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ISBN : 2081660334
Éditeur : Pere Castor (02/01/2004)

Note moyenne : 3.66/5 (sur 1055 notes)
Résumé :
M. Seguin avait choisi, cette fois, une chèvre toute jeune croyant ainsi la retenir. Mais Blanquette, comme toutes les autres, préféra la bruyère des montagnes au pré vert de son clos; la liberté et ses risques plutôt que la sécurité et l'ennui. Elle comprit bientôt qu'il ne suffisait pas d'être brave et courageuse pour se défendre contre le loup qui, lui aussi, goûte la griserie des grands espaces.
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Critiques, Analyses et Avis (50) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
  21 octobre 2012
La chèvre de Monsieur Seguin est sans conteste la nouvelle la plus connue du recueil Les Lettres de Mon Moulin, à telle enseigne qu'elle a presque pris, de nos jours, valeur de conte traditionnel, ce qui est une belle marque de reconnaissance.
On ne compte plus les dizaines de versions et d'adaptations, toutes plus ou moins fidèles, plus ou moins illustrées, plus ou moins colorées, plus ou moins réussies. Certaines sont tronquées de la partie introductive originelle qui est une lettre du narrateur à son ami poète Pierre Gringoire qui est en train de refuser une place de chroniqueur dans un bon journal parisien au nom du respect de sa liberté littéraire. C'est dommage car cette introduction est l'occasion pour Alphonse Daudet d'y exprimer la morale de l'histoire, mais il est vrai que dans une optique de littérature jeunesse, cette introduction est un peu éloignée du monde des enfants.
Il est vrai également que, dépouillée de son prologue et de son épilogue, cette nouvelle a vraiment tout du conte traditionnel, tel que n'aurait pas rechigné d'en écrire un Perrault des grands soirs.
Le brave monsieur Seguin, habitant auprès des pré-Alpes provençales, a déjà perdu nombre de chèvres qui, ayant jugé bon d'aller brouter l'herbe sauvage des versants plutôt que les pousses chétives et rébarbatives du clos, ont fini par s'échapper et terminer entre les crocs dévastateurs du loup qui hante ces montagnes.
Monsieur Seguin, résolu à essayer, une nouvelle et dernière fois, d'élever une chèvre se décide à la prendre jeune et malléable afin qu'elle s'habitua mieux à la captivité et aux contraintes de la vie simple et monotone que peut lui offrir le bonhomme.
La petite Blanquette a pourtant tout pour plaire, un bon caractère, une belle allure, mais résistera-t-elle aux attraits de la montagne et de la liberté, si alléchante, vue d'en bas ?
Une belle fable à méditer, qui peut avantageusement être lue en relation avec la fable de la Fontaine « le loup et le chien », sur les avantages et les inconvénients de la domesticité et de la liberté sauvage.
Bref, un amour de conte (ou de nouvelle) à lire absolument car faisant désormais pleinement partie du patrimoine traditionnel commun à léguer à nos enfants, mais bien sûr, ce n'est là que mon avis, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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rabanne
  02 juin 2016
L'un de mes livres préférés de petite fille, malgré la tristesse de la terrible fin de Blanchette.
Il faut dire qu'elle m'agaçait aussi un peu, Blanchette, à batifoler comme ça dans la montagne, se sachant en danger !...
Cette histoire (comme Barbe bleue) me provoquait des sentiments contradictoires, pitié et en même temps un peu de colère, contre l'imprudence de la chevrette, qui avait quelque part "mérité" cette tragique fin.
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Moob
  21 août 2012
Que reste-t-il dans nos mémoires d'adulte, de ce conte écouté de multiples fois avant de s'endormir...
L'appel irrésistible vers l'inconnu, sur les chemins de la liberté, voir si l'herbe est plus verte ailleurs... tester son courage et sa prise de risques, gravir et découvrir la montagne dans toute sa symbolique.
Découvrir l'indépendance, tester sa force de conviction, ses prises de décision... Savoir partir, quitter tout confort, se mesurer à sa propre solitude et affronter la peur jusqu'à l'extrême...
Pour se sentir vivant et adulte en devenir !
Avis aux mères, aux pères : le pouvoir initiatique des contes est toujours bien d'actualité ! continuons à tourner les pages... car ce petit bruit rend la lecture active, un rituel pour la vie.
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kuroineko
  23 novembre 2018
La chèvre de Monsieur Seguin reste un de mes tout premiers souvenirs de lecture... par ma tante, ne sachant pas encore lire alors. Mais l'histoire s'est inscrite en moi (sans doute car j'ai dû la lui réclamer plus d'une fois...).
Quelle est triste cette histoire de Blanchette, la jeune chèvre que le pauvre vieux Monsieur Seguin espère voir grandir sans être dévorée par un loup comme toutes ses précédentes bêtes. Elle ne manque de rien dans son enclos. Pourtant, comme pour nombre d'entre nous humains, l'herbe lui paraît très vite plus verte et plus goûteuse au-delà du parc. La liberté se trouve derrière les barrières qui la protègent. Et Blanchette, bien sûr, cède à la tentation. Avec la fin qu'on lui connaît.
Conte sans doute le plus connu des Lettres de mon Moulin, il remplit son rôle moral même si, enfant, j'ai pleuré pour la pauvre petite chèvre. Après tout, elle voulait juste folâtrer un peu dans l'herbe grasse de la montagne, parmi les campanules et les autres fleurs. le prix à payer est rude.
Mais quel beau texte. J'en retiens encore les belles descriptions de paysages d'Alphonse Daudet. Et à mesure que la nuit tombe sur la montagne, l'anxiété monte. On frissonne avec la blanche biquette. du grand art en quelques pages très marquantes.
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orbe
  09 juillet 2014
A la magie du texte inoubliable de Daudet, Flammarion adjoint les belles illustrations de Pincesse CamCam.

