AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
Éditeur : Faton (01/10/2010)

Note moyenne : 3/5 (sur 1 notes)
Résumé :
Jean-Léon Gérôme. L'histoire en spectacle. Exposition au musée d'Orsay.

ARTICLES
Gérôme peintre illusionniste
Gérôme face à la critique
arrêt sur une oeuvre
un grand spectacle
arrêt sur une oeuvre
Images exactes d'une réalité fantasmée
arrêt sur une oeuvre
Les audaces d'une nouvelle carrière
La fascination de la couleur
arrêt sur une oeuvre
Le pourfendeur des impressionnistes... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle
Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Musardise
  26 juillet 2015
Ce hors-série de Dossier de l'art se présente comme un très bon document pour ceux qui n'auraient pas vu l'exposition sur Jean-Léon Gérôme au musée d'Orsay, pour ceux qui y seraient allés sans lire les textes et sans se documenter avant leur visite, ou encore pour ceux qui veulent se rafraîchir la mémoire. En effet, la revue épouse parfaitement le point de vue de l'exposition et déroule un à un les thèmes qu'elle aborde, avec, en exergue, cette idée qui a guidé les commissaires d'exposition tout au long de leur projet : Gérôme est un fabricant d'images complètement à part.
A travers plusieurs thématiques, dont l'accueil fait à Gérôme par la critique de l'époque, son rapport à la peinture d'histoire, à l'Orient, à la sculpture, se dresse le portrait d'un artiste moins académique et beaucoup plus intéressant qu'on a pu nous le laisser penser au vingtième siècle, période pendant laquelle on avait coutume de juger les oeuvres et les artistes à travers le prisme étroit d'une certaine modernité (celle de l'impressionnisme, du fauvisme, du cubisme et de l'abstraction). Alors évidemment, on sent bien ici que Gérôme n'est pas un révolutionnaire à la Picasso ou à la Kandinsky ; il n'empêche que, au-delà d'un métier (au sens technique et artisanal du terme) dans lequel il excellait et dont il était très fier, il a su faire preuve d'une originalité qu'on a longtemps ignorée. Avec lui, la peinture d'histoire, moribonde, prenait un tournant, et voilà qui est très bien mis en valeur dans ce Dossier de l'art qui lui est consacré. de plus, c'est un plaisir de profiter des reproductions des oeuvres de ce coloriste hors-pair, notamment de celles liées à l'Orient.
Le défaut majeur de ce numéro, en revanche, c'est que ce leitmotiv du fabricant d' images, qui est celui de l'exposition, est martelé à l'envi dans quasiment tous les articles. On peut pratiquement affirmer que l'ensemble du hors-série tourne autour de cette unique idée. On veut tellement nous convaincre qu'on nous répète en gros la même chose, inlassablement, sur tous les tons, ce qui se révèle légèrement fatigant. D'autant qu'il n'était nul besoin d'insister autant, les arguments des commissaires de l'exposition, avancés dès l'entretien dans les premières pages, se tenant très bien. Ce hors-série se veut finalement un peu trop inféodé à l'exposition elle-même.
J'ajouterai également que lesdits commissaires d'exposition ont une fâcheuse tendance à se laisser aller à des digressions lorsqu'ils répondent aux questions de la journaliste, donnant l'impression de réciter leur texte bien sagement, l'un après l'autre. Je ne suis pas non plus très convaincue par la thèse qui voudrait que Gérôme ait influencé le cinéma américain ; je ne l'étais déjà pas lors de l'exposition. C'est un sujet qui mériterait d'être mieux développé, s'il le mérite, notamment par l'intervention de spécialistes du 7ème art. Enfin, l'article sur l'atelier de Gérôme m'a laissée pantoise : je n'en revenais pas qu'on y présente le peintre comme un modèle d'ouverture d'esprit, alors qu'il est bien connu qu'il a eu des rapports très difficiles avec Odilon Redon, qui fut son élève, parce que celui-ci ne se pliait justement pas aux méthodes académiques de son professeur !
Cela dit, il reste intéressant de se référer à ce hors-série pour aborder l'art de Gérôme, entre autres pour les analyses des oeuvres Corinthe, Pollice verso et L'Éminence Grise. Mais c'est une lecture qui mérite d'être complétée afin de parvenir à une vision un peu plus fine de l'artiste.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          180
Citations et extraits (3) Ajouter une citation
MusardiseMusardise   31 juillet 2015
Bien plus convaincant du point de vue archéologique (ce qui n'exclut pas les erreurs, à commencer par le geste du pouce renversé qui donne son titre à la peinture, geste fatal relayé à l'infini par le cinéma qui résulte d'une mauvaise interprétation de Juvénal, poète satirique contempteur de l'insatiable appétit du peuple romain pour les jeux du cirque), le Pollice verso fascine aujourd'hui moins par le souci d'exactitude historique que par le génie de metteur en scène de Gérôme. L'efficacité de son sens dramatique s'y manifeste en particulier dans le contraste entre la foule déchaînée et le suspens (dans tous les sens du terme) du geste homicide. Patiemment documentée mais nourrie de sources composites où l'érudition a autant de part que la littérature populaire, la composition, construite au ras du sable de l'arène, place le spectateur in media res dans al position du témoin oculaire de la mise à mort d'un rétiaire par un mirmillon. Gérôme tire un remarquable parti du site clos, excluant toute échappatoire, avec le beau motif du velum filtrant la lumière du théâtre sanglant du Colisée [...]

