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ISBN : 2070383911
Éditeur : Gallimard (04/06/1991)

Note moyenne : 3.61/5 (sur 54 notes)
Résumé :
Fort-de-France, pendant le carnaval. Devant son public médusé, le conteur Solibo Magnifique meurt, foudroyé par une égorgette de la parole. Auto strangulation? Ou meurtre? Toute l'assistance est soupçonnée, notamment Bateau Français, dit Congo, fabricant de râpes à manioc, et qui aurait empoisonné Solibo avec un fruit confit. Bouaffesse et Évariste Pilon mènent l'enquête, allant jusqu'à garder vue Patrick Chamoiseau lui-même. Quant à Congo, suspect numéro un, il ser... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Lenora
  10 mai 2013
"Solibo Magnifique" raconte sous forme d'enquête la vie de ce personnage éponyme, qui à lui-seul, représente la communauté traditionnelle et éteinte de la Martinique. Doué d'une belle parole et d'un esprit antillais attaché aux racines de ses origines, Solibo meurt d'une façon inexplicable devant un public qui vient encore écouter ses perles de sagesse. Pour résoudre ce mystère, Bouafesse un Martiniquais qui désire monter les échelons au point d'oublier d'où il vient, et Evariste Pilon, un Français qui ne connait pas bien la culture du pays, vont interroger une poignée d'habitants qui étaient sur le lieu du crime et qui ont déjà eu la chance de côtoyer le conteur par le passé. Commence alors à travers le personnage de Chamoiseau, des anecdotes rapportées par ces personnages hauts en couleur qui vont nous aider à définir le mystérieux Solibo mais également montrer au lecteur ce qu'est devenu le beau pays de la Martinique avec le temps.
Je n'ai pas particulièrement accroché à l'histoire. Trop sombre pour moi et trop décousu dans la narration. Cependant, Patrick Chamoiseau décrit à sa manière une communauté difficile à entendre, mais surtout une culture qui se perd peu à peu. Je comprends donc tout à fait le langage traditionnel qui vient chambouler le récit français afin de ne pas disparaître, mais il est vrai que souvent, le lecteur est un peu déstabilisé par cette apparition et ne sait plus trop quoi penser.
Je conseillerai donc Soliba Magnifique à tous ceux désireux de découvrir une société martiniquaise en déclin et qui tente désespérément de sauver le peu qui lui reste. Par contre, je déconseille ce roman aux conformistes de l'écriture !
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StephanieIsReading
  04 juillet 2019
Lorsque Solibo meurt d'une "égorgette de la parole", c'est l'oralité, c'est le conte et sa tradition orale qui meurent, et toute la culture martiniquaise qui se trouve amputée.
Deux policiers mènent l'enquête afin de comprendre qui est coupable de la mort de Solibo. Patrick Chamoiseau, lui-même, figure parmi les suspects.
Cette enquête est aussi et surtout le prétexte idéal pour aborder l'histoire de l'oralité, la place qu'elle occupe aux Antilles et sa disparition. C'est l'identité de tout un peuple qui est mise en danger quand l'un de ses piliers s'effondre.
Je recommande ce livre à tous les amoureux des mots et à tous ceux qui en captent la musique enivrante et singulière.
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Hykulle
  29 avril 2014
Surprenant. Il n'y a pas d'autre mot, ou plutôt, si, mais tous plus ou moins synonymes... Et la surprise, là, était positive !
J'ai assez vite compris qu'on ne lisait pas ce roman pour son enquête policière, totalement à charge et qui n'avance qu'avec des oeillères. On le lit d'abord pour entendre cette "voix" qui traverse le livre et transcende les pages, cette voix qui s'étiole, qui s'éteint et qui meurt avec les traditions d'une "égorgette de la parole".
On se laisse porter, sans toujours comprendre (d'autant plus que, personnelle, je ne comprends pas le créole), mais ça ne paraît pas le plus important. Ce livre est éminemment musical, c'est par les sons que passent les émotions : l'incompréhension, la joie, l'horreur... Et l'écrit, lui, se dit constamment impuissant à porter cette musique, cette parole en déclin, il ne peut que "marquer" les choses, les faire vivre au-delà de soi mais une dimension qui ne rend pas compte de celle de la parole.
Mais la parole, je vous l'assure, est là, omniprésente, chantante, grondante... et dépaysante. On l'entend claquer de la langue, chuchoter, crier...
