AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Marianne Véron (Traducteur)
ISBN : 2742753206
Éditeur : Actes Sud (07/02/2005)

Note moyenne : 3.19/5 (sur 253 notes)
Résumé :
New York, avril 2000. Bloqué dans sa somptueuse limousine par un embouteillage géant qui paralyse Manhattan, Eric Packer, golden boy de vingt-huit ans, assiste au crépuscule du système qui a porté sa compagnie au firmament de la galaxie Wall Street.

Les yeux rivés sur les cours d'une monnaie dont il a parié la chute et qui remonte contre toute attente, tétanisé par l'irruption dans son monde virtuel d'un réel ensauvagé qui embrase les rues de la ville... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (40) Voir plus Ajouter une critique
jeranjou
  30 juillet 2013
Ouvrage Visiblement Non Identifié…
Est-ce un roman d'anticipation ? Ou bien un roman noir ? Ou peut-être tout simplement, cet OVNI littéraire n'appartient-il à aucun genre ?
Concernant le contenu proprement dit de ce roman américain, « On Visite New Iork » sans Y caractériserait plutôt bien cet ouvrage de DeLillo sachant que de nombreuses rues de New York sont interdites à la circulation aujourd'hui pour cause de visite présidentielle.
Non, non, Don DeLillo n'a pas écrit sur le président des Etats-Unis mais sur un Golden Boy de la finance. Eric Packer, vingt-huit ans, dirigeant de sa société, quitte son immeuble luxueux de Manhattan par un des ascenseurs diffusant une musique d'ambiance au piano et s'engouffre dans une limousine blanche pour la journée. Direction… on ne sait pas bien en fait ?
Mais pourquoi donc Eric veut affronter les embouteillages annoncés aujourd'hui ? Quelle mouche l'a piqué ce matin au point de ne plus écouter les conseils de ses collaborateurs ?
Eric va-t-il bientôt courir le marathon de New York et pour ce faire doit-il mémoriser le parcours en suivant la ligne bleue (la ligne idéale à suivre) ? Non, Eric ne m'a pas l'air très sportif.
Autre supposition ! Eric a une rage de dent et doit trouver un dentiste en plein mois d'aout ? Non, mais Eric va tout de même de procéder à un check-up médical complet dans sa limousine pour parer à tout risque sanitaire. Hum, hum…
Plus surprenant encore … Eric aurait-il les cheveux ébouriffés depuis qu'il a misé un énorme paquet de pognon sur la baisse du yen alors que l'indice nippon n'arrête pas de monter ? Eric se trouverait-il donc dans un besoin urgent de faire appel à un coiffeur japonais ? Ha, bien sûr, j'exagère un tout petit peu la situation mais je ne suis pas si loin que ça de la vérité.
Prétextant le coup du coiffeur, Eric ne se prive de quelques petites incartades infidèles malgré les nombreuses rencontres plus moins fortuites qu'il aura aujourd'hui avec sa femme Elise ? Désolé, mesdames, mais je dois avouer qu'Eric a une vision de la femme plus ou moins réduite à un objet sexuel. En résumé, soit il les imagine nues, soit elles finissent dans son lit !
A partir de ce constat, je vous laisse en compagnie d'Eric, son chauffeur Ibrahim Hamadou, et son garde du corps Torval , d'origine Tchec (oui, oui, cela a son importance !), pour une journée tout frais compris à bord d'un limousine très confortable avec un max de gadgets électroniques derniers cris. Bon voyage, vous avez 24 heures, c'est parti !
Initialement, je souhaitai découvrir Don Delillo par « Libra » et je me suis reporté sur « Cosmopolis » faute de l'avoir trouvé. Même si cet ouvrage est assez controversé comme l'est l'adaptation du film de Cronenberg sorti en 2010, j'étais décidé à me faire ma propre opinion de ce livre plutôt court dont le titre est accrocheur.
Cosmopolis, rédigé avant la crise de 2008, dénonce la froideur absolue de la finance à travers le portrait d'un homme dont la vie bascule en une seule journée. Pour comprendre pleinement « Cosmopolis », dont le style de l'écriture est plutôt remarquable, je pense qu'il faudrait le lire plusieurs fois afin d'assimiler les nombreux passages du livre plutôt complexes.
