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Marianne Véron (Traducteur)
EAN : 9782742774296
297 pages
Éditeur : Actes Sud (30/11/-1)

Note moyenne : 3.1/5 (sur 191 notes)
Résumé :
En cette matinée du 11 septembre 2001, il y a, dans la main de Keith, masqué de cendres, criblé d'éclats de verre et revenu d'entre les morts dans l'appartement de son ex-femme, Lianne, une mallette qui ne lui appartient pas et que sa main de rescapé serre, mécaniquement, de toutes ses forces. Tandis que Keith se rapproche et s'éloigne d'une autre femme rencontrée dans l'enfer des tours, avant de décider de finir sa vie assis devant une table de jeu dans le désert ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (27) Voir plus Ajouter une critique
carre
  22 février 2015
Après « Cosmopolis » que j'avais lu avec un effort soutenu, « L'homme qui tombe » a été une nouvelle fois pour moi, une vraie torture. Celui qui est adulé, vénéré comme un des grands auteurs de son temps m'est complètement indifférent.
L'écriture sublime semble être là, le choix de déstructurer son récit évident, pourtant je n'y arrive pas. Blocage pur et dur, c'est surement formidable, mais pour moi c'est un supplice. Tandis que Don DeLillo fait avancer son histoire, moi je fais de constants retours en arrière pour tenter de m'y retrouver. Pourtant le sujet était tentant, je me suis accroché (comme pour « Cosmopolis ») mais ma volonté à des limites. Je les ai malheureusement trouvées avec Don DeLillo.
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andras
  24 avril 2019
Je peux comprendre les lecteurs qui disent qu'ils ont souffert à la lecture de ce livre ou même qu'ils l'ont détesté. J'ai été moi-même à deux doigts de laisser tomber cette lecture. Plus précisément, c'est ce que j'ai fait, arrivé environ au milieu du livre. Cette lecture m'avait plombé et j'avais l'impression de "tomber" moi aussi comme l'homme qui donne son titre au roman, un comédien qui, dans les semaines qui ont suivi l'attentat du 11 septembre à New York a décidé de se produire à différents endroits de la ville, pendu la tête en bas, une jambe repliée, en référence aux personnes qui s'étaient jetées dans le vide depuis les tours du World Trade Center et dont les caméras ou les objectifs avaient pu capter la chute.
Et puis quelques jours plus tard, j'ai rouvert le livre et j'ai pu poursuivre ma lecture en y trouvant, sinon du plaisir, du moins de l'intérêt. En nous décrivant la vie de cinq ou six personnages new-yorkais (ou du moins familiers de New-York, comme l'allemand Martin) dans les semaines et les mois qui ont suivi l'attentat du 9/11, c'est un monde très fragmenté que nous dépeint ici Don DeLillo, une sorte de puzzle cubiste auquel le lecteur a bien du mal à trouver un sens. Tous semblent soumis à un mélange de forces centripètes et centrifuges qui les poussent à la fois à se rassembler et à se fuir. L'onde de choc de l'attentat est bien présente mais il est souvent difficile de mesurer l'impact réel que cet évènement traumatique a eu sur leur vie, faute de connaître (sauf par bribes) ce qu'était leur vie avant l'attentat. On a l'impression que les vies de ces personnages se prolongent dans l'épais nuage de fumée provoqué par l'effondrement des tours.
Cette difficulté à progresser dans la compréhension des motivations des personnages (Keith, le survivant, qui a pu s'échapper de la tour où il travaillait, son ex-femme Lianne, leur fils Jason, Florence, elle aussi rescapée, Nina, la mère de Lianne et son ami Martin, activiste engagé en Allemagne dans les années 60 et reconverti en marchand d'art...) est ce qui m'a rendu la lecture de la première partie difficile. Mais c'est cette même difficulté qui m'a ensuite fait apprécier ce roman, une fois accepté le principe que la chute des deux tours, et celle des corps qui s'y trouvaient nous a plongé (nous lecteurs, comme les américains et les occidentaux) dans une quasi-nuit dans laquelle, désorientés, nous ne pouvons qu'avancer à tâtons, hors de toute certitude.
Cette incertitude, ce flou qui nimbe les personnages américains du livre sont mis en évidence, par contraste, par les brefs chapitres, à la fin de chaque partie du livre, où l'auteur nous montre la tranquille assurance avec laquelle les terroristes préparent leur attentat, planifié de longue date. Saisissant.
