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ISBN : 286916159X
Éditeur : André Dimanche (31/10/2007)

Note moyenne : 3.83/5 (sur 3 notes)
Résumé :
Deux amis de Giacometti, Jacques Dupin et David Sylvester, donnent à voir, dans l'intimité de la main du sculpteur, l'émergence lente de la figure humaine.

Jacques Dupin rencontra Giacometti au début des années 50, alors qu'il travaillait pour Les Cahiers d'artdirigés par Christian Zervos. Le sculpteur est déjà célèbre, ses silhouettes s'amincissent davantage, sont dans un déséquilibre constant. Les deux hommes se verront chaque semaine dans l'atelier... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
michfred
  26 mars 2017
Magnifique livre où le poète Dupin -ou faut-il dire l'ami Jacques?- se livre, dans l'atelier parisien de l'artiste, au regard et au pinceau de Giacometti, tandis que l'objectif d'Ernst Scheidegger traque les phases successives de l'oeuvre.
Le poète avec ses mots et le photographe avec ses clichés tentent de fixer, chacun à leur manière, le travail des traits dont le réseau dense et arachnéen traque la figure, cerne les yeux, enfonçant la vérité tout au bout d'une distance soudain sidérale.
Le livre lui-même, enserré dans son étui oblong, - dense, petit, précieux ,- est une sorte de viatique qu'on découvre puis qu'on ouvre avec le sentiment d'une infraction.
Comme si un peu du secret de l'art nous était subrepticement révélé.
Après cette séance de portrait peint, suit une étonnante série de clichés sur l'élaboration d'une tête en glaise, sans le moindre commentaire: on croit voir le ballet des doigts modelant les pommettes, enfonçant les orbites, faisant saillir l'arcade sourcilière. Le livre se clôt sur un troisième chapitre, dans la maison montagnarde de Stampa , dernier hommage à l'artiste et à l'ami disparu.
Un petit livre ouvert sur le mystère infini de la création. ..
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VACHARDTUAPIED
  14 avril 2013
Dans ces Eclats d'un portrait, Jacques Dupin ne nous livre pas le simple compte-rendu, toujours lacunaire, d'un souvenir. Par delà l'anecdote qui concerne le 46 rue Hippolyte-Maindron à Paris (14ème), l'automne 1965 qui vit Giacometti accepter, par amitié pour Jacques Dupin, l'intrusion de la camera de Ernst Scheidegger et le hasard qui permit de retrouver à Zurich, dans les studios de Scheidegger, une caisse remplie des photos du film, ce qu'on lit dans ce très beau livre est une relève.
Il ne s'agit pas pour Dupin de dire on ne sait trop quelle vérité sur ce qui s'est passé dans cet atelier mais dans le jeu entre les images reproduites ici et les mots de Jacques Dupin de dire au plus juste. de reprendre. Porter plus avant le souvenir, cela est relever. Porter hier dans un futur.
Le porter au plus près de cette avancée dans l'inconnu, après que le premier trait comme le premier pas ait introduit le porte-à-faux d'un déséquilibre. Et c'est alors comme un souffle toujours là à tisonner le feu qui à brûler toujours plus, s'effondre braise sur braise. Et c'est cet éboulement, celui d'une interrogation qui s'entretient interminablement elle-même, qui tient, trait à trait, comme tiré du vide et devant nous porté comme devant le regard perdu de Giacometti. Qu'il dessine ou sculpte – les deux séries de photographies sont superbes de complicité attentive – une tête – celle de Dupin, « tête d'un autre dans le regard d'Alberto » écrit-il – surgit moins qu'elle ne se déclôt, sur la toile ou dans le bloc de terre, trait pour trait, pétale de terre après pétale de terre, comme autant de saetas, flèches sonores qui déchirent le ciel vide, à partir d'un tout perdu, ce fantôme de tête que Giacometti a perdu, explique Dupin, à peine s'est-il emparé du pinceau ou de la terre.
Il est ainsi très émouvant de suivre Giacometti et Dupin avancer dans l'ignorance de la fin sans souci d'arriver. Etrange voyage vers la figure ! Vers ce qui se dérobe toujours alors même qu'elle s'affirme, se cache alors qu'elle se montre, se détruit alors qu'elle se construit. Etrange construction dont le processus est de démolition ! Ici travaille la ruine. C'est elle qui édifie, trait contre trait ; coup de pouce contre coup de pouce. Ce qui élève abaisse, ce qui amoindrit relève.
Ce livre est l'autre scène d'une danse . Celle de mains funambules, amoureuses du vide.
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
michfredmichfred   26 mars 2017
La pensée vivante qui s'élance d'un roncier mortel provoque l'élongation et la maigreur des figures. Elles ont perdu leur excès de graisse dans le feu qui les redresse. La terre froide découvre et révèle sa forme par la chaleur des mains qui la façonnent. Et le brouillard gris de la toile balayée laisse apparaître les traits saillants de la tête creusée dans le roc.
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michfredmichfred   26 mars 2017
L'oeuvre est en gestation, l'homme est en marche à l'intérieur de sa vision. Il poursuit rageusement, joyeusement, un objet qui lui échappe. Chaque fois qu'il croit le saisir, il est contraint de le détruire et de recommencer sans faiblir. Il ne cesse d'en parler:" Il est exclu pour nous de faire une tête rigoureusement telle qu'on la voit. Et il ne peut y avoir de fin possible. Plus tu t'approches de cette tête, plus elle recule, et la distance qui me sépare d'elle augmente, m'oblige ant à m'approcher toujours davantage. Si quelqu'un posait pour moi pendant mille ans, je lui dirais dans mille ans: tout est faux encore, mais je m'approche un petit peu."
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michfredmichfred   26 mars 2017
Le peintre et le modèle forment un couple , au sens amoureux mais aussi au sens de la physique appliquée. Une lutte sans vainqueur, sans autre enjeu que le tableau. Et l'on retire de la pose une grande fatigue, si l'on n'est pas aguerri par l'habitude. L'immobilité du modèle contraste avec le mouvement déployé par son image en devenir sur le tableau. A la fin, leur identification résolue révèle une irréductible distance, un fructueux désaccord. Mais il n'y a jamais de fin.
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Videos de Jacques Dupin (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jacques Dupin
Hommage à Jacques Dupin : Où Michel Deguy rend hommage à Jacques Dupin le 4 mars 2013, à Paris, à la Maison de l'Amérique Latine, en compagnie de Jean Frémon, Yves Bonnefoy, Georges Raillard, Florence Delay, Paul Auster et Jean-Christophe Bailly, en présence de la famille et des amis de Jacques Dupin.
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