Malheureusement, je n'ai pas été suffisamment séduit par l'ouvrage pour me lancer dans une nouvelle lecture hormis le début avant le trajet en limousine. Bien qu'il y ait de nombreux personnages et beaucoup d'événements sur le trajet d'Eric et sa limousine, je suis resté bien trop souvent un passager clandestin de ce récit et je n'ai pas réussi à avoir la moindre empathie pour ce personnage vraiment inhumain et puant la décharge sexuelle comme le dit sa femme, pourtant encore vierge semble t-il.
Cela étant dit, cette lecture reste une découverte originale et plutôt mystérieuse. Pour les amateurs de Robin Cook, j'ai noté une coïncidence troublante avec la scène finale de « J'étais Dora Suarez » dans un contexte évidemment très différent.
Je vous souhaite une bonne ballade à travers New York si la lecture de Cosmopolis vous en dit et pour ma part, je retenterai l'aventure avec Don en croisant Libra, oh plutôt les doigts que ma prochaine rencontre avec l'auteur américain soit meilleure qu'avec cet OVNI littéraire…
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          462
Lulu_Off_The_Bridge
  07 juin 2012
New York, avril 2000. le golden boy Eric Packer veut se faire couper les cheveux et tente de traverser Manhattan à bord de sa limousine. Rues bouchées, menaces imminentes, personnages lunatiques brutalement arrachés au décor pour être projetés dans l'habitacle. Eric reçoit ses collaborateurs, ses maîtresses, court après sa femme, assiste à la fin du monde. Qu'en restera-t-il à la fin de cette allégorique journée ?
Le roman est dédié à Paul Auster, j'ai d'ailleurs lu ici et là des critiques le comparant à la Trilogie new-yorkaise et je cherche encore le rapport. Il y a bien New York, certes, mais on est un peu loin de la célébration austérienne. Voire on est un peu loin de New York tout court, qui ne sert pas de cadre, à peine de panorama. le cadre du roman reste la voiture, un espace fermé, isolé du monde par un capitonnage en liège, exsudant l'argent et la modernité. Chaque personnage qui entre dans la voiture est happé hors du monde, hors du temps, réduit à sa propre voix, un dialogue avec le maître des lieux. Là où DeLillo décrit un monde qui dérive lentement à travers le regard las de Packer, Cronenberg fait défiler un mauvais film sur les vitres-écrans, avec ce léger décalage censé indique que oui, il s'agit bien d'un film sur un écran, un collage, qu'on cherche en vain la vraie vie. Hors la voiture qui stagne dans la ville à la manière d'un vaisseau-mère (il y a tellement peu de mouvement que les gardes du corps marchent à côté), l'espace et le temps sont réduits à leur simple mention, sans incidence réelle.
Dans ce cadre qui n'a jamais si bien mérité son nom, un protagoniste poursuit un but et des gens se parlent. Et c'est tout. Il n'y a pas de rebondissement, pas de péripétie. Pas de surprise, car on comprend très vite que tout cela est une tragédie au sens le plus littéraire du terme et que les choses se dévoilent au lieu d'advenir. Eric Packer veut se faire couper les cheveux. Il se rend dans le salon miteux de son enfance, ce qu'on pourrait presque lire comme une volonté de revenir aux sources, de retrouver un état perdu, avant de se dire que toute tentative de lecture psychologisante est une erreur de principe. Il traverse New York un jour de manifestation, se trouve pris dans une émeute, puis dans le cortège funèbre d'une star du rap, mais ce ne sont que des fioritures. L'essence du personnage est d'aller d'un point A à un point B, d'être une volonté qui s'accomplit. Les divers éléments narratifs s'organisent donc autour de cela, mais aucun ne vient réellement changer le cours de l'histoire, ou le caractère du personnage. J'ose à peine employer ce terme, en fait. L'Eric Packer de DeLillo est un poncif ambulant, sans mauvais jeu de mot. Un grand vide émotionnel. Arrière-plan minime (on saura juste que sa fortune immense inclut sa grande jeunesse, une start-up et la gestion de l'information financière), il