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Edouard Glissant (Collaborateur)
ISBN : 2070408736
Éditeur : Gallimard (30/11/-1)

Note moyenne : 4.16/5 (sur 44 notes)
Résumé :
« Du temps de l'esclavage dans les isles-à-sucre, il y eut un vieux-nègre sans histoires ni gros-saut, ni manières à spectacle. Il était amateur de silence, goûteur de solitude. C'était un minéral de patiences immobiles. Un inépuisable bambou. On le disait rugueux telle une terre du Sud ou comme l'écorce d'un arbre qui a passé mille ans. Pourtant, la Parole laisse entendre qu'il s'enflamma soudain d'un bel boucan de vie. Ainsi m'est parvenue l'histoire de cet esclav... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Shan_Ze
  10 novembre 2013
Un vieil homme, présent depuis longtemps dans la plantation, prend la fuite alors que rien ne le laissait présager. le maitre lance alors son féroce molosse à ses trousses.
Patrick Chamoiseau utilise des termes locaux créoles pour que le lecteur s'imprègne bien de l'ambiance des îles-à-sucre où l'esclavage régnait. L'ensemble est savoureux et poétique. L'atmosphère n'est pas très joyeux, tout le monde craint la réprimande, le maitre et ses chiens. L'auteur arrive à nous faire sentir la peur des esclaves opprimés. le rythme augmente doucement avec la fuite puis la poursuite. Les phrases longues deviennent courtes. Un très beau conte même si la toute fin m'est apparu assez obscure. L'écriture de cet auteur m'a encore charmé, je lirai d'autres de ses livres.
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StephanieIsReading
  08 juillet 2019
Une oeuvre aussi courte que poignante. Un esclave en fuite est poursuivi par un molosse.
Une course effrénée pour échapper à l'injustice, à l'inhumanité et à la cruauté la plus abjecte.
Le vieil homme n'en sort pas indemne et il n'est pas le seul...
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de
  23 août 2019
La Pierre est des peuples. Des peuples dont il ne reste qu'elle
« du temps de l'esclavage dans les isles-à-sucre, il y eut un vieux-nègre sans histoires ni gros-saut, ni manières à spectacle. Il était amateur de silence, goûteur de solitude. C'était un minéral de patiences immobiles. Un inépuisable bambou ».
Chacun e par la fenêtre ouverte ainsi sur le passé, pourrait composer une histoire à partir de ces quelques mots. Les phrases du conteur ravivent la mémoire du poids des « terres amères des sucres ». Patrick Chamoiseau prévient « Au démarrage de cette histoire, chacun sait que cet esclave vieil homme va bientôt mourir ». Pourtant en l'écrivant si sobrement, il instille un doute sur cette mort probable, il souffle le possible chant de la révolte.
Mais laissons cela pour l'instant et faisons connaissance avec le Maître-béké dont « le patrimoine vibre d'une particule », sa propriété l'Habitation et ses esclaves, le molosse « destiné à traquer les fourbins qui fuient les servitudes », l'histoire de cette terre, « Les Amérindiens des premiers temps se sont transformés en liane de douleurs qui étranglent les arbres et ruissellent sur les falaises, tel le sang inapaisé de leur propre génocide », les bateaux négriers, les « lentes processions de chairs défaites, maquillées d'huile et de vinaigre », le « déshumain grandiose », la confusion d'« existants dévastés, indistincts dans l'informe »…
Le molosse hurle à la mort, ce hurlement « défolmante la matière » du monde du Maître-béké, l'esclave vieil homme a maronné…
Je n'en dirait pas plus du vivant, des eaux, du lunaire, du solaire, de la Pierre, des os… et de l'auteur, « La parole du Papa-conteur l'emporte vers des confins étranges ».
En touchant aux os, l'écrivain fait « l'immense détour qui va jusqu'aux extrêmes pour revenir aux combat de mon âge, chargé des tables insues d'une poésie nouvelle ». La prolifération des mémoires, des lieux, des mots et des couleurs… de la révolte même dans le sommeil apparent…