La chèvre héroïne de cette histoire tragique, le loup et le pauvre Monsieur Seguin sont représentés avec une netteté qui leur apporte du relief. A l'inverse, les paysages sont comme nimbés de brouillard et parsemés de couleurs pastels.
Dès lors l'image semble mettre un évidence la question de l'identité. Quel prix sommes nous prêts à payer pour ne pas perdre notre liberté ? Une question toujours d'actualité, car la chèvre de Monsieur Seguin, c'est un peu nous aussi...

Monsieur Seguin a perdu toutes ces chèvres. Elles ont toutes été mangées par le loup. L'attrait de la liberté, symbolisée par la montagne est trop forte pour pouvoir résister. L'homme espère qu'il en sera autrement avec Blanquette qu'il élève toute jeune.
Pourtant, même si le destin de la jolie chèvre est déjà tracé, laissons nous emporter encore une fois, par la magie des mots et des illustrations...
Lien : http://cdilumiere.over-blog...
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Citations et extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
EmylitEmylit   01 janvier 2016

M. Séguin s'apercevait bien que sa chèvre avait quelque chose, mais il ne savait pas ce que c'était... Un matin, comme il achevait de la traire, la chèvre se retourna et lui dit dans son patois :

- Écoutez, monsieur Séguin, je me languis chez vous, laissez-moi aller dans la montagne.

- Ah ! mon Dieu !... Elle aussi ! cria M. Séguin stupéfait, et du coup il laissa tomber son écuelle ; puis, s'asseyant dans l'herbe à côté de sa chèvre :

- Comment, Blanquette, tu veux me quitter !

Et Blanquette répondit :

- Oui, monsieur Séguin.

- Est-ce que l'herbe te manque ici ?

- Oh ! non ! monsieur Séguin.

- Tu es peut-être attachée de trop court, veux-tu que j'allonge la corde ?

- Ce n'est pas la peine, monsieur Séguin.

- Alors, qu'est-ce qu'il te faut ? qu'est-ce que tu veux ?

- Je veux aller dans la montagne, monsieur Séguin.

- Mais, malheureuse, tu ne sais pas qu'il y a le loup dans la montagne... Que feras-tu quand il viendra ?...

- Je lui donnerai des coups de cornes, monsieur Séguin.

- Le loup se moque bien de tes cornes. Il m'a mangé des biques autrement encornées que toi... Tu sais bien, la pauvre vieille Renaude qui était ici l'an dernier ? une maîtresse chèvre, forte et méchante comme un bouc. Elle s'est battue avec le loup toute la nuit... puis, le matin, le loup l'a mangée.

- Pécaïre ! Pauvre Renaude !... Ça ne fait rien, monsieur Séguin, laissez-moi aller dans la montagne.