semble n'exister qu'ici et maintenant dans l'espace de la stretch limo customisée, durant cette journée particulière d'avril 2000. Pas d'affect, pas d'histoire, pas de chair, l'ego pour la forme. Par conséquent, la grande réussite du roman sera aussi son grand échec : il n'y a pas de chair. D'où le grand reproche, si tant est que c'en est un, fait au livre comme au film : il est absolument impossible de s'identifier au personnage principal, ce qui semble pourtant une convention artistique courante. Je ne suis même pas certaine qu'il s'agisse d'un personnage, avec toutes les connotations que cela entraîne. Une allégorie, plutôt. Une pure image dont la seule valeur est de donner forme à une idée. Forme, disais-je et non incarnation : les diverses manoeuvres d'Eric pour s'incarner, au sens propre, qu'il s'agisse d'interaction avec d'autres corps, de conscience du sien ou de retour supposé à l'enfance, sont des non-événements. À peu de choses près des échecs car il n'y a jamais de communication. Les personnages ne dialoguent pas, ils parlent les uns à la suite des autres, pour ainsi dire. Certains échangent des idées, la plupart se contentent d'entendre le Verbe. La parole du Marché. Je simplifie un peu, mais Eric Packer ne peut pas être une personne, ni même un personnage, parce qu'il est Dieu, en tant que principe de la marche du monde. Ou plutôt, cette variation de Dieu nommée Argent et Marché. L'Argent est Dieu, parce que l'Argent est le Temps (et non l'inverse), parce qu'il est le principe, la cause et la finalité. Parce que rien n'existe en dehors de lui, pardon je reformule : rien ne se pense en dehors de lui. Peut-on au moins envisager une Rédemption ? On sait ce qui arrive aux divins rejetons. Ils deviennent humains en intégrant leur propre disparition. Cela m'avait frappé à la lecture, moins au cinéma qui par nature tire le propos vers l'humanisation, cette dimension peut-être pas christique, mais sans aucun doute métaphysique de Cosmopolis. Humanisation ? Peut-être Eric cherche-t-il l'humanité, tout au long de cette journée de déconstruction où un simple battement d'aile – le comportement imprévisible d'une monnaie asiatique – provoque sa chute. Si l'on suit sa propre logique, à savoir que tout écart n'est jamais que la manifestation ultime de la logique du Marché, il ne la trouve pas.
Si l'on résume à outrance, il s'agit d'un homme trop riche qui néglige un paramètre et se brûle les ailes. La belle affaire. Aussi éclairant et intelligent que soit le propos, il n'y a pas grand-chose de nouveau sous le soleil. Et même si je serai ravie de continuer à lire Don DeLillo, il n'y a pas de prophète. Nous sommes en 2012, le roman date de 2003, l'action se déroule en 2000, soit avant Kerviel, Madoff, la crise financière, le procès de l'hyper-richesse, le Capital qui survit à lui-même. Rien de ce qu'avancent DeLillo et Cronenberg ne nous est inconnu, puisque nous vivons dedans. Et s'il y a bien prêche, l'audience est déjà convertie. Reste le verbe, du coup. Des scènes marquantes, des formules aux allures de révélation
Lien : http://luluoffthebridge.blog..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          130
bgbg
  21 octobre 2014
Cosmopolis, par Don DeLillo. Éric Packer est un golden boy, un homme de la finance, au faîte de sa richesse et de sa puissance. Il a 28 ans et un appartement qui a autant de pièces, avec un requin dans un bassin et une piste d'atterrissage sur le toit. Intelligent, cynique, il n'en est pas moins insomniaque et n'est pas épargné par des doutes, une certaine morosité, des pressentiments. Dans sa limousine, entouré de gardes du corps, il donne le change, séduit physiquement ou intellectuellement par ses collaboratrices, sa garde du corps et même sa fraîche épouse, Élise. Tout au long de cette journée d'avril 2000 où il circule dans New-York, il croisera cette dernière, par hasard ou non, et s'en rapprochera, scellant son destin au sien. Leurs rencontres insolites sont une des énigmes de ce roman.