Tout cela sur un fond d'anticolonialisme compréhensible mais pas totalement manichéen - et la revendication ne prend pas toute la place, c'est aussi cela que j'ai apprécié.
Engagé, poétique et romanesque, que demander de plus ?
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olivberne
  28 décembre 2012
J'ai essayé Chamoiseau, je n'ai pas été vraiment conquis. Il raconte ici une sorte d'histoire policière, d'enquête sur une disparition qui est plus la disparition de la parole, des traditions et des coutumes martiniquaises. C'est original, il se met même en scène dans le roman mais c'est un peut trop confus et complexe. Et on retrouve un discours éculé assez lourd à porter, celui du regret du passé et de la critique de la modernité.
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Jondelles
  17 janvier 2017
un peu déconcertée par tous ces mots que je ne comprends pas. Solibo le conteur savait semble-t-il ravir ses auditeurs.
les mots antillais mon gênés et l'histoire est vraiment rocambolesque mais sans trop de goût ni de saveur, premier livre sur les Antilles, j'en cherche un autre qui me serait plus accessible.
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Citations et extraits (23) Voir plus Ajouter une citation
olivberneolivberne   08 octobre 2013
- Bien. Maintenant, Papa, tu vas parler en français pour moi. Je dois marquer ce que tu vas me dire, nous sommes entrés dans une enquête criminelle, donc pas de charabia de nègre noir mais du français mathématique... Comment on t'appelle, han?
- Onho.
- Ca, c'est ton nom des mornes. Je te demande ton nom de la mairie, de la Sécurité sociale...
- Bateau Français, articula Congo comme s'il mâchait un lambi chaud.
- Raconte-moi en français ce qui est arrivé à Solibo là...
- Han pa jan halé fwansé.
- Tu ne sais pas parler français? Tu n'es jamais allé à l'école? Donc tu ne sais même pas si Henri IV a dit "Poule au pot" ou "Viande-cochon-riz-pois rouge"?...
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CielvariableCielvariable   24 juin 2013
Mais d'abord, ô amis, avant l'atrocité, accordez une faveur : n'imaginez Solibo Magnifique qu'à la verticale, dans ses jours les plus beaux. Cette parole ne se donne qu'après l'heure de sa mort tristesse, mi ! et même pas dans un dit de veillée, auprès de son corps parfumé aux bonnes herbes. Se figurant un crime, la police l'a ramassé comme s'il s'agissait d'une ordure de la vie, et la médecine légale l'a autopsié en petits morceaux. On a découpé l'os de sa tête pour briguer le mystère de sa mort dans sa crème de cervelle. On a découpé sa poitrine, on a découpé ses poumons et son coeur. Son sang a été coulé dans des tubes de verre blanc, et, de son estomac ouvert, on a saisi son dernier touffé-requin. Quand Sidonise le reverra, aussi mal recousu qu'un jupon de misère... roye! comment dire cette tristesse qu'aucune brave ne peut laisser noyer ses yeux ?... C'est pourquoi, ô amis, avant ma parole je demande la faveur : imaginez Solibo dans ses jours les plus beaux, en vaillance toujours, avec le sang qui tourne, le corps planté dans la vie en poteau d'acacia dans une boue dangereuse. Car, si de son vivant il était une énigme, aujourd'hui c'est bien pire : il n'existe (comme s'en apercevra l'inspecteur principal au-delà de l'enquête) que dans une mosaïque de souvenirs, et ses contes, ses devinettes, ses blagues de vie et de mort, se sont dissous dans des consciences trop souvent enivrées.

À terre dans Fort-de-France, il était devenu un Maître de la parole incontestable, non par décret de quelque autorité folklorique ou d'action culturelle (seuls lieux où l'on célèbre encore l'oral) mais par son goût du mot, du discours sans virgule. Il parlait, voilà. Sur le marché aux poissons où il connaissait tout le monde, il parlait à chaque pas, il parlait à chacun, à chaque panier et sur chaque poisson. S'il y rencontrait une commère folle à la langue, disponible et inutile, manman! quelle rafale de bla-bla... Au billard de la Croix-Mission, au vendredi du marché-viande à l'arrivage du boeuf, sur le préau de la cathédrale après la dévotion, au stade Louis-Achille tandis que nous assassinions l'arbitre, Solibo parlait, il parlait sans arrêt, il parlait aux kermesses, il parlait aux manèges, et plus encore aux fêtes. Mais il n'était pas un évadé d'hôpital psychiatrique, de ces déréglés qui secouent la parole comme on se bat une douce. Au Chez Chinotte, sanctuaire du punch, on s'assemblait pour l'écouter alors que pas un cheveu blanc n'habitait sur ses tempes, et le tafia n'avait même pas encore rougi ses yeux (seul le premier jaune sale avait touché le blanc) qu'un silence accueillait l'ouverture de sa bouche : par-ici, c'est cela qui signale et consacre le Maître.
