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Alice Delarbre (Traducteur)
EAN : 9782264081162
336 pages
10-18 (20/04/2023)
4.17/5   647 notes
Résumé :
« Il a enfin trouvé le silence. Mais pas encore la paix. ».
Cooper et sa fille de 8 ans, Finch, vivent coupés du monde dans une cabane au nord des Appalaches depuis la mort de la mère de Finch. La petite fille a grandi au milieu des livres et de la forêt, et respecte les dures règles de la vie sauvage. En grandissant, elle cherche à repousser les limites de leur isolement, à s'aventurer plus loin en forêt et commence à s'interroger sur le monde extérieur. Mai... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (137) Voir plus Ajouter une critique
4,17

sur 647 notes
Un père et sa petite fille, seuls au fin fond d'une forêt, que fuient-ils, de quoi, de qui ont-ils peur ?

Le ton est donné dés le premier chapitre. Une cabane isolée, quelques poules, le froid, ils sont tous les deux, Cooper et sa fille Finch de huit ans. Heureux ainsi d'être ensemble dans la plus petite simplicité. Il y a des règles, très peu de liberté, un cellier où Finch doit courir se cacher au moindre ordre de son père.
Puis il y a le seul voisin, Scotland dont Cooper se méfie plus que jamais mais que la petite apprécie tellement.

Tout dans ce roman est juste et percutant. L'atmosphère est palpable, les personnages sont attachants, l'empathie bat son plein, la peur guette, l'émotion surgit sans prévenir tant l'écriture joue sur la corde sensible. Malgré la tension qui est a son paroxysme, on ressent tout l'amour que Cooper et Finch se portent mutuellement. On est plongé en immersion totale dans ce huit-clos au coeur de la forêt, de la nature qui se montre tantôt amie tantôt dangereuse.

Une parenthèse dans un autre monde où plus rien ne compte que s'aimer et protéger coûte que coûte ceux qu'on aime.

#Lesilencedesrepentis #NetGalleyFrance
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Voilà un bon petit roman où se mêlent diverses thématiques, celle de la famille -- monoparentale en l'espèce --, celle de la guerre d'Afghanistan, celle de l'isolement dans la forêt -- donc nature writing --, celle de rapports humains complexes, l'ensemble complété d'une brève enquête policière qui va faciliter le dénouement, sans oublier une histoire d'amour davantage romance que véritable passion.

L'ensemble se lit très aisément, les personnages sont attachants, surtout la jeune Finch, enfant de huit ans qui n'a jamais vécu que dans les bois et voudrait bien découvrir le monde, même si sa connaissance de la forêt, de ses habitants, de ses drailles perdues, son sens inné de l'orientation lui donnent bien plus que ce peuvent recevoir les enfants dits civilisés.

Son père, Cooper, n'est pas un héros, sa vie n'a été que maladresses diverses et le bonheur lui a échappé par les aléas du destin qui a fait disparaître prématurément la mère de Finch, il n'est pas un héros mais il assume son passé, le présent et redoute sans cesse un avenir incertain.

Les nombreux rappels de la guerre d'Afghanistan avec les différentes atrocités communes à tous les conflits sont au coeur de l'existence de Cooper qui a été brisé par cette fatalité. Cependant, ce thème m'a paru plutôt mal traité par Kimi Cunningham Grant qui, malgré les informations qu'elle a pu recueillir, ne produit pas un texte profond et lyrique sur le sujet. On est très loin du niveau exceptionnel du roman de Ben Fountain : Fin de mi-temps pour le soldat Billy Lynn, mais celui-ci est entièrement consacré au retour d'Irak de ce jeune soldat.

La partie nature writing s'insère tant bien que mal dans le texte avec quelques belles descriptions, mais la partie "romance" -- je n'aime pas du tout ce terme -- tombe plus tôt à plat et sombre dans le mélo. Dommage, car il y avait matière à illustrer le roman avec une véritable passion lors de la rencontre entre Cooper et Marie.

Un personnage haut en couleurs, Scotland, est très bien exploré et décortiqué par Kimi Cunningham Grant. Lui, c'est un homme, un vrai de vrai, un héros sacrifié qui trompe Cooper sur sa véritable personnalité, il est l'archétype du véritable acteur de nature writing et sauve, à bien des moments, l'ensemble du roman.

La fin est, comme trop souvent dans ce genre d'histoire, liquidée au terme d'un peu de suspense et elle ôte une bonne part de sa crédibilité à cette oeuvre flirtant avec le roman noir mais dans laquelle l'eau de rose le décolore trop.
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Doux, sauvage et émouvant ce roman. A l'image de son personnage principal.


