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ISBN : 2234084407
Éditeur : Stock (02/01/2019)

Note moyenne : 3.89/5 (sur 18 notes)
Résumé :
« Le jour de la naissance de mon fils, j'ai décidé d'aller bien, pour lui, pour nous, pour ne pas encombrer le monde avec un pessimisme de plus. Quelques mois plus tard, des attentats ont endeuillé notre pays. J'en étais à la moitié de ma vie, je venais d'en créer une et la mort rôdait. L'Enfant articulait ses premières syllabes avec le mot guerre en fond sonore. Je n'allais pas laisser l'air du temps polluer mon bonheur. »
Roman d'une vie qui commence, manu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
Ziliz
  02 février 2019
Depuis les attentats terroristes en France revendiqués par Daech, peut-on dire que nous vivons dans un pays en guerre ? Que Paris est une ville dangereuse ?
Pour répondre à cette question, Julien Blanc-Gras a relu les carnets de guerre de ses deux grand-pères, qui ont 'fait' la seconde Guerre mondiale. Il en livre de nombreux extraits dans cet ouvrage.
Cet exercice a un sens complémentaire pour ce jeune papa : en s'interrogeant sur l'héritage familial, il s'ancre dans une filiation, et son fils avec : « Pour rendre hommage à [l'histoire] de mes aïeux, je ne peux qu'offrir ce petit mausolée de papier, qui sera remis à la génération suivante. »
Ce livre est également prétexte à évoquer les premières années de son petit garçon. Les anecdotes sont amusantes, et le regard paternel est touchant, entre les moments magiques et l'épuisement, les progrès de l'enfant, sa curiosité qui s'éveille et sa crise du non – « Mon fils, ce bipolaire. »
Le résultat est donc aussi personnel qu'universel.
Je l'ai trouvé moins acéré et moins drôle que les précédents textes de l'auteur (ses carnets de voyage, et 'In Utero', le récit sur la grossesse de sa compagne).
Après avoir lu les autobiographies familiales de Marie-Aude Murail ('En nous beaucoup d'hommes respirent') et de Tardi ('Stalag IIB, tome 3'), il est possible que ce genre de récit introspectif me paraisse redondant, notamment les épisodes sur la guerre...
• merci à Apik pour ce choix de MC ! 😉
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Apikrus
  02 février 2019
Dans 'In Utero', Julien Blanc-Gras racontait la grossesse de sa compagne, qu'il appelle 'la Femme' dans ses textes.
'Comme à la guerre' est une suite de cet ouvrage, avec l'entrée en scène de l'Enfant, leur fils.
Bien qu'autographiques, ces récits ne sont pas nombrilistes. Au contraire, à travers la vie de sa famille c'est une partie de celle des Hommes que l'auteur observe et analyse.
Le fils de Julien Blanc-Gras est né quelques mois après le massacre de journalistes dans la rédaction de Charlie Hebdo. D'autres attentats ont suivi à Paris et dans d'autres villes d'Europe.
L'auteur s'interroge sur les conséquences de ces actes terroristes sur notre quotidien, et sur le terme de 'guerre' employé par des personnalités politiques pour les désigner.
Ses deux grand-pères ont combattu durant la seconde guerre mondiale. Peu diserts sur le sujet, ils ont laissé des bribes de témoignages écrits que JBG nous livre, nous donnant sobrement un aperçu de ce qu'est une guerre.
Le contraste entre les époques est suffisamment important pour que nous relativisions les choses (du moins pour ceux qui n'ont pas été directement victimes des attentats).
J'ajoute un commentaire personnel aux réflexions de l'auteur. Les personnalités politiques qui estiment que des attentats sur notre territoire font de la France un pays en guerre n'y adjoignent jamais l'adjectif 'civile'. Or la plupart de ces attentats ont été commis par des Français.
Ne s'exonèrent-ils pas ainsi d'une réflexion sur ce qui a fait basculer ces personnes dans le camp des terroristes ? L'égalité et la fraternité prônées par la devise de notre République n'ont-elles pas trop longtemps oubliées ?
La transmission aux descendants est très présente dans ce livre. Ce que les grand-pères de JBG lui ont transmis, et ce qu'avec la Femme ils transmettront à l'Enfant (des savoirs, des expériences, des valeurs).
Comme beaucoup de parents, JBG se demande comment éduquer son fils de la meilleure manière possible, comment l'armer pour vivre dans un monde parfois hostile, sans prétendre trouver LA recette universelle. Au contraire il exprime son désarroi face à certains comportements enfantins. Il n'est pas sorti de l'auberge ! L'adolescence promet un ouvrage décapant…
Bien que réaliste sur la nature humaine, JBG ne sombre pas dans le pessimisme. Sa manière de présenter les choses, ici comme dans ses autres ouvrages (récits de voyage), le rend toujours agréable à lire, y compris sur des sujets sérieux ou graves.
