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EAN : 9782375790502
500 pages
Critic (15/03/2018)
4.3/5   42 notes
Résumé :
L'armée démoniaque, mi-chair mi-machine, du dieu Aska est aux portes de Loered, la ville sur laquelle repose la défense et la stabilité du royaume - le Verrou du Fleuve. Le Verrou doit tenir, ou la Rhovelle est perdue. Mériane, à la tête de maigres renforts, compte bien honorer sa propre prophétie et libérer la ville. Mais quand les hommes se mêlent de contrarier les dieux, elle en est réduite à limiter les dégâts. Face au désespoir qui s'installe, elle incarne le s... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
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Soleney
  06 décembre 2020
Un peu mitigée sur le premier tome, mon enthousiasme décolle pour ce deuxième volet ! Comme son nom l'indique, tout se joue autour d'un point crucial de la Rhovelle : Loered. le Verrou du fleuve. Les forces de la Nuit se sont taillé un chemin dans le royaume, jusqu'à cette place forte… Et le moins qu'on puisse dire, c'est que la Rhovelle va en baver… À tel point que mon âme de lectrice se demande toutes les trente pages : « Mais comment les Rhovelliens vont-ils réussir à tenir pendant cinq livres, eux qui se font massacrer à tour de bras ? » Pour vous dire, cette situation terrible, avec un royaume exsangue et déjà presque à demi-rogné, je ne l'imaginais qu'à la toute fin de la saga, lors d'un ultime affrontement entre le Bien et le Mal.
Mais bref, je brûle les étapes ! Qu'ai-je bien pu reprocher au premier tome qui ne se trouve pas dans le second ?
Tout d'abord, le manichéisme. Même si les humains sont loin – très loin – d'être parfaits, leurs ennemis ont toutes les caractéristiques des méchants. Outre leur dirigeant, Ganner, qui singe un amour malsain envers ses ouailles – ce jeu de dupe me fait froid dans le dos à chaque fois –, entre eux, les Enfants d'Aska ne témoignent d'aucune compassion. Se dévorer et tuer leurs blessés sont choses courantes dans leurs rangs. Ils sont aussi laids que des cauchemars, et névrosés jusqu'au bout des ongles (de la violence perpétuellement contenue des Spectres Armurés à la faim gargantuesque des Effraies, en passant par une subtile scène de bacchanale à laquelle assiste Chunsène et cette parodie d'affection du Héraut d'Aska, on a droit à tout un panel !). C'est justifié par le fait que lesdits Enfants d'Aska sont des résidus d'humains, de machines et d'animaux. Des êtres recyclés qui ont perdu leur première vie. Car Aska, Dieu d'amour et de tolérance, impose ses « bienfaits » aux êtres qu'Il touche. Un Dieu-dictateur, mais pour votre bien : vous ne le saviez pas, mais vous n'étiez pas heureux dans votre ancienne vie, à servir un Wer sur le déclin. Et c'est là que ça m'a un peu gênée : cette attitude m'inspirais un avis trop tranché, et j'aurais bien voulu douter, hésiter entre qui je voulais voir gagner, de Wer et d'Aska. (Bon, Wer n'est pas une sinécure : il est mieux que son frère, mais il est loin de proposer un bel avenir aux hommes. Mériane s'en rend bien compte et se pose beaucoup de questions quant au futur qu'elle est en train de créer et j'ai apprécié ces interrogations.)
