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EAN : 9791092217056
96 pages
Éditeur : Editions du square (01/01/2014)
3.75/5   4 notes
Résumé :
Nanie-Rosette, Ti-Jean l’horizon, la Madame Kéléman... autant de personnages qui nous font plonger tête la première dans la culture créole. Au travers de onze contes, Patrick Chamoiseau donne à voir les couleurs éclatantes du pays Martinique et nous offre un voyage temporel. Ces histoires, parvenues jusqu’à nous, rappellent qu’au temps marquant de l’esclavage le conte est une source de force et constitue un message d’e... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Natiora
  02 décembre 2015
Ouvrage jeunesse reçu lors du dernier Masse Critique jeunesse de Babelio, ce petit livre regroupe 11 contes issus de la culture créole de Martinique. Comme Patrick Chamoiseau l'explique dans sa préface, les contes étaient jadis racontés à la tombée de la nuit, lorsque les esclaves pouvaient quitter leur labeur et se réunir autour d'un conteur. C'est ainsi que nombre d'entre elles ont pour thème la faim, un des soucis majeurs de l'esclave qui ne vit que des pitances que son maître lui accorde.
Les contes ici rassemblés se suivent et ne se ressemblent pas. On y trouve de nombreux animaux qui parlent et ont des pouvoirs, des personnages malfaisants et d'autres bienveillants. La morale est toujours bien présente, qu'elle soit évidente ou déguisée.
Ce recueil permet d'aborder les contes sous un autre angle, à travers l'exotisme des paysages, des mets et surtout des expressions créoles. C'est aussi évidemment un moyen de toucher du doigt la culture de la Martinique, avec ses croyances et son passé.
C'est un ouvrage plaisant, joliment illustré, que je ne mettrais pas pour autant dans les mains de tous les jeunes lecteurs. le texte n'est pas facile, et même la préface de Patrick Chamoiseau peut sembler obscure pour un enfant ou un adolescent : "sa Parole se doit donc d'être opaque, détournée, d'une signifiance diffractée en mille miettes sibyllines". J'émettrais aussi une réserve sur les contes qui réservent leur lot de cruautés. C'est aussi le cas des contes européens mais ils ont cette fin rassurante "et ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants". Ici les enfants peuvent être mangés sans que l'histoire ne leur trouve un sort favorable. ll y a aussi de l'ironie et des références que seule une lecture plus adulte peut discerner. Et c'est souvent là que réside l'intérêt du conte. Je m'interroge donc si un enfant saura apprécier ses histoires au premier degré ou si elles ne font vraiment mouche que quand on sait lire entre les lignes.
En tout cas, avec mon regard d'adulte, j'ai apprécié cette découverte. Même si je dois l'admettre, en ce qui concerne les contes destinés à la jeunesse, j'ai gardé une âme d'enfant et préfère que les histoires soient plus "simples".
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grasshopers
  09 novembre 2015
Je remercie Babélio, Masse critique, et les éditions le Square pour m'avoir permis de lire cet ouvrage qui regroupe bon nombre de contes de la Martinique.
Il est joliment illustré de dessins un peu naifs, riches en couleurs réalisés par Giorgia Grippo Belfi.
Une préface est écrite par l'auteur, Patrick Chamoiseau, qui nous "plante d'abord le décor" et situe le contexte dans lequel ces histoires sont narrés par le Conteur.
Le conte vise à distraire ou à édifier, il porte en lui une force émotionnelle ou philosophique puissante, et nous parle, ici, du monde créole, de l'esclavage, et nous garanti le dépaysement...
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LN
  05 décembre 2015
Les contes et conteurs martiniquais datent de la période esclavagiste et coloniale. le peuple à cette époque est "enchaîné, affamé, vivant dans la peur et les postures de la survie". le soir à la nuit tombée, l'art du conteur lui permet de s'abstraire de ce quotidien pesant, pour voyager par le biais des mots.
Le conte créole ne travestit pas la réalité, il la sublime, il dit "que la peur est là, que chaque brin du monde est terrifiant, et qu'il faut savoir vivre avec ; le conte créole dit que la force ouverte est le fourrier de la défaite, du châtiment, et que le faible, à force de ruse, de détours, de patience, de débrouillardise qui n'est jamais péché, peut vaincre le fort ou saisir la puissance au collet : le conte créole éclabousse le système de valeurs dominant, de toutes les sapes de l'immobilité, que dis-je : de l'amoralité du plus faible."
Les contes entremêlent ainsi savamment le bestiaire africain (tigre, baleine, éléphant) et les personnages humains ou surnaturels (Diable, Bondieu...). On croise en ces pages des soeurs rivales convoitant le même homme, des vieilles acâriâtres, un petit bonhomme qui envoûte tous les monstres de sa musique -ou presque-, des frères dévoués, des diables trompeurs, des malédictions déroutantes... La faim est un thème lancinant, qui revient comme une mauvaise carie dont on ne peut se débarasser car la nourriture est pour ces esclaves un "obsessionnel trésor" : "il n'a pas fallu moins d'une loi, d'une ordonnace, d'une circulaire ministérielle et d'un arrêté du gouverneur (1845-1846) pour que les maîtres-béké se décident à distribuer à chaucun de leurs esclaves quelques livres de farine-manioc et deux-trous bouts de morue hebdomadaires."
L'univers chamarré de la Martinique et son imaginaire évocateur éclatent, portés par des dessins colorés et, page après page, le lecteur se laisse envoûter par le charme millénaire de ces contes :
"La voir, c'était voir ces libellules de matins frais que fascine la rosée. Et les prétendants la voyaient belle plus belle qu'une rumeur de pluie inventée en sécheresse par la soif des feuillages, et plus belle qu"une nacre intime dans les brisures d'un coquillage, et (pour précision) ils la voyaient beauté des étincelles du sel quand la mer reste docile au talon de lumière des chaleurs impossibles." p. 44
Lien : http://www.lecturissime.com/..
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
grasshopersgrasshopers   09 novembre 2015
On raconte l'histoire d'une vieille dame à qui ni les rides, ni les souffrances de l'âge, ni même la solitude ou les ingratitudes, n'avaient enlevé le cœur. Il est des gens comme ça : leur chair est bonté, leur regard de tendresse, et leurs mains sont saisons de caresses.
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Videos de Patrick Chamoiseau (23) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Patrick Chamoiseau
Lecture par Greg Germain, Mariann Mathéus, Roberto Jean, Sophie Bourel & Steffy Glissant Accompagnés de Viktor Lazlo (chant), Marie-Claude Bottius (chant) & de Grégory Privat (piano) Mise en musique par le Trio Mahagony
« Every great dream begins with a dreamer. Always remember, you have within you the strength, the patience, and the passion to reach for the stars to change the world. »
Harriet Tubman