La limousine d'Éric, luxueuse, est bardée d'écrans, d'infos, de graphiques, de caméras. Observé depuis son bureau, informé qu'il est sous le coup d'une «menace crédible» (d'être assassiné), il suit le cours du yen qui n'arrête pas de monter, contre toute logique. Ce jour, la ville est en effervescence, on circule au pas, il est question du passage du Président, mais on assiste plutôt à une révolte populaire anarchiste qui prend la limousine pour cible. On traverse New-York, ses quartiers, ses lieux branchés, ses zones délabrées et sa misère, et puis un défilé mortuaire imposant, une star du rap d'inspiration soufie venant de mourir. Comme une prémonition pour Éric. Celui-ci, qui pleure alors, n'est pas la machine sans âme que l'on pouvait croire, dans un jugement trop rapide.
Éric, sous le coup de sa «menace crédible», sait que son heure approche, mais il est obsédé par le besoin de se faire couper les cheveux, ou par les femmes, ou par le désir d'être dépossédé, ruiné : son pari que le yen va enfin chuter est perdu, les devises s'effondrent, les banques font faillite en masse. Il achète frénétiquement tout le yen qu'il peut, jusqu'à faire fondre ses fonds et ajouter au grand désordre monétaire. Il perd sa fortune et celle de sa femme. L'a-t-il fait exprès ? Il avait exprimé sa volonté d'accéder à une sorte de pureté, de dépouillement.
On comprend qu'on affaire à un personnage désabusé, mélancolique, qui s'interroge sur son destin et celui du monde, qui cherche le sens des choses, des mots, des actions, qui flaire sa fin, la comprenant comme un aboutissement. N'espère-t-il pas plutôt une renaissance ?
Don DeLillo est un auteur complexe, laissant toujours planer un certain mystère, à l'aise dans le malaise, essaimant interrogations, dialogues surréels, formules tranchantes en apparence définitives ou au contraire débouchant sur un vide inquiétant. Cet auteur est à la poursuite de fantômes : il ne raconte pas une histoire, n'écrit pas un roman avec des personnages aux contours nets et une intrigue ficelée, la construction du récit, le texte sont criblés de séquences et de propos énigmatiques. Don DeLillo écrit une dramaturgie, à thème qui plus est. de quel thème s'agit-il donc ? Eric et sa trajectoire tragique ne sont pas seulement un prétexte à produire du vague à l'âme, pas plus que New-York, la limousine, les gardes du corps, et moins encore les spéculations financières. Cosmopolis est une dénonciation du capitalisme mondialisé dont il anticipe les crises à venir, d'un système déshumanisé, technologique qui mène au chaos, à la révolte, à la mort.
L'ostentation du comportement du personnage principal, ses saillies provocatrices, la profusion de scènes violentes, l'alternance avec des séquences sexuelles, tout cela pourrait laisser le sentiment d'une subversion à bon compte littéraire, convenue, voire grossière, mais je préfère retenir les effets de l'écriture, le côté hagard, halluciné, onirique, le style haché, sec, ébauché et ouvragé à la fois. le lecteur peut être laissé en plan, il est quand même tout le temps rattrapé, comme au sortir d'un rêve.
Un roman saisissant.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          100
BrooklynNoA
  31 mars 2012
En quelques mots : Eric Packer, golden boy brillant, désabusé et sûr de lui, mène une vie organisée, sécurisée et maitrise a peu près tout ce qui l'entoure. Dans un New York, hypnotique, il décide un matin de se faire couper les cheveux. Une journée et une nuit pour plonger dans la vie et rouler vers son destin dans la limousine qu'il a créé sur mesure et à sa mesure...
* en 2 mots : relation & sens
* en 1 question : une place pour chaque chose, chaque chose à sa place ?

Auteur de 13 romans, Don DeLillo a vu Cosmopolis sortir en 2003. Je dois dire que c'est le premier roman que je lis de lui, parce que tout simplement le film sort au cinéma au mois de mai.
Et oui, "Cosmopolis" a été adapté par David Cronenberg avec le beau et talentueux (quoique l'on en dise) Robert Pattinson dans le rôle titre. Après lecture, il est évident que ce rôle va en bousculer et surprendre plus d'un et d'une !
