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ISBN : 2330081561
Éditeur : Actes Sud (06/09/2017)

Note moyenne : 2.77/5 (sur 63 notes)
Résumé :
Choisir de mourir pour prendre la mort de vitesse, décider de se transformer en créature-éprouvette dans l’attente de jours meilleurs afin de revenir au monde en être humain augmenté et radicalement inédit, telle est l’offre de “Zero K”, un centre de recherches secret. Son principal actionnaire, le richissime Ross Lockhart, décide de faire appel a ses services pour son épouse, atteinte d’une maladie incurable, et convoque son fils unique pour assister a la fin progr... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (26) Voir plus Ajouter une critique
Killing79
  28 octobre 2017
Malgré le grand nombre de livres que j'ai pu chroniquer, je dois l'avouer, je n'avais jamais lu de Don DeLillo, honte sur moi ! Heureusement, j'ai pu corriger cette anomalie et enfin découvrir ce maître de la littérature américaine.
Dans ce nouvel opus, Don DeLillo s'attaque au futur proche. Même si, à première vue, le thème semble éculé dans le domaine de la science-fiction, je ne pense pas qu'il a déjà été traité de cette manière. Dans ce texte, il n'est pas question de créer une dystopie où tous les évènements servent de prévenir l'avenir du monde. L'auteur ne cherche pas non plus à donner des leçons, à imaginer le pire ou à poser des questions. Il met juste la cryogénisation au centre de son roman, comme une évidence. Ensuite, il fait évoluer ses protagonistes dans ce nouveau monde sans jamais apporter de jugement. Cette mise en scène rend l'univers plus réel et de fait plus effrayant.
En confrontant les acteurs à une fin de vie que l'on peut contrôler, ce livre traite simplement du rapport à la mort et par ricochet du rapport à nos existences. Chaque personnage appréhende son rôle dans la société de manière diverse et imagine donc sa destinée sous un angle différent. On remarque alors que les inégalités dans la vie se retrouvent dans la mort.
C'est un roman philosophique sur la déshumanisation qui se définit plus par son atmosphère que par son scénario. On entre dans cet univers comme dans une bulle et on laisse divaguer son esprit. Par son ambiance spirituelle et assez sinistre, il ne plaira pas à tout le monde. Mais l'écriture somptueuse et exigeante de Don DeLillo nous offre un texte visuel et poétique qui m'a hypnotisé de bout en bout.
Dès leur fermeture, j'oublie souvent certains romans, pourtant bourré d'action et de péripéties, alors que « Zéro K », beaucoup plus méditatif, a hanté mon cerveau durant plusieurs jours. Belle expérience métaphysique par un grand écrivain.
Lien : https://leslivresdek79.wordp..
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Fabbok
  24 octobre 2017
Décevant. En d'autres temps, j'avais adoré Bruit de Fond et Body art. Mon esprit s'est-il à ce point allégé que ce soliloque pré-apocalyptique lui est rendu si pénible ? Suis-je trop vieux pour le post-modernisme ?
Les mots et la vie raclés à l'os, pourquoi pas. J'aime la densité et l'écriture sobrement existentialiste. Ici le style est visuel, la narration vaporisée et cataleptique et les sujets stylisés, réduits à de simples enveloppes de discours et d'identités en lambeaux. Le héros, si l'on peut dire, figure du Fils, adamique aussi bien que métaphysicien nominaliste, est projeté malgré lui dans cette quête des origines et de la vie d'après par un Père pas si tout-puissant que cela. Dans une ambiance de Génèse techno-prophétique, l'"action"(il paraît qu'une série est en projet de production, on se demande sur quelle base narrative vu qu'il ne se passe quasiment rien) se déroule en grande partie dans un phalanstère transhumaniste terré dans quelque part dans les sables d'Asie centrale post-soviétique, poste avancé de l'Utopie, vigie transfigurée dressée à coups de milliards de dollars par des donateurs qui cherchent à donner un sens à leur mort, n'ayant pu en donner un à leur vie, tandis que le monde se défait autour d'eux.
Bref, un opus essentiellement destiné à des étudiants de 3eme cycle en philosophie, option sciences du langage.
Restent les rares satisfactions d'images ou de formules aussi minimalistes que les décors du roman. Cette mise en abyme de la réalité et de ses miroirs, toujours en lisière de l'intelligible, comme la mort transhumaine l'est de la nature et du langage humain, rend exsangue tout espoir certes mais peut procurer au coeur navré certains moments d'empathie pour le destin humain.
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bgbg
  10 décembre 2018
Roman d'une grande beauté formelle, que traverse une atmosphère de questionnement métaphysique et de narration froide, épurée, distanciée, d'une expérience qui tient de la science-fiction.