Lien : https://entreleslignesentrel..
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ogmios
  10 mai 2015
Chamoiseau est un écrivain reconnu, mais je n'ai pas été séduit par sa prose trop maniérée à mon goût. Je trouve son style alambiqué, je n'ai pas pris de plaisir à lire son texte, obligé continuellement à me ralentir ou revenir en arrière à cause d'une construction de phrase torturée. L'autre reproche, c'est l'usage d'un vocabulaire trop recherché qui freine la lecture, j'ai parfois eu le sentiment d'être comme un enfant qui ne possède pas suffisamment de vocabulaire et qui ne comprend pas le texte qu'il a sous les yeux : effrayant ! Promis, je vais essayer une autre fois d'y revenir (j'avais par exemple bien accroché au début du chapitre 2 avec le molosse), mais je n'ai pas tenu la distance...
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Moan
  23 avril 2012
Dans les Iles-à-sucre,un vieil esclave aimant la solitude s'enfuit. Son maître-béké lâche son molosse à ses trousses.
Très belle écriture pour décrire cette poursuite dans les marécages.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
michelekastnermichelekastner   02 août 2018
Depuis l'arrivée des colons, cette île s'est muée en un magma de terre de feu d'eau et de vents agité par la soif des épices. Beaucoup d'âmes s'y sont dispersées. Les Amérindiens des premiers temps se sont transformés en lianes de douleurs qui étranglent les arbres et ruissellent sur les falaises, tel le sang inapaisé de leur propre génocide. Les bateaux négriers des seconds temps ont ramené des nègres d'Afrique destinés aux esclavages des champs-de-cannes. Seulement, ils ont vendu aux planteurs-békés, nullement des hommes, mais de lentes processions de chairs défaites, maquillées d'huile et de vinaigre. Elles ont semblé non pas émerger de l'abîme mais relever à jamais de l'abîme lui-même. Les colons sont les seuls à mouvoir les masses charnelles de ce magma (baptiser, assassiner, libérer, construire, s'enrichir), mais ils ressemblent mieux à des fermentations qu'à des personnes vivantes ; et leurs yeux régentant les actes d'esclavage n'ont sans doute plus de ces jeux de paupières qu'autorisent l'innocence, la pudeur, la pitié.
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michelekastnermichelekastner   03 août 2018
Sans savoir pourquoi, je veux m'offrir un nom. M'attribuer un nom comme à l'heure des baptêmes que le Maître ordonnait. Je ne trouve rien. Il y a tant de noms en moi. Tant de noms possibles. Mon nom, mon Grand-nom, devrait pouvoir les crier tous. Les sonner tous. Les compter tous. Les brûler tous. Leur rendre justice à tous. Mais cela n'est pas possible. Rien ne m'est désormais possible. Tout m'est au-delà du nécessaire et du possible. Au-delà du légitime. Ni territoire à moi, ni Histoire à moi, ni Vérité à moi, mais à moi tout cela en même temps, à l'extrême de chaque terme irréductible, à l'extrême des mélodies de leurs concerts. Je suis un homme.
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aimeryjoesselaimeryjoessel   23 août 2018
L'habitation est — à l'instar de toutes choses de ces temps — désenchantée, sans rêves, sans avenir que l'on puisse supposer. Le vieil esclave y a blanchi sa vie. Et, au fond de cette soupe, son existence n'a eu ni rime ni sens apparent. Juste les macaqueries de l'obéissance, les postures de la servilité, la cadence des plantations et des coupes de canne, la raide merveille du sucre qui naît dans les cuves, le charroi des sacs vers les gabarres du bourg. On ne lui a jamais rien reproché. Il n'a jamais rien quémandé à quiconque. Il répond à un nom dérisoire octroyé par le maître. Le sien, le vrai, devenu inutile, s'est perdu sans qu'il ait eu le sentiment de l'avoir oublié. Sa généalogie, sa probable lignée de papa maman et arrière-grands-parents, se résume au nombril enfoncé dans son ventre, et qui zieute le monde tel un oeil coco-vide, très froid et sans songes millénaires. L'esclave vieil homme est abîme comme son nombril.
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AMRAMR   27 octobre 2016
J’essaierai de modeler mon vieux bougre dans un langage de conte et de souffle de course. Un langage qui dirait sa parole en le signalant muet. Un langage qui mélangerait le silence de sa langue aux frappes dominatrices qui écrasaient son dire. Un langage sans haut ni bas, total en son vouloir, ouvert en son principe.

J’étais victime d’une obsession, la plus éprouvante et la plus familière, dont l’unique sortie s’effectue par l’Ecrire.
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dede   23 août 2019
Du temps de l’esclavage dans les isles-à-sucre, il y eut un vieux-nègre sans histoires ni gros-saut, ni manières à spectacle. Il était amateur de silence, goûteur de solitude. C’était un minéral de patiences immobiles. Un inépuisable bambou
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Videos de Patrick Chamoiseau (19) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Patrick Chamoiseau
Ryoko Sekiguchi Patrick Honoré le Club des gourmets et autres cuisines japonaises. Traduire. Où Ryoko Sekiguchi et Patrick Honoré tentent de dire de quoi est composé "Le Club des gourmets et autres cuisines japonaises", présenté par Ryoko Sekiguchi, et comment a été traduit du japonais ce recueil de Kôzaburô Arashiyama, Osamu Dazai, Rosanjin Kitaôji, Shiki Masaoka, Kenji Miyazawa, Kafû Nagai, Kanoko Okamoto, Jun?ichirô Tanizaki traduits par Ryoko Sekiguchi et Patrick Honoré, à l'occasion de sa parutuion en #formatpoche aux éditions P.O.L et où il est question notamment de la traduction à deux mains, de Patrick Chamoiseau et de mangas,et des mots pour dire la nourriture et la cuisine. "Si le Japon est connu comme un pays de fine gastronomie, sa littérature porte elle aussi très haut l'acte de manger et de boire. Qu'est-ce qu'on mange dans les romans japonais?! Parfois merveilleusement, parfois terriblement, et ainsi font leurs auteurs, Tanizaki, Dazai, Kafû du XIIe siècle à nos jours, dix gourmets littéraires vous racontent leur histoire de cuisine."
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