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EAN : 9782375790069
550 pages
Critic (04/05/2017)
4.08/5   81 notes
Résumé :
« Écoute Ma parole : l'Éternel Crépuscule cachera le soleil, étouffera les plantes et changera les hommes en bêtes, car Aska, le Dieu de la Nuit, ne tolère d'autres enfants que les siens. »

Mériane est une trappeuse, une paria, une femme. Autant de bonnes raisons d'en vouloir aux Dieux qui ont puni le peuple de la Rhovelle pour les fautes de ses aïeux. Car depuis la chute du glorieux Empire d'Asrethia, le monde est parcouru de zones instables qui prov... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (34) Voir plus Ajouter une critique
4,08

sur 81 notes

BazaR
  23 novembre 2017
Aaah ! Je viens de prendre ma dose annuelle d'Évanégyre. Bon sang que ça fait du bien C'est de la bonne came, cette année encore.
Pourtant rentrer dans ce pavé que constitue le premier tome d'une grosse trilogie ne s'est pas fait si facilement. L'action se passe bien après que l'empire d'Asreth se soit effondré. Une civilisation de type médiévale réussit à bourgeonner dans ce paysage parcouru d'énergie « magique » incontrôlée. le principe de l'éternel recommencement est à l'oeuvre, selon la même idée qui guidait le cycle de Corlay de Richard Cowper ou Un Cantique pour Leibowitz de Walter M. Miller. Dans ce décor, le royaume de Rhovelle est soumis à des déchirements politiques internes au moment même où une menace monstrueuse et létale montre le bout de son nez au-delà des montagnes (pour comprendre les origines de ce bazar, il est utile d'avoir lu La Route de la Conquête, même si ce n'est pas indispensable).
Un royaume déchiré politiquement gouverné par un Conseil, une menace monstrueuse qui vient du nord derrière un mur de montagne, ça commence à ressembler à quelque chose de connu. Et alors ? Ce n'est pas une honte. C'est Robert Silverberg qui disait que l'être humain n'est pas fait pour inventer quelque chose ab initio (cf ; Bifrost n°49). Même inconsciemment, un auteur est obligé de s'inspirer de ce qu'il a vu, lu et entendu dans sa vie. L'important, c'est la variation qu'il va proposer par rapport au thème principal.
Et justement la partie construction du royaume n'apporte pas de note vraiment originale. Je me suis demandé pourquoi Rhovelle disposait d'un ost alors qu'elle n'a aucun ennemi extérieur à affronter. Les menaces « magiques » internes au royaume ne sont pas du genre à clamer leur défi sur un champ de bataille. L'Église est construite pour être détestée par le lecteur (cela s'explique au vu du contexte). Les conflits de la cour n'ont pas une origine digne d'une tragédie mais semblent plutôt naître de petites mesquineries, de petits riens. J'ai trouvé ces passages de la cour longs et manquant de fougue, surtout ceux consacrés à Juhel.
Par contraste, j'ai éprouvé beaucoup de plaisir sur les chapitres consacrés à notre Messagère du Ciel. Mériane établit une relation avec son Dieu très jouissive pour un lecteur qui n'est pas dévot. Il n'est pas question de soumission totale, de transe illuminée devant la Lumière du Créateur. Au contraire c'est comme si Savonarole venait hanter l'esprit de Descartes ; cela donne lieu à des débats à l'ironie prononcée extrêmement réjouissants. Mériane établit le même genre de rapports amour/haine avec Léopol le soldat de Dieu. Là aussi les échanges valent un bon match Borg-Mc Enroe. Autre duo explosif : Chunsène, la soeur en esprit d'Arya Stark, et la « parfaite » Néhyr. Lionel Davoust est un dialoguiste en or.
Les dieux qui mènent le jeu m'intriguent beaucoup ; je n'arrête pas de conjecturer à leur sujet. Il faut dire qu'ils représentent un violent changement de paradigme par rapport aux récits consacrés à l'empire d'Asreth. En ce temps-là, la vision dominante du monde était scientifique ; on analysait, reproduisait, modélisait, maîtrisait. Les dieux étaient confinés. Ils n'étaient pas nécessaires à la compréhension du monde par l'empire. Ici ce sont les principaux joueurs. Pas seulement par l'intermédiaire de leurs hérauts : ils s'expriment directement, prétendent avoir toujours existé, avoir décidé de la fin de l'empire.