« - Finch !
Elle m'ignore et poursuit sa lecture.
- Finch !
Elle s'interrompt et me regarde.
- Terrier !
Sa fourchette heurte son assiette avec fracas et elle se précipite vers le cellier. Pendant qu'elle soulève la trape, je débarrasse les assiettes et les empile sur le plan de travail, puis je récupère mon canif sur l'étagère au-dessus de la cuisinière. le tout en quelques secondes. »


Un père, ancien militaire revenu d'Afghanistan ressemblant désormais à Robinson Crusoé, et sa fille de huit ans vivent seuls dans une cabane au fond des bois… depuis à peu près huit ans. Sont-ils là par choix de vie original, ou bien contraints ? Où est la mère ? Se cachent-ils ? Fuient-ils quelque chose ? Ou bien quelqu'un ? Si Finch ne sait pas tout de leur situation, Cooper lui a néanmoins appris certains réflexes qui en disent long sur le caractère secret de leur présence ici. Se déplacer silencieusement, se débrouiller seule en forêt ; Filer se cacher dans le cellier dès que Coop crie « Terrier ! ».


Ils ne prennent jamais le risque de réaliser un ravitaillement en ville, grâce à un ami militaire qui leur amène des provisions une fois par an. Pour le reste, ils se débrouillent avec Dame Nature entre chasse, poulailler et potager. Et même si un étrange voisin trop curieux et intrusif, dont on ne sait pas s'il est bienveillant ou dangereux, semble désormais avoir leur secret entre ses mains, père et fille se sont adaptés à cette vie clandestine et angoissante… Jusqu'au jour où tout dérape, à commencer par le ravitaillement qui n'arrive pas, tandis que d'autres ennuis se profilent à l'horizon.


Pour chaque récit d'un événement présent, Cooper nous raconte un événement du passé cousant, souvenir par souvenir et mêlant les causes et les conséquences, le patchwork de leur existence. On comprend très vite que la nature est tout autant leur refuge que leur prison. Car si Cooper est un homme droit, il a commis des actes dont il n'est pas fier. Pour autant, sa volonté de bien faire, son amour pour sa fille, son humanité et ses failles le rendent terriblement attachant. le genre de personnage qu'on aurait peut-être peur de croiser dans la vraie vie sans le connaître mais que, bien à l'abri des frontières de cet imaginaire littéraire, on a envie de soutenir et d'aimer. Alors on ressent sa tension lorsqu'il décrit les événements qui le poussent dans ses retranchements, le contraignent à agir, et à faire des choix pour lui et sa fille. Je ne vous cacherai pas que la fin m'a beaucoup émue. le titre est si bien trouvé !


Un moment de lecture intense et agréable, fait de tension, de bons moments et d'amour. Un grand merci à Spleen pour la découverte, et à Magielivre pour ce très beau et gentil cadeau.
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Une cabane au milieu de nulle part.
Un père et sa fille, seuls.
Un voisin, un corbeau à l'épaule, inquiétant.
Le ravitaillement qui n'arrive pas cette année.
Une jeune fille photographe un jour, dans la foret
Une photo dans le journal
Et tout dérape.

Cooper était soldat en Afghanistan.Il en est revenu changé.
Et un enchainement d'évènements qui nous seront révélés petit à petit, l'a obligé à quitter le monde et se réfugier dans la cabane de son ami Jake, qui une fois par an lui apporte le ravitaillement. Sauf que cette année, Jake ne vient pas.
Et à nouveau les évènements s'enchainent. Rien ne sera comme avant.

Cooper, dont on découvre peu à peu le passé, pièce par pièce, comme cette couverture en patchwork qu'il coud pour sa fille, est un homme secret, un homme des bois, un homme rude, qui dégaine plus vite que son ombre, mais un homme attachant par l'amour infini qu'il porte à sa fille. Et cette relation entre le père et sa fille est un des points forts de ce roman, pleine d'amour de complicité et de respect. Beaucoup d'émotion dans ce roman aux personnages attachants, à la nature omniprésente. J'ai beaucoup aimé ces deux personnages.
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Une cabane au coeur de cinquante mille hectares de forêt, c'est ici que se sont réfugiés, il y a maintenant presque 8 ans, Cooper et sa fille, Finch. Isolés de tout, père et fille vivent coupés du monde. Seul Jake, un ami, vient leur rendre visite une fois par an, le 14 décembre, passant quelques jours en leur compagnie et surtout venant apporter tout un stock de ravitaillement. Quant à Scotland, leur voisin le plus proche, un brin bizarre, parfois perturbant, sa venue, le plus souvent inattendue et silencieuse, est, le moins que l'on puisse dire, attendue. Ce dernier n'ayant pas manqué, peu de temps après leur arrivée, de venir les saluer en apportant à Cooper un lapin mort mais aussi des journaux dans lesquels il était question de Cooper. Pour autant, Cooper n'a jamais eu l'envie ni même l'idée de fuir cet endroit, protecteur et rassurant. Mais, cette année, il va devoir s'aventurer en ville, Jake n'ayant pas pu honorer sa venue...

