AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2375790065
Éditeur : Critic (04/05/2017)

Note moyenne : 4/5 (sur 23 notes)
Résumé :
« Écoute Ma parole : l'Éternel Crépuscule cachera le soleil, étouffera les plantes et changera les hommes en bêtes, car Aska, le Dieu de la Nuit, ne tolère d'autres enfants que les siens. »

Mériane est une trappeuse, une paria, une femme. Autant de bonnes raisons d'en vouloir aux Dieux qui ont puni le peuple de la Rhovelle pour les fautes de ses aïeux. Car depuis la chute du glorieux Empire d'Asrethia, le monde est parcouru de zones instables qui prov... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
BazaR
  23 novembre 2017
Aaah ! Je viens de prendre ma dose annuelle d'Évanégyre. Bon sang que ça fait du bien C'est de la bonne came, cette année encore.
Pourtant rentrer dans ce pavé que constitue le premier tome d'une grosse trilogie ne s'est pas fait si facilement. L'action se passe bien après que l'empire d'Asreth se soit effondré. Une civilisation de type médiévale réussit à bourgeonner dans ce paysage parcouru d'énergie « magique » incontrôlée. le principe de l'éternel recommencement est à l'oeuvre, selon la même idée qui guidait le cycle de Corlay de Richard Cowper ou Un Cantique pour Leibowitz de Walter M. Miller. Dans ce décor, le royaume de Rhovelle est soumis à des déchirements politiques internes au moment même où une menace monstrueuse et létale montre le bout de son nez au-delà des montagnes (pour comprendre les origines de ce bazar, il est utile d'avoir lu La Route de la Conquête, même si ce n'est pas indispensable).
Un royaume déchiré politiquement gouverné par un Conseil, une menace monstrueuse qui vient du nord derrière un mur de montagne, ça commence à ressembler à quelque chose de connu. Et alors ? Ce n'est pas une honte. C'est Robert Silverberg qui disait que l'être humain n'est pas fait pour inventer quelque chose ab initio (cf ; Bifrost n°49). Même inconsciemment, un auteur est obligé de s'inspirer de ce qu'il a vu, lu et entendu dans sa vie. L'important, c'est la variation qu'il va proposer par rapport au thème principal.
Et justement la partie construction du royaume n'apporte pas de note vraiment originale. Je me suis demandé pourquoi Rhovelle disposait d'un ost alors qu'elle n'a aucun ennemi extérieur à affronter. Les menaces « magiques » internes au royaume ne sont pas du genre à clamer leur défi sur un champ de bataille. L'Église est construite pour être détestée par le lecteur (cela s'explique au vu du contexte). Les conflits de la cour n'ont pas une origine digne d'une tragédie mais semblent plutôt naître de petites mesquineries, de petits riens. J'ai trouvé ces passages de la cour longs et manquant de fougue, surtout ceux consacrés à Juhel.
Par contraste, j'ai éprouvé beaucoup de plaisir sur les chapitres consacrés à notre Messagère du Ciel. Mériane établit une relation avec son Dieu très jouissive pour un lecteur qui n'est pas dévot. Il n'est pas question de soumission totale, de transe illuminée devant la Lumière du Créateur. Au contraire c'est comme si Savonarole venait hanter l'esprit de Descartes ; cela donne lieu à des débats à l'ironie prononcée extrêmement réjouissants. Mériane établit le même genre de rapports amour/haine avec Léopol le soldat de Dieu. Là aussi les échanges valent un bon match Borg-Mc Enroe. Autre duo explosif : Chunsène, la soeur en esprit d'Arya Stark, et la « parfaite » Néhyr. Lionel Davoust est un dialoguiste en or.
Les dieux qui mènent le jeu m'intriguent beaucoup ; je n'arrête pas de conjecturer à leur sujet. Il faut dire qu'ils représentent un violent changement de paradigme par rapport aux récits consacrés à l'empire d'Asreth. En ce temps-là, la vision dominante du monde était scientifique ; on analysait, reproduisait, modélisait, maîtrisait. Les dieux étaient confinés. Ils n'étaient pas nécessaires à la compréhension du monde par l'empire. Ici ce sont les principaux joueurs. Pas seulement par l'intermédiaire de leurs hérauts : ils s'expriment directement, prétendent avoir toujours existé, avoir décidé de la fin de l'empire.
Eh bien j'ai des doutes. Je me demande vraiment si ces « dieux » n'ont pas été en quelque sorte conçus par les déflagrations dignes d'une guerre atomique qui ont provoqué la fin d'Asreth, si ce ne sont pas eux les « dupes ». L'alternative m'obligerait à admettre que la créatrice « divine » de l'empire était une sorte d'ange déchu du panthéon d'Évanégyre. Et je digèrerais mal cette information, car une des forces de cet univers est, à mon avis, la vision très occidentale moderne que porte l'homme d'Asreth sur son monde.
Lorsqu'on approche de la fin, on se rend compte à quel point Lionel Davoust est un écrivain architecte ; c'est-à-dire qu'il maîtrise son récit de bout en bout, que la conséquence de chaque acte était prévue, qu'à aucun moment son histoire ne lui a échappé pour prendre son propre envol. Tellement d'éléments se mettent alors en place. de nombreux passages qui m'avaient semblé ennuyeux et sans réelle conséquence prennent du sens. C'est un gène qu'il partage avec Asimov.
Mais l'auteur est-il vraiment architecte ? Je l'imagine en fait plutôt comme possédant les conditions aux limites de son récit ‒ d'où il part et où il doit arriver ‒ mais sans avoir l'idée précise du chemin qu'il va lui falloir tailler à coup de serpe dans la jungle inconnue pour relier ses balises. Un peu comme un scientifique qui écrit un article : ceux-ci semblent toujours prétendre que l'auteur a suivi un chemin logique et déterministe, avançant pas à pas inéluctablement grâce à la raison, alors qu'en fait il a passé son temps à affronter la désillusion, à pleurnicher à genoux qu'il n'y arriverait jamais. La présentation n'est pas la vérité, mais elle fait de l'effet sur le lecteur.
Enfin, est-il nécessaire d'ajouter que Lionel Davoust est un maître de la description des batailles ? Son roman La Volonté du Dragon (toujours dans Évanégyre) suffisait à le prouver. On retrouve ici la même efficacité, la même maîtrise de la tactique qui n'oublie pas d'osciller entre défaite totale et victoire définitive en multipliant les points de vue.
Même si je continue à penser qu'on aurait gagné à faire un peu plus court, j'applaudis la qualité du récit que j'ai lu, digne de l'univers que Lionel Davoust ne cesse de développer par petite touche, comme un peintre impressionniste. La suite ne tardera pas et c'est tant mieux. J'espère que les prophéties seront mises en défaut et que l'on aura droit à une palanquée de surprises.
Car sur Évanégyre, même les dieux peuvent être surpris.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          339
Dionysos89
  14 octobre 2017
Après Spire de Laurent Genefort, les éditions Critic lancent encore en 2017 une autre nouvelle série dans les littératures de l'imaginaire en s'appuyant sur un de leurs auteurs phares, Lionel Davoust. Celui-ci, avec Les Dieux sauvages, nous fait revenir dans son monde de fantasy où la magie est fondée sur des technologies nucléaires bien souvent incomprises : Évanégyre.
La Messagère du ciel, c'est d'abord une bien belle couverture chatoyante et verdoyante d'Alain Brion. J'avoue que, de prime abord, mise en parallèle avec la quête promise en quatrième de couverture, j'ai craint d'aborder un roman davantage jeunesse que d'habitude de la part de Lionel Davoust, avec des concepts plus manichéens que dans les autres volumes que furent La Volonté du Dragon, La Route de la Conquête et Port d'Âmes. Bien heureusement, la mise en place des premiers personnages chasse vite ce doute. Car, de l'anti-manichéisme, il y en a à revendre ! à commencer dans la façon dont on aborde la psychologie des personnages. Trois sont principalement mis en avant (ou peut-être est-ce qu'ils m'ont le plus marqué personnellement, sait-on). Tout d'abord, l'inévitable figure de la couverture est Mériane, toute jeune paria débrouillarde, complètement anticléricale et qui va porter sur elle non seulement un certain nombre de responsabilités, mais également de réflexions à l'encontre du lecteur ; entre sa volonté farouche et les voix qu'elle entend malgré elle, y voir une « Jeanne d'Arc non consentante et très légèrement revisitée » ne semble pas volé. Vient ensuite Juhel, noble très haut placé, faisant partie de la famille royale et héritant de son père défunt juste avant le début de l'aventure du plus important des duchés. Enfin, Garrel, franc-tireur en quête de pouvoir, lui aussi, nous permet d'aborder cette histoire par un autre biais, une autre localisation et en vue d'un tout autre défi. Taisons volontairement ceux qui font, pour l'instant, figure de seconds couteaux, mais qui promettent des développements intéressants, dans leurs tourments comme leurs motivations.
Dans la lignée de cette orientation avant tout tripartite, trois espaces sont principalement pris en compte : les mystérieuses campagnes forestières de la Belnacie, les coups tordus des cours princières notamment celle de Ker Vaesthrion et la lisière orientale enneigée de la Rhovelle. Trois visions très différentes d'une même histoire, mais aussi d'un même univers de fantasy. Ainsi, les forêts et les villages de Belnacie recèlent l'aspect le plus classique de la fantasy, de l'heroic fantasy avec une jeune héroïne qui doit prendre son destin en main ; l'aspect mystico-religieux y est bien utilisé pour s'amuser des croyances habituelles. Ensuite, les cours princières donnent lieu à des joutes oratoires puis des basses besognes qui peuvent jouer sur des aspects inhérents à la dark fantasy, même s'ils sont, au départ, loin des champs de bataille les plus meurtriers. Enfin, justement, les confins tourmentés de la Rhovelle préparent l'aspect le plus intéressant, du post-apocalyptique avec une forte possibilité de zombies, possédés et dévastateurs ! Bref, La Messagère du Ciel organise un monde médiéval-fantastique en picorant des aspects très variés de ses sous-genres.
Il fallait oser tenter l'aventure de la dark fantasy agrémentée d'intrigues de cour alors que le phénomène Game of Thrones / le Trône de Fer bat encore son plein. Nous pouvons y voir une façon de surfer sur la vague, mais ce serait négliger la touche toute personnelle qui y est appliquée. En effet, l'auteur poursuit ici la construction d'un vaste univers cohérent puisque nous sommes ici dans les Âges sombres (post-Volonté du Dragon et pré-Ports d'Âmes) et le lecteur attentif peut voir réapparaître quelques éléments « mythologiques » inhérents à l'univers d'Évanégyre. de même, on peut remarquer l'ajout de plusieurs éléments, notamment toponymiques, très bretonisants : les villes sonnent comme Naoned, certains prénoms nobles semblent reprendre quelques prénoms dynastiques des comtes bretons du haut Moyen Âge et des lieux en –ÿs ne peuvent que faire songer à quelques lieux symboliques du « Far ouest breton ». Enfin, pour avoir lu désormais un certain nombre d'écrits de Lionel Davoust, il faut reconnaître la manie structurelle de cet auteur (c'est carré-carré chez lui, en somme), mais celle-ci ne m'a jamais autant sauté aux yeux que dans ce volume. Ainsi, chaque enchaînement semble paramétré, les apparitions des personnages sont réglés au cordeau et la géographie est méthodique (ce n'est pas ma vision habituellement, mais pour ce volume, cela fonctionne). Attention d'ailleurs, comme tout auteur, Lionel Davoust a les inconvénients de ses qualités et il y aura sûrement un problème d'immersion à anticiper pour ceux qui auraient déjà été réticents à Port d'Âmes et à son héros indécis : par exemple, Mériane trouvera facilement ses détracteurs, d'autant qu'elle semble appeler à de très hautes responsabilités sur l'ensemble des deux tomes à suivre (cela me ravit, mais je peux comprendre qu'il n'en soit pas ainsi pour tous).
En somme, La Messagère du Ciel engage bien cette série (qui sera finalement davantage qu'une trilogie). Si on veut se lancer dans les comparaisons, elle se positionne au-dessus de Port d'Âmes et en-deça de la Route de la Conquête.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          212
celindanae
  06 juin 2017
Ce nouveau roman de Lionel Davoust est le premier tome de la trilogie Les Dieux sauvages et se déroule dans l'univers d'Évanegyre. Chronologiquement, il se situe après La route de la conquête et avant Port d'âmes. L'empire d'Asreth a été détruit par les Dieux ce qui a causé des dommages très importants sur le monde et engendré des anomalies et des zones très dangereuses où il ne vaut mieux pas se promener sous peine de subir d'étranges mutations. Cela donne un contexte post apocalyptique au roman mais avec une façon de vivre proche du médiéval, et un roi dans la Rhovelle ainsi que des nobles. L'empire d'Asrethia était mené par une femme et par conséquent la nouvelle religion pense que les femmes sont un fléau, elles ont ainsi aucun droit hormis celui de suivre gentiment son époux et de lui faire de beaux enfants viables et sans anomalies.
C'est dans ce contexte que vit Mériane, qui a choisi délibérément de vivre en solitaire loin de son village. Elle a ainsi développé des dons de trappeuse et est capable d'éviter les zones à risque. Mériane a un caractère bien trempé, c'est quelqu'un d'entier qui refuse les règles de son monde et ne s'intéresse pas particulièrement à la religion. Et pourtant, par un caprice du destin, c'est elle qui va être choisie pour être la messagère de dieu. Dans l'univers, il y a deux dieux: Wer et Asra qui bien que frères, mènent une guerre impitoyable entre eux. Mériane est choisie pour porter la parole de Wer tandis que Ganner oeuvre pour Asra. Lionel Davoust nous offre ainsi une relecture à sa manière de l'histoire de Jeanne D'Arc. Car bien entendu dans un tel contexte, les choses ne vont pas être faciles pour Mériane.
Une des choses qui m'a fascinée dans ce roman, c'est les changements de l'univers d'Évanegyre créé par Lionel Davoust. En effet, celui-ci est en constante évolution au fil des romans de l'auteur et tout se tient à la perfection. de plus, l'auteur change de genre en fonction de l'époque où se situe l'action et cette trilogie s'inscrit dans de la fantasy épique post-apocalyptique, bien loin de Port d'âmes par exemple. La façon dont Lionel Davoust construit son univers est vraiment impressionnante, son univers est complexe et toujours en mouvement, cela se voit vraiment dans ce roman.
L'action se situe principalement en Rhovelle, un royaume dont le roi Eol est très malade. Il est composé de 7 duchés et les luttes de pouvoir sont âpres et certains se verraient bien à la place du roi. Cela donne un petit côté Game of throne, avec des nobles menant une lutte de pouvoirs alors que des monstruosités menacent le royaume. Les monstruosités en question sont dans le camp d'Aska et sont des êtres hybrides formant une armée puissante. Au milieu de tout ça se dresse Mériane, femme dans un monde dirigé par les hommes, paysanne dans un royaume où seul les nobles comptent, femme dan un monde où la religion renvoie à la sorcellerie tout ce qu'elle ne comprend pas. Tout cela laisse présager à quel point ce qui attend Mériane sera difficile, voire quasiment impossible.
Le roman est long (650 pages) et dense, il se passe énormément de choses surtout pour un premier tome de trilogie. Même si Mériane est au centre de l'histoire, elle n'est pas le seul personnage et le récit est raconté selon plusieurs points de vue formant un roman choral avec le nom du personnage en début de chapitre. Cela permet de mieux comprendre le contexte global ainsi que les différents points de vue. Juhel et Chunsène sont particulièrement bien réussi et Mange-doigt comme la surnomme Chunsène, particulièrement intrigante. Tous ces personnages contribuent à la richesse du roman.
Côté rythme, le roman ne souffre pas de longueurs malgré son épaisseur. Lionel Davoust a réussi à combiner l'action et l'intensité tout en prenant le temps qu'il faut pour poser ses personnages et la situation très complexe du monde à cette époque. Certains faits du roman font aussi écho à des événements bien réels dans notre monde notamment ceux liés à la religion et au statut de la femme.
Le premier tome de cette nouvelle trilogie de Lionel Davoust lui donne donc l'occasion de développer son univers d'Évanegyre avec une histoire proche par certains aspects de celle de Jeanne D'Arc. Dans un style fluide et très vivant, l'auteur nous offre une galerie de personnages attachants et intrigants et une histoire solidement bâtie. Ce premier tome met l'eau à la bouche et donne envie de lire la suite rapidement, ce qui ne mettra pas trop de temps, le tome 2 étant prévu pour novembre et le 3 pour mai prochain. La messagère du ciel est sans conteste une réussite qui vient confirmer le talent de son auteur à explorer un univers déjà d'une grande richesse.
Lien : https://aupaysdescavetrolls...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          102
LaGeekosophe
  02 février 2019
Le plus curieux avec ce roman, c'est que je n'avais pas prévu de l'acheter ou de le lire. Même si le résumé semblait sympathique, je n'étais pas plus convaincue. En fait, je l'ai emprunté en version numérique à la bibliothèque quand je l'y ai vu par hasard. Et grand bien bien m'a pris car ce roman est tombé au bon moment.
Pourtant, l'univers en soi est assez classique : nous sommes dans un monde médiéval gouverné par des instances politiques qui se déchirent autour d'un roi malade et par un clergé tout-puissant. Ce clergé est très proche de ce que fut l'Eglise au Moyen-âge, un ordre qui tente d'asseoir sa puissance autour d'un Dieu Unique, convertissant les âmes et abusant vaguement de leur pouvoir. Ils ont aussi un ordre guerrier qui concrètement ne se sent plus péter. Autre caractéristique, cet univers est fortement misogyne pour des raisons historiques, peut-être même de manière plus radicale que dans notre Moyen-âge.
Du coup, le fait qu'une femme ait été choisie par Wer, le grand Dieu local, pour incarner la voix des hommes en temps de troubles apparaît comme délicieusement ironique. Si cette idée aurait pu passer pour téléphonée, Lionel Davoust parvient à bien doser son propos. Mériane est notamment très sympathique, elle a un caractère de cochon. Entêtée, insolente, indépendante et anticonformiste, elle est aussi vaillante, déterminée et d'une droiture à toute épreuve. J'aime beaucoup le duo qu'elle forme avec Léopol, le Moine de Wer, tout aussi insupportable mais de manière différente. le soldat religieux est plus arrogant, sûr de lui et a tendance à avoir des opinions très arrêtées sur les femmes.
Un autre personnage m'a beaucoup plu, c'est Chunsène. Décidément, on a beaucoup de personnages féminins forts. Elle non plus n'a pas été dotée du caractère le plus doux de la création. Mais elle a bien besoin d'un tempérament fort, vu son passé sous la domination des démons d'Aska, dans une famille pauvre. le personnage d'Erwel cache aussi un bon potentiel. Il est assez cocasse de le voir tomber dans tous les pièges qui lui sont tendus alors qu'il est bien parti pour devenir un personnage central. Et puis son côté jouvenceau naïf est attachant.
Outre ces personnages, j'ai beaucoup apprécié le rythme du récit. Alternant entre plusieurs points de vue, on accède à la complexité de la situation qui se joue. On sent le récit construit avec précision. Il est d'ailleurs, notamment au début, difficile de retenir le nom de toutes les provinces, leur importance, leurs dirigeants, qui est allié avec qui... Mais la sensation d'être perdue s'est réduite au fil de l'histoire, les éléments se mettent en place et il devient plus aisé de comprendre les enjeux.
De plus, l'écriture prenante donne envie de tourner les pages et d'en savoir plus sur la suite. L'univers est profond et très vaste. le roman donne vraiment envie de découvrir les autres livres de l'auteur qui se passent dans le même univers, car ils pourraient amener des éléments additionnels non négligeables sur des détails de l'intrigue.
Autrement, je ne mets pas la notre maximale pour deux raisons. La première est que l'histoire semble prendre une tournure assez manichéenne. Sans être très dérangeante, je me serais attendue à quelque chose de plus approfondi qu'une lutte entre le bien et le mal. Ensuite, j'ai trouvé certaines parties politiques moins prenantes, sûrement car elles étaient moins intenses que celles déjà plongées dans le combat et que le contraste était trop vif.
La messagère du ciel est donc un grand oui ! Premier tome captivant et écriture simple mais accrocheuse, les personnages sont le grand point fort de ce roman. L'univers est bien fouillé, les ambiances crasses sont retranscrites à merveille. Je n'ai qu'une hâte, c'est de lire le prochain livre pour découvrir comment Mériane va s'emparer de ses responsabilités.
Lien : https://lageekosophe.com/
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          120
Aelynah
  06 juillet 2017
Voici une lecture qui a eu le heurt de tomber en période un peu compliquée de ma vie personnelle. Et pourtant.
Lionel Davoust a su trouver le rythme, le scénario et les personnages qui marquent pour faire oublier tout le reste du monde et ses turpitudes.
J'ai pris plus de temps à le lire cependant que je ne l'aurais fait en période faste.
Mais j'ai savouré chaque page.
Beaucoup de personnages nous sont proposés. Et il est parfois compliqué au départ de se remémorer qui est qui. Mais les faits parlent d'eux même et les souvenirs reviennent vite.
Un conflit entre Dieux va être à l'origine de chamboulement dans le monde des hommes.
Chacun va préparer les pièces de son jeu d'échec en utilisant les protagonistes que nous allons suivre.
D'un côté, Aska, dieu sombre et assez particulier par les "bienfaits" qu'il accorde à ses élus. Ceux-ci reçoivent des mutations assez bien décrites par l'auteur pour faire des cauchemars. Son Hérault, Ganner a carrément fait symbiose avec son armure. Seul son visage reste vulnérable s'il veut garder son libre-arbitre.
De l'autre, nous avons le dieu Wer. Et le destin, au travers de la plume de Lionel Davoust va lui assigner un Hérault particulièrement rétif.
Les dialogues entre un dieu et son élu particulièrement peu coopératif sont du pain béni. Leur relation apporte une touche d'humour mais aussi un panel de question.
D'autres personnages vont ainsi jouer un rôle dans ce conflit naissant. Des animosités, des luttes intestines vont mettre des bâtons dans les roues de nos héros. Et le lecteur va s'interroger sur le rôle de chacun et le voir évoluer au fil des pages. Parfois avec jubilation. D'autres avec sidération.
Bizarrement Ganner n'est pas totalement détestable et malgré des différences que l'on a du mal à accepter il mérite le détour.
Ce que j'ai apprécié particulièrement c'est le rôle joué par les femmes dans ce récit. Rôle essentiel dans un monde où elles n'ont pas voix au chapitre. Où elles ne sont que des soumises aux hommes de leur vie, père, frère, époux, seigneurs… Rôle qu'elles vont jouer avec courage, ténacité et un brin de rébellion.
Ces femmes sont magnifiques et donnent corps au récit de par leurs avancées et même parfois leurs échecs.
Alors quand l'une d'elle se retrouve face à une épreuve terrible et que l'auteur nous laisse sur le flanc en stoppant là son passage pour nous propulser partout ailleurs sauf où le souhaiterait le lecteur, la rage monte. La rage, l'impatience et une certaine envie de maudire l'auteur pour son sadisme.
C'est ainsi que l'avancée des plans des Dieux, au travers de leurs Hérauts et des décisions des hommes, va se faire au fil des pages. le lecteur va alors traverser les terres d'Evanégyre et obtenir une vue d'ensemble magnifique et terrible.
Les doutes des protagonistes vont être au coeur de ce récit. Car la plupart ne savent pas encore quel est leur rôle. Parfois le destin met face à eux une révélation. Il leur est alors impossible de s'y refuser même si certains vont être plus rétifs que d'autres à accepter.
De nombreux personnages m'ont marqué par leur profondeur. Léopol, par exemple, a su me troubler maintes fois par ces actes en total désaccord de ses pensées. Il est à la fois fort et fragile. Sa foi est forte. Il suit avec application les préceptes que l'on lui a inculqué. Parfois au détriment de la logique ou de la réflexion. Et pourtant, face aux révélations du destin il va nous surprendre.
Chunsène est, elle aussi, un personnage marquant. Les épreuves traversées vont la renforcer et je lui souhaite une place de plus en plus importante dans la suite de ce récit car sa volonté farouche me plait.
Nehyr laisse présager de belles surprises. Elle ne semble pas ce que l'on croit. Ses connaissances, sa sagesse presque trop profonde pour son âge visuel en font une énigme que j'ai hâte d'effeuiller au prochain tome.
Et Meriane, notre petite sauvageonne a bien évolué. Elle grandit petit à petit. A son grand désarroi elle apprend à encaisser les coups du sort. Mais aussi à garder courage, montrer de la force devant l'adversité et surtout à maintenir haute une volonté de tenir son rôle.
Le final laisse présager un deuxième opus très actif et de grandes avancées pour nos personnages.
Les prophétise énoncées par le Hérault de Wer laissent entendre certains événements forts pour cette guerre. Seul le Destin saura nous montrer si elles vont se réaliser. Mais le lecteur va en tout cas les attendre impatiemment tout comme le peuple témoin de celles-ci.
Un très bon roman de fantasy française à découvrir absolument. Vous y retrouverez les bons ingrédients du genre et la plume charismatique de Lionel Davoust. Alors qu'attendez-vous?

Lien : http://lespassionsdaely.cana..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50

critiques presse (1)
Elbakin.net   18 mai 2017
Ce premier tome est indéniablement une réussite. Lionel Davoust avec les dieux sauvages assume son talent de maître des mots au service de contrées lointaines et sauvages.
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
meygisanmeygisan   21 décembre 2018
Fantassins et cavaliers survivants s'en retournaient d'un même élan vers les lignes ennemies. Partout où tombait le regard du duc, la violence se déchaînait. Des chevaliers empalaient de leurs lances certains géants de métal noir - qui semblaient alors pris de convulsions, parcourus par une foudre qui naissait veinés de leurs entrailles même. Ailleurs, les tranchoirs de ces monstres veinés de lueurs fantômes fauchaient les hommes par poignées en grandes moissons sanglantes. Fantassins en pourpre Magnécienne et noir Askalite s'affrontaient dans une tourmente de cauchemar où les coups provenaient de toutes les directions et où aucun triomphe ne durait plus qu'une fraction de seconde. Des traits d'hémoglobine zébraient le ciel gris en traînées d'encre. Les bataillons d'infanterie envoyés en renfort se dispersèrent dans les bois en quête de la sorcellerie Askalite - mais cela n'empêcha pas un nouveau crescendo de lamentations infernales, suivi de nouvelles décharges irisées qui décimèrent les rangs humains. Encore une fois, les claquements secs retentirent avec quelques secondes de retard, irréels, bien après avoir causé leur atroce souffrance.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
BazaRBazaR   15 novembre 2017
Le cortège drainait un sillage hétéroclite et toujours plus important, comme un filet de pêche laissé à l'abandon prend autant les poissons que les détritus dérivant au hasard. Curieux, mendiants, négociants désireux d'approcher les nobles en visite suivaient la procession, au point qu'au moment d'atteindre le parvis, la foule était trop vaste pour tenir sur la place.
Commenter  J’apprécie          130
BazaRBazaR   21 novembre 2017
Rien n'est plus efficace que convaincre l'homme de vouloir quelque chose, Aska... L'humanité a parfois su se donner seule un but, cela s'est vu. Mais il lui est infiniment plus facile d'embrasser la vérité qu'on lui donne. Dès lors, autant être celui qui l'offre.
Commenter  J’apprécie          180
BazaRBazaR   16 novembre 2017
Pyr promettait de se couler à la perfection dans le moule préparé pour lui : fils unique, gâté par son baron de père, tout lui était dû, et il se trouvait à cet âge où les jeunes garçons passent curieusement de l'état d'enfant à celui d'imbécile.
Commenter  J’apprécie          180
BazaRBazaR   22 novembre 2017
Izara redressa le buste, prise d'une nouvelle flambée d'indignation, mais se rappela qu'elle ne gagnerait rien à le montrer. Olié et Melár étaient les plus traditionalistes du Conseil ; à leurs yeux, un homme qui tempêtait démontrait sa force, mais une femme dans la même situation était une hystérique.
Commenter  J’apprécie          110
Videos de Lionel Davoust (32) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Lionel Davoust
Une interview de l'auteur anglais de science-fiction Christopher Priest réalisée au festival Les Aventuriales de Ménétrol 2018. Un énorme merci à Lionel Davoust pour la traduction.
autres livres classés : anomaliesVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

Trilogie "Léviathan", de Lionel Davoust

Comment se nomme le personnage principal?

Anaël Petersen
Michaël Williamson
Michaël Petersen
Michel Ardisson

10 questions
7 lecteurs ont répondu
Thème : Lionel DavoustCréer un quiz sur ce livre