Eh bien j'ai des doutes. Je me demande vraiment si ces « dieux » n'ont pas été en quelque sorte conçus par les déflagrations dignes d'une guerre atomique qui ont provoqué la fin d'Asreth, si ce ne sont pas eux les « dupes ». L'alternative m'obligerait à admettre que la créatrice « divine » de l'empire était une sorte d'ange déchu du panthéon d'Évanégyre. Et je digèrerais mal cette information, car une des forces de cet univers est, à mon avis, la vision très occidentale moderne que porte l'homme d'Asreth sur son monde.
Lorsqu'on approche de la fin, on se rend compte à quel point Lionel Davoust est un écrivain architecte ; c'est-à-dire qu'il maîtrise son récit de bout en bout, que la conséquence de chaque acte était prévue, qu'à aucun moment son histoire ne lui a échappé pour prendre son propre envol. Tellement d'éléments se mettent alors en place. de nombreux passages qui m'avaient semblé ennuyeux et sans réelle conséquence prennent du sens. C'est un gène qu'il partage avec Asimov.
Mais l'auteur est-il vraiment architecte ? Je l'imagine en fait plutôt comme possédant les conditions aux limites de son récit ‒ d'où il part et où il doit arriver ‒ mais sans avoir l'idée précise du chemin qu'il va lui falloir tailler à coup de serpe dans la jungle inconnue pour relier ses balises. Un peu comme un scientifique qui écrit un article : ceux-ci semblent toujours prétendre que l'auteur a suivi un chemin logique et déterministe, avançant pas à pas inéluctablement grâce à la raison, alors qu'en fait il a passé son temps à affronter la désillusion, à pleurnicher à genoux qu'il n'y arriverait jamais. La présentation n'est pas la vérité, mais elle fait de l'effet sur le lecteur.
Enfin, est-il nécessaire d'ajouter que Lionel Davoust est un maître de la description des batailles ? Son roman La Volonté du Dragon (toujours dans Évanégyre) suffisait à le prouver. On retrouve ici la même efficacité, la même maîtrise de la tactique qui n'oublie pas d'osciller entre défaite totale et victoire définitive en multipliant les points de vue.
Même si je continue à penser qu'on aurait gagné à faire un peu plus court, j'applaudis la qualité du récit que j'ai lu, digne de l'univers que Lionel Davoust ne cesse de développer par petite touche, comme un peintre impressionniste. La suite ne tardera pas et c'est tant mieux. J'espère que les prophéties seront mises en défaut et que l'on aura droit à une palanquée de surprises.
Car sur Évanégyre, même les dieux peuvent être surpris.
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Dionysos89
  14 octobre 2017
Après Spire de Laurent Genefort, les éditions Critic lancent encore en 2017 une autre nouvelle série dans les littératures de l'imaginaire en s'appuyant sur un de leurs auteurs phares, Lionel Davoust. Celui-ci, avec Les Dieux sauvages, nous fait revenir dans son monde de fantasy où la magie est fondée sur des technologies nucléaires bien souvent incomprises : Évanégyre.
La Messagère du ciel, c'est d'abord une bien belle couverture chatoyante et verdoyante d'Alain Brion. J'avoue que, de prime abord, mise en parallèle avec la quête promise en quatrième de couverture, j'ai craint d'aborder un roman davantage jeunesse que d'habitude de la part de Lionel Davoust, avec des concepts plus manichéens que dans les autres volumes que furent La Volonté du Dragon, La Route de la Conquête et Port d'Âmes. Bien heureusement, la mise en place des premiers personnages chasse vite ce doute. Car, de l'anti-manichéisme, il y en a à revendre ! à commencer dans la façon dont on aborde la psychologie des personnages. Trois sont principalement mis en avant (ou peut-être est-ce qu'ils m'ont le plus marqué personnellement, sait-on). Tout d'abord, l'inévitable figure de la couverture est Mériane, toute jeune paria débrouillarde, complètement anticléricale et qui va porter sur elle non seulement un certain nombre de responsabilités, mais également de réflexions à l'encontre du lecteur ; entre sa volonté farouche et les voix qu'elle entend malgré elle, y voir une « Jeanne d'Arc non consentante et très légèrement revisitée » ne semble pas volé. Vient ensuite Juhel, noble très haut placé, faisant partie de la famille royale et héritant de son père défunt juste avant le début de l'aventure du plus important des duchés. Enfin, Garrel, franc-tireur en quête de pouvoir, lui aussi, nous permet d'aborder cette histoire par un autre biais, une autre localisation et en vue d'un tout autre défi. Taisons volontairement ceux qui font, pour l'instant, figure de seconds couteaux, mais qui promettent des développements intéressants, dans leurs tourments comme leurs motivations.