- Bonté divine !... dit M. Séguin ; mais qu'est-ce qu'on leur fait donc à mes chèvres ? Encore une que le loup va me manger... Eh bien, non... je te sauverai malgré toi, coquine ! et de peur que tu ne rompes ta corde, je vais t'enfermer dans l'étable et tu y resteras toujours.
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Nastasia-BNastasia-B   24 octobre 2012
Elle aperçut en bas, tout en bas dans la plaine, la maison de M. Seguin avec le clos derrière. Cela la fit rire aux larmes.
" Que c'est petit ! dit-elle ; comment ai-je pu tenir là-dedans ? "
Pauvrette ! de se voir si haut perchée, elle se croyait au moins aussi grande que le monde...
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julinejuline   26 mars 2013
C'était, paraît-il, des chèvres indépendantes, voulant à tout prix le grand air et la liberté.
Le brave M. Seguin, qui ne comprenait rien au caractère de ses bêtes, était consterné.
Il disait : «C'est fini ; les chèvres s'ennuient chez moi, je n'en garderai pas une.»
Cependant, il ne se découragea pas, et, après avoir perdu six chèvres de la même manière, il en acheta une septième; seulement, cette fois, il eut soin de la prendre toute jeune, pour qu'elle s'habituât mieux a demeurer chez lui.
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GwendoGwendo   05 mars 2011
Monsieur Seguin n'avait jamais eu de bonheur avec ses chèvres. Il les perdait toutes de la même façon. Un beau matin, elles cassaient leur corde, s'en allaient dans la montagne et là-haut le loup les mangeait. Ni les caresses de leur maître, ni la peur du loup, rien ne les retenait. C'étaient, paraît-il, des chèvres indépendantes, voulant à tout prix le grand air et la liberté.
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CielvariableCielvariable   31 mars 2018
En somme, ce fut une bonne journée pour la chèvre de M. Seguin ! Vers le milieu du jour, en courant de droite et de gauche, elle tomba dans une troupe de chamois en train de croquer une lambrusque à belles dents. Notre petite coureuse en robe blanche fit sensation. On lui donna la meilleure place à la lambrusque.

Tout à coup, le vent fraîchit. La montagne devint violette ; c'était le soir... "Déjà !" dit la petite chèvre ; et elle s'arrêta fort étonnée.

En bas, les champs étaient noyés de brume. Le clos de M. Seguin disparaissait dans le brouillard, et de la maisonnette on ne voyait plus que le toit avec un peu de fumée ; elle écouta les clochettes d'un troupeau qu'on ramenait, et se sentit l'âme toute triste... Un gerfaut qui rentrait la frôla de ses ailes en passant. Elle tressaillit... Puis ce fut un long hurlement dans la montagne : "Hou ! hou !"

Elle pensa au loup ; de tout le jour la folle n'y avait pas pensé... Au même moment, une trompe sonna bien loin dans la vallée. C'était ce bon M. Seguin qui tentait un dernier effort.

"Hou ! hou", faisait le loup.

"Reviens ! reviens !..." criait la trompe.

Blanquette eut envie de rentrer ; mais, se rappelant le pieu, la corde, la haie du clos, elle pensa que maintenant elle ne pourrait plus se faire à cette vie, et qu'il valait mieux rester...

La trompe ne sonnait plus...

La chèvre entendit derrière elle un bruit de feuilles. Elle se retourna et vit dans l'ombre deux oreilles courtes toutes droites, avec des yeux qui reluisaient... C'était le loup.

Enorme, immobile, assis sur son train de derrière, il était là, regardant la petite chèvre blanche et la dégustant par avance. Comme il savait bien qu'il la mangerait, le loup ne se pressait pas ; seulement, quand elle se retourna, il se mit à rire méchamment :

- Ha ! ha ! petite chèvre de M. Seguin ! et il passa sa grosse langue rouge sur ses babines d'amadou.

Blanquette se sentit perdue... Un moment, en se rappelant l'histoire de la vieille Renaude, qui s'était battue toute la nuit pour être mangée le matin, elle se dit qu'il vaudrait peut-être mieux se laisser manger tout de suite ; puis, s'étant ravisée, elle tomba en garde, la tête basse et la corne en avant, comme une brave chèvre de M. Seguin qu'elle était... non pas qu'elle eût l'espoir de tuer le loup - les chèvres ne tuent pas le loup -, mais seulement pour voir si elle pourrait tenir aussi longtemps que la Renaude...

Alors le monstre s'avança, et les petites cornes entrèrent en danse.
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