Le narrateur est Jeffrey, fils de Ross Lockhart, un richissime financier, généreux donateur d'un centre de recherche secret, situé aux confins du monde, dans une ancienne république soviétique d'Asie centrale. Que fait-on dans cette clinique dite de la Convergence et à quoi correspond le Zéro K ? Au zéro absolu, soit une température égale à – 273 degrés, nécessaire pour mettre en route la cryogénisation d'un corps, sa conservation par le froid. L'individu, s'il n'est pas mort, n'est pas vraiment vivant. Qui est concerné ? Des personnes atteintes de maladies incurables espérant que la médecine aura fait des progrès des années ou des siècles plus tard pour les guérir après les avoir réveillés (s'ils se réveillent), avec l'espoir d'améliorer leurs capacités physiques et cognitives, ou de lutter contre le vieillissement. Des accompagnateurs, des gens sains, des volontaires peuvent être intéressés et intégrés dans les programmes.
Cette clinique impressionne le visiteur novice qu'est Jeffrey par son silence oppressant, ses couloirs sans fin, ses portes sans rien derrière ou portes closes derrière lesquelles on imagine des chercheurs penchés sur des microscopes ou des éprouvettes en rotation accélérée, ses écrans sur lesquels défilent des images d'une actualité inquiétante, et ses mannequins ou ses corps momifiés, nus, alignés, un liquide conservateur à la place du sang, enfermés dans des nacelles telles des chrysalides transparentes.
Artis, la deuxième femme de Ross, souffre d'une maladie neurologique et sera ainsi « euthanasiée ». Ross lui-même est candidat et, s'il finit par renoncer à la suivre dans cette expérience qui reste incertaine, il le fera bien plus tard.
L'objectif de la Convergence in fine est « d'augmenter » par la biotechnologie les candidats partants pour cette aventure une fois leur résurrection assurée, voire de tendre vers leur immortalité. On est dans le transhumanisme, utopie sensationnaliste et controversée.
Mais nous sommes dans un roman et cette dimension est présente grâce au personnage de Jeffrey, le fils, un désoeuvré, romanesque dans son approche du quotidien, des évidences terre-à-terre, mais aussi dans ses incapacités à se réaliser dans le couple ou dans le travail. Il est comme un contre-poids face à cette folie anticipatrice, un résistant. Lui se dit « augmenté » par le chagrin quand il assiste, humain, fragile et affligé, à la mort de sa mère Madeline.
La spécificité de ce roman est d'esquiver la description technique de la cryogénisation pour en cerner les aspects philosophiques, les contours métaphysiques, et jusqu'aux contenus proprement religieux ou du moins sectaires. Don DeLillo le fait, tout en survolant son sujet, par petites touches, légères, désincarnées, et le résultat est semblable à celui d'une peinture impressionniste : écriture minimale et très visuelle à la fois, qui nourrit une fresque très colorée, abonde en descriptions imposantes, suggestives, parfois irréelles, mais aussi en déclarations essentielles, parfois logorrhéiques, dégageant une atmosphère solennelle de fin du monde.
Cette fresque éthérée coexiste avec la vie ordinaire mais clairvoyante que mène Jeffrey. et s'il ne croule pas sous les états d'âme et les interrogations psychologiques (ce que l'auteur ne saurait faire), il ne réfléchit pas moins pour autant, de façon modeste, humaine, acceptant les énigmes qu'il croise pour ce qu'elles sont.
Les arguments métaphysiques sur l'être humain ou philosophiques sur la vie, la mort, le monde ne manquent pas, n'appesantissent pas la lecture pour autant, lâchés comme des ballons de baudruche. Que devient la vie sans la perspective de la mort ? La programmation de la fin de vie n'amène-t-elle pas à réfléchir sur soi, sur la marche du monde, sur le côté éphémère de son passage sur terre, sur la validité de ses choix ?
Don DeLillo a commis là une oeuvre essentielle puisqu'ayant trait à la mort, mais il a introduit la distance nécessaire et le prétexte de l'art contemporain pour faire passer le sujet. Pris entre sa fascination pour les images et son constat de la perte des valeurs qu'accompagnent le triomphe de la technologie et les progrès de la science, il trace une perspective sur le mystère de l'existence en le nimbant d'une dimension humaine. Cela reste troublant, et Don DeLillo reste à déchiffrer.
Lien : https://lireecrireediter.ove..
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rosulien
  06 novembre 2017
Zero K, le zéro absolu, symbole de la cryogénisation, la conservation par le froid des corps dans ll'espoir que les progrès de la science permettront de ramener à la vie un individu nouveau, guéri, éternel et d'une intelligence supérieure.De Lillo ne parle pas de morts mais bien de vivants , toujours très riches, souvent en mauvaise santé. Tout se passe dans une clinique secrète de l'Asie Centrale.Cette clinique , totalement originale , est une oeuvre d'art où oeuvrent les plus brillants cerveaux de la planète à la recherche d'un avenir idéal. L'auteur nous parle de la vie , de l'art ,de la mort,pose beaucoup de questions philosophiques et métaphysiques avec , très souvent , un vrai sens de la formule juste. le sujet a été maintes fois traité.Ici, il l'est de façon complexe et philosophique. La lecture n'est pas facile. Mais , si de Lillo pose beaucoup de question, il n'apporte pas beaucoup de réponses et on sort un peu frustré de cette lecture.