Dans la lignée de cette orientation avant tout tripartite, trois espaces sont principalement pris en compte : les mystérieuses campagnes forestières de la Belnacie, les coups tordus des cours princières notamment celle de Ker Vaesthrion et la lisière orientale enneigée de la Rhovelle. Trois visions très différentes d'une même histoire, mais aussi d'un même univers de fantasy. Ainsi, les forêts et les villages de Belnacie recèlent l'aspect le plus classique de la fantasy, de l'heroic fantasy avec une jeune héroïne qui doit prendre son destin en main ; l'aspect mystico-religieux y est bien utilisé pour s'amuser des croyances habituelles. Ensuite, les cours princières donnent lieu à des joutes oratoires puis des basses besognes qui peuvent jouer sur des aspects inhérents à la dark fantasy, même s'ils sont, au départ, loin des champs de bataille les plus meurtriers. Enfin, justement, les confins tourmentés de la Rhovelle préparent l'aspect le plus intéressant, du post-apocalyptique avec une forte possibilité de zombies, possédés et dévastateurs ! Bref, La Messagère du Ciel organise un monde médiéval-fantastique en picorant des aspects très variés de ses sous-genres.
Il fallait oser tenter l'aventure de la dark fantasy agrémentée d'intrigues de cour alors que le phénomène Game of Thrones / le Trône de Fer bat encore son plein. Nous pouvons y voir une façon de surfer sur la vague, mais ce serait négliger la touche toute personnelle qui y est appliquée. En effet, l'auteur poursuit ici la construction d'un vaste univers cohérent puisque nous sommes ici dans les Âges sombres (post-Volonté du Dragon et pré-Ports d'Âmes) et le lecteur attentif peut voir réapparaître quelques éléments « mythologiques » inhérents à l'univers d'Évanégyre. de même, on peut remarquer l'ajout de plusieurs éléments, notamment toponymiques, très bretonisants : les villes sonnent comme Naoned, certains prénoms nobles semblent reprendre quelques prénoms dynastiques des comtes bretons du haut Moyen Âge et des lieux en –ÿs ne peuvent que faire songer à quelques lieux symboliques du « Far ouest breton ». Enfin, pour avoir lu désormais un certain nombre d'écrits de Lionel Davoust, il faut reconnaître la manie structurelle de cet auteur (c'est carré-carré chez lui, en somme), mais celle-ci ne m'a jamais autant sauté aux yeux que dans ce volume. Ainsi, chaque enchaînement semble paramétré, les apparitions des personnages sont réglés au cordeau et la géographie est méthodique (ce n'est pas ma vision habituellement, mais pour ce volume, cela fonctionne). Attention d'ailleurs, comme tout auteur, Lionel Davoust a les inconvénients de ses qualités et il y aura sûrement un problème d'immersion à anticiper pour ceux qui auraient déjà été réticents à Port d'Âmes et à son héros indécis : par exemple, Mériane trouvera facilement ses détracteurs, d'autant qu'elle semble appeler à de très hautes responsabilités sur l'ensemble des deux tomes à suivre (cela me ravit, mais je peux comprendre qu'il n'en soit pas ainsi pour tous).
En somme, La Messagère du Ciel engage bien cette série (qui sera finalement davantage qu'une trilogie). Si on veut se lancer dans les comparaisons, elle se positionne au-dessus de Port d'Âmes et en-deça de la Route de la Conquête.