C'est un roman complexe, difficile à lire mais l'effort qu'il exige peut trouver sa récompense au bout du compte.
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Thyuig
  05 juillet 2010
Voilà un livre compliqué à circonscrire, aussi imbécile que génial, aussi brutal qu'anodin. Des générations de critques littéraires pourraient me lapider pour une sentence comme celle-ci concernant leur chouchou parmi les chouchoux, l'écrivain américain que l'on se doit d'adorer. Alors effectivement, Don DeLillo est un romancier particulier, surtout redoutable : fin, précis, grand architecte du roman, à l'écriture toujours nette, parfois magnifique, un romancier qui sait complétement évoquer les petits instants, lorsque le temps T dure une éternité, lorsque la seconde se dilate et que l'oeil nous fait découvrir l'un après l'autre les dix milles points précis d'un paysage. Don DeLillo sait écrire, il est le grand écrivain contemporain avec Paul Auster pour Femmes actuelles et Bret Easton Ellis pour Télérama. Il n'empêche que parler du 11 septembre pour cet écrivain de la suspicion, du conflit mondial, aracchnéen, était irrémédiable : il devait fournir sa réalité au 11 septembre, abreuver de sa vision les visions étriquées du grand cirque critique littéraire.
Il y arrive. Don DeLillo parvient à chacun de ses bouquins à élaborer une intrigue fragmentée, assez complexe et qui dévoile au fil des pages sa singulière hétérogénéité. Keith est cet homme qu'on a tous remarqué sur nos écrans de télé, cet homme qui marche en chemisette blanche ensanglantée, derrière lui la tour en feu, une mallette dans la main. Il erre dans manhattan, à demi conscient de la réalité des choses qui l'entourent, et se rend chez sa femme, de laquelle il est séparé depuis quelques temps. Lianne et Keith vont se reconstruire autour des attentats, elle en sur-interprétant chaque signe et lui en vivant sur une brêche permanente, comme si le fluctuant ne pouvait qu'être, comme si les choses immobiles n'existaient plus pour lui. On croise peu de personnages dans ce roman, Lianne et sa mère, malade, son fils à elle et Keith, un petit paranoïaque de 8 ans, qui guette le ciel en compagnie de deux faux-jumeaux, et attendent Bill Lawton. Ben Laden. Voilà pour les personnages, cette Lianne véritablement insupportable, tellement choquée qu'on lui jetterait le livre à la figure, lorsqu'elle s'emporte sur son palier face à une femme qui passe une musique ni trop forte, ni suffisamment faible qu'on ne la remarque pas en passant. Elle attaque cette femme, jugeant indécent d'écouter maintenant cette musique orientale, quasi blasphématoire. L'Amérique, vous êtes avec elle ou contre elle.
Don DeLillo a parfaitement réussi ces instants là. Il s'est situé dans la vérité du moment, entre nos yeux et l'écran de télé, captant les messages codés que nos cerveaux ne manquaient d'envoyer à la Terre entière. C'est magnifique de vérité crue, glaciale comme ces temps l'étaient mais malheureusement, c'est aussi très affecté. Lorsque Lianne interprète tout, lorsqu'elle soigne des malades atteinds d'Alzheimer (qui pourrait oublier ça ?) le romancier accroche trop de fils à son intrigue. Il fallait penser au couple. La vérité était dans ce couple brisé, on aurait compris le rapprochement, inutile de nous coller des jumeaux, des inconscients, des blancs et des noirs, des oppositions franches. On aurait compris la subtilité de la situation. Au lieu de ça Don DeLillo s'égare à nous gâver et encore et encore de ce pathos un peu lourd, comme si les images que l'on avait tous vues devaient encore et encore nous être expliquées et décortiquées. (Pourquoi nous infliger Mohamed Atta ?)
Cet Homme qui tombe est un artiste de rue qui se pend à des endroits stratégiques, il évoque cet homme qui s'est jetté au delà de l'horreur.
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roxaneboehm
  05 novembre 2012
Je me permets de prendre quelque peu la défense de cet ouvrage.
Lorsqu'on m'a parlé de ce livre, on m'a dit « il parle du 11 septembre ». Je l'ai immédiatement reposé. Plus tard, j'ai toutefois pris le temps de m'y attarder. Après l'avoir lu, je dirai « ‘il parle du 11 septembre mais attend, pas comme tu l'imagine ».
