se teintait de violet, semblait presque cesser de couler, et reposait comme une meurtrissure au bas de la pelouse, Marianne se sentait au bord des larmes. Tandis que le matin, l'émotion n'entrait pas en jeu. le flot était profond, froid, déterminé, plus limpide et doté d'un effet curatif. Elle remontait le cours jusqu'à un coin discret où des arbres tombés avaient créé un bassin tranquille, au fond sablonneux". La nature paraît ample et paisible ce qui contraste singulièrement avec l'âpreté des sentiments de ses habitants.
Peter Cameron est un fin psychologue de l'âme humaine, se dégage de son oeuvre beaucoup de tendresse et de subtilité.
Lien : http://plaisirsacultiver.wor..
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Cemoicricri
  14 juin 2016
Marianne et John avaient l'habitude de recevoir le frère de Marianne, Tony, et son compagnon Lyle, dans leur idyllique maison à deux heures de New York. Seulement Tony y est mort du sida il y a un an, et quand Lyle revient accompagné d'un nouveau et très récent petit ami, derrière le bon accueil apparent, le malaise s'exprime par des non-dits, des actes manqués. le petit ami en fait les frais. « Il a l'air d'un garçon très bien », dit John. Ce qui n'est guère enthousiaste... de même, le courant ne passe pas bien avec une femme brillante invitée à dîner, une intellectuelle avec qui ils devraient s'entendre à merveille. Rien à reprocher à ces deux-là, sinon qu'ils ne sont pas Tony. Peut-être vont-ils se revoir. Peut-être que quelque chose s'est brisé entre les trois autres. Peut-être que rien n'a changé et que c'était juste un week-end pourri. Rien n'est affirmé. C'est un beau roman sur la difficulté du deuil et sur l'amitié.
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
LaBiblidOneeLaBiblidOnee   05 août 2015
Il est très difficile de garder la mémoire des morts. Un souvenir qui ne soit pas marqué par la complaisance envers son propre chagrin est presque impossible. Et on ne les retrouvera jamais indemnes de son deuil à soi, on ne pourra jamais penser à eux, ni les revoir avec un élan de sentiment pur, il y aura toujours cette affliction, cette douleur, cette impression égoïste d'abandon, où l'on passe avant eux. Marianne s'en voulait de pleurer sur elle-même parce qu'elle avait perdu Tony.
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zellerebzellereb   08 août 2020
- Peut-être que si on regarde n’importe quoi de près, ça devient laid.
- Ce n’est pas vrai.
- Les choses laides deviennent plus laides, j’imagine, et ce qui est beau devient plus beau. Mais je parie qu’il existe des choses laides qui deviennent belles, et vice versa. Qu’existe-t-il de laid qui devient plus beau à mesure qu’on le regarde mieux ?
- Je n’en sais rien, dit Lyle, avant de se résoudre à lever les yeux. Les insectes, peut-être.
- Oui, approuva Tony. Exactement : les insectes. En fait, j’aime bien tes pieds. Ils sont authentiques. Ils ont un côté Vieux Monde, quelque chose de biblique.
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LaBiblidOneeLaBiblidOnee   04 août 2015
Quand on a été seul dans la vie comme je l'ai été, on peut éprouver de la tristesse et un sentiment de solitude, mais on est le maître de son existence, puisqu'elle n'appartient qu'à soi. Et ensuite, quand on rencontre quelqu'un, on sent cette maîtrise qui s'en va. Et ça me fait peur.
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zellerebzellereb   08 août 2020
La dame à l’imprimé bleu abaissa son magazine et les regarda s’installer. Les gens voient toujours d’un mauvais œil qu’on se mette à côté d’eux, songea Lyle, et pourtant ils sont offensés si l’on s’en va ailleurs.
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myriampelemyriampele   14 octobre 2013
- Je crois que la maladie me fait plus peur que la mort. C'est bizarre, hein? En fait, la mort ne me fait pas peur. parce que c'est abstrait, probablement. Je suis incapable de l'imaginer. je suis bien trop terre à terre. Mais la maladie, je me l'imagine très bien. je ne veux pas être malade.
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