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EAN : 9782226443861
Éditeur : Albin Michel (21/08/2019)

Note moyenne : 3.44/5 (sur 34 notes)
Résumé :
Nul ne s’aventure sans appréhension à Sangomar, ce bout de terre inhabitée où, dans la tradition animiste sérère, se rassemblent les djinns et les âmes des défunts. Sur l’île voisine, la jeune Coumba entame un long veuvage, recluse chez sa belle-mère. Elle vient de perdre son mari dans le naufrage du Joola, en 2002, au large du Sénégal.
Dès la nuit tombée, après le cortège des prières rituelles et des visites obligées, Coumba peut enfin faire face à son chagr... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
Bazart
  26 septembre 2019
Coumba vient de perdre Bouba, son mari dans un naufrage au large du Sénégal. Face à la compréhension de ses proches de prendre la mesure de son chagrin, Coumba se réfugie vers l'île de Sangomar qui regroupe les esprits des djins, afin d'évoquer son amour perdu, leur belle histoire d'amour foudroyée bien trop vite et va selon les rites de la religion faire le deuil pendant plus de quatre mois.
Coumba va alors rapidement être accusée de sorcellerie et de tomber dans la folie par les habitants de Sangomar parce qu'elle parle à voix haute à son amoureux mort.
En basant son intrigue sur un naufrage qui a réellement eu lieu, en 2002, qui fut un des plus meurtriers de l'histoire (2000 morts au cours d'un accident qui vit un ferry assurant la liaison entre Dakar et la province de Casamance couler tragiquement), la romancière franco sénégalaise Fatou Diome, l'auteur du "Ventre de l'Atlantique", qui n'avait plus beaucoup donné de nouvelles ces dernières années, nous livre une jolie immersion dans une Afrique racontée à hauteur d'hommes, avec en troile de fond la poésie et la magie des griots.
Insistant sur la quasi impossibilité pour l'héroïne de vivre depuis la disparition de son homme, Fatou Diome prend son temps pour tisser un joli roman de deuil.
Elle y raconte également la place des femmes au sein d'une société très patriarcale, l'impact conséquent et souvent néfaste d'une religion qu'on a pas forcément choisi, les médisances de l'entourage et du qu'en dira t-on et la capacité de résilience qu'on porte chacun en nous.
Un voyage poétique et onirique qui devrait ravir les amoureux de l'Afrique et tous ceux qui aiment les romans qui nous font partir ailleurs .
Et d'ici quelques heures à peine, on vous reparle d'un film qui a pas mal de points communs avec ce beau roman...
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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Commenter  J’apprécie          390
Melicee
  27 août 2019
Merci à Lecteurs.com et aux éditions Albin Michel pour cette lecture !

L'étape de la page 100 :
Fatou Diome nous chante un véritable conte. Coumba a perdu son mari et le père de sa fille lors d'un naufrage au large du Sénégal. Elle entame un long deuil selon les traditions musulmane, mais s'ouvre, la nuit, à l'animisme et au récit des noyés.
On nous livre une narration lyrique et très imagé, sonore, chantante et coloré mais une narration qui reste très lente et répétitive. le début de ce roman est très « pauvre » par son contenu et me semble difficile d'accès. La culture animiste me rend néanmoins curieuse.
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Le ferry le Joola, en direction de Casamance, sombra dans les eaux en Septembre 2002. C'est sur ce socle de vérité que se bâtit l'histoire des Veilleurs de Sangomar. Ce jour là, Bouba disparaît en même temps que le Joola. Il laisse une veuve et une orpheline à terre : Coumba débute son deuil, entravée par la tradition musulmane. Sa belle-mère veille au grain. Elle ne doit pas chanter, ne doit pas parler fort ou traverser la foule. Aucune prière ne doit être oubliée.
La première partie du livre est très longue, mais on pourrait y voir une métaphore, celle du temps qui se fige lorsque l'on perd un être cher. On y parle de la difficulté pour Coumba de vivre depuis la disparition de sa moitié. Elle tente, avec ardeur, de retranscrire ses souvenirs, qu'elle pourra léguer à sa fille. Tous les soirs, à la manière des Sérères, ce peuple du Sénégal, elle tente d'invoquer l'esprit des ancêtres afin de calmer son chagrin.