Avant d'observer l'errance et la chute des personnages c'est d'abord son propre chemin que l'on cherche car l'écriture est totalement fragmentaire. Mon enseignant de littérature Nord-Américaine nous avait confié que Don Delillo avait la volonté de perdre son lecteur. Voici qui est confirmé !Dans The falling men (L'homme qui tombe pour la traduction), l'auteur ne cesse d'utiliser les pronoms « il », « elle » sans expliciter de quel personnage il est question. Il use également d'un effet de distanciation.
Mais là encore, ce livre vaut le coup qu'on s'y attache d'avantage, qu'on défit Don Delillo « non tu ne me perdra pas, j'y arriverai ! »
C'est un livre que j'ai beaucoup apprécié pour sa complexité et sa construction.
L'histoire débute par le dernier souffle de certaines vies. le premier tableau s'anime par la déambulation d'un homme parmi les décombres, une mallette à la main. Il est dépassé, avance dans un état de semi conscience. le rapport au temps est dilaté. Les éléments perçus nous sont décrits, il s'agit bien de l'effondrement des deux tours.
Cet homme est Keith. Suite aux évènements, il est pris en charge par du personnel soignant. L'un des médecins évoque la présence de certaines blessures de peau chez des survivants. Il s'agirait d'éléments des corps des kamikazes projetés lors de l'attentat, venus se loger dans les blessures des personnes proches, provoquant des rougeurs et gonflements. Voici un premier élément qui m'a beaucoup marqué lors de ma lecture, pour son étrangeté d'une part, et pour sa valeur symbolique d'autre part.
The falling men, L'homme qui tombe apparaît dans le livre. Il s'agit d'un artiste de rue, qui gravit les buildings et les espaces urbains pour y demeurer ensuite suspendu, la tête en bas, vêtu d'un costume. A la fin du roman, nous découvrons sa mort dans le journal, par suicide. Son acte fait évidemment référence aux hommes d'affaires, qui se sont jetés des tours le 11 septembre. L'univers apocalyptique est ressassé de manière très forte et incessante. Aussi, The falling men peut faire référence à une humanité qui s'écroule. Peut-être également la chute d'un homme, Keith précisément dont l'univers s'effondre au fur et à mesure de l'histoire. A la lecture de ce roman, j'avais toujours l'impression et l'envie de me dire que si j'était dans les tours, j'aurait pu m'en sortir comme Keith. Mais l'histoire montre que même s'il est vivant, il ne s'en est pas vraiment sorti, qu'il chute. Keith est en quête du passé. Il ne cesse de jouer au poker en souvenir des parties avec ses anciens collègues. Il en retrouve même un dans les salles de jeux. de plus, il portait une mallette qui n'était pas la sienne lors de l'effondrement des tours. Il retrouvera la propriétaire de cet objet, Florence avec qui il aura une liaison. En somme, la vie de Keith est presque fantomatique malgré sa tentative de revenir vers sa femme, Lianne. Elle-même ne va pas bien. Elle anime des ateliers d'écriture en maison de retraite dont elle est autant dépendante sinon plus que les participants . «Ils voulaient écrire sur les avions ».La relation entre Keith et Lianne est pleine d'ambigüité et de non-dits, entre douceur et rejet. « Elle [Lianne] aimait l'espace qu'il créait », mais ne se fait pas d'illusion envers Keith.
Par aileurs, les enfants eux-mêmes perdent leur innocence dans ce récit. le fils de Lianne et Keith se nomme Justin. Lui et ses amis ne cessent de scruter le ciel avec des jumelles attendant un autre avion. Ils parlent également d'un Ben Lawkin. C'est un nom qu'ils ont peut-être entendu à la télé et qui leur fait peur. Il s'agit de Ben Laden.
La question de l'identité est forte : Keith s'attarde à rectifier la mauvaise orthographe de son nom sur le courrier reçu, et ce de manière dissimulée. Les personnages errent sans l'espace. En effet, ils prennent part à des évènements, ils sont comme parachutés dans des situations. Mais tout se déroulerai de la même manière sans leur présence. Les personnages errent également dans le temps. Lorsqu'un d'eux regarde de vieilles photos, il s'exprime ainsi : « ces visages sont entrain de vous regarder depuis leur distance perdue dans le temps ».