Arrêt sur une œuvre - Pollice verso, 1872
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          170
MusardiseMusardise   21 juillet 2015
La critique, qui déplore la disparition de la peinture d'histoire, commente fréquemment ses œuvres et loue "l'ingéniosité que ce peintre distingué apporte aux choix et à la disposition de ses motifs". Gérôme apparaît alors comme un peintre érudit qui multiplie les détails dans des reconstitutions historiques aux cadrages novateurs. "L’Éminence grise", où "il est impossible de montrer plus de finesse, plus d'érudition", lui vaut d'ailleurs la médaille d'honneur du Salon de 1875. Pour autant, le peintre ramène, selon Zola, la peinture d'histoire à des "tableaux de boudoirs" et ne réalise qu'une peinture commerciale, "une image habile un sujet plus ou moins spirituellement traité, une marchandise à la mode". Outre sa technique picturale, qui s'apparente à de la "peinture chinoise exécutée sur laque", c'est le caractère mercantile de ses toiles que les critiques lui reprochent le plus. Ce sont d'ailleurs ces mêmes réserves que retiennent les premiers historiens de l'art moderne, qui font de Gérôme, face à l'impressionnisme, l'un des représentants de l'arrière-garde. Ainsi, la critique de Salon, qui avait lancé la carrière du peintre et soutenu ses envois réguliers, contribua également à la construction d'une image négative de l'artiste, jusqu’aux récentes réévaluations de l'histoire de l'art du XIXème siècle.

Gérôme face à la critique

+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          140
MusardiseMusardise   22 juillet 2015
Gérôme accumulait trucages et subterfuges afin de donner pour authentiques les spectacles auxquels rêvaient ses compatriotes occidentaux. Il sut donner à la scène la vraisemblance dont il se réclamait. Le peintre ne fut certainement pas dupe de ses propres simulacres et il se plut, sans aucun doute, à inventer ces scènes où se mêlaient non seulement ses propres souvenirs de l'Orient, l'évocation de sources picturales anciennes ou contemporaines, mais aussi une manière singulière de les réinterpréter. Scènes dont le décor et le mobilier furent bien souvent celui de son atelier. L'artiste ayant été, comme son beau-frère Albert Goupil, un collectionneur averti d'objets d'art orientaux qui ornaient les cimaises de son lieu de travail.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          160
Livres les plus populaires de la semaine Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle





Quiz Voir plus

Les écrivains et le suicide

En 1941, cette immense écrivaine, pensant devenir folle, va se jeter dans une rivière les poches pleine de pierres. Avant de mourir, elle écrit à son mari une lettre où elle dit prendre la meilleure décision qui soit.

Virginia Woolf
Marguerite Duras
Sylvia Plath
Victoria Ocampo

8 questions
452 lecteurs ont répondu
Thèmes : suicide , biographie , littératureCréer un quiz sur ce livre