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bina
  22 novembre 2017
Première lecture et donc première découverte de cet auteur américain, et ce ne sera pas la dernière, j'en suis certaine.
Zero K m'a beaucoup plu mais je ne sais pas trop comment le classer.
Science-fiction?Pas vraiment, car pour l'instant nous sommes encore ''aujourd'hui''. Anticipation? pas vraiment non plus, nous ne sommes pas encore dans le future même s'il est l'objet de ce livre. Nous le préparons. du moins, certains. Ceux qui en ont les moyens.
Choisir le moment, l'heure de sa fin pour ne pas la subir, pour être ramené à la vie dans quelques années ou quelques décennies après avoir été cryogénisé. Partir, pour mieux revenir, avec la possibilité d'être soignée de sa maladie incurable ou rajeunie de quelques décennies. Être refroidie pour atteindre l'immortalité.
Voici un roman qui interroge notre présent (la place de la mort, se préparer, la programmer sans que cela soit de l'euthanasie) et du futur (ce que sera peut-être l'humain augmenté). Que trouverons-nous dans ce futur fantasmagorique?
Le lieu où cela se passe semble lui-même dans une autre dimension, perdu dans le désert du kazakstan, nu, dépouillé, coupé du monde et correspondant aux normes anti-sismiques les plus modernes. Un lieu hors du monde comme sur une autre planète qui amène à l'introspection et à l'interrogation dur notre société. Les personnages ne sont que des prétextes à réflexion, surtout le personnage principal, Jeffrey, qui vivote comme le commun des mortels.
Cette lecture fut une expérience déroutante et captivante. je vais donc prochainement devoir lire d'autres ouvrages de cet auteur qui semble m'attirer inexorablement.
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critiques presse (3)
LeJournaldeQuebec   06 novembre 2017
Même si Zero K n’est pas à la portée de tout le monde, impossible de faire l’impasse sur ce nouveau roman de Don DeLillo, dont l’œuvre a déjà été couronnée par le prix littéraire du Congrès américain et le National Book Award.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
Bibliobs   13 septembre 2017
Dans “Zero K”, l'extinction de l'espèce est vue comme l'ultime avatar du capitalisme triomphant. Dans un style sinistre et pesant.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
LeMonde   31 août 2017
Se faire congeler dans l’espoir de ressusciter. Avec « Zero K », le grand romancier américain s’attaque au transhumanisme et réinvente l’art de mourir. Impressionnant.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
rosulienrosulien   05 novembre 2017
C’est humain de vouloir la connaissance, toujours plus de connaissance. Mais il est vrai aussi que nous ignorons ce qui nous rend humains. Et il n’y a pas de limite à l’ignorance
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MissMyleneMissMylene   20 novembre 2017
Les choses que les gens font, les choses ordinaires, oubliables, les choses qui affleurent juste à la surface de ce que nous admettons avoir en commun. Je veux que ces gestes, ces moments fassent sens, palper le portefeuille, vérifier les clés, qu'ils nous rapprochent implicitement, verrouiller et reverrouiller la porte d’entrée, inspecter les brûleurs de la gazinière en quête d’une petite flammèche bleue ou d’une fuite.
Tels sont les soporifiques de la normalité, de mes jours d’insignifiante dérive.
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strummerstrummer   11 octobre 2017
- la moitié du monde refait ses cuisines, l’autre moitié meurt de faim.
Commenter  J’apprécie          70
cornelia-onlinecornelia-online   01 novembre 2017
Je ressens le temps. Je ne suis que temps. Mais je ne sais pas ce que ça veut dire.
Je suis seulement ce qui est ici et maintenant.
Pour combien de temps suis-je ici. Où est ici.
J’ai l’impression de voir ce que je dis. 
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cornelia-onlinecornelia-online   01 novembre 2017
Les gens qui séjournent un certain temps ici finissent par découvrir qui ils sont. Non pas en consultant autrui mais par l’introspection, la révélation de soi. Une étendue de terre perdue, l’étourdissante sensation de la nature sauvage. Ces chambres, ces couloirs, le silence, cet état d’attente. Ne sommes-nous pas tous dans l’attente qu’il se passe quelque chose ? D’un ailleurs qui définira mieux notre raison d’être au monde.
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Videos de Don DeLillo (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Don DeLillo
"Fou" de Christopher Moore. Editions L'Oeil d'Or "Héros Ordinaires" de S.G. Browne. Editions Agullo "Zero K" de Don DeLillo. Editions Actes Sud
Retrouvez toutes les vidéos ici : http://goo.gl/23DkUZ
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