Il y a 20 ans, le 10 mai 2001, le Parlement français votait la loi reconnaissant la traite négrière et l'esclavage transatlantique comme crime contre l'humanité, loi portée et défendue par Christiane Taubira. le texte stipule en son article 1 :
« La République française reconnaît que la traite négrière transatlantique ainsi que la traite dans l'Océan Indien d'une part, et l'esclavage d'autre part, perpétrés à partir du XVe siècle, aux Amériques et aux Caraïbes, dans l'Océan Indien et en Europe contre les populations africaines, amérindiennes, malgaches et indiennes constituent un crime contre l'humanité. »
Dans son discours de présentation du projet de loi, Christiane Taubira déclarait :
« Nous sommes là pour dire que la traite et l'esclavage furent et sont un crime contre l'humanité ; que les textes juridiques ou ecclésiastiques qui les ont autorisés, organisés percutent la morale universelle ; qu'il est juste d'énoncer que c'est dans nos idéaux de justice, de fraternité, de solidarité, que nous puisons les raisons de dire que le crime doit être qualifié. Et inscrit dans la loi parce que la loi seule dira la parole solennelle au nom du peuple français. »
Pour commémorer ce mois des mémoires, l'institut du Tout-Monde présente un « Chaos-opéra » imaginé par Sylvie Glissant et Greg Germain.

Avec les textes de Christiane Taubira, Léon-Gontran Damas, Édouard Glissant, Patrick Chamoiseau, Eugène Pottier, Gaël Faye, Marie-José Mondzain, Monique Arien-Carrère, Dénètem Touam Bona, Nicole Cage, Nancy Morejón, Léonora Miano, Estelle Coppolani, Aimé Césaire, Toni Morrison …

Soirée proposée par l'Institut du Tout-Monde.
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