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CielvariableCielvariable   24 juin 2013
Charles Gros-Liberté, crié Charlot, répondit aux questions comme un somnambule, en caressant une traînée blanchâtre qui naissait sur sa joue. Pilon, pour l’aider à se détendre (effet qu’évoquer Solibo semblait leur faire à tous), lui demanda ce qu’il savait des dernières heures du Magnifique. Charlot dit qu’on ne pouvait rien en savoir : Solibo vivait sans montre et sans calendrier, et surtout sans habitudes. Il n’était réglé que sur la vente de son charbon, sur son punch à midi au Chez Chinotte, et sur le jour de la Toussaint où il honorait de bougies saint-antoine sa défunte manman Florise (une larme sur elle, Seigneur). Pour le reste, inutile de l’espérer là où tu l’attendais. Il aurait cadencé sa biguine à contretemps s’il avait été musicien, et sa mazurka n’aurait jamais été piquée au même endroit.
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JondellesJondelles   17 janvier 2017
A terre de Fort-de-France, il était devenu un Maître par la parole incontestable, non par décret quelque autorité folklorique ou d'action culturelle (seuls lieux où l’on célèbre encore l'oral) mais par son goût du mot, du discours sans virgule. Il parlait, voilà. Sur le marché aux poissons où il connaissait tout le monde, il parlait à chaque pas, il parlait à chacun, à chaque panier et sur chaque poisson. S'il y rencontrait une commère folle à la langue, disponible et inutile, manman ! quelle rafale de blabla...Au billard de la Croix Mission, au vendredi du marché-viande à l'arrivage du bœuf, sur le préau de la cathédrale après la dévotion, au stade Louis-Achille tandis que nous assassinions l'arbitre, Solibo parlait, il parlait sans arrêt. Il parlait aux kermesses. Il parlait aux manèges, et plus encore aux fêtes. Mais il n'était pas un évadé d’hôpital psychiatrique, de ces déréglés qui secouent la parole comme on se bat une douce. Au Chez Chinotte, sanctuaire du punch, on s'assemblait pour l'écouter alors que pas un cheveu blanc n'habitait ses tempes, et le tafia n'avait même pas encore rougi ses yeux (seul le premier jaune sale avait touché le blanc) qu'un silence accueillait l'ouverture de sa bouche : par-ici, c'est cela qui signale et consacre le Maître.
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juliette56juliette56   04 novembre 2015
Solibo Magnifique me disait: 'Oh, Oiseau, tu veux l'indépendance, mais tu en portes l'idée comme on porte des menottes. D'abord: sois libre face à l'idée. Ensuite: dresse le compte de ce qui dans ta tete et dans ton ventre t'enchaine. C'est d'abord là, ton combat...'
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Videos de Patrick Chamoiseau (19) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Patrick Chamoiseau
Ryoko Sekiguchi Patrick Honoré le Club des gourmets et autres cuisines japonaises. Traduire. Où Ryoko Sekiguchi et Patrick Honoré tentent de dire de quoi est composé "Le Club des gourmets et autres cuisines japonaises", présenté par Ryoko Sekiguchi, et comment a été traduit du japonais ce recueil de Kôzaburô Arashiyama, Osamu Dazai, Rosanjin Kitaôji, Shiki Masaoka, Kenji Miyazawa, Kafû Nagai, Kanoko Okamoto, Jun?ichirô Tanizaki traduits par Ryoko Sekiguchi et Patrick Honoré, à l'occasion de sa parutuion en #formatpoche aux éditions P.O.L et où il est question notamment de la traduction à deux mains, de Patrick Chamoiseau et de mangas,et des mots pour dire la nourriture et la cuisine. "Si le Japon est connu comme un pays de fine gastronomie, sa littérature porte elle aussi très haut l'acte de manger et de boire. Qu'est-ce qu'on mange dans les romans japonais?! Parfois merveilleusement, parfois terriblement, et ainsi font leurs auteurs, Tanizaki, Dazai, Kafû du XIIe siècle à nos jours, dix gourmets littéraires vous racontent leur histoire de cuisine."
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