Le moins que l'on puisse dire, c'est que Monsieur Don DeLillo et son "Cosmopolis" ne peut laisser indifférent. Dans un sens comme dans l'autre...
Bon ou mauvais signe? Je ne sais pas. C'est en tout cas un roman qui bouscule et qui interpelle.
Don DeLillo nous livre ici un roman hypnotique et un peu fou. Une histoire qui se déroule sur une journée, en avril 2000 et sur 190 pages.
Eric Packer est un jeune homme a qui tout semble réussir et qui veut absolument tout maîtriser autour de lui. Son appartement, sa limousine, son personnel, ses maitresses, ses décisions, tout est prévus, analysés et à la fois répondent à des impulsions ou des envies soudaines. Ce matin il a décidé de quitter son 48 pièces new yorkais, ses chiens et son aquirium géant abritant un requin pour aller se faire couper les cheveux. Nous allons alors le suivre dans ses aventures sexuelles et ses rencontres du jour tout en traversant la ville et vivant une émeute anacharchiste anti-capitaliste, un entrateur et funérailles d'un ami rappeur...
"Cosmopolis" est un livre où l'on fait attention aux mots. Où l'on prend le temps de prendre conscience d'une phrase. On devine souvent qu'elle va plus loin que les simples mots qui la compose et qu'ils sous-entendent quelques choses de plus profond et de plus complexe. Comme des indices sur la personnalité d'Eric au fil de pages. Ainsi je me surprend à réaliser que le mot gratte-ciel entendus et lus 10000 fois sont des immeubles qui grattent le ciel de leurs pointes. Banal, bateau, mais voilà, ce livre me pousse à faire attention à tout, comme Eric... Finalement un jeune homme perdu et extrêmement sensible à tout ce qui l'entoure. Visionnaire et parano Eric est dans le questionnement permanent.
Un exemple : "Pourquoi on se servait encore des stéthoscopes, il ne savait pas. Des outils abandonnés de l'antiquité, aussi bizarres que les sangsues."
Des phrases toujours alambiquées, simples mais compliquées : "Comme le savait il? Sans le savoir."
Est ce le savoir en terme de connaissance au sens large ou juste le sentiment immédiat ?
Un livre qui force donc la réflexion. Alors oui cela peut être fastidieux et ennuyeux, mais non Don DeLillo réussi à piquer notre curiosité, à nous hypnotiser de page en page pour en savoir toujours un peu plus.
Une construction de récit originale qui nous donne doucement, subtilement des pistes sur le personnage qu'est Eric et sur son quotidien. Eric analyse tout ce qui se passe autour de lui. Il est dans la quête permanente du savoir et de l'information et demande même à une de ses maitresses du jour "Montre moi quelque chose que je ne connais pas.", ou demande à son personnel de toujours l'informer et le former à quelque chose. Voulant tout contrôler il est entouré de gardes du corps, de caméras, d'écrans qui suivent les cours de la bourse, les actualités. Jusqu'à ses analyses médicales et une visite chaque jour du médecin. Hypocondriaque? ou juste l'envie de ne pas finir brutalement d'un cancer comme son père lorsqu'il avait 5 ans? Eric se révèle toujours de page en page plus complexe et attachant qu'il n'y parait. Est-il si foncièrement mauvais ? Une phrase décrit d'ailleurs parfaitement Eric : "Il est toujours en avant, à penser au delà de ce qui est nouveau, et je suis tenté de l'admirer pour ça, toujours à remettre en cause des choses que vous et moi trouvons formidables et considérons comme des améliorations de notre existences. Entre ses mains les choses s'usent avec impatience. Je le connais dans ma tête. Il veut avoir une civilisation d'avance sur la nôtre."

A mi lecture, on se demande où l'on va, on cherche des pistes, est-il mort? rêve t'il? est ce la réalité?
On devine qu'instinctivement il sait ce qui l'attend et se prépare pour cela, tout au long de la journée, dans ses rencontres ou dans ses actes.