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Tachan
  18 mai 2021
Il y a 3 ans, je découvrais avec plaisir la plume de Lionel Davoust dans Port d'âmes, un titre où son style m'avait ravie, notamment grâce à un univers original, mais où je n'avais pas du tout été emportée par l'histoire qui est trop renfermée sur elle-même et qui manquait de lyrisme et d'épique pour moi. C'était bien fait, c'était sombre, c'était dangereux, mais ce n'était pas ce que j'attendais et j'étais ressortie un peu déçue surtout que l'univers antérieur était prometteur, lui. Je ne voulais donc pas rester sur une défaite.
La Messagère du Ciel, premier tome de la quadrulogie des Dieux sauvages était parfaite pour me remettre le pied à l'étrier, puisque se déroulant dans le même univers, l'Evanégyre, imaginé par l'auteur et qu'on retrouve dans chacun (ou presque) de ses titres. La Messagère du Ciel se déroule près de 500 ans avant Port d'âmes dans l'ancien Empire d'Asrethia, après la chute de ce dernier, tandis que deux divinités se livrent à un affrontement sans pitié en utilisant les hommes et autres créatures à leur service pour les départager.
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La plongée dans l'univers des Dieux sauvages ne fut pas simple. J'ai trouvé les cent premières pages environ très touffues et parfois confuses, remplies de nom et de concepts pas toujours explicités. En plus, je n'ai remarqué que très tardivement la présence en fin de tome d'une toute toute légère aide... Parfois, je me dis qu'il serait bien de rappeler au début justement que cela existe, mais ce n'est qu'un détail. Bref, l'entrée en matière ne fut pas simple. Pour autant, j'ai très vite saisi que j'étais en présence d'un univers qui allait me fasciner.
En effet, Lionel Davoust nous propose un titre de fantasy épique dans un cadre moyenâgeux encore barbare par bien des aspects, où la politique mais surtout la religion sont très présents et saisissants. Peut-être est-ce l'influence des premières couvertures du titre chez Critic mais j'avais presque le sentiment de me retrouver dans quelque chose de vraiment primitif et c'est assez rare dans mes lectures pour me dépayser.
Pour porter ce récit, l'auteur offre une ribambelle de voix à suivre. Au début, le changement très fréquent de narrateur me perdait. On passait d'une jeune femme un peu sauvage vivant en lie de la société, à un jeune héritier qui ne veut pas l'être, ou encore au frère d'un roi dément, à la femme de celui-ci ou encore à un noble rebelle, sans parler d'un chef de guerre ennemis dans une société mi-bestiale mi-zombie fort étrange. J'avais du mal à suivre. Mais petit à petit, je me suis laissée enivrer par leurs aventures très immersives.
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Il faut dire que pour nous faire entrer dans son univers complexe, l'auteur, chose rare, offre un début de saga extrêmement rythmé. Passé ces premières pages assez denses, l'action monte et monte jusqu'à un pic épique dès le milieu de ce premier tome. J'ai trouvé ça surprenant et culotté ! J'ai adoré. Il repose ensuite le rythme avant de repartir à l'assaut pour les dernières pages. Un sens du rythme que j'ai rarement trouvé et que je salue tant il m'a fascinée, associé en plus à un sens de la mise en scène excellent, comme lors de la scène représentée en couverture. C'était palpitant à suivre.
Mais venons-en un peu au cadre de cette histoire. La Messagère du Ciel se déroule dans un ancien Empire qui a chuté, désormais partagé en plusieurs unités géographiques tantôt alliées tantôt en conflit. Au coeur de tout ça, la maison royale de Rhovelle, dont le roi Eoel II est souffrant depuis des années, tandis que sa femme Izara dirige à travers un conseil de régence où siègent plusieurs puissants dont Luhac, le frère du roi, et le jeune Juhel, duc de Magnésie qui vient d'hériter du titre. Depuis plusieurs décennies, ils vivent dans la crainte d'un phénomène contre lequel ils ne parviennent pas à lutter : les Anomalie, des sortes de trous spatio-temporels qui se déplacent et transforment la plupart des êtres qui y pénètrent en leur conférant des "difformités" diverses et variées. Ils doivent également affronter les forces voisines des Mortes-Couronnes où l'Armée de la Nuit, dirigée par Ganner, le prophète du dieu rival au leur, prend les armes et se lance à l'assaut de leur pays. le tout pendant que des Ducs rebelles remettent en cause l'autorité de la famille royale. Bref, beaucoup de mouvements en perspective.