JBG est en quelque sorte le 'Bill Bryson' français, même s'il reste moins caustique (et donc moins amusant).
• Merci à Babelio et aux éditions Stock.
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Sallyrose
  19 février 2019

Julien est un jeune papa de presque 40 ans.
Alors qu'il assiste émerveillé à l'éclosion de la vitalité de son enfant, les journalistes de Charlie Hebdo sont massacrés. Quelques mois plus tard ce sera plus d'une centaine de quidams, au Bataclan et sur les terrasses de certains cafés parisiens.
Comment élever un enfant, lui transmettre des valeurs comme la bienveillance dans un monde de chaos ?
L'auteur met en parallèle le concept de guerre qui émerge sur beaucoup de bouches à celle vécue par son grand-père en 1940 dans un journal intime qu'il lui a confié.
Tout ça est plutôt d'ordre dramatique et pourtant j'ai ri aux larmes. L'auteur a un talent de haut niveau dans le maniement de l'humour, de l'ironie et du cynisme (pas très grinçant malgré tout). Son style est très fluide, celui des pensées qui vagabondent en apparence mais qui montre du doigt les turpitudes de l'homme occidental contemporain en usant les ficelles de l'argumentation.
C'est donc un portrait tout en nuances que l'auteur brosse avec un rire, une pensée profonde, une mise en perspective.
Dans le même temps qu'il relate les événements de sa vie de père, de la couche qui fuit au premier sourire en passant par les rejets de laits et la magie du langage, il évoque sa perplexité sur le monde qui l'entoure et la mesquinerie de ses congénères.
Sans prétendre apporter des réponses à des questions à peine formulées, il démontre que si la peur existe, si elle est légitime, elle n'est pas suffisante pour se priver d'être heureux. Une philosophie de vie simple, efficace, applicable immédiatement.
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MadameTapioca
  20 février 2019

Julien Blanc Gras est écrivain, reporter-voyageur, éternel globe-trotteur.
Dans le Paris des attentats de 2015, il devient père.
L'Enfant nait au coeur d'une capitale meurtrie, marquée par le terrorisme, où les militaires patrouillent devant les crèches, où l'on se méfie de chaque personne qui entre dans le métro, où il est difficile de penser à demain.
D'un côté la vie, de l'autre la mort. D'un côté l'insouciance, de l'autre la violence.
C'est le grand télescopage !
Dans ce contexte si particulier, l'auteur nous offre une chronique de la paternité, partageant ses doutes, ses angoisses, son émerveillement, son bonheur, ses questionnements.
Est-ce bien sérieux de faire un enfant au temps de Daesh ?
Comment protéger l'Enfant face à l'horreur ?
Parallèlement, il plonge dans les journaux intimes de ses grands-pères qui ont vécu la Seconde Guerre mondiale.
Le récit contemporain et le récit du passé s'entremêlent avec fluidité et cohérence.
La guerre de ses aïeux entre en résonnance avec les évènements terroristes actuels.
Julien Blanc Gras nous raconte cette aventure à la fois intime et universelle sur un ton tendre, drôle, enjoué et excessivement sensible.
En choisissant l'humour, cette réflexion sur la transmission fait mouche et touche au coeur.
Une véritable bouffée d'optimisme, servie par un sens de la formule juste.
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alexb27
  07 janvier 2019
Cet écrit est une chronique /un journal tenu par Julien Blanc-Gras de 2015 à 2018 après l'attentat de Charlie Hebdo. Il s'agit d'une réflexion sur le monde actuel, sur la guerre contre le terrorisme, sur la paternité (lui qui est jeune papa) et sur l'identité. Il se plonge en effet et décripte les écrits de ses grands pères pendant la seconde guerre mondiale pour mieux se définir. C'est parfois drôle (surtout dans les interactions avec l'enfant), parfois brillant, toujours très intéressant. Un livre à découvrir. Merci à Netgalley et à l’éditeur pour cet envoi. #CommeàlaGuerre #NetGalleyFrance
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critiques presse (3)
LeMonde   11 février 2019
L’enfant de l’écrivain est né avec les attentats de 2015. Son livre est une première réponse à la question de la transmission, sensible et enthousiaste.
Lire la critique sur le site : LeMonde
LaCroix   08 février 2019
Dans cette chronique de la paternité au temps du terrorisme, Julien Blanc-Gras raconte le bouleversement et la responsabilité de mettre au monde un enfant, cet inconnu.