Le roman alterne les scènes plus ou moins hallucinatoire. Souvent brutales, observatrices, analytiques ou violantes. Tout se passe dans en une journée, en avril 2000, dans une seule ville, New York, mais deux points de vue en alternance. Celui du narrateur qui nous raconte la journée d'Eric et Benno Levin, employé d'Eric qui nous parle à la 1ère personne et semble se confesser à nous.
Et puis, je suis également touchée par son histoire d'amour avec Elise. Sa mystérieuse femme qui sait comprendre Eric puisque semblable à lui, son double féminin. Et qui se révèle toujours proche de lui l'air de rien, sans jamais s'annoncer et de dévoiler pleinement. Attirant Eric par instinct et passion vers elle sans même qu'il sache que c'est bien elle... Ils se croisent tout au long de la journée, Eric la repérant toujours instinctivement. Ils partagent alors plus en une journée que jamais auparavant.
Un roman qui s'inscrit dans l'instant présent puis qui s'enfuit. Rien à repenser ou à se remémorer, il laisse un goût de folie et d'intensité et d'ennui à la fois. Et l'on se demande si Eric est allé vers son destin en toute connaissance ou si le destin et son l'instinct ont juste guidés ses pas.
Et deuxième question posée, à la fermeture de ce livre : "Pourquoi Cosmopolis?" Parce que tout simplement ce livre prend place dans la ville de Cosmopolis. Eric est citoyen du monde...

Bien sûr, je suis très impatiente et curieuse de voir la version de David Cronenberg, ce qu'il en a perçu, gardé et retranscrit. Certaines scènes sont vraiment fortes, intenses et crus dans leurs réalités. Quelles soient sexuelles ou imprégnées de violences physiques. Robert Pattinson rsique bien de faire voler son image d'Edward Cullen en éclat !
En bref :
Un livre complexe, intense, ennuyeux et brillant à la fois. Une lecture lente et laborieuse mais saisissante... Cosmopolis, oscille entre intensité, sexe, ennui et esprit brillant... Eric Packer mêle intelligence, hyperactivité et folie hypnotique. On aime ou pas...
Lien : http://noaetsonmonde.blogspo..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
medsine
  15 juin 2012
Cosmopolis de Don DeLillo est un étrange objet littéraire. Il raconte ce qu'on imagine être les 24 dernières heures d'Eric Packer, le personnage principal, une sorte de gourou multimilliardaire new-yorkais.
Pratiquement tout le récit est confiné dans la strech-limousine de ce jeune et grand analyste financier de vingt-huit ans. La ville n'est vue que de ce point de vue à travers les vitres de la voiture ou juste à proximité. le véhicule qui évolue lentement dans le flot urbain en devient finalement l'autre personnage principal du livre. C'est en quelque-sorte le double d'Eric Packer, son armure contre le monde extérieur par laquelle il voit le monde.
Cette vision du monde extérieur se découvre alternativement ; à travers les vitres pour le monde réel ou à travers les écrans de statistiques boursières ou des news télévisées. Ces fenêtres sur le monde affichent de manière cohérente un effondrement. Les marchés s'affolent contre les prévisions de l'analyste qui s'obstine malgré tout dans une course démente et suicidaire. le monde réel se tend et le chaos semble s'installer dans les rues prises par des manifestants altermondialisation.
La limousine qui n'est en fait qu'une voiture comme les autres, mais découpée et allongée, truffée de gadgets et de marbre est l'allégorie de l'extravagance et de la déchéance de l'homme. Elle est coincée comme les autres dans les embouteillages. « Augmentée », elle ne se distingue que par sa démesure et ses protections sont illusoires. Les gardes du corps marchent « à l'extérieur » et ne pénètrent pas dans l'habitacle réservé à l'homme puissant et à ceux qu'il laisse pénétrer. Pas plus que les gardes du corps, le blindage ne suffira à protéger le corps du véhicule du chaos et de la dégradation.
Eric est informé d'une menace d'attentat. Il programme son trajet vers une fin qu'il semble désirer, à la recherche absurde d'un coiffeur. Il croisera plusieurs fois sa femme dans les rues de New-York, un être étrange qu'il ressent par instinct dès qu'elle est près de lui, alors qu'elle ne le voit pas spontanément. Elle provoque en lui des sentiments nouveaux. L'armure froide et arithmétique de l'analyste se fend et tombe à terre. Les perceptions et la douleur prennent le dessus.