Celui qui se fait dorénavant appeler Cooper a fui les hommes et la civilisation, suite à un acte dont il n'est pas fier et dont il tient à garder le secret aux yeux de sa fille mais qu'il révèle par bribes au fil des pages. Vivant reclus, se débrouillant avec ce que la nature a à leur offrir, en plus de tout ce que lui apporte Jake, un ami lui aussi ancien soldat. Dès les premières pages, l'on ressent cette atmosphère tendue, parfois angoissante, tant Cooper se tient toujours sur ses gardes et à l'affût du moindre événement inhabituel, l'absence de son ami cet hiver-là n'étant malheureusement pas le seul. S'il y est question de survie, d'enquête policière, ce roman met avant tout en lumière cette magnifique et tendre relation entre un père et sa fille, ce dernier ayant tout fait pour la garder près de lui, quitte à se mettre en danger et en dépit des lois. Une relation très forte, indéfectible, pure, touchante, bâtie sur la confiance, le respect mais aussi des secrets. Au coeur de cette nature sauvage parfaitement dépeinte, Kimi Cunningham Grant tisse, tout en finesse, un roman subtil et émouvant, se jouant parfois des apparences.
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Citations et extraits (76) Voir plus Ajouter une citation
Derrière Fynch, les bois s'embrasent, puis le soleil s'extirpe de l'horizon pourpre. Les jeunes arbres et les grands pins, le soleil qui étire ses rayons, tout est flamboyant et baigné de lumière, de nouvelles ombres apparaissent, le monde prend vie.
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Pour quelqu'un qui, depuis près de dix ans, n'a pas mis les pieds dans un autre bâtiment qu'une petite cabane nichée au milieu de cinquante hectares de forêt, un supermarché est un lieu surprenant et déroutant. Les lumières, enfilades interminables de néons, brillent d'un éclat accablant. Les rangées et rangées de gigantesques téléviseurs qui diffusent tous à fond les mêmes scènes, à des degrés divers de résolution... (…) Vertigineux et troublant. Des panneaux bleu et jaune sont suspendus partout : Prix bas ! Énormes remises sur le rayon électronique ! Ça n'aide pas que les fêtes approchent à grands pas, il y a évidemment des sapins, des décorations, un renne en plastique et un immense Père Noël gonflable qui s'agite d'avant en arrière. La profusion absolue : trop, beaucoup trop de tout. L'absence totale de modération, de retenue. 
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Le soleil de décembre, chaud et encore haut dans le ciel mais qui commence à décroître, sa lumière qui se diffuse entre les jeunes arbres. La brise. L'air chargé de pin, de terre et de cerf et de cerf de Virginie aussi : la promesse contenue dans cette odeur, un espoir pour l'avenir.
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Je lui prends la main pour la serrer, puis je me cale contre le tronc, tout près d'elle, et je crois bien que n'importe qui dans ce monde serait bien en peine de faire l'expérience d'un moment plus idyllique que celui-ci. Le soleil de décembre, chaud et encore haut dans le ciel mais qui commence à décroître, sa lumière qui se diffuse entre les jeunes arbres. La brise. L'air chargé de pin, de terre et de cerf de Virginie aussi : la promesse contenue dans cette odeur, un espoir pour l'avenir.
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J’ai toujours été convaincu que si une chose était écrite, et qu’elle n’advenait pas la première fois, alors on avait une seconde chance. Mais je n’ai jamais eu l’audace de croire à la possibilité d’une troisième ou même d’une quatrième chance. D’imaginer que le monde pourrait vous offrir un peu de bonheur après vous avoir, toute votre vie, accablé de peines, comme s’il avait changé de position sur celui que vous êtes et sur ce que vous méritez. Appelez ça comme vous voulez : chance, karma ou, peut-être davantage, grâce.
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