Ces personnages se consument « Dieu la décréait » :la condition humaine est une condition mortelle.
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ManouParis
  24 avril 2019
« Voilà ce qu'était le monde à présent » : un amas de cendre, de gravats, de décombres. Une course désordonnée de gens, une masse informe et disparate à la forme, hurlant, toussant, cherchant à fuir « le fracas de la chute ». Derrière Keith, les tours du World Trade Center s'effondrent. Un monde s'effondre, car il y aura un avant et un après 11 septembre. S'il est sortit vivant de ce building où il travaille, il ne sera pourtant plus jamais le même, car « revenir d'entre les morts n'est pas la même chose qu'être vivant ». *
C'est de manière instinctive, sans pouvoir se l'expliquer, que Keith se dirige vers le domicile de son épouse, dont il est séparé depuis peu. Il se réinstalle dans une vie conjugale, dans la monotonie des jours, car « il a besoin de se tenir à l'écart des choses ». La sidération passée, chacun doit s'approprier à sa manière les évènements. Lianne, sa femme, se pose beaucoup de questions. Attentive à son mari retrouvé, mais aussi à elle-même, à ses propres désirs et à ses peurs, elle est une figure centrale du roman. Active, entreprenante, elle anime un atelier d'écriture pour malades souffrant de la maladie d'Alzheimer. Ces échanges nourrissent sa pensée, tout comme ses conversations avec sa mère, Nina, qui fut professeure. Une intellectuelle, amatrice d'art, mais qui tend avec l'âge à décliner physiquement. Tandis que les adultes essayent de faire face au quotidien, tant bien que mal, leur fils Justin et ses amis scrutent le ciel. Ils inventent dans leurs jeux d'enfants des mensonges qui déforment la réalité. Ils parlent sans cesse d'un certain « Bill Lawton » (Ben Laden) dont il ne faut pas prononcer le nom.
De tous les personnages du roman, Lianne est indéniablement le plus « vivant » à mes yeux. Attachante et agaçante à la fois, sa complexité la rend singulière. Elle est altruiste, cherche à aider les autres – même si en agissant ainsi elle cherche surtout à s'aider elle-même, à répondre aux questions qui l'obsèdent, notamment la mort de son père. Keith est beaucoup plus insaisissable. Que penser de sa passion pour le poker ou encore sa manière d'être « absent » au monde ? Il est paradoxal de voir un personnage aussi central dans un roman se dérober à ce point au lecteur. Pour être honnête, je crois ne pas avoir réussi une seule fois à le « comprendre ». C'est une figure qui m'a échappé, que j'ai trouvé trop « morcelée », à la limite de la duplicité vis à vis des autres et de lui-même. de manière plus générale, cette lecture me laisse en tête plus de questions que de réponses, plus d'incertitudes que d'affirmations. L'homme qui tombe et donne son titre au roman, qui est-ce ? Keith, qui a du mal à « atterrir » dans sa vie ? Ou cet artiste de rue, qui dans ses performances, rappelle la chute de ceux qui se sont jetés des tours ? Ce personnage aussi est tout juste esquissé, comme une silhouette fantôme qui illustre le malaise des new-yorkais après les attentats.
La structure du récit tend à brouiller les repères spacio-temporels. En effet, le texte fait alterner les différentes voix des personnages en espaçant seulement d'une ligne ces « parties ». Si ce parti-pris peut perturber le lecteur, j'ai trouvé également que cela le force à plus d'attention. Cela donne une atmosphère très spécifique au roman, comme en dehors du temps et de l'espace. Don Delillo donne à voir, par le biais d'une écriture qui restitue les errements de ses héros, ce temps de latence, ce temps suspendu après le drame. Les thèmes soulevés le sont de manière subtile, insérés dans la narration ; la question de la mémoire, notamment, à travers l'atelier d'écriture de Lianne. C'est une belle idée que d'avoir décrit un groupe de personnes qui perd la mémoire, tandis que tout un pays est plongé dans un « impératif mémoriel » extrêmement fort. C'est un parallèle intéressant d'un point de vue narratif, car il permet de dresser un pont entre le drame d'un pays tout entier et celui, plus intime, des individus en marge de la société, comme le sont les personnes âgées et les malades. En revanche, je suis plus dubitative concernant le récit des parties de poker de Keith. Si celles du début ont un sens, parce qu'elles évoquent ceux qui ne sont plus, les nombreux tournois auxquels le héros participe à la fin du roman m'ont plutôt ennuyée et je n'ai pas toujours vu leur intérêt. Idem pour les passages qui mettent en scène les terroristes ou l'artiste de rue ; ils m'ont paru reliés de manière artificielle au reste du récit.