Pour rester dans le thème du manichéisme, j'ai trouvé que le message féministe de la Messagère du Ciel manquait de subtilité. On nous l'enfonce dans la gorge à tour de bras, à coup de réflexions bien senties. Alors c'est vrai : les mâles dans Les Dieux sauvages sont des balourds finis. Ils ont été éduqués de manière à croire que les femmes sont des créatures impures et fourbes qui méritent d'être punies pour les désirs charnels qu'elles suscitent – car elles le font exprès, ces gourdasses. Idem : les femmes se perçoivent comme des tentatrices responsables de ce que les hommes pensent d'elles (tiens, tiens, tiens… Ça ne vous rappellerait pas le monde dans lequel on vit, par hasard ?). Mais du coup, comment justifier le fait que Mériane s'indigne du peu de respect que les hommes lui témoignent alors que toutes les autres femmes semblent avoir accepté leur sort ? D'où lui viennent ces réflexions très modernes qui jurent un peu dans ce contexte médiéval (telles que les limites de la langue rhovellienne, qui ne féminise pas les titres prestigieux, la condamnation injuste de toutes les femmes pour la faute d'une seule – Mordranthia étant devenue l'Ève de cette époque – le refus de se cantonner à une vie de procréatrice au service de son mari) ? La vieille Aelig n'était pas un prétexte suffisant pour me satisfaire, car toutes ces réflexions sont finalement très modernes, et ne peuvent être initiées que par l'action de femmes instruites, éduquées. Mais de l'éducation, Mériane n'en a pas reçu. Elle est partie de la ferme de ses parents à l'âge de quatorze ans pour fuir le destin de mère gigogne qu'on lui attribuait. Et elle est allée vivre seule dans la forêt. En fait, ces réflexions auraient été bien plus naturelles si elles venaient d'Izara – de par son statut royal, elle pouvait avoir accès à la connaissance, et par ailleurs, c'est une étrangère qui vient d'un pays où les femmes ont peu ou prou le même statut que les hommes.
Et puis l'attitude des Dieux m'a agacée. Comment se fait-il qu'ils s'affrontent pour un petit caillou qui flotte dans l'espace ? Ne peuvent-ils pas s'attribuer un demi-univers chacun et se foutre la paix ? Ne peuvent-ils pas régler leurs différends eux-mêmes au lieu de passer par les hommes ?
J'ai trouvé que ça manquait de crédibilité, et puis je me suis rendue compte que c'était justement le propos du livre, qui critique les religions (surtout le christianisme), l'aveuglement et les mensonges qu'elles servent à la population, l'inimitié qu'elle instaure entre hommes et femmes… Il n'y a pas de logique à tout ça car les dieux (comme les humains) obéissent à des pulsions aveugles. Les deux frères sont des principes opposés, et donc la présence de l'un affaibli la force de l'autre. C'est un argument tout à fait suffisant pour déclencher une Guerre mondiale…
Voilà pour les quelques points négatifs que j'ai pu relever ! Mais il y a eu aussi d'excellentes idées dans ce premier volume :) Contrairement à certains lecteurs, j'ai beaucoup aimé l'alternance des points de vue qui, couplé aux intrigues de pouvoir, donnaient un petit air de Game of Thrones pas désagréable. Entre les avis de chacun sur la meilleure manière de gérer le royaume, j'étais incapable de voir où était la vérité – et j'étais prête à tous les croire. Et ça, j'ai adoré : pas de méchant, juste des hommes aux avis divergents, convaincus d'oeuvrer pour le bien de la Rhovelle. [spoiler](Et puis la confrontation entre les Magnéciens et les Askalites a tranché : Juhel était manipulé par Aska depuis le début^^ Dommage…)[/spoiler]
Alors certes, j'ai eu des préférences : j'adore les chapitres d'Izara et de Leopold, j'ai profondément compati aux souffrances de Chunsène, j'éprouve une grande affection pour Erwel, qui n'a jamais été préparé à endosser la moindre responsabilité, qui se fait marcher sur les pieds par ses vassaux, mais qui est déterminé à faire de son mieux. A contrario, Juhel n'est pas sympathique – et j'aurais même aimé qu'il s'efface un peu plus au profit des autres personnages.
Quoi qu'il en soit, je n'ai jamais été perdue entre tous ces points de vue, et ils permettent de prendre la mesure de l'état du royaume de Rhovelle au moment où Mériane devient la Messagère du Ciel.
Et puis, l'écriture de Lionel Davoust était toujours aussi agréable ! La Messagère du Ciel était également porteur de nombreuses promesses : plus le temps passe, plus on comprend que Wer est plus un Dieu de l'Omission (voire de la Soumission, hahaha) que de la Vérité. On évoque quelques fois un artéfact puissant caché au-delà des mers, les particularités de Darén me laissent penser que l'auteur nous réserve une surprise quant à ce personnage attachant (idem pour Néhyr… Comment peut-on être si parfaite sans être une fée ou une elfe ?). j'ai tout particulièrement apprécié le début de la relation entre Mériane et Wer ! Sa terreur, ses hésitations, ses refus étaient particulièrement bien rendus et je me suis très bien vue à sa place (ce qui était légèrement angoissant^^').