La narratrice nous parle, avec ce style si musical, de l'imposition de cette religion qui n'est pas celle de son coeur. L'islam et le christianisme sont arrivés chez eux avec leurs gros sabots et ces nouvelles croyances ont « métamorphosé » ses proches. Ces « mutants » baragouinent une langue qu'ils ne comprennent pas et imposent leurs diktats. Coumba est l'héritage de sa belle-famille et devra être la troisième épouse de son beau-frère. Non ! Coumba devra se marier avec son cousin qui la courtise depuis si longtemps. Non ! Coumba veut rompre ses chaînes et montrer la voie de la liberté à sa fille.  Petit à petit, Coumba reprend goût à la vie et laisse partir l'esprit de son tendre Bouba.
Au travers de ce deuil et de ses différentes étapes, la narratrice évoque la situation de l'Afrique et du Sénégal, notamment face à ces religions. Les traditions Sérères, l'animisme et le féminisme ont également leur place dans le texte. 
Pour conclure, ce livre possède un style littéraire inégalable mais parfois difficile d'accès, alourdissant la narration. A lire, les sens en alerte, et avec patience !
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isa-vp
  13 septembre 2019
Ce devait être un voyage de découverte de la Casamance mais ce fut une gigantesque catastrophe maritime de 2000 victimes qui restera dans toutes les mémoires. Avec le naufrage du Joola en septembre 2002 au large de Dakar, Coumba perd l'homme qu'elle aimait passionnément. Et pour ne pas l'oublier, mais aussi pour redonner vie à son passé heureux et raconter son père à sa fille orpheline, elle passe ses nuits à écrire, dans le calme de sa chambre, alors que tout le village dort. C'est dans l'écriture, qu'elle rejoint les esprits des morts, les veilleurs de Sangomar, qui veillent sur les vivants et les accompagnent dans leur douleur.
A Marseille, Linda et Djilali ont également perdu l'être qui comptait le plus pour eux, leur fille Pauline qui voyageait avec son époux sénégalais. Ils sont désemparés face aux interrogations sur ce naufrage et à la douleur qui les assaillent.
Ce n'est pas vraiment un roman, mais plus une réflexion africaine et philosophique sur la perte d'un être cher. Les propos sont imagés et élaborés, et mélangent toutes les religions du Sénégal.
J'ai admiré l'engagement humaniste et féministe de Fatou DIOME qui prône la culture comme chemin vers la liberté, en employant un savant mélange de culture contemporaine et de culture traditionnelle.
Sa plume est poétique, pleine de couleurs et d'odeurs, et elle écrit comme on raconte les rêves. Ce récit, très original, est une ode à la culture animiste sénégalaise, avec ses mots et ses expressions ésotériques, ses litanies sonores et répétitives.
Mais parce que le chagrin est obsédant et assaille le personnage de Cumba d'une terrible lancinance, le fil de l'histoire est sans cesse interrompu par ses invocations obsessionnelles qui m'en ont rendu la lecture difficile.
Si je comprenais bien la douleur de l'absence et du renoncement à l'amour, cette récurrence des prières, des onomatopées, des suppliques, m'a souvent lassée et les nombreuses répétitions, qui font pourtant partie intégrante de cette culture, ont atténué mon intérêt pour ce récit.
Ce fut néanmoins pour moi une belle leçon d'espoir et de courage, et j'en garderai un souvenir lunaire mais riche.
Merci à lecteurs.com pour ce livre.
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virginie-musarde
  23 octobre 2019
Ça commence sur un rythme lent, comme si la musique de ce livre attendait le tempo des tams-tams de cette péninsule sénégalaise pour libérer la poésie de la narration...
Sauf que pour moi, ça a presque trop tardé, que je me suis presque agacée de ces injonctions-répétitions qui amènent la litanie du deuil, trouvant que ça alourdissait le texte, la magie du sentiment amoureux, que ça me mettait à distance des personnages.