Lire la critique sur le site : LaCroix
Bibliobs   30 janvier 2019
A 40 ans, le voilà qui médite sur l'amour au temps des attentats et cherche, entre deux tueries dans Paris, de quoi relativiser « la sensation d'être cerné par l'apocalypse ». Il trouve ses remèdes à la fois en amont, dans le journal tenu par son grand-père sous la mitraille en 1939-1940 et, en aval, dans le rire baveux de son fils. Résultat : son propre livre est, lui aussi, un impeccable antidote au désespoir et à la bêtise.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
MadameTapiocaMadameTapioca   07 février 2019
Le jour de la naissance de mon fils, j'ai décidé d'aller bien, pour lui, pour nous, pour ne pas encombrer le monde avec un pessimisme de plus. Quelques mois plus tard, des attentats ont endeuillé notre pays. En meurtrissant la chair des uns, les terroristes visaient le cœur de tous. Mes quarante ans approchaient. J'en étais à la moitié de ma vie, je venais d'en créer une et la mort rôdait. L'Enfant articulait ses premières syllabes avec le mot "guerre" en fond sonore.
+ Lire la suite
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MadameTapiocaMadameTapioca   07 février 2019
Je savais, au moment de devenir père, que ma mission sur cette planète consisterait à assurer la survie de mon enfant. Je découvrais, à l'usage, que c'était lui qui me protégeait.
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ZilizZiliz   28 janvier 2019
Mes grands-pères se sont battus, ont écrit [dans leurs carnets intimes] et se sont tus. Ils ont été héroïques et sont revenus à des petites vies modestes [après la 2e Guerre mondiale]. Sans la ramener. Eux qui ne disaient rien, nous qui parlons trop.
Nous parlons trop et on ne s'entend pas. Des enfants de colonisés, des petits-enfants de déportés, des arrière-arrière-petits enfants d'esclaves se livrent à une concurrence victimaire féroce qui crispe l'ensemble de la société. C'est une sale bataille où tout le monde perd. On préfère s'engueuler à propos d'hier plutôt que de construire demain. Si vous n'êtes pas d'accord, comparez les audiences des articles sur les polémiques mémorielles et de ceux traitant de l'environnement.
+ Lire la suite
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ZilizZiliz   27 janvier 2019
On doit s'y résoudre : la croissance d'un enfant s'accompagne de la perte progressive de son innocence. C'est une loi de la nature et ça vous fout en l'air. Etrange sensation que cette nostalgie par anticipation, ce bonheur presque douloureux qui s'empare du parent, spectateur privilégié d'une existence qui démarre, des premières fois qui, par définition, ne se reproduiront pas et nous renvoient à ce que nous ne serons plus jamais. La joie pure de vivre ces moments le dispute à la mélancolie de les voir disparaître, engloutis par le cours des choses.
Dans une dizaine d'années, ce petit être qui murmure 'coucou papa' au réveil sera un adolescent qui écoutera de la musique pourrie, se branlera trois fois par jour, emploiera des expressions que je ne comprendrai pas, me considérera comme un vieux schnoque ; et je l'aimerai comme au premier jour.
(p. 102-103)
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ZilizZiliz   27 janvier 2019
Nous étions en plein 'terrible two', la fameuse phase des deux ans durant laquelle l'enfant s'affirme en défiant l'autorité, en s'immisçant dans les moindres failles de la muraille parentale. Il refusait d'entrer dans son bain, puis refusait de sortir de son bain. Chaque étape du quotidien pouvait engendrer un casus belli.
[...]
Son besoin d'opposition était d'autant plus épuisant qu'il ne s'activait qu'avec ses parents. Il se montrait angélique avec les autres adultes. Quand il tapait un scandale dans la rue (parce qu'une voiture rouge venait de passer alors qu'il préférait les voitures bleues), j'étais tenté de demander de l'aide à des passants pour le sermonner à ma place avec plus d'efficacité. 'Je vous en supplie, maîtrisez cet individu. Tenez, je vous file 10 euros.'
[...]
Avant, quand je voyais des gens s'énerver sur leur enfant dans la rue, je secouais la tête en pensant 'Allons, allons, ce n'est pas comme ça qu'il faut faire.' Depuis que je suis passé par là, j'ai envie de leur taper fraternellement sur l'épaule : 'Lâche rien'.
(p. 191-193)
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Videos de Julien Blanc-Gras (11) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Julien Blanc-Gras
Il nous avait habitués à ses récits de voyages, Julien Blanc-Gras nous livre ici une chronique de la paternité au temps du terrorisme avec "Comme à la guerre" (Stock). Avec beaucoup d'humour et de sensibilité, son narrateur évolue dans un Paris bouleversé puis résilient, de la naissance aux trois ans de son fils et fouille les archives familiales pour chercher ce qui lui est transmis des générations précédentes et mieux appréhender ce qu'il doit lui-même léguer. Un récit humble, drôle et plein d'optimisme.
En savoir plus sur "Comme à la guerre" : https://www.hachette.fr/livre/comme-la-guerre-9782234084407
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