En définitive, cette lecture aura été assez déstabilisante ; passionnante à certains égards et plus monotone à d'autres. Je reste cependant satisfaite d'avoir pu découvrir Don Delillo et n'exclus absolument pas de le lire de nouveau un jour…

* (citation extraite du livre Les nouveaux monstres, de Simonetta Greggio)
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Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
chrysalidechrysalide   11 septembre 2012
Parfois, ces nuits-là, il semblait sur le point de dire quelque chose, un fragment de phrase, rien de plus, et tout serait fini entre eux, toute parole, toute forme d’arrangement, quoi qu’il en fût des traces d’amour qui s’attardaient encore. (…) Il traversait l’appartement, légèrement penché de côté, avec un sourire que déformait la culpabilité, prêt à briser une table et à y mettre le feu afin de pouvoir sortir sa queue et pisser sur les flammes
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AmesoulAmesoul   28 juin 2008
« Il (Keith) commença à envisager la journée, la minute. C’était le fait d’être ici, seul dans le temps, qui l’y incitait, le fait de se trouver à distance des stimulations du quotidien, de toutes les formes fluides de la communication professionnelle. Les choses paraissaient immobiles, elles semblaient plus dessinées, curieusement, d’une manière qu’il ne comprenait pas. Il commença à discerner ce qu’il faisait. Il remarquait des choses, tous les petits battements perdus d’une journée ou d’une minute, la façon dont il se léchait le pouce et s’en servait pour ramasser une miette de pain et la mettre distraitement dans sa bouche. Sauf que cela n’avait plus rien de distrait. Il n’y avait plus rien qui parût familier, être ici, de nouveau en famille, et il se sentait bizarre à ses propres yeux, ou peut-être avait-ce toujours était le cas, mais maintenant c’était différent par ce qu’il se tenait en observation. » (page 82-83)
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andrasandras   11 avril 2019
Ils buvaient du thé et ils parlaient. Elle parlait de la tour, reprenait toute l'histoire depuis le début, sur un mode claustrophobe, la fumée, le fléchissement des corps, et il compris qu'ils ne pouvaient parler de ces choses que l'un avec l'autre, dans les détails les plus minutieux et les plus ennuyeux, mais que ce ne serait jamais ennuyeux ni trop détaillé parce que la chose était en eux désormais et parce qu'il avait besoin d'entendre ce qu'il avait perdu dans les cheminements de la mémoire. C'était leur moment de délire, la réalité hébétée qu'ils avaient partagée dans l'escalier, dans la profondeur des cages où des hommes et des femmes descendaient en spirale.
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carrecarre   05 février 2015
Je ne lis pas de poésie. Je lis les journaux. J'enfonce ma tête entre les pages et je deviens folle et enragée.
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Meg25Meg25   28 juin 2020
Lianne se débattait avec la notion de Dieu. On lui avait appris à croire que la religion rend les gens dociles. Tel est l’objectif de la religion, ramener les gens à l’état infantile. Effroi et soumission, disait sa mère. Voilà pourquoi la religion parle si puissamment en terme de lois, de rituels et de châtiments. Et magnifiquement aussi, inspirant la musique et l’art, élevant la conscience chez les uns, la réduisant chez les autres. Les gens tombent en transe, les gens se retrouvent littéralement à terre, les gens rampent sur de grandes distances ou marchent en processions compactes, en se flagellant, en se mutilant. Et nous tous, les autres, peut-être sommes-nous ébranlés plus en douceur, rattachés à quelque chose au tréfonds de l’âme. Puissance et beauté, disait sa mère. Nous voulons transcender, nous voulons franchir les limites de la compréhension inoffensive, et quel meilleur moyen d’y parvenir que par l’illusion ?
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Videos de Don DeLillo (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Don DeLillo
"Fou" de Christopher Moore. Editions L'Oeil d'Or "Héros Ordinaires" de S.G. Browne. Editions Agullo "Zero K" de Don DeLillo. Editions Actes Sud
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