Je dis bien "presque", parce que selon les chapitres, le rythme change, évoque les femmes soumises au patriarcat, au poids des traditions, parle d'amour et de souvenirs, et que là, je me réjouissais de ce roman.
Je me suis perdue dans le son des tambours, je n'ai pas vibré autant que le pensais. J'ai parfois eu l'impression de ne entendre les voix de Sangomar, d'être submergée par trop de "tropisme".
Même si le sujet me plaisait, j'ai eu l'impression de tourner en vain autour de l'arbre à palabres.
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Illys
  27 août 2019
Le retour de l'écrivaine franco-sénégalaise avec un chant d'amour et de mémoire, qui se déploie à partir d'un événement dramatique : le naufrage du Joola en 2002 qui voguait entre Dakar et la Casamance.
L'héroïne du livre Coumba y a perdu son mari. Inconsolable, elle se réfugie dans son village Niodor, pour faire le deuil d'un amour en pleine floraison, pendant quatre mois et dix jours, se pliant au rite musulman. Les journées s'égrènent lentement perturbées par les visites troubles des proches.
Mais dès que tombe la nuit, la jeune femme convoque en cachette les Veilleurs de Sangomar, l'île voisine où se rassemble, dans la tradition animiste, les esprits des morts. Tout un théâtre d'ombres et de fantômes défile ainsi chaque nuit dans sa chambre qui la mènera peut-être à l'homme aimé.
Dans ce grand roman de l'amour fou, qui suit le rythme d'une mélopée tempétueuse, Fatou Diome nous embarque dès les premières pages dans un beau portrait de femme, qui se crée un espace de liberté dans la tête, et qui se débat pour ne pas être prise dans les rets du carcan social, à commencer par l'emprise ancestrale de la belle-mère et de la famille entière.
L'écrivaine interroge le poids qui pèse sur les épaules des femmes, leur place dans la communauté et plus largement celle de l'Afrique, en proie à l'amnésie et à l'obscurantisme, dans le monde d'aujourd'hui
Une oeuvre intimiste et politique magnifiée par l'écriture, mélange de lyrisme, d'humour et d'impertinence, avec des percées poétiques flamboyantes.
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critiques presse (2)
LeSoir   12 novembre 2019
Un roman d'amour, un roman de liberté, un roman de dignité. Fatou Diome nous émeut avec «Les veilleurs de Sangomar».
Lire la critique sur le site : LeSoir
LaLibreBelgique   17 octobre 2019
Fatou Diome revient avec un récit qui magnifie le combat d’une jeune veuve résiliente et trahit son goût pour la poésie.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Citations et extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
Il_voyageIl_voyage   20 février 2020
Pendant que les idéalistes s'évertuent à nous unir, le capitalisme nous divise. A preuve, l'intérêt que l'opinion mondiale accorde à chaque catastrophe meurtrière est proportionnel à la puissance financière du pays concerné. Certes, l'identification influe sur le degré de compassion, mais la différence de leurs robes n'empêche pas les vaches de se reconnaître dans leur pré. A l'ère du Dow Jones et du Cac 40, l'émotion est à géométrie variable, surtout parce qu'elle obéit au cours de la Bourse à Wall Street. Quelle est la cote de la vie des citoyens du Tiers-Monde ? La finance planétaire se soucie davantage d'un rhume de Google que du paludisme qui, pourtant, tue sous les tropiques plus que le sida dans le monde entier. La mort des pauvres émeut si peu le monde que leurs familles se sentent ignorées, sur une autre planète, abandonnée par l'humanité. Environ 2 000 personnes noyées au large de Dakar ; cette nouvelle a-t-elle provoquée une minute de silence dans une ville européenne ou américaine ? En tout cas, Coumba n'en avait pas entendu parler. Pour les puissants, la mort des pauvres est aussi insignifiantes que leur vie.
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BazartBazart   25 septembre 2019
Coumba n'avait jamais imaginé un tel retour, ceux qui l'accompagnaient non plus. Plein d'espoirs, ils avaient défait leurs valises dans une banlieue de la capitale, ils les remboursèrent de douleur et les trainairent jusqu'au village. Flux et reflux ce n'était pas qu'une histoire d'eau pour les insulaires c'est aussi le rythme de leur vie entière.