Et puis cette ancienne magie-technologie si puissante qu'elle en a bouleversé l'équilibre du monde, comment ne pas la comparer à l'énergie nucléaire dont nous disposons ? Comment ne pas comparer les Anomalies aux radiations ? Ce récit de fantasy frôle la science-fiction et j'ai trouvé cela très amusant^^
Et donc maintenant, en quoi ai-je préféré le Verrou du fleuve ?
Plus d'action, plus de rebondissement, plus de carnage, plus d'horreur. La guerre fait rage : c'est palpitant ! Mais il y avait aussi plus de questionnements : il apparaît qu'une troisième force est capable de lutter contre Wer et Aska, que les demi-vérités de Wer soulèvent de plus en plus d'énigmes, que décidément, on ne voit vraiment pas comment les humains vont pouvoir défaire l'Armée de la Nuit.
En lieu et place de l'Ailleurs (ces extraits dans lesquels on voyait les Dieux dans leur combat quotidien et qui clôturaient les cinq actes du premier roman), nous avons le Livre : des textes qui relatent la légende de la Pucelle de Doélic, et qui l'érigent en puissance quasi-divine. C'est une amélioration, pour moi : au lieu de montrer les Dieux s'asticoter autour de débats stériles, l'auteur nous présente toute l'ironie des légendes : basées sur un fond de vérité, elles ne disent rien de l'humain qui les a créées, de ses doutes, de ses peurs. Comme le remarque si bien Mériane : « Au-delà de la corruptrice et de la mère, les hommes n'avaient d'autre emploi pour les femmes que celui de déesse. » Aux yeux de ses pairs, la Messagère du Ciel a perdu son humanité – et cela la terrifie.
La relation avec ses proches évolue – notamment Leopold. Ce dernier a effectué un virage à 360° dans sa vision du monde, mais j'ai cru à cette transformation. Et j'apprécie de plus en plus en personnage, qui est décidément destiné à souffrir beaucoup… Je ne parviens pas à imaginer une fin heureuse crédible pour lui :(
Et puis ce tome est le tome de la réunion : la plupart des protagonistes se rencontrent enfin ! J'ai pris énormément de plaisir à assister aux rencontres, d'autant que chaque personnage s'est étoffé depuis le premier tome (tout particulièrement Erwel et Mériane, que les responsabilités ont fait mûrir).
Sauf Chunsène. Chunsène, je la trouve désormais caricaturale et agaçante. J'apprécie de moins en moins les chapitres qui lui correspondent. Elle insulte à peu près tout le monde quand ça lui chante, fait la forte tête mais se débine dès que ça chauffe, fait mine de protéger sa nourriture dès que quelqu'un lui parle (comme un animal), et même feule quand on la rabroue ! Il ne peut pas y avoir de réaction plus ridicule…
Mais ce personnage est peut-être le seul point négatif du livre (avec quelques petites longueurs). Tous les nouveaux qui sont introduits lors de ce second volet sont de très bonne qualité, et j'ai eu un petit coup de coeur pour le chronète Malagar – le ciel fasse qu'il survive longtemps !
Ah oui, car évitez de trop vous attachez aux personnages. Dans cette guerre sans merci, un mauvais coup est si vite arrivé…
Bref, vous l'aurez compris, cette suite est excellente !
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LaGeekosophe
  11 février 2019
Aussitôt le premier tome dévoré, je me lance dans le second ! le verrou du fleuve est la suite des aventures de Mériane. Ancienne paria devenue messagère du ciel, elle se retrouve investie de la mission sacrée de protéger le Royaume. En prime, elle peut entendre Wer, ce dont elle se serait bien passé.
Une fois de plus, Lionel Davoust me convainc. le roman est mené tambour battant après l'installation des personnages et des forces en présence. L'aventure prend une tonalité bien plus sombre, car la grande majorité prend conscience de la gravité de la situation. Car oui, c'est véritablement désespéré et on a envie de taper du poing sur la table pour dire à tout ce beau monde qu'il serait temps de prendre les bonnes décisions.
La pauvre Mériane continue de se faire malmener et gagne en maturité. Elle semble moins impulsive que dans le premier tome et prend conscience que, parfois, modérer ses propos est la meilleure solution. Même quand la personne en face de vous est un crétin fini. Léopol est toujours aux côtés de Mériane. Leur duo est moins percutant, notamment car il rumine pas mal dans ce tome et cherche moins à se mettre en avant.