Mais de tout cela, Lionel Davoust fait une histoire parfaitement cohérente, simple et passionnante à suivre. La complexité apparente de l'univers s'éclaire au fil des chapitres pour mettre à jour des rouages parfaitement détaillés par l'auteur et qui se mettent en branle à la perfection. C'est juste passionnant et fascinant de voir comment tout s'imbrique.
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Mais l'histoire ne serait rien, comme bien souvent, sans ses personnages et c'est là que j'ai pris le plus de plaisir. Car au delà de la politique du royaume, des complots des Ducs, des assauts lancés par les ennemis et du mystère de ses anomalies, c'est dans l'utilisation de la religion dans cet univers que j'ai trouvé que l'auteur s'accomplissait. 
En effet, l'héroïne de son récit n'est ni plus ni moins qu'une nouvelle Jeanne d'Arc, sauf qu'à la différence de celle-ci, Mériane n'est pas du tout croyante, bien au contraire et qu'elle remet fortement en question l'ordre de la société dans laquelle elle vit, établi par une religion on ne peut plus patriarcale. Elle est fascinante. J'ai adoré suivre une héroïne qui lutte contre ce destin que les dieux tentent de lui imposer. Elle se retrouve d'un coup, sans l'avoir demandé, à entendre directement dans sa tête la voix d'un dieu qu'elle méprise et dont elle ne veut pas. Celui-ci veut faire d'elle son Hérault, elle refuse ce titre masculin pour s'auto-proclamer plutôt Messagère. J'adore cette femme ! C'est une féministe avant l'heure.
Et les aventures qu'elle va vivre ne sont ni plus ni moins qu'une réinterprétation de celles de notre Jeanne d'Arc nationale. Elle va d'abord ne pas être cru, bien sûr, par l'Eglise du grand dieu Wer, qui va la rejeter. Embarquée de force dans cette histoire, elle va donc devoir se trouver des alliés de circonstance et elle profitera de ce nouveau statut non seulement pour aider le peuple de Rhovelle mais aussi pour aider ceux plus petits et plus proches d'elle. Toute la dernière partie du roman est assez fascinant dans sa construction en miroir avec ce qu'on sait de l'épopée de Jeanne et qui nous est promis pour la suite de l'histoire dans les prochains tomes. Ça donne hâte de les découvrir !
Mais en plus de cette si belle héroïne, l'auteur n'a pas fini d'inventer des personnages solides et charismatiques dans chacun des camps. J'ai été fascinée par la figure de Ganner, le Chef du clan adverse, qui règne sur un peuple d'espèce de zombie créer par son Dieu, Aska. Les Dieux eux-même qu'on entend lors de bref interludes sont plein de nuances et fascinent. Je serais bien en peine de dire lequel je soutiens tant je le trouves fourbes tous les deux dans leurs échanges et actions.
Du côté des alliés, comment ne pas succomber pour le doux et timbré Darèn, qui accompagne notre Elue. J'aime qu'un auteur mettent délibérément en avant quelqu'un souffrant de troubles mentaux comme lui, sans le nier et sans le dénigrer. J'ai aussi apprécié frère Leopol, un croisé, dont l'évolution est peut-être prévisible mais intéressante et surtout dont le passé lui donne une autre envergure que ce qu'on pouvait croire au début.
Je suis plus réservée pour ce qui est des nobles de ce cher royaume. Si la reine est un personnage comme je les aime, une femme forte, maligne, qui ne se laisse pas dicter sa conduite tout en restant aimante. J'apprécie moins les Ducs autour d'elle et leurs rejetons. J'ai l'impression d'y voir des figures plus classique, du frère blasé par la vie qui se laisse porter, au duc rebelle qui prend les armes mais échoue lamentablement. J'attends de voir et mes espoirs reposent notamment sur la nouvelle génération.
Enfin, il y a le mystérieux duo Chunsène - Nehyr, la première étant une vagabonde originaire de Mandre et la seconde une éclaireuse et archère. Elles avancent au milieu de ce monde en pleine agitation, traversant les conflits pour ... faire je ne sais trop quoi. J'ai l'impression d'avoir manqué d'attention avec elles et j'ai juste retenue que Nehyr était la seule à voir Chunsène, ce qui est fort mystérieux.