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Il_voyageIl_voyage   20 février 2020
Moi qui voulais tout partager avec toi, je regrette d'avoir joué les cachottiers, alors que j'ai toujours pu compter sur ta compréhension. Tu sais, ma douce, maintenant, j'ai le temps de repenser à mes erreurs, à notre vie. Ici, j'ai croisé Mâma, tu sais, le vieux pêcheur, nous l'avons retrouvé ici ; je lui ai confié mes remords et il m'a dit : "Les humains se plient en quatre pour honorer leurs crédits financiers, mais négligent trop souvent leurs dettes de mots, qui font pourtant plus de mal. Dire les choses n'améliore pas forcément la vie des gens, mais les non-dits la pourrissent à coup sûr." Alors, pardonne-moi, ma douce, d'être parti avec des mots que je te devais.
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Il_voyageIl_voyage   20 février 2020
Aux yeux de Coumba, son modeste cahier serait la plus belle sépulture, le plus pérenne monument dédié à Bouba, ainsi qu'à tous ceux qui, comme lui, n'ont que les vagues pour stèle. Le plus durable panthéon, c'est une page qui écrit l'histoire. Le navire qui vogue sur le temps est en papier. Un simple papier ! Sans quoi Abraham n'aurait pas traversé les siècles, ses illustres cadets non plus. Coumba voulait remplir un cahier pour Bouba, comme d'autres bâtissent des temples, érigent des cathédrales et sanctifient des mosquées. Un cahier, une plume ! Et Coumba ferait de l'Atlantique un Taj Mahal pour Bouba.
Bien sûr, comme tout Sapiens, Bouba lui aussi avait mené ses propres combats. Comme tout humain, il connut quelques défaites. Mais, sa plus belle victoire, ce fut la conquête du cœur de Coumba, dont la plume lui gagnerait l'ultime bataille : celle contre l'oubli. In memoriam ! Entre les lignes, In memoriam dirait son amour, jusqu'à la fin des temps ! Car, même lorsque l'on dit, In memoriam, l'auteur, tournez doucement les pages, entre les lignes, c'est toujours un cœur qui bat.
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Il_voyageIl_voyage   20 février 2020
Un carnet, un stylo, qui possède de tels instruments de musique pour donner le contrepoint à son coeur, celui-là ne manque pas d'amis ! s'encourageait Coumba. Folia ou sarabande, le stylo dans sur tous les tempos, envoie valser les ennuis et, bon cavalier, il ne vous marche pas sur les pieds quelle que soit la durée du tango. Quant aux pages, toujours égales à elles-mêmes et tellement ouvertes, elles ne vous rejettent jamais, ne se lassent d'aucune discussion, ne vous jugent pas à vos trémolos, ne vous abandonnent pas au fond du ravin, elles ne vous enfoncent aucune certitude par les narines, mais vous soignent le rhume, sans vous faire l'affront de présager de votre santé mentale.
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Videos de Fatou Diome (20) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Fatou Diome
19 avril 2013
Salie est invitée à dîner chez des amis. Une invitation apparemment anodine mais qui la plonge dans la plus grande angoisse. Pourquoi est-ce si « impossible » pour elle d'aller chez les autres, de répondre aux questions sur sa vie, sur ses parents ? Pour le savoir, Salie doit affronter ses souvenirs. Poussée par la Petite, son double enfant, elle entreprend un voyage intérieur, revisite son passé : la vie à Niodior, les grands-parents maternels, tuteurs tant aimés, mais aussi la difficulté d'être une enfant dite illégitime, le combat pour tenir debout face au jugement des autres et l'impossibilité de faire confiance aux adultes.À partir de souvenirs personnels, intimes, Fatou Diome nous raconte, tantôt avec rage, tantôt avec douceur et humour, l'histoire d'une enfant qui a grandi trop vite et peine à s'ajuster au monde des adultes. Mais n'est-ce pas en apprivoisant ses vieux démons qu'on s'en libère ? « Oser se retourner et faire face aux loups », c'est dompter l'enfance, enfin.
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