J'ai trouvé dommage que Chunsène soit également moins présente le long du roman. J'aurais aimé avoir plus d'aperçus de sa façon d'interagir avec les autres personnages de Rhovelle, elle qui est si différente. J'aime beaucoup le mystère entretenu autour de la belle Mange-doigts, qui perd un peu de son côté Mary-Sue providentielle pour devenir un personnage plus nuancé. Quant à Izara, disons que j'ai un peu de mal de voir où ses décisions vont la mener.
En parlant d'Izara, la politique prend moins de place dans ce tome. C'était un reproche que je faisais au premier titre de la saga, dont les parties politiques avaient tendance à ralentir l'action et causait quelques longueurs. Ici, le roman est nerveux et plein d'action, ce qui se justifie par l'urgence de la situation. [spoiler]La forteresse qui protège l'ensemble du Royaume est sur le point de céder, que diable ![/spoiler]
L'écriture est simple et va droit au but. La mise en scène de certains combats est très claire et nous offre des moments très prenants. Lionel Davoust ne lésine pas pas sur les effets gore pour nous faire comprendre à quel point les antagonistes sont terribles et cruels. Si l'histoire semble toujours manichéenne, on se méfie un peu plus de Wer qui n'est pas toujours très transparent.
Autre détail, j'ai trouvé que ce tome ne faisait pas beaucoup avancer l'histoire. le nombre de pages était en plus moins important que le tome 1, ce qui était assez surprenant, le contraire étant plus la norme. Mystère résolu : la trilogie s'est transformée en tétralogie. Plus de plaisir ? Plus d'attente ? Je l'ignore pour le moment.
Un très bon second tome qui souffre de quelques défauts, mais un coup de coeur pour cette saga qui se forme ! Les personnages évoluent chacun à leur manière, l'écriture est toujours fluide et convaincante. L'action est très présente et offre des moments très prenants. Certains enjeux deviennent plus complexes, ce qui laisse entrevoir de belles évolutions pour la suite.

Lien : https://lageekosophe.com/
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Tachan
  23 juin 2021
Suite directe de la messagère du ciel, le verrou du fleuve est tout aussi épique et poursuit sa déconstruction / reconstruction du mythe de Jeanne d'Arc à la sauce fantasy - steampunk - post-apocalyptique assez surprenante.

Si je parle en pur plaisir de lecture, je dois avouer que pendant longtemps j'ai moins aimé ce tome que le précédent. Il souffre du syndrome d'être le deuxième d'une quadrilogie. Il n'a plus la surprise du premier tome et peine un peu par moment à insuffler le souffle épique entêtant qu'il y aura probablement dans les derniers moments. Ainsi, il a un rythme un peu en dents de scie et s'il décolle d'abord très vite, il se calme tout aussi rapidement, avant de ne repartir vraiment que dans la toute fin... Cependant, il recèle tellement d'éléments ultra prometteurs pour la suite que je n'ai pu que réviser mon jugement à la fin et le considérer comme une très très bonne lecture frôlant le coup de coeur.

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Dans ce nouveau tome, très simple en apparence car il n'est qu'une longue lutte entre Mériane et ses alliés, et Ganner, le représentant d'Aska et ses créatures mi-droguées mi-machines, on découvre au fil des pages quelque chose de bien plus complexe. La bataille rangée à laquelle ils se livrent n'est ainsi qu'un une de fumée aux multiples rebondissements et aux nombreuses parties. Il y a un premier moment épique très vite quand une grosse nuée d'espion s'échappe de Loered (le fameux Verrou) au nez et à la barbe de Ganner et son armée. Un deuxième intervient lorsque Mériane et ses troupes parviennent par miracle à rejoindre Loered pour les aider à tenir. Puis cela continue lors d'une tentative d'infiltration ratée, suivie d'une rude bataille où tout est permis. Les combats sont vraiment au coeur de ce tome et l'auteur sait parfaitement en raconter le déroulement, enfin jusqu'au dénouement, qui a chaque fois est tombé un peu à plat pour moi. Je ne sais pas si c'est dû à un moment d'attention de ma part, mais j'ai eu à chaque l'impression que les scènes étaient coupées en pleine action et qu'on sautait par-dessus la conclusion à l'aide d'un beau Deus-ex machina souvent même pas raconté... Bref, il m'a manqué des pages...

Mais le tome n'est pas que combats militaires, il est également combats d'idées et là aussi, si j'ai beaucoup aimé le côté militant féministe et presque athée de l'héroïne, j'ai été très frustrée de voir son rôle autant minimisé la plupart du temps. Cependant cela rentre dans la déconstruction du mythe de la Pucelle que l'auteur développe. Il montre au lecteur la façon dont l'Église et les politiques utilisent des événements qu'elle n'a pas commis pour les présenter comme des miracles de sa part et ainsi galvaniser les foules à la porter aux nues pour garder espoir dans la pire adversité. C'est très intéressant à voir mettre en oeuvre. de la même façon, j'ai apprécié de voir l'héroïne toujours en butte avec le Dieu qui envahit ses pensées. C'est agréable de suivre une femme forte, qui ne s'en laisse pas compter et se méfie de ce qu'il y a au-dessus d'elle car elle sent bien qu'on lui cache des choses et qu'il faut qu'elle pense par elle-même.

En face, l'autre femme de cette histoire, Izara ne reste pas inactive, mais malheureusement l'auteur la montre très peu. J'ai donc ici aussi éprouvée une certaine frustration. le tome était avant tout guerrier, du moins les combats ont occupé tellement de pages que les confrontations politiques sont un peu passées en arrière-plan alors qu'elles sont très intéressantes aussi. Assister aux manoeuvres de cette ancienne Reine pour protéger à la fois sa fille, sa patrie et son nouveau Roi, ce n'est pas rien. C'est elle qui travaille en coulisse à réunir d'autres troupes pour aller aider Loered (la clé de voûte du pays) à tenir, quitte à négocier comme elle peut avec les pays voisins ou les nobles à l'intérieur du royaume. J'espère donc qu'on lui accordera plus de pages la prochaine fois.

Ainsi Lionel Davoust a développé une galerie de personnages féminins fort intéressants et marquants qui tout en restant dans les codes de la fantasy chevaleresque en sortent également. Les hommes, eux, s'ils sont nombreux n'ont pas le même charisme à mes yeux. Il y a l'ami fidèle dont on découvre les pouvoirs mystérieux mais qui semble perdre la parole qu'il avait dans le tome 1. Il y a le fidèle écuyer, autrefois aveuglé par sa foi, qui peine à trouver sa place. Il y a le jeune roi nouvellement nommé qui peine à s'affirmer face aux vieux briscards misogynes autour de lui. Puis justement, il y a ces figures tutélaires masculines peuplant les lieux où l'on se rend. Ils sont le cliché des conseillers à l'ancienne, qui méprisent les femmes, les jeunes, et pensent tout mieux savoir que les autres. Je sais que c'est fait exprès mais ils m'ont un peu horripilée, heureusement que le déroulé de l'histoire les remet à leur place.

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Enfin, autre gros morceau passionnant dans ce tome, c'est le développement univers. En effet, en parallèle des affrontements qui ont lieu, voir à l'intérieur même de ceux-ci, Lionel Davoust trouve astucieusement le temps d'enrichir le vaste univers de cette histoire. Cela va de la mythologie autour des deux Dieux qui s'affrontent ici, jusqu'au mystère incarné par un nouveau personnage qui va rejoindre le sérail de Mériane et qui semble connaître plein de choses sur le passé de ce monde. L'auteur nous distille ainsi à petite dose des informations sur le monde d'avant, sur ce qui y existait et qu'on peut encore trouver et utiliser peut-être pour contrecarrer les plans des dieux. C'est assez jouissif même si ça intervient fort tardivement dans le tome, peut-être trop...
En tout cas, j'ai savouré l'arrivée de cette ambiance mystérieuse mélangeant steampunk et monde post-apocalyptique, le tout dans un univers de fantasy, ce qui est quand même assez surprenant. D'après ce que j'ai compris, tout cela prend racine dans l'univers fictif inventé par l'auteur : l'Evangyre, et franchement cela donne très envie de plonger dans les racines de celui-ci, notamment la tout première période présentée dans le bonus en fin de tome.

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Même si ma lecture n'a pas eu la surprise du premier tome et que plus de peittes  choses m'ont irritée dans ce tome, le verrou du fleuve fait tout de même partie des lectures les plus solides que j'ai eu en Fantasy depuis que j'en lis. L'auteur a une vraie science du story-telling. Il manie les influences et références comme un chef pour créer un univers mystérieux et inattendu, où il sait placer une accélération au bon moment pour mieux nous surprendre. J'aime la place qu'il y accorde aux femmes. J'aime son détournement des codes des récits chevaleresque. J'aime ses récits de bataille. J'aime les surprises qu'il nous réserve et ce qu'il nous annonce de sombre et tortueux pour la suite. Une excellente série !
Lien : https://lesblablasdetachan.w..
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Emilie_Milon
  16 avril 2018
Ce fut un véritable plaisir que de retrouver l'univers d'Evanényre et tous ses personnages. Après un premier tome qui a placé tous les personnages principaux ainsi que les enjeux, nous retrouvons Mériane accompagnée de Léopol et Darén qui part prêter main forte à la ville de Loered avec le jeune souverain Erwel et l'armée de Belnacie. En parallèle, Ganner poursuit son siège de la ville de Loered dans laquelle nous retrouvons le duc Thormig et son chronète Maragal. Ne vous en faites pas, au fil de votre lecture, vous ne serez jamais embrouillé pour savoir qui est qui, d'autant que nous avons un rappel à la fin du livre de l'identité de toutes ces personnes.
J'ai globalement trouvé ce tome plus sombre. Pourtant il y a eu des moments sanglants dans le premier tome mais ici, la guerre a bel et bien étendu son ombre - sous le signe de l'Eternel Crépuscule. On ressent l'impuissance de Mériane, son découragement face à son rôle qui dépasse sa propre personne mais aussi à l'aveuglement et la bêtise des hommes qui refusent de l'écouter et courent à leur perte pour certains. J'avais tellement envie parfois d'aller les secouer et de leur hurler d'aller crever à tous ces misogynes. Mais heureusement, Mériane était plus magnanime que moi ! Mériane est devenue plus posée, plus stratège grâce à Wer qui parle dans sa tête. Elle teste les limites de son rôle de Héraut/Messagère, car non ce n'est pas aussi simple qu'elle (et le lecteur) ne l'imaginait. Elle développe aussi sa compassion et est totalement dévouée à sa cause... sans pour autant épouser totalement celle de Wer. Elle défend ses propres valeurs au risque de s'attirer les foudres de la pourtant toute puissante Eglise. En conclusion, elle reste l'excellente héroïne découverte dans le premier tome et qui est toujours aussi bien croquée dans la couverture.
Mon cher Léopol était plus en retrait dans ce tome, il était plus grognon aussi. Une telle haine couve en lui que ça en est parfois effrayant. Je ne m'en rendais pas forcément compte dans le 1er tome. On découvre ici des weristes à la ferveur extrême, qui vont trouver davantage de raisons de mourir que de vivre ce qui est extrêmement déroutant et à l'exact opposé de ma propre pensée. J'ai peur que les émotions contradictoires qui se heurtent en Léopol ne le poussent à faire des choses regrettables (déjà qu'on a frôlé le sacrifice stupide ici !). Et la mission qui l'attend dans le troisième tome n'est pas pour arranger les choses. Sa dévotion envers Mériane est parfois étouffante comme elle-même le fait remarquer mais j'ai confiance, il a encore 2 tomes pour évoluer mon petit Léopol.
J'ai bien aimé les nouveaux personnages mis en valeur dans ce tome, notamment Thormig le duc de Loered, son chronète Maragal qui est tellement différent des autres weristes (pour ne pas dire Léopol) ou même Kerruÿs. Erwel, comme prévu, prend peu à peu confiance ainsi que la place de meneur qui lui incombe (et qui lui décombe !). Il commet des erreurs mais a l'intelligence et le recul nécessaire pour ne pas les reproduire. Par contre, Izara, l'ancienne reine m'inquiète. Ses décisions risquent de coûter cher dans le futur... c'était très frustrant de la voir ainsi foncer dans le mur. La partie politique est moins développée dans ce tome et c'est pas plus mal car cela nous plonge davantage dans l'action de la guerre.
Curieusement, Juhel m'a manqué ! J'avais apprécié son charisme et son caractère si particulier qui vous donne l'impression que ses actions mauvaises sont tout ce qu'il y a de plus normal et de bienfondé. C'est vraiment un personnage fort et marquant alors j'espère le revoir dans le prochain tome. Nous revoyons par contre Chunsène et Nehyr, pour laquelle j'ai une ou deux hypothèses concernant l'identité. A voir avec la suite !
Donc ce tome était plus sombre, plus pesant, les combats sont désespérés presque sans issue. La foi que réclame Wer se transmet peu à peu au lecteur car face aux monstruosités engrangées par Aska, les chances de survie sont presque inexistantes. Et tout ça pour le caprice de deux dieux. C'est aussi fou que cruel. A la base, les Dieux Sauvages devait être une trilogie mais au final un tome a dû être rajouté pour que l'auteur puisse raconter son histoire telle que prévue. de ce fait, ce deuxième tome aurait dû être plus conséquent et même s'il se passe pas mal d'événements, j'avoue avoir refermé le livre en me disant que la guerre n'avait pas autant progressé que ce à quoi je m'attendais. Cela n'enlève rien à l'intérêt du livre qui reste passionnant du début à la fin. Lionel a ce talent-là.
Au final je me suis régalée, on est pas passé loin du coup de coeur, peut-être est-ce parce que je l'ai lu trop tôt après le premier tome, lequel m'avait emporté dans un tourbillon d'émotions. Peut-être est-ce dû à l'ambiance plus sombre et clairement plus déprimante et angoissante ou au fait que j'imaginais avancer davantage dans l'histoire. Quelques soucis de mise en page (il manque des espaces entre des mots) étaient suffisamment répétés pour m'embêter dans ma lecture.
En tout cas cela a été une excellente lecture, maîtrisée du début à la fin, où encore une fois j'ai vécu et non lu le récit. le plus dur va être d'attendre vraiment un an avant de lire le troisième tome !! C'est presque une punition XD Fan de Fantasy, ne passez pas à côté de ce bijou !

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Amaruel
  25 avril 2018
Après avoir dévoré Port d'Âmes, replongé dans un titre de Môsieur Lionel Davoust est un plaisir. À l'issue de cette deuxième découverte, je peux le dire : ses pavés ne me feront plus peur. Autant j'avais pris mon temps pour lire Port d'Âmes, autant ces deux titres ont été engloutis à vitesse grand V.
Les Dieux Sauvages… le grand Wer et le grand Aska, fraternité divine se déchirant le contrôle et le destin des hommes. Une lutte divine qui se répercute sur les Hommes, pantins involontaires de ces dieux égoïstes.
Cette nouvelle série (constituée a priori de quatre tomes) est donc le théâtre d'une guerre entre les serviteurs de ces dieux. de la lumière contre les ténèbres… Mais est-ce que tout se définit vraiment comme ça ?
Après avoir refermé le tome 2, j'en doute et c'est ce qui me tarde de découvrir dans le troisième opus prévu pour l'année prochaine.
Découpé en acte, Les Dieux Sauvages met en scène aussi bien le côté des « bons » que celui des « méchants ». Un peu trop manichéen comme description, pourtant les personnages de Lionel Davoust en sont très loin.
Mériane, héroïne de l'intrigue se retrouve messagère des cieux, relais involontaire de la parole de Wer lui-même. le hic : c'est une paria, vivant en marge de la société, elle se préfère isolée qu'accompagner des villageois (accessoirement assassins de son mentor). Un anticonformisme d'avantages mal perçu du fait qu'elle est une femme, car cette fantasy là se déroule dans une société patriarcale où le clergé à tout regard. Je vous laisse imaginer, comment la jeune fille sera perçue, elle qui passe son temps à refuser toute forme de religion… Personnage au ton grinçant, centre de l'intrigue (en témoigne sa trombine sur la couverture et le titre du bouquin), Mériane aura su ravir tout l'intérêt à elle en ce qui me concerne.
Mais que serait un bon roman sans TOUS les personnages qui le compose ?
À l'image d'un Game of Thrones francisé, Davoust enchaine les personnages offrant une galerie impressionnante et très diverse ; tout en les installant aux quatre coins de la Rhovelle. Ainsi l'on appréciera les contrées verdoyantes et forestières de la Rhovelle au travers des yeux de Mériane dans le premier tome, les murs des châteaux et autres palais par ceux d'Izara, de Juhel ou encore Erwel, neveu du roi (amené à siéger à ce poste contre toute attente) ; mais également les plaines enneigées de la frontière est du pays par les yeux de Ganner. Tous ces paysages et personnages sont ciselés avec un soin particulier, et l'auteur aura pris son temps pour nous les présenter (à peu près les 200 premières pages du premier tome).
D'autant que le deuxième opus aura, certes, moins à offrir au point de vue diversification des paysages, dans la mesure où l'on se limitera principalement aux murs d'enceinte de la cité de Loered, le fameux Verrou du fleuve. Un deuxième opus qui offre un rythme totalement différent en comparaison du premier. Quand dans l'un on aura tendance à l'étalage des descriptions afin de rendre au mieux la globalité du monde tissé, dans l'autre les descriptions seront belles et bien présentes mais plus au service de l'action, allant jusqu'à détailler comment la lame tranchera en deux un homme en un seul et unique coup… Mais j'apprécie aussi grandement l'auteur pour ça : ses descriptions qui bien qu'un peu longue par moments, offrent au lecteur un aperçu englobant des plus appréciables. J'ai senti aussi un ajout de rythme dans le Verrou du Fleuve – rythme qui m'avait par instants manqués dans La Messagère du Ciel.
Et si les personnages et le rythme d'un récit peuvent être importants, ils ne seraient malheureusement rien sans l'intrigue… et si l'intrigue a des relents de déjà vu/su/lu (Jeanne d'Arc et la Guerre de Cent ans, le bien contre le mal, etc.), le tout est agrémenté de tellement d'éléments qui ne sont pas apposés habituellement ensemble. Je noterai principalement la magie développée par « les méchants », dans un univers très marqué fantasy la magie présentée, elle, m'a beaucoup fait penser à de la SF. Et classer la série comme de la fantasy postapocalyptique ne me surprendrait pas ! J'y ai retrouvé avec délectation la dranaclase, ô combien intrigante durant ma première lecture de Port d'Âmes, et certains éléments se mettent en place pour nous apporter (du moins je l'espère) quelques éléments de réponse.
Lien : http://amarueltribulation.we..
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critiques presse (1)
Elbakin.net   30 mars 2018
Ce volume, qui a dû être coupé en deux à cause de sa longueur, s’avère au final assez frustrant car en dépit des péripéties qui se succèdent, le lecteur ne peut que constater que la situation a peu évolué au cours de ces 500 pages.
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
Dionysos89Dionysos89   30 juin 2018
Je commence à comprendre qu’en politique, il faut parler le moins possible pour en dire aussi peu qu’il est nécessaire.

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Dionysos89Dionysos89   17 avril 2018
Les démons avaient déferlé sur la Rhovelle, et il n’y avait rien que quiconque puisse faire pour la sauver. Au soir, chaque homme, femme et enfant connut le désespoir.
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TachanTachan   23 juin 2021
Mais si je vous disais que j'en ai assez de cette logique ? De jouer un camp contre l'autre, les hommes contre les femmes, les croyants contre les hérétiques, Wer contre Aska - et que je ne vois pas, au bout du compte, où se trouve la vraie liberté pour les gens là-dedans ?
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Dionysos89Dionysos89   08 avril 2018
Vous savez, ce n'est pas un miracle qu'il va nous falloir, là, grommela-t-elle. C'est dix.
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TortoiseTortoise   19 mai 2018
Dans la coursive centrale, elle croisa des soldats de Belnacie hagards, les traits creusés, qui se dirigeaient vers le pont supérieur, curieux de voir la mythique ville-province.
En la remarquant, plus d'un lui adressa le signe de Wer, une révérence mêlée de crainte dans leurs regards. Ils s'écartaient promptement, presque gênés - un sentiment dont, en retour, elle n'arrivait pas à se défaire non plus. Plus que du malaise, leur vénération suscitait en elle en elle une forme de tristesse ; elle restait, au fond, une paria de Belnacie et n'était pas différente d'eux. Mais visiblement, au-delà de la corruptrice et de la mère, les hommes n'avaient d'autre emploi pour les femmes que celui de déesse.
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Interview de Lavie Tidhar au sujet d'Aucune terre n'est promise (Label Mu) à l'occasion des Imaginales 2021. Interprétariat : Lionel Davoust
Aucune terre n'est promise a reçu le Prix Planète SF des blogueurs 2021 et le Prix Actusf de l'uchronie 2021.
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