15 juin 2012
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          110

critiques presse (1)
Lexpress   01 août 2012
Un roman-catastrophe sur lequel Don DeLillo a greffé toutes les inquiétudes de son époque.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (43) Voir plus Ajouter une citation
jeranjoujeranjou   30 juillet 2013
Elle était riche, il était riche ; elle était héritière, il s’était fait tout seul ;
elle était cultivée, il était brutal ; elle était fragile, il était fort ; elle était doué, il était brillant ;
elle était belle.

Lui, Eric; elle, sa femme Elise (vous noterez que le physique d’Eric reste une énigme, mesdames)
Commenter  J’apprécie          342
bgbgbgbg   21 octobre 2014
Un escalier menait à la galerie du premier étage, et une femme était assise sur les marches, elle, sans confusion possible. On discernait une certaine qualité dans sa posture, une légèreté de maintien, et puis il vit qui c'était. C'était Élise Schifrin, sa femme qui lisait un livre de poésie.
Il dit : "Récite-m'en un."
Elle leva la tête et sourit. Il s'agenouilla sur la marche au-dessous d'elle et posa les mains sur ses chevilles, admirant ses yeux laiteux au-dessus du bandeau du livre.
"Où est ta cravate ? dit-elle.
–J'ai eu mon check-up. Vu mon coeur sur un écran."
Il glissa ses mains le long des mollets jusqu'aux creux derrière les genoux.
"Je n'aime pas dire ça.
–Mais.
–Tu sens le sexe.
–C'est le rendez-vous avec mon médecin que tu sens.
–Je sens le sexe sur toute ta personne.
– C'est quoi. C'est la faim que tu sens, dit-il."
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
PenelopePenelope   13 août 2010
L’argent falsifie le temps. Autrefois c’était le contraire. Le temps d’horloge a accéléré la montée du capitalisme. Les gens ont cessé de penser à l’éternité. Ils ont commencé à se concentrer sur les heures, les heures d’homme, en utilisant la main-d’œuvre plus efficacement.
Commenter  J’apprécie          150
bgbgbgbg   21 octobre 2014
Un escalier menait à la galerie du premier étage, et une femme était assise sur les marches, elle, sans confusion possible. On discernait une certaine qualité dans sa posture, une légèreté de maintien, et puis il vit qui c'était. C'était Élise Schifrin, sa femme qui lisait un livre de poésie.
Il dit : "Récite-m'en un."
Elle leva la tête et sourit. Il s'agenouilla sur la marche au-dessous d'elle et posa les mains sur ses chevilles, admirant ses yeux laiteux au-dessus du bandeau du livre.
"Où est ta cravate ? dit-elle.
–J'ai eu mon check-up. Vu mon coeur sur un écran."
Il glissa ses mains le long des mollets jusqu'aux creux derrière les genoux.
"Je n'aime pas dire ça.
–Mais.
–Tu sens le sexe.
–C'est le rendez-vous avec mon médecin que tu sens.
–Je sens le sexe sur toute ta personne.
– C'est quoi. C'est la faim que tu sens, dit-il."
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
PiertyMPiertyM   09 novembre 2014
L’argent falsifie le temps. Autrefois c’était le contraire. Le temps d’horloge a accéléré la montée du capitalisme. Les gens ont cessé de penser à l’éternité. Ils ont commencé à se concentrer sur les heures, les heures d’homme, en utilisant la main-d’œuvre plus efficacement.
Commenter  J’apprécie          90
Videos de Don DeLillo (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Don DeLillo
"Fou" de Christopher Moore. Editions L'Oeil d'Or "Héros Ordinaires" de S.G. Browne. Editions Agullo "Zero K" de Don DeLillo. Editions Actes Sud
Retrouvez toutes les vidéos ici : http://goo.gl/23DkUZ
autres livres classés : new yorkVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

Dead or Alive ?

Harlan Coben

Alive (vivant)
Dead (mort)

20 questions
1261 lecteurs ont répondu
Thèmes : auteur américain , littérature américaine , états-unisCréer un quiz sur ce livre
.. ..