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Ainsi, ce premier tome fut un franc succès pour moi. J'ai adoréé le cadre brutal et mystérieux imaginé par l'auteur, mais également l'héroïne forte et féministe, porteuse d'un vrai message, qu'il a imaginé. J'ai trouvé ce premier tome original aussi bien de par sa construction, avec ce point culminant dès la première moitié, que par ses propos, avec cette revisite maligne de la figure de Jeanne d'Arc et de sa quête. Lionel Davoust m'a alpaguée pour de bon et je ne suis pas près de lâcher l'affaire !
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celindanae
  06 juin 2017
Ce nouveau roman de Lionel Davoust est le premier tome de la trilogie Les Dieux sauvages et se déroule dans l'univers d'Évanegyre. Chronologiquement, il se situe après La route de la conquête et avant Port d'âmes. L'empire d'Asreth a été détruit par les Dieux ce qui a causé des dommages très importants sur le monde et engendré des anomalies et des zones très dangereuses où il ne vaut mieux pas se promener sous peine de subir d'étranges mutations. Cela donne un contexte post apocalyptique au roman mais avec une façon de vivre proche du médiéval, et un roi dans la Rhovelle ainsi que des nobles. L'empire d'Asrethia était mené par une femme et par conséquent la nouvelle religion pense que les femmes sont un fléau, elles ont ainsi aucun droit hormis celui de suivre gentiment son époux et de lui faire de beaux enfants viables et sans anomalies.
C'est dans ce contexte que vit Mériane, qui a choisi délibérément de vivre en solitaire loin de son village. Elle a ainsi développé des dons de trappeuse et est capable d'éviter les zones à risque. Mériane a un caractère bien trempé, c'est quelqu'un d'entier qui refuse les règles de son monde et ne s'intéresse pas particulièrement à la religion. Et pourtant, par un caprice du destin, c'est elle qui va être choisie pour être la messagère de dieu. Dans l'univers, il y a deux dieux: Wer et Asra qui bien que frères, mènent une guerre impitoyable entre eux. Mériane est choisie pour porter la parole de Wer tandis que Ganner oeuvre pour Asra. Lionel Davoust nous offre ainsi une relecture à sa manière de l'histoire de Jeanne D'Arc. Car bien entendu dans un tel contexte, les choses ne vont pas être faciles pour Mériane.
Une des choses qui m'a fascinée dans ce roman, c'est les changements de l'univers d'Évanegyre créé par Lionel Davoust. En effet, celui-ci est en constante évolution au fil des romans de l'auteur et tout se tient à la perfection. de plus, l'auteur change de genre en fonction de l'époque où se situe l'action et cette trilogie s'inscrit dans de la fantasy épique post-apocalyptique, bien loin de Port d'âmes par exemple. La façon dont Lionel Davoust construit son univers est vraiment impressionnante, son univers est complexe et toujours en mouvement, cela se voit vraiment dans ce roman.
L'action se situe principalement en Rhovelle, un royaume dont le roi Eol est très malade. Il est composé de 7 duchés et les luttes de pouvoir sont âpres et certains se verraient bien à la place du roi. Cela donne un petit côté Game of throne, avec des nobles menant une lutte de pouvoirs alors que des monstruosités menacent le royaume. Les monstruosités en question sont dans le camp d'Aska et sont des êtres hybrides formant une armée puissante. Au milieu de tout ça se dresse Mériane, femme dans un monde dirigé par les hommes, paysanne dans un royaume où seul les nobles comptent, femme dan un monde où la religion renvoie à la sorcellerie tout ce qu'elle ne comprend pas. Tout cela laisse présager à quel point ce qui attend Mériane sera difficile, voire quasiment impossible.
Le roman est long (650 pages) et dense, il se passe énormément de choses surtout pour un premier tome de trilogie. Même si Mériane est au centre de l'histoire, elle n'est pas le seul personnage et le récit est raconté selon plusieurs points de vue formant un roman choral avec le nom du personnage en début de chapitre. Cela permet de mieux comprendre le contexte global ainsi que les différents points de vue. Juhel et Chunsène sont particulièrement bien réussi et Mange-doigt comme la surnomme Chunsène, particulièrement intrigante. Tous ces personnages contribuent à la richesse du roman.
Côté rythme, le roman ne souffre pas de longueurs malgré son épaisseur. Lionel Davoust a réussi à combiner l'action et l'intensité tout en prenant le temps qu'il faut pour poser ses personnages et la situation très complexe du monde à cette époque. Certains faits du roman font aussi écho à des événements bien réels dans notre monde notamment ceux liés à la religion et au statut de la femme.
Le premier tome de cette nouvelle trilogie de Lionel Davoust lui donne donc l'occasion de développer son univers d'Évanegyre avec une histoire proche par certains aspects de celle de Jeanne D'Arc. Dans un style fluide et très vivant, l'auteur nous offre une galerie de personnages attachants et intrigants et une histoire solidement bâtie. Ce premier tome met l'eau à la bouche et donne envie de lire la suite rapidement, ce qui ne mettra pas trop de temps, le tome 2 étant prévu pour novembre et le 3 pour mai prochain. La messagère du ciel est sans conteste une réussite qui vient confirmer le talent de son auteur à explorer un univers déjà d'une grande richesse.
Lien : https://aupaysdescavetrolls...
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LaGeekosophe
  02 février 2019
Le plus curieux avec ce roman, c'est que je n'avais pas prévu de l'acheter ou de le lire. Même si le résumé semblait sympathique, je n'étais pas plus convaincue. En fait, je l'ai emprunté en version numérique à la bibliothèque quand je l'y ai vu par hasard. Et grand bien bien m'a pris car ce roman est tombé au bon moment.
Pourtant, l'univers en soi est assez classique : nous sommes dans un monde médiéval gouverné par des instances politiques qui se déchirent autour d'un roi malade et par un clergé tout-puissant. Ce clergé est très proche de ce que fut l'Eglise au Moyen-âge, un ordre qui tente d'asseoir sa puissance autour d'un Dieu Unique, convertissant les âmes et abusant vaguement de leur pouvoir. Ils ont aussi un ordre guerrier qui concrètement ne se sent plus péter. Autre caractéristique, cet univers est fortement misogyne pour des raisons historiques, peut-être même de manière plus radicale que dans notre Moyen-âge.
Du coup, le fait qu'une femme ait été choisie par Wer, le grand Dieu local, pour incarner la voix des hommes en temps de troubles apparaît comme délicieusement ironique. Si cette idée aurait pu passer pour téléphonée, Lionel Davoust parvient à bien doser son propos. Mériane est notamment très sympathique, elle a un caractère de cochon. Entêtée, insolente, indépendante et anticonformiste, elle est aussi vaillante, déterminée et d'une droiture à toute épreuve. J'aime beaucoup le duo qu'elle forme avec Léopol, le Moine de Wer, tout aussi insupportable mais de manière différente. le soldat religieux est plus arrogant, sûr de lui et a tendance à avoir des opinions très arrêtées sur les femmes.
Un autre personnage m'a beaucoup plu, c'est Chunsène. Décidément, on a beaucoup de personnages féminins forts. Elle non plus n'a pas été dotée du caractère le plus doux de la création. Mais elle a bien besoin d'un tempérament fort, vu son passé sous la domination des démons d'Aska, dans une famille pauvre. le personnage d'Erwel cache aussi un bon potentiel. Il est assez cocasse de le voir tomber dans tous les pièges qui lui sont tendus alors qu'il est bien parti pour devenir un personnage central. Et puis son côté jouvenceau naïf est attachant.
Outre ces personnages, j'ai beaucoup apprécié le rythme du récit. Alternant entre plusieurs points de vue, on accède à la complexité de la situation qui se joue. On sent le récit construit avec précision. Il est d'ailleurs, notamment au début, difficile de retenir le nom de toutes les provinces, leur importance, leurs dirigeants, qui est allié avec qui... Mais la sensation d'être perdue s'est réduite au fil de l'histoire, les éléments se mettent en place et il devient plus aisé de comprendre les enjeux.
De plus, l'écriture prenante donne envie de tourner les pages et d'en savoir plus sur la suite. L'univers est profond et très vaste. le roman donne vraiment envie de découvrir les autres livres de l'auteur qui se passent dans le même univers, car ils pourraient amener des éléments additionnels non négligeables sur des détails de l'intrigue.
Autrement, je ne mets pas la notre maximale pour deux raisons. La première est que l'histoire semble prendre une tournure assez manichéenne. Sans être très dérangeante, je me serais attendue à quelque chose de plus approfondi qu'une lutte entre le bien et le mal. Ensuite, j'ai trouvé certaines parties politiques moins prenantes, sûrement car elles étaient moins intenses que celles déjà plongées dans le combat et que le contraste était trop vif.
La messagère du ciel est donc un grand oui ! Premier tome captivant et écriture simple mais accrocheuse, les personnages sont le grand point fort de ce roman. L'univers est bien fouillé, les ambiances crasses sont retranscrites à merveille. Je n'ai qu'une hâte, c'est de lire le prochain livre pour découvrir comment Mériane va s'emparer de ses responsabilités.
Lien : https://lageekosophe.com/
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critiques presse (1)
Elbakin.net   18 mai 2017
Ce premier tome est indéniablement une réussite. Lionel Davoust avec les dieux sauvages assume son talent de maître des mots au service de contrées lointaines et sauvages.
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
MeygisanMeygisan   21 décembre 2018
Fantassins et cavaliers survivants s'en retournaient d'un même élan vers les lignes ennemies. Partout où tombait le regard du duc, la violence se déchaînait. Des chevaliers empalaient de leurs lances certains géants de métal noir - qui semblaient alors pris de convulsions, parcourus par une foudre qui naissait veinés de leurs entrailles même. Ailleurs, les tranchoirs de ces monstres veinés de lueurs fantômes fauchaient les hommes par poignées en grandes moissons sanglantes. Fantassins en pourpre Magnécienne et noir Askalite s'affrontaient dans une tourmente de cauchemar où les coups provenaient de toutes les directions et où aucun triomphe ne durait plus qu'une fraction de seconde. Des traits d'hémoglobine zébraient le ciel gris en traînées d'encre. Les bataillons d'infanterie envoyés en renfort se dispersèrent dans les bois en quête de la sorcellerie Askalite - mais cela n'empêcha pas un nouveau crescendo de lamentations infernales, suivi de nouvelles décharges irisées qui décimèrent les rangs humains. Encore une fois, les claquements secs retentirent avec quelques secondes de retard, irréels, bien après avoir causé leur atroce souffrance.
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BazaRBazaR   15 novembre 2017
Le cortège drainait un sillage hétéroclite et toujours plus important, comme un filet de pêche laissé à l'abandon prend autant les poissons que les détritus dérivant au hasard. Curieux, mendiants, négociants désireux d'approcher les nobles en visite suivaient la procession, au point qu'au moment d'atteindre le parvis, la foule était trop vaste pour tenir sur la place.
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BazaRBazaR   21 novembre 2017
Rien n'est plus efficace que convaincre l'homme de vouloir quelque chose, Aska... L'humanité a parfois su se donner seule un but, cela s'est vu. Mais il lui est infiniment plus facile d'embrasser la vérité qu'on lui donne. Dès lors, autant être celui qui l'offre.
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BazaRBazaR   16 novembre 2017
Pyr promettait de se couler à la perfection dans le moule préparé pour lui : fils unique, gâté par son baron de père, tout lui était dû, et il se trouvait à cet âge où les jeunes garçons passent curieusement de l'état d'enfant à celui d'imbécile.
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BazaRBazaR   22 novembre 2017
Izara redressa le buste, prise d'une nouvelle flambée d'indignation, mais se rappela qu'elle ne gagnerait rien à le montrer. Olié et Melár étaient les plus traditionalistes du Conseil ; à leurs yeux, un homme qui tempêtait démontrait sa force, mais une femme dans la même situation était une hystérique.
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Vidéo de Lionel Davoust
Interview de Lavie Tidhar au sujet d'Aucune terre n'est promise (Label Mu) à l'occasion des Imaginales 2021. Interprétariat : Lionel Davoust
Aucune terre n'est promise a reçu le Prix Planète SF des blogueurs 2021 et le Prix Actusf